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A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir

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Tota pulchra est... -2

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                    Portrait de la Sainte Vierge Marie -2

                                         Par Mélanie de La Salette.

 

                          «  La Sainte Vierge pleurait presque tout le temps qu'Elle me parla. Ses larmes coulaient, une à une, lentement, jusque vers ses genoux; puis, comme des étincelles de lumière, elles disparaissaient. Elles étaient brillantes et pleines d'amour. J'aurais voulu la consoler, et qu'Elle ne pleurât plus. Mais il me semblait qu'Elle avait besoin de montrer ses larmes pour mieux montrer son amour oublié par les hommes. J'aurais voulu me jeter dans ses bras et lui dire: « Ma bonne Mère, ne pleurez pas! Je veux vous aimer pour tous les hommes de la  terre. » Mais il me semblait qu'Elle me disait: « Il y en a tant qui ne me connaissent pas! »

                J'étais entre la mort et la vie, en voyant d'un côté tant d'amour, tant de désir d'être aimée, et d'un autre côté tant de froideur, tant d'indifférence... Oh! ma Mère, Mère toute toute belle et toute aimable, mon amour, cœur de mon cœur !...

                 Les larmes de notre tendre Mère, loin d'amoindrir son air de Majesté, de Reine et de Maîtresse, semblaient, au contraire, l'embellir, la rendre plus aimable, plus belle, plus puissante, plus remplie d'amour, plus maternelle, plus ravissante; et j'aurais mangé ses larmes, qui faisaient sauter mon cœur de compassion et d'amour. Voir pleurer une Mère, et une telle Mère, sans prendre tous les moyens imaginables pour la consoler, pour changer ses douleurs en joie, cela se comprend-il! O Mère plus que bonne! Vous avez été formée de toutes les

prérogatives dont Dieu est capable; vous avez comme épuisé la puissance de Dieu; vous êtes bonne et puis bonne puis bonne de la bonté de Dieu même; Dieu s'est agrandi en vous formant son chef-d'œuvre terrestre et céleste.

             La Très Sainte Vierge avait un tablier jaune. Que dis-je, jaune? Elle avait un tablier plus brillant que plusieurs soleils ensemble. Ce n'était pas une étoffe matérielle, c'était un composé de gloire, et cette gloire était scintillante et d'une beauté ravissante. Tout en la Très Sainte Vierge me portait fortement, et me faisait comme glisser à, adorer et  aimer mon Jésus clans tous les états de sa vie mortelle. La Très Sainte Vierge avait deux chaînes, l'une      un peu plus large que l'autre. A la plus étroite était suspendue la Croix dont j'ai fait mention plus

haut. Ces chaînes (puisqu'il faut donner le nom de chaînes) étaient comme des rayons de gloire d'un grand éclat variant et scintillant.

             Les souliers (puisque souliers il faut dire) étaient blancs, mais un blanc argenté, brillant; il y avait des roses autour. Ces roses étaient d'une beauté éblouissante, et du cœur de chaque rose sortait une flamme de lumière très belle et très agréable à voir.  

Sur les souliers, il y avait une boucle en or, non en or de la terre, mais bien de l'or du paradis.  

La vue de la Très Sainte Vierge était elle-même un paradis accompli. Elle avait en Elle tout ce qui pouvait satisfaire, car la terre était oubliée.` 

        

         La Sainte Vierge était entourée de deux lumières La première lumière, plus près de la Très Sainte Vierge, arrivait jusqu'à nous; elle brillait d'un éclat très beau et scintillant. La seconde lumière s'étendait un peu plus autour de la' Belle-Dame, et nous nous trouvions dans celle-là; elle était immobile (c'est-à-dire qu'elle ne scintillait pas), mais bien plus brillante que notre pauvre soleil de la terre. Toutes ces lumières ne faisaient pas mal aux yeux, et ne fatiguaient nullement la vue.

             Outre toutes ces lumières, toute cette splendeur, il sortait encore des groupes ou faisceaux de lumières ou des rayons de lumière, du corps de la Sainte Vierge, de ses habits et de partout.

            La voix de la Belle Dame était douce; elle enchantait, ravissait, faisait du bien au cœur; elle rassasiait, aplanissait tous les obstacles, calmait, adoucissait. Il me semblait que j'aurais toujours voulu manger de sa belle voix, et mon cœur semblait danser ou vouloir aller à sa rencontre pour se liquéfier en elle.

            Les yeux de la Très Sainte Vierge, notre tendre Mère, ne peuvent pas se décrire par une langue humaine. Pour en parler, il faudrait un séraphin; il faudrait plus, il faudrait le langage de Dieu même, de ce Dieu qui a formé la Vierge Immaculée, chef d'œuvre de toute Sa Puissance.

              Les yeux de l'auguste Marie paraissaient mille et mille fois plus beaux que les brillants, les diamants et les pierres précieuses les plus recherchées; ils brillaient comme deux soleils; ils étaient doux (de la douceur même, clairs comme un miroir. Dans ses yeux on voyait le paradis; ils attiraient à Elle; il semblait qu'Elle voulait se donner et attirer. Plus je la regardais, plus je la voulais voir; plus je la voyais, plus je l'aimais, et je l'aimais de toutes mes forces.

Les yeux de la belle Immaculée étaient comme la porte de Dieu, d'où l'on voyait tout ce qui peut enivrer l'âme. Quand mes yeux se rencontraient avec ceux de la Mère de Dieu et la mienne j'éprouvais au-dedans de moi-même une heureuse révolution d'amour et de protestation de l'aimer et de me fondre d'amour.

               En nous regardant, nos yeux se parlaient à leur mode, et je l'aimais tant que j'aurais voulu l'embrasser dans le milieu de ses yeux, qui attendrissaient mon âme et semblaient l'attirer et la faire fondre avec la sienne. Ses yeux me plantèrent un doux tremblement dans tout mon être; et je craignais de faire le moindre mouvement qui pût lui être désagréable tant soit peu.

               Cette seule vue des yeux de la plus pure des Vierges aurait suffi pour être le Ciel d'un bienheureux ; elle aurait suffi pour faire entrer une âme dans la plénitude des volontés du Très-Haut parmi tous les événements qui arrivent dans le cours de la vie mortelle; elle aurait suffi pour faire faire à cette âme de continuels actes de louange, de remerciement, de réparation et d'expiation. Cette seule vue concentre l'âme en Dieu et la rend comme une morte-vivante, ne regardant toutes les choses de la terre, même les choses qui paraissent les plus sérieuses, que comme des amusements d'enfants; elle ne voudrait entendre parler que de. Dieu et de ce qui touche à Sa Gloire.

Le péché est le seul mal qu'elle voit sur la terre. Elle en mourrait de douleur si Dieu ne la soutenait. Amen. »

 

Castellamare, le 21 Novembre 1878.

Marie de la Croix, Victime de Jésus,

née Mélanie CALVAT, Bergère de la Salette.

Nihil obstat: imprimatur.

.

Vicairis Generalis

CARMELUS ARCHus COSMA.

                  

                  

 

 

        

 

 

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