A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
La Vertu de Foi –suite 6/8
5. - Effets de la Foi.
Comme toute vertu, la Foi est pour l'âme humaine un « habitus » bon, c'est-à-dire une qualité qui la complète heureusement et une puissance qui l'incline au bien.
Premier contact et premier accord entre la pensée divine et la pensée humaine, la Foi prédispose à la vie éternelle et l'inaugure déjà dans une certaine mesure; car elle procure « la substance des choses que nous espérons pour l'avenir, et amorce avec certitude ce qui échappe encore à nos regards » L'aube qui précède et prépare le plein jour.
L'enfant illettré possède par la Foi une connaissance de Dieu et de l'au-delà infiniment plus profonde et plus sûre que le philosophe par son seul génie : comme toute clarté tombant du soleil, si pâle qu'on la suppose, l'emporte sur la plus brillante lumière montant de la terre.
Un Platon et un Aristote qui aspiraient à « s'arracher à l'étreinte des choses mortelles pour goûter les choses immortelles, afin d'en venir à· vivre plus divinement qu'humainement, n'avaient pas soupçonné qu'un jour cette aspiration du cœur humain serait si aisément comblée dans la rencontre de Dieu et de l'homme qu'est la Foi.
Cette « vertu intellectuelle » qui ne devient agissante que sous 1'empire de la volonté, s'accompagne ordinairement aussi d'un mouvement du cœur. Croire à quelqu'un, on peut s'y décider par raison, mais combien c'est plus doux, et partant plus facile, de le faire par amour! Croire à quelqu'un qu'on aime, c'est toue naturel et spontané.
Or, ce que la Foi découvre d'abord en Dieu, c'est le souverain Bien, et un Bien qu'une Bonté inépuisable est avide de répandre sans mesure. Infiniment aimable en Lui-même, et infiniment aimant pour Ses créatures, tel est le Dieu que nous montre la Révélation. Dès lors, l'amour naît tout de suite de la Foi; et à son tour il la stimule. Car quiconque aime déjà ce qu'il connaît, tend à connaître davantage ce qu'il aime, rien comme l'Amour pour rendre la Foi vivante, la pousser à des enrichissements incessants! Comme elle serait terne, par contre, « informe » même (dit le langage théologique), si elle n'était pas animée de ce généreux élan du cœur.
« Lumière divine » la Foi est à la vie surnaturelle ce qu'est la raison à la vie. naturelle, ce qu'est l'œil pour le corps. Elle découvre la route et dirige la conduite. Elle est requise pour tout mouvement vital: comment se mettre en marche dans les ténèbres? Et c'est dans tout le cours de l'existence que sa clarté est indispensable si l'on veut éviter les égarements, et jusqu'aux tâtonnements inutiles ou dangereux.
La Foi commande donc toutes les vertus, sans en excepter les autres vertus théologales, Espérance et Charité, qui pourtant, elles aussi, rattachent l'âme humaine directement à Dieu. Comment, en effet, attendre ce que l'on ignore? Et comment aimer ce que l'on ne connaît pas? Le vague et douloureux espoir qui tourmente un cœur inassouvi ne peut vraiment devenir une « vertu », « une puissance qui porte au bien », que le jour où un objet concret lui est offert. Et c'est la Foi qui présente Dieu source de tout bien et digne de tout Amour.
Que signifieraient, par ailleurs, tous les préceptes moraux et les efforts qu'ils exigent des vertus correspondantes, si la Foi ne discernait en tout cela le caractère de « Loi de Dieu »? Mais une âme loyale, aussi aisément qu'elle croit ce que Dieu enseigne, observe ce que Dieu prescrit. De spéculative, la Foi devient pratique et met en branle tout l'organisme des vertus morales; elle s'épanouit en ascèse, signe tangible de la crainte de Dieu; crainte révérentielle qui n'est pas la peur du Juge, mais l'attention délicate à ne pas contrister un Père, et le souci filial de ne rien faire qui puisse relâcher l'union d'esprit et de cœur déjà amorcée, retarder ou compromettre si peu que ce soit la vision béatifiante réparée par la croyance aimante.
Crainte qui rassure en face des puissances adverses : « Si Dieu est pour moi, que pourra-t-on contre moi ... »? Du moins, si l'on s'attaque à mes biens ou à mon corps, qui pourrait jamais me séparer du Dieu auquel j'ai donné ma confiance et mon amour » ? Sérénité stupéfiante de l'âme de Foi, appuyée sur la confiance aux promesses de son Dieu, par là déjà si bien fixée dans l'essentiel et l'éternel que l'accessoire et le temporel ne font plus que l'effleurer! » A SUIVRE