A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
2/4 Quelques dates importantes : 2- au service des papes
1923-1939 »- SS Pie XI
1939-1954 SS Pie XII
L'état de santé de Don Montini ne lui permettant pas de lui voir confier la charge d'une paroisse, son évêque Mgr Gaggia décide de l'envoyer à Rome pour compléter ses études. Il arrive à Rome le 10 novembre 1920. Il y étudie dans deux universités : à la Grégorienne (chez les jésuites) et à la Sapienza(Université d'État, laïque). Cette double formation coïncide avec la ligne directrice qui orientera son pontificat : l'ouverture vers le monde laïc.
Le 27 octobre 1921, il est reçu au Vatican et se voit proposer une inscription à Académie des nobles ecclésiastiques sise à Rome.SS Benoit XV meurt en 1922 Cette institution de haut niveau avait été fondée en 1701 par Clément XI pour former les clercs destinés au service diplomatique du Saint Siège .Entré en novembre à l'Académie, il y étudie le latin, l'histoire ecclésiastique, la diplomatie et le droit..
Après avoir voyagé en Allemagne et en Autriche durant l'été 1922 le jeune prêtre passe son doctorat en droit canon.(SS Pie XI est élu en 1922).
En mai1923, il est affecté à la nonciature de Varsovie en tant qu'attaché à la nonciature. Il revient à Rome en octobre 1923, du fait de sa santé.
La FUCI (Fédération des universitaires catholiques italiens) est une branche de l'Action catholique italienne (ACI). Il s'agit d'une association composée de différents cercles en liens étroits avec la hiérarchie ecclésiastique, chaque cercle étant spirituellement dirigé par un aumônier.
Un an après son retour de Pologne, Don Montini est nommé fin novembre 1923 aumônier du Cercle romain de la FUCI par son protecteur et ami Mgr Pizzardo. (Giuseppe Pizzardo (13 juillet 1877 – 1er août 1970) était un cardinal italien qui exerça les fonctions de préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique de 1939 à 1968 et de secrétaire du Saint-Office de 1951 à 1959. Il fut élevé au cardinalat en 1937.Il est considéré comme un très conservateur collaborateur de Pie XI et Pie XII) Son travail est de remettre de l'ordre dans ce cercle en y épurant ses activités politiques agitées pour y remettre un sang neuf de vie culturelle et religieuse, dans le but indirect de renforcer les liens entre la FUCI et l'ACI.
Don Battista n'abandonne pas pour autant son combat politique et milite pour l'indépendance du PPI face au fascisme pour les élections législatives de 1924.
Durant l'été 1924, il fait un séjour d'un mois en France : il visite la ville de Lisieux où repose sainte Thérèse.
Alors qu'il n'a que vingt-sept ans,Don Montini reçoit une lettre de Mgr Pizzardo (Ce prélat très écouté à Rome fut son protecteur et son mentor) »l'informant que le pape Pie XI l'autorise à le faire entrer à la secrétairerie d'État. Il commence sa fonction le 24 octobre 1924 en tant que préposé, le poste le plus modeste. Après plusieurs mois d'apprentissage, on le nomme minutante le 9 avril 1925 à la section des Affaires ordinaires. Il est chargé de rédiger, d'après les instructions reçues, les brouillons, instructions et circulaires envoyés par la section.
Il continue en parallèle son apostolat auprès des jeunes, travaillant au Vatican le matin puis au Cercle romain de la FUCI l'après-midi. Son activité apostolique n'est pas de tout repos : il organise des conférences, donne des leçons sur la morale chrétienne et prêche des retraites. Pour donner plus d'autorité à l'aumônier, Pie XI le nomme camérier secret, titre ne correspondant plus à aucune fonction précise. Don Battista, que l'on appelle désormais Monsignor Montini de par sa fonction, donne une ligne plus culturelle et religieuse à la fédération.
La direction spirituelle de la FUCI n'est pas de tout repos, notamment à cause des multiples incidents qui naissent entre les étudiants catholiques et les étudiants fascistes. Monsignor Montini adopte alors une nouvelle stratégie pour évangéliser le milieu étudiant sans risquer de heurts : le combat culturel, visant à former de l'intérieur le milieu étudiant en donnant un nouvel élan à la culture catholique. C'est ainsi que Mgr Montini fonde la maison d'édition Studium et crée un bimensuel, Azione fucina. Tout en publiant des articles, il rédige aussi une importante étude sur la vie et l'enseignement du Christ d'après le Nouveau Testament. Ses écrits témoignent de l'influence qu'a eu sur lui l'abbé Maurice Zundel et le philosophe néo- thomiste Jacques Maritain et de son épouse Raîssa,en particulier dans les relations avec le judaïsme
Un an près la signature des Accords du Latran, le Cardinal Pietro Gasparri abandonne sa charge de secrétaire d'État, poste rapidement pourvu par le Cardinal Pacelli, futur Pie XII. Ce changement de poste est précédé par un remaniement au sein de la congrégation, et Mgr Montini est nommé primo minutante.
Malgré son nouveau poste et l'accroissement de la charge de travail en découlant, Mgr Montini continue son apostolat auprès des étudiants de la FUCI.
Néanmoins, le mouvement essuie bientôt de grandes difficultés, et Mgr Montini se verra contraint d'en démissionner :
. Une fois démis de ses fonctions, Mgr Montini consacre son temps, parallèlement au léger travail qu'il exerce à la secrétairerie d'État, à l'enseignement et à l'écriture. Il poursuit en effet son enseignement d'histoire de la diplomatie pontificale à l'Université du Latran et assure un cours d'introduction au dogme catholique dans la même université.
Lors du consistoire du 13 décembre 1937, le Pape Pie XI crée cardinal Mgr Pizzardo. Ce dernier est remplacé aux Affaires extraordinaires par Mgr Tardini, lui-même remplacé à sa charge de substitut aux Affaires ordinaires par Mgr Montini.
Cette promotion importante, faisant connaître Mgr Montini au-delà du Vatican, s'accompagne d'autres promotions annexes : consulteur de la Congrégation consistoriale et consulteur de la Congrégation du Saint-Office. En tant que substitut aux Affaires ordinaires, Mgr Montini devient un proche collaborateur du Pape et il a en charge les relations du Saint-Siège avec les grands organismes de l'Église ; il peut transmettre des recommandations et des directives de la part de l'autorité supérieure, en plus d'un rôle d'intermédiaire où il fait part notamment du point de vue du Saint-Siège à des personnalités venant le visiter. Sa journée-type commence par une étude des dossiers, puis une réception par le secrétaire d'État Cardinal Pacelli, avant la réception de cardinaux, évêques ou diplomates lors des audiences qu'il accorde.
Cependant, la survenance de la Seconde Guerre mondiale bouscule cette organisation. Mgr Montini, qui a assisté à la signature du Concordat du 20 juillet 1933 entre le Saint-Siège (représenté par le cardinal Pacelli, (le futur Pape Pie XII) et le Troisième Reich[], est en effet être un témoin privilégié de la guerre et de l'action du Saint-Siège face à celle-ci. Le nazisme, déjà condamné par Pie XI dans l'encyclique Mit brennender Sorge, continue d'inquiéter le Saint-Siège quand l'Allemagne annexe l'Autriche en mars 1938, lors de l'Anschluss.
Le 10 février 1939, le pape Pie XI meurt ; son successeur, le cardinal Pacelli, est élu le 2 mars suivant et prend le nom de Pie XII. Pendant le temps du conclave, Mgr Montini veille à l'organisation matérielle des lieux où se réunissent les cardinaux. Une fois élu, Pie XII nomme le cardinal Luigi Maglione secrétaire d'État, mais garde les deux substituts. Mgr Montini et le pape se voient tous les jours avant la guerre et pendant celle-ci, multipliant les audiences et les productions de documents.
Dès le début de la guerre, Mgr Montini se voit confier la responsabilité du Bureau d'informations, organe de liaison entre les prisonniers de guerre ou internés civils et leurs familles, notamment en donnant à ces dernières des nouvelles des prisonniers par radio. En janvier 1940, Pie XII demande à Mgr Montini de diffuser des messages via Radio Vatican pour dénoncer le sort réservé par les nazis au clergé et aux civils polonais. Après l'entrée des Allemands dans Paris le 14 juin 1940, Mgr Montini adresse un message de soutien à l'abbé Martin, seul Français de son service[]. Outre les activités prenantes du Bureau d'informations, le substitut accorde de nombreuses audiences aux diplomates en visite au Vatican, et participe à la distribution de secours, par l'intermédiaire de la Croix-Rouge, aux prisonniers et aux populations civiles.
Rapidement, Mgr Montini est au centre de deux incidents diplomatiques entre l'Italie fasciste et le Saint-Siège. D'une part, fin avril 1941, il est accusé par le ministre mussolinien Ciano d'avoir diffusé un tract antifasciste à des étudiants romains, mais aucun tract n'est retrouvé ; d'autre part, une note envoyée au Saint-Siège l'accuse d'avoir organisé une réunion antifasciste dans les appartements du Vatican, avec des diplomates étrangers : l'information est vite démentie par le secrétaire d'État.
En novembre 1941, le substitut préside la nouvelle « Commission pour les secours », chargée d'envoyer des aides financières et des médicaments aux prisonniers, alliés ou non. À partir de 1942, le Saint-Siège est informé du sort réservé aux Juifs d'Europe. Ceux de Slovaquie sont momentanément préservés de la déportation grâce à l'intervention de la Secrétairerie d'État[] mais, très vite, on informe le Saint-Siège des conséquences de ces interventions : le 24 juin 1942, le nonce apostolique à Berlin Cesare Orsenigo informe Mgr Montini que les démarches tentées en faveur des Juifs « ne sont pas bien accueillies ; au contraire, elles finissent par indisposer les autorités »[]. À partir de ce moment, le Saint-Siège, et en particulier le pape Pie XII, réagissent discrètement face aux atrocités nazies, de peur des représailles[].
Jusqu'à la fin de la guerre,Mgr Montini est témoin des différents événements qui touchent Rome, notamment l'occupation de la ville par les Allemands à partir du 10 septembre 1943, puis sa libération par les forces alliées le 4 juin 1944. Cette guerre fut aussi pour lui le temps des épreuves : ses parents meurent en 1943, et plusieurs de ses amis furent déportés dans des camps de concentration .
Le secrétaire d'État Luigi Maglione meurt d'une crise cardiaque le 22 août 1944. Le pape Pie XII ne le remplace pas et la fonction de secrétaire d'État sera vacante jusqu'à l'élection de Jean XXIII.
Malgré cela, Mgr Montini aura un rôle important dans les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et les États sortant de la guerre. Bien qu'il n'ait pas pris place dans le dialogue entre Pie XII et le gouvernement français pour remplacer quelques évêques , il sert d'intermédiaire entre le pape et Jacques Maritain, nouvel ambassadeur de France près le Saint-Siège, au sujet de la responsabilité du peuple allemand. Pie XII avait en effet estimé que le peuple allemand n'était pas collectivement coupable de la Seconde Guerre mondiale, ce à quoi le philosophe Jacques Maritain répondait que le peuple allemand était responsable comme peuple. L'ambassadeur français insiste aussi auprès de Mgr Montini pour que Pie XII renouvelle son soutien au peuple juif en faisant une déclaration solennelle de compassion en faveur des victimes du nazisme. Au sujet des pays d'Europe de l'Est soumis au régime soviétique, Mgr Montini adresse aux diplomates occidentaux plusieurs rapports sur la situation de ces pays. Il continue d'œuvrer au sein du Bureau d'informations en faveur des prisonniers libérés et des nouveaux prisonniers que l'épuration a créé. De plus, il se charge de la création d'un service d'assistance aux émigrés à la fin de l'année 1946, pour venir en aide aux populations italiennes, allemandes et polonaises contraintes de quitter leur territoire du fait des nouvelles frontières dessinées.
Parallèlement au devenir de l'Europe d'après-guerre, Mgr Montini a un rôle déterminant dans l'évolution politique de l'Italie, jusque dans les années 1950. Face à la Démocratie chrétienne dirigée par Alcide De Gasperi, d'autres partis dits chrétiens apparaissent, notamment à gauche. Mgr Montini refuse un tel pluralisme et la Démocratie chrétienne se trouve seule à la tête du gouvernement italien, les autres partis ne recevant pas le soutien de l'Église. Lors de l'élaboration de la Constitution de l'Italie faisant suite au référendum du 2 juin 1946, Montini insiste pour que les accords du Latran soient inscrits dans le texte constitutionnel. Lors de la signature du Traité de l'Atlantique Nord en 1949, il se prononce pour l'adhésion de l'Italie à l'OTAN, exprimant ainsi sa propre volonté et celle de Pie XII. Concernant les syndicats, il inspire la création des Associations catholiques des travailleurs italiens (ACLI). Il promeut en même temps la création de syndicats indépendants de l'Église catholique.
Le pape Pie XII n'ayant pas pris de secrétaire d'État depuis la mort de Mgr Luigi Maglione, Mgr Montini devient donc le subalterne direct du Saint-Père aux affaires ordinaires. Partant, il rédige ou signe pour le pape un grand nombre de discours, messages ou allocutions à des organisations, personnalités ou pèlerins de passage au Vatican. En outre, il aide le souverain pontife dans la rédaction des encycliques et autres grands textes pontificaux. Par exemple, à Frédéric Joliot-Curie qui demande au pape d'intervenir pour inciter les pays à réduire leur armement, Mgr Montini répond que la véritable paix a sa source « dans la doctrine enseignée par Notre-Seigneur Jésus-Christ[]. » Autre exemple : quand l'archevêque orthodoxe d'Athènes Spyridon Ier demande au pape de venir à une célébration pour l'occasion du XIXe centenaire de l'arrivée de saint Paul en Grèce, c'est encore Mgr Montini qui décline l'invitation.
Pour autant, ces décisions ne reflètent pas toujours la personnalité du substitut lui-même. Ce dernier est réputé pour être ouvert d'esprit, et les théologiens condamnés par le Saint Office ou en passe de l'être viennent d'abord se référer à Mgr Montini avant d'aller voir le pape. Un adage se forme ainsi dans les milieux ecclésiastiques : « Pourquoi aller à la montagne (Pie XII) quand on peut passer par Montini[]? » Il lui sera tenu rigueur de cet esprit d’ouverture.
(Il sera toujours fidèle au Credo catholique et le défendra fermement) En 1950, Pie XII charge Mgr Montini de la préparation matérielle de l'Année sainte : calendrier des pèlerinages nationaux et des audiences publiques, et possibilités d'hébergement notamment. Quelques jours avant l'ouverture de cette Année sainte, il anime une conférence à Rome devant les autorités civiles et politiques de la capitale, visant à présenter la,dite année. L'assistance admire le prélat et d'aucuns y voient déjà un futur pape.
En novembre 1952, Mgr Montini et Mgr Tardini obtiennent le titre de pro-secrétaires d'État, distinction purement honorifique. Lors du consistoire du 12 janvier suivant, Pie XII annonce aux nouveaux cardinaux qu'il les a nommés pro-secrétaires d'État car ils ont refusé la barrette de cardinal, ne s'en sentant pas dignes.A cette époque, ils n'étaient que de simples administratifs et n'étaient pas encore évêques,bien que portant le titre de "monsignoiri"
L'année 1953 est aussi pour l'Église l'occasion d'interdire progressivement l'apostolat des prêtres-ouvriers dans les usines, ceux-ci étant suspectés d'être trop politisés et de se situer dans une mouvance marxiste. En juillet, le cardinal Giuseppe Pizzardo (préfet de la Congrégation des séminaires) interdit aux séminaristes d'effectuer des stages dans des usines ; en août, interdiction est faite aux « religieux-ouvriers » de fréquenter les usines ; en septembre enfin, le nonce à Paris Mgr Roncalli (futur Jean XXIII) demande aux évêques français d'interdire l'expérience des prêtres-ouvriers en France. Dans toutes ces condamnations, Mgr Montini approuve le Saint-Siège et justifie ses décisions. Néanmoins en 1965, devenu pape, il tentera a nouveau l'expérience .
A suivre