A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
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Le Don des Miracles. RP Sineux OP-1975
«Dans l'Église, Dieu a établi d'abord les Apôtres, puis les Prophètes, ensuite les Docteurs, enfin divers pouvoirs tels que celui d'opérer des guérisons, le talent de gouverner, le don des langues, la faculté d'interpréter les paroles. »(ST Paul I Cor,XII,28)
Jésus-Christ, qui demandait à Ses contemporains incrédules de daigner au moins constater les œuvres qui révélaient avec évidence Son autorité divine, avait promis à Ses disciples qu'un témoignage analogue viendrait accréditer leur enseignement (StMarc XVI,17). (« Vos miracles seront parfois plus éclatants que les Miens » leur assurait-Il. Et ils ne tardèrent pas à en faire l'expérience (St Marc XVI,20)
1. - Sa Nature.
Le miracle, fait extraordinaire, survenant à l'encontre des lois de la nature, signale l'intervention d'une puissance étrangère et supérieure à la nature.
Ainsi Dieu commence-t-il par s'imposer aux sens. L'observation d'un phénomène inaccoutumé retient leur attention. Puis la raison, habituée à remonter des effets à la cause, éveillée à son tour, cherche l'origine et les motifs d'un tel événement; « Ceci dépasse les forces de l'homme, même décuplées par ses inventions; donc le Doigt de Dieu est là » conclut-elle. Mais est-ce seulement pour rappeler Sa présence trop souvent oubliée ... ? pour accomplir un acte de bienfaisance exceptionnel ... ? pour étonner les humains ? Pour tout cela à la fois sans doute ? Mais voici que Lui-même va le dire avec précision : car Celui-là même qui est l'Instrument du miracle, il parle maintenant ! Et Son langage; comme son geste, est prodigieux; il a un accent céleste, en harmonie avec le Pouvoir divin dont il vient de faire preuve; son Pouvoir suspend momentanément le cours des lois naturelles, et Sa doctrine surpasse tout enseignement humain. Simple logique des choses, qu'un être qui agit divinement, parle aussi divinement;
Et si quelqu'auditeur, retranché dans ses concepts raisonnables, reste dérouté et méfiant en face de pensées plus hautes, ... « Enfin, regardez Mes œuvres, lui crie le thaumaturge. Si Dieu agit visiblement par mes mains, pourquoi ne parlerait-Il pas par mes lèvres ? Vous avez vu les merveilles qu'Il opère: écoutez maintenant la Vérité qu'Il énonce ».
2.- Son but.
C'est en effet principalement pour accréditer Ses Messagers que Dieu les gratifie du Don des Miracles. D'autres motifs peuvent aussi les provoquer : ils sont, par exemple, un signe touchant de l'Amour d'un Père qui ne craint pas de déroger à l’ ordre universel pour accorder à Ses enfants une faveur inédite. .
Mais, le plus grand bienfait de Dieu étant la communication de Sa Vérité qui éclaire les esprits, fortifie les volontés, dirige les cœurs et oriente toute la personne humaine vers la vraie Vie, l'on peut dire que tous les autres témoignages de Sa sollicitude gravitent autour de celui-là . Directement ou indirectement par conséquent, les miracles ont pour but d'amener les hommes à la connaissance de la Vérité.
De préférence, Dieu décore de ce Don merveilleux ses meilleurs amis, les Saints…
. C'est que le miracle n'a pas pour but de témoigner en faveur du délégué de Dieu et de sa valeur personnelle, mais seulement de montrer le Dieu qui le délègue et Sa Souveraine Autorité. .
3. - Vrais et faux miracles.
Il y. a lieu cependant d'étudier avec une extrême circonspection les « faits extraordinaires » accomplis par des hommes d'une moralité douteuse;· à plus forte raison par ceux qui seraient franchement pervers. Outre que la supercherie des humains peut y être pour une grande part, le « Père du mensonge Il, pour infiltrer l'erreur, ne trouve rien de plus astucieux que de singer la manière de Dieu pour diffuser la Vérité.
, Par sa puissance angélique, déjà capable d'éblouir les hommes, habile au surplus à se déguiser en ange de lumière, par des « prestiges» aux allures bienfaisantes, le démon tente de capter l'attention et de gagner la confiance .
« Méfiez-vous des faux prophètes » recommandait le Christ.
Mais la difficulté, c'est que de prime abord, rien ne ressemble mieux à un vrai prophète qu'un faux prophète ... ! « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits », ajoute-t- Il. Mais assez souvent, dans les débuts du moins, les mauvais fruits ont les apparences des bons fruits!
Chez les uns et les autres, même force d'affirmation, même revendication d'une inspiration divine, même pouvoir qui étonne. Et le commun des hommes, à la fois si léger et si prompt à ne juger que sur les apparences, ne fait guère le discernement entre le miracle authentique accordé à la prière d'un Saint, et les réussites stupéfiantes d'un guérisseur, d'un prestidigitateur ou d'un fakir.
C'est plus tard que les fruits laissent apparaître leur véritable qualité.
'L'enseignement qui prétend s'appuyer sur le prodige est-il dans la ligne de la Vérité révélée par Dieu et conservée par Son Église; ou bien au contraire cherche-t-il à en détourner les esprits? Les instruments comme les bénéficiaires du miracle, sont-ils, de ce fait, devenus meilleurs, plus vertueux, plus attachés à Dieu; ou bien au contraire sont-ils relâchés, adonnés au vice et entraînés, vers des idoles ?
Dieu ne veut évidemment que le progrès dans le Bien et le salut des hommes, tels que Sa Loi en a déterminé les conditions; et s'il décide d’accomplir un geste extraordinaire, ce ne peut être que pour imprimer à ces grands mouvements un élan exceptionnel. Dès lors, tout ce qui produit un effet opposé, manifestement ne vient pas de Lui; c'est l'œuvre sournoise du Mauvais.
Ainsi, note Pascal, « les miracles aident à discerner la doctrine et la doctrine permet de discerner les miracles »
4 - Don des Miracles et Sainteté.
Si le Don des Miracles est ordinairement l'apanage des plus grands Saints, il n'est pourtant pas un signe indispensable de la sainteté, du moins pendant la vie terrestre. .
L'on sait, en effet, que pour proclamer officiellement la sainteté après la mort, l'Eglise exige ces preuves tangibles que sont les miracles, et que les faits qui sont censés dénoter une intervention extraordinaire de Dieu par l'intercession de l'un de ses Élus, font l'objet. d'un procès extrêmement serré. Mais un grand nombre de Saints et de Bienheureux qui, pour être décorés de ces glorieux titres, ont dû obtenir un minimum de miracles après leur mort, n'en accomplirent aucun pendant leur vie. .
Et beaucoup de saintes personnes qui n'auront jamais les honneurs des autels, ont vraiment vécu dans l'Amour de Dieu et jouissent maintenant de Sa Béatitude, sans que jamais le Don des Miracles, ni sur terre ni au Ciel, vienne illustrer leur Sainteté.
C'est dire que le Don des Miracles, loin d'être essentiel à la Sainteté, en est radicalement indépendant, et lui reste bien inférieur. Séduisant par ses effets, il parait enviable; mais risque alors de ne plus nourrir que l'ambition et la vaine gloire au détriment de la Charité, donc en opposition flagrante avec la Sainteté. C'est dans ce sens qu'il était convoité par Simon le Magicien; et c'est pourquoi alors il fut maudit **.
**Actes des Apôtres VIII, 20.