A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
Les Papes et la Révolution-suite 6
Sa Sainteté Grégoire XVI 1831-1846
Issu d'une famille noble, Bartolomeo Cappellari se découvre une vocation religieuse à l'âge de 18 ans et entre, en 1783, au monastère camaldule de Saint Michel de Murano. (Dans la prophétie des papes « de balneis Etruriae ».C’est en effet dans cette région que fut fondé l’ordre camaldule par Saint Romuald)
Envoyé à Rome en 1795 il entre bientôt au monastère Saint-Grégoire (San Gregorio) et en devient abbé en 1805.
C'est pendant cette période ébranlée par la révolution française qu'il publie son ouvrage "Le Triomphe de la Sainte Église" dans lequel il soutient l'infaillibilité pontificale et la souveraineté du Pape sur les États pontificaux Il prépare ainsi le concile Vatican I. Il s'oppose aussi aux efforts maçonniques contre l'influence de l'Église et découvre un complot pour miner la Papauté.
Le retour triomphal du Pape Pie VII à Rome en 1813 lui permet de réintégrer le monastère Saint-Grégoire.
Le 21 mars 1825, le Pape Léon XII l'élève à la dignité de cardinal.
Au début de 1831, suite au décès du pape Pie VIII et au terme d'un conclave de 74 jours, Bartoloméo Capellari est élu Pape. Il prend le nom de Grégoire XVI.
Il doit condamner, le 15 août 1832, les thèses du catholicisme libéral par l'encyclique "Mirari vos" dans laquelle il précise que:
« On entend retentir les académies et les universités d'opinions nouvelles et monstrueuses; ce n'est plus en secret ni sourdement qu'elles attaquent la foi catholique; c'est une guerre horrible et impie qu'elles lui déclarent publiquement et à découvert. Or, dès que les leçons et les examens des maîtres pervertissent ainsi la jeunesse, les désastres prennent un accroissement immense, et la plus effrayante immoralité gagne et s'étend. Aussi, une fois rejetés les liens sacrés de la religion, qui seuls conservent les royaumes et maintiennent la force et la vigueur de l'autorité, on voit l'ordre public disparaître, l'autorité malade, et toute puissance légitime menacée d'une révolution toujours plus prochaine. (...)
« Le but de vos efforts et l'objet de votre vigilance continuelle doivent donc être de garder le dépôt de la Foi au milieu de cette vaste conspiration d'hommes impies que nous voyons, avec la plus vive douleur, formée pour le dissiper et le perdre. Que tous s'en souviennent le jugement sur la saine doctrine dont on doit nourrir le peuple, le gouvernement et l'administration de l'Église entière appartiennent au Pontife romain, à qui a été confié, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme l'ont si clairement déclaré les Pères du concile de Florence, le plein pouvoir de régir et de gouverner l'Église universelle … »
Cette opposition de principe au modernisme s'illustre également en Allemagne avec la publication de la lettre apostolique "Dum acerbissima" le 26 septembre 1835.
Dès son élection, Grégoire XVI doit faire face à de graves problèmes politiques. La souveraineté temporelle du pape sur les régions qui entourent Rome est remise en cause par les "patriotes révolutionnaires". Le souverain pontife se décide alors à demander l'aide autrichienne. Après une violente répression, l'ordre est bientôt rétabli au début du mois d'avril 1831.
Cependant les puissances européennes décident d'une réforme de l'administration des États de l'Église, qui se traduit par une simplification des institutions judiciaires.
Grégoire XVI refuse de démocratiser l'élection des conseils ayant autorité sur le gouvernement des communes et des États; il s'oppose également à la création d'un conseil d'élus laïcs. Ces réformes décisives n'interviendront que quelques années plus tard avec le pontificat de son successeur Pie IX.
Les troubles reprennent à Césène puis à Bologne. Une nouvelle intervention des Autrichiens en Romagne est donc nécessaire. L'année suivante, quelques détachements français occupent également les États de l'Église jusqu'au départ définitif des Autrichiens en 1838.
Le développement des mouvements libéraux en Europe et les révolutions de 1830 contraignent bientôt le Saint-Siège à prendre position. Grégoire XVI publie en août 1831 une encyclique dans laquelle il réaffirme l'indépendance de l'Église et son refus de s'immiscer dans les affaires dynastiques.
Sous son pontificat, Grégoire XVI choisit de lutter dans les différents États européens afin de préserver les prérogatives de l'Église catholique.
Un important effort missionnaire est constaté sous le pontificat de Grégoire XVI. Le Pape relance ainsi la Propagation de la foi à partir de 1840.
Des missionnaires sont envoyés auprès des Indiens d'Amérique du Nord tandis que de nouveaux diocèses sont créés aux Etats-Unis. Sur le continent asiatique, la Chine et l'Inde mobilisent l'attention des congrégations. En Océanie, la prise de possession des archipels polynésiens par les puissances européennes favorise l'élan missionnaire. Le continent africain, notamment Abyssinie, est également l'objet de l'intérêt du souverain pontife.
Peu populaire auprès de ses sujets, Grégoire XVI entreprend en août 1841 un voyage dans les États de l'Église. Sa politique engendre cependant des émeutes.
Il décède à Rome le 1 juin 1846.
Son successeur sera SS Pie IX. ASUIVRE