A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
La vertu de Foi- suite 7/8
II. - Les Dons du Saint Esprit correspondants à la Foi.
Si les formules dogmatiques et les concepts théologiques ont un sens intelligible pour l'esprit humain, les Vérités ainsi révélées gardent toujours un fond de mystère impénétrable.
Une certaine éducation de l'intelligence humaine n'est-elle pas possible pour l'amener, sinon à une totale compréhension, du moins à une connaissance un peu moins obscure?
1. - Le Don d'Intelligence.
Un maître, digne de ce nom, ne se contente pas de jeter son enseignement à qui voudra le recueillir; il essaie, en outre, d'ouvrir les esprits de ses disciples, de les rendre plus réceptifs, quand ce ne serait que pour n'avoir pas lui-même l'impression de perdre son temps.
Un ami, surtout à l'heure des confidences, autant il veille à livrer exactement les secrets de son cœur, autant il est soucieux de les faire comprendre.
Dieu se fait Maître et Ami pour les hommes. C'est pourquoi au don de la foi qui incline l'esprit humain à accueillir de confiance les Vérités énoncées, Il ajoute le don d'Intelligence qui, sans avoir rien de commun avec une démonstration scientifique, procure une certaine connaissance expérimentale « Goûtez et voyez la douceur du Seigneur »? invite le Psalmiste. Le voile du mystère ne tombe pas tout à fait; mais il devient en quelque sorte translucide. Dans cette clarté, bien vague encore mais combien supérieure à la nuit obscure, l'intelligence humaine éprouve une conviction si forte qu'elle semble une évidence; non point évidence d'intelligibilité, puisqu'il s'agit de mystères, mais évidence de crédibilité. Selon sa signification étymologique - « intus legere»
- le don d'Intelligence aide à lire, à pénétrer le donné révélé. Par exemple, que Dieu soit une seule Nature en trois personnes devient pour la vie surnaturelle un élément aussi fondamental et indiscutable que dans le domaine rationnel l'axiome : le tout est plus grand que chacune de ses parties.
Véritable apaisement de l'intelligence par conséquent, à défaut d'une pleine satisfaction. Et en même temps, puissant stimulant pour la conquête totale et la contemplation face à face des grandes réalités confusément entrevues.
N'est-ce pas le rôle du don d'Intelligence aussi de faciliter « l'intelligence de la Sainte Ecriture ?
Comme deux esprits, à mesure que s'accentue leur familiarité réciproque, finissent par mieux se comprendre, ainsi l'esprit humain se familiarise avec l'Esprit Divin, avec ses pensées si hautes et ses expressions souvent énigmatiques à force d'être figuratives et symboliques. « Seigneur, donnez-moi l'intelligence pour scruter votre Loi et vos oracles 1 », implore le Psalmiste .
De même, il apporte une « certaine intelligence des dogmes, intelligence qu'il ne faut pas prendre pour une entière compréhension, puisqu'il s'agit toujours de mystères, mais qui montre du moins le bien-fondé de ces déclarations. Dépassant le stade des images et des représentations sensibles, l'esprit humain se rapproche de la pure intellection qui est la vraie connaissance des choses purement spirituelles. Du même coup, quel souffle puissant pour balayer difficultés et objections qu'une vaine science emprunte toujours à une conception toute matérialiste du monde!
2. - Le Don de Science.
Il ne se confond pas avec le don d'Intelligence et ne fait pas double emploi avec lui. Il veut, non plus faire pénétrer le sens de la Parole divine, mais faire connaître la création, miroir des attributs de Dieu, et tremplin d'où les âmes prennent avec Lui leur envol.
Il y a bien une science humaine dont le propre est d'étudier les créatures, mais pas sous ce jour! Ce que découvre le don de Science, ce n'est pas la constitution des créatures, leurs relations entre elles ou leur utilité pour l'homme dans le domaine matériel, mais plutôt les effets palpables de la Bonté de Dieu et l'usage qu'il convient d'en faire pour répondre à ses desseins.
Participation à la Science de Dieu, il permet de juger sainement de toutes choses, n'attribuant à chacune que sa valeur réelle et sa vraie raison d'être, dans la Pensée du Créateur. Il va jusqu'à inspirer un certain mépris pour les créatures, car « tout est vanité li en regard de l'Infini; elles sont nuisibles même, quand elles tentent de nous détourner de Lui : « La science du Christ me fait voir que tout, hormis Lui seul, est quantité négligeable et ne vaut pas plus qu'une ordure », dit hardiment S. Paul'.
Science intuitive en quelque sorte, plus prompte par conséquent, et surtout infiniment plus sûre que celle conquise par l'esprit humain; science nouvelle même complétant singulièrement les conclusions de la raison, laquelle en remontant des effets à la cause, parvient certes à avouer l'existence d'un Dieu Créateur, mais ignore tout de Ses intentions.
Et qu'est-ce qui serait mieux de nature à soulever l'âme d'admiration et de reconnaissance que ce souvenir constant de la Bonté Divine répandue dans les créatures? La main de Dieu est proche de son visage; le Don de Science qui voit si nettement l'action de Dieu dans les choses, prédispose à contempler le Dieu agissant « par 1'intermédiaire des choses visibles, jusqu'aux choses invisibles «