A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
« Au petit Reste » L’épreuve et ses fruits suite 2/4
II. L'ÉPREUVE DE. LA CONDITION HUMAINE
L'Ancien Testament a encore un double message à nous livrer.
1. Au plan de la personne. - La réflexion des Sages, en transposant au plan personnel les épreuves du. peuple, insiste sur un autre aspect de l'épreuve : la souffrance, celle du juste en particulier. Ici, l'épreuve parvient à son maximum d’acuité et la présence de Dieu à son maximum de proximité,car l'homme est affronté non plus à l'impossible, mais à l'absurde. A ce degré d'acuité, la tentation n'est plus de douter de la puissance de Dieu, de lui être infidèle ou de lui préférer le monde, c'est celle de l'insulte, de ce blasphème qui est la façon dont Satan rend témoignage à Dieu.
Le livre de Job ouvre le débat et l'enfouit dans le mystère de la Sagesse de Dieu, non par alibi, mais dans une reconnaissance confuse que l'épreuve ajuste progressivement l'homme au mystère de Dieu (cf Gn 22). Des lignes plus nettes de réponse sont présentes dans le poème du Serviteur (Is 52,13-53,12), et surtout dans les livres issus de la grande tribulation (Dn 9,24-27; 12,1-4; Sg passim). L'épreuve y apparaît insoluble au plan individuel; sa source est en dehors de l'homme (Sg i,13; 2,24),elle est un fait de nature concernant le genre humain. Mais seule une personne pourra la faire déboucher sur la vie, quelqu'un sur qui Satan n'aura pas barre, et qui sera solidaire de la « multitude », tout en se substituant à elle. Le jugement sera dans la venue du Serviteur.
2. Au plan de la nature humaine. - Ces conclusions, où l'on sent l'empreinte de la réflexion sacerdotale, rejoignent celles qui, dans les récits de la Genèse décrivant les origines, nous font atteindre le fond de la condition humaine. L'élection est finalement la révélation la plus expressive de l'amour gratuit de Dieu, sa liberté. Par là, elle appelle chez l'homme le maximum de liberté dans sa réponse.
L'épreuve est justement le champ laissé à cette réponse. Génèse 2 manifeste de façon imagée cette sollicitude gratuite pour le souverain de la création qu'est l'homme. Un tel amour d'élection ne s'impose pas, il se choisit : de là l'épreuve, à travers l'arbre de la connaissance (Gn 2,17). La condition humaine fondamentale est ainsi révélée : l'homme n'est tel que par sa possibilité constante de choisir Dieu, « à l'*image » duquel il est, par vocation.
Or Adam se choisit lui-même comme dieu (Gn 3,5).
C'est que, entre l'épreuve et le choix, la crise est intervenue, la tentation, dont voici enfin l'auteur personnel: Satan (Gn 3; cf Jb 1-2). On le voit, la tentation est plus que l'épreuve; même à son paroxysme, des éléments nouveaux ont fait leur entrée : le Mauvais, qui est aussi le Menteur, apparaît le Séducteur.
L'homme ne choisit sa solitude que parce qu'il croit y trouver la vie; s'il n'y trouve que la nudité et la mort, c'est qu'il a été trompé. Son épreuve comporte donc fondamentalement un combat contre le mensonge, une lutte pour choisir selon la vérité où se vit seulement l'expérience de la liberté (Jn 8,32-44). Voilà l'ultime réponse à la réflexion. des sages.
L'humanité est engagée dans une épreuve qui la dépasse et qu'elle ne surmontera que par l'effet d'une promesse qui est grâce (Gn 3,15), par la venue de la « Descendance », qui mettra fin à l'épreuve. A suivre