A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
SOLITUDE et Écriture Sainte
Ancien Testament
Créé à l'image de Dieu qui, Père, Fils et Esprit, est fécondité surabondante d'amour, l'homme doit vivre en communion avec Dieu et avec ses semblables, et par là porter du fruit. La solitude est donc, de soi, un mal qui vient du péché; elle peut cependant devenir source de communion et de fécondité, si elle est unie à la solitude rédemptrice de Jésus-Christ.
1. SOLITUDE DE L'HOMME
1. «Il n'est pas bon que l'homme soit seul» (Gn 2,I8). - Selon Dieu, la solitude est un mal. Elle livre à la merci des méchants, le pauvre, l'étranger, la veuve et l'orphelin (Is 1,17.23); aussi Dieu exige-t-Il qu'on les protège particulièrement (Ex 22,21 ss) ; Il tient leurs protecteurs pour Ses fils et les chérit mieux qu'une mère (Si 4,10); faute de soutiens humains, Dieu se fera le vengeur de ces pauvres (Pr 23,10S; Ps 146,9). La solitude livre aussi à la honte celui qui demeure stérile; en attendant que soit révélé le sens de la virginité, Dieu invite à remédier à cette honte par la loi du lévirat (Dt 25,5-10); parfois même Il intervient en personne pour réjouir l'esseulée (1 S 2,5; Ps 113,9; Is 51,2). L'épreuve de la solitude est un appel à la confiance absolue en Dieu (Est 4,17t).
Dieu veut que le pécheur soit seul.
- La solitude révèle aussi à l'homme son être pécheur; elle devient alors un appel à la conversion. C'est ce que peut enseigner l'expérience de la maladie, de la souffrance et de la mort prématurée ; mis à l'écart de la société des hommes (Jb 19,13-22), le malheureux se reconnaît en état de péché. Par une autre voie, Dieu révèle aussi qu'il livre le pécheur à la solitude. Il délaisse Son épouse infidèle (Os 2,5; 3,3) ; le prophète Jérémie doit signifier par le célibat qu'Israël est stérile (Jr 16,2; 15,17); enfin l'exil fait comprendre que Dieu seul peut arracher à la solitude en rendant fécond (Is 49,21; 54,IS8).
Nouveau Testament
II. SOLITUDE DE JÉSUS-CHRIST
La compagnie de Jésus seul.
- Dieu a donné aux hommes Son Fils unique (Jn 3,16) pour que les hommes retrouvent à travers l'Emmanuel (= «Dieu avec nous », Is 7,14) la communion avec Dieu. Jésus appelle donc les disciples à « être avec Lui» (Mc 3,14). Venu chercher la brebis perdue, seule (Lc 15,4), Il restaure la communion rompue en engageant des dialogues « seul à seul » avec Ses disciples (Mc 4,10; 6,2), avec les pécheresses (Jn 4,27; 8,9). L'amour qu'Il exige est unique, supérieur à tout autre (Lc 14,2.6), semblable à celui que Yahweh prescrivait, Dieu unique (Dt 6,4; Ne 9,6).
De la solitude à la communion. - Pour réaliser la communion des hommes, Jésus a pris sur Lui leur solitude, et avant tout celle d'Israël pécheur. Il a été au désert vaincre l'Adversaire (Mt 4,1-11; cf 14,23), Il a prié solitaire (Mc 1,35.45; Lc 9,18; cf l R 19,10). A Gethsémani enfin, Il se heurte au sommeiI des disciples qui refusent de communier à Sa prière (Mc 14,32-41) et affronte seul l'angoisse de la mort. Dieu même semble l'abandonner (Mt 27-46). En réalité il n'est pas seul, et le Père est toujours avec Lui (Jn 8,16.29 ; 16,32); aussi, grain de blé tombé en terre, ne demeure-t-il pas seul mais porte du fruit (Jn 12,24) : il « rassemble dans l'unité les enfants de Dieu dispersés » (11,52 ) et « attire tous les hommes à Lui» (12,32). La communion a triomphé.
A son tour, l'Église se trouve seule dans un monde auquel elle n'appartient pas (17,16) et elle doit s'enfuir au désert (Ap 12,6); mais désormais il n'est plus de véritable solitude: le Christ, par Son Esprit, n'a pas laissé les disciples « orphelins »( Jn 14,18), jusqu'au jour où, ayant triomphé de la solitude qu'impose la mort des êtres chers, « nous serons réunis à eux ... et avec le Seigneur toujours » (1 Th 4,17).
MP & XLD