A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
Contre-poison.
Deux déclarations de R... et de B...nous ont stupéfiés ces derniers temps : R...admirateur du sinistre Luther accuse l'Église d'avoir prêché pendant 2000 ans des erreurs sur le mystère de la Croix(Cf notre courrier R...et le mystère de la croix- dans recherche)
De son côté B...nie l'immortalité de l'âme humaine ruinant ainsi d'un seul coup la doctrine évangélique sur les fins dernières.D'un trait de plume dans ses initiatives concernant le mariage,il rejoint Luther dans ses prétentions au libre examen.Voir dans recherche le courrier du 9 avril "la logique de B...n'est pas celle que vous croyez"...
En contrepoison à ces horreurs,nous redonnerons la parole à notre Pape légitime, SSPaul VI sur ces sujets cruciaux. Comme écrivait saint Augustin: « Il ne faut pas se taire quand l'erreur parle si fort »
10 juin 1971 -Homélie de SS Paul VI pendant la messe en la Basilique Saint-Pierre pour 6000 malades.
VERTU REDEMPTRICE DE LA SOUFFRANCE
Salut à vous tous, Frères et Fils très chers ! A vous prêtres, ouvriers et ministres de l’Eucharistie : aujourd’hui, solennité du Corps et du Sang du Christ, c’est une grande fête pour votre choix, pour votre médiation, pour votre double identification : avec le Peuple de Dieu auquel vous appartenez comme frères et comme serviteurs dans le ministère ; avec le Christ dont vous exercez le prodigieux pouvoir qui vous assimile à Lui comme prêtres et comme victimes dans le sacrifice eucharistique ! Méditez et réjouissez-vous en silence : c’est votre fête !
Salut à vous tous, Fidèles, qui représentez ici pour nous la Rome catholique, la Ville centrale de toute l’Eglise, son histoire, sa fidélité, sa vitalité actuelle, et qui voulez être avec nous pour célébrer la rencontre sacramentelle et éternelle avec le Christ vivant dans la foi, dans l’espérance, dans l’amour !
A vous spécialement, chers, très chers malades qui portez à cette célébration l’encens brûlant et parfumé de votre souffrance et qui nous donnez la joie de vous rencontrer, d’être proches de vous pour une heure, de vous exprimer notre affection émue, de partager vos peines et vos prières, salut ! salut !
Oh ! comme nous voudrions qu’il y ait dans ce souhait la force qu’il signifie et désire, cette santé que Jésus, Lui Fils de Dieu et Fils de l’homme, prodiguait aux malades et aux souffrants rencontrés pendant son séjour sur la terre : oui, Lui, Il les réconfortait et les guérissait tous : « de Lui, écrit saint Luc, l’évangéliste médecin, sortait une force qui les guérissait tous » (Lc 6,19). Ce pouvoir miraculeux ne nous a pas été transmis à nous, mais nous avons reçu celui, non moins précieux, de communiquer non la santé physique, mais la santé spirituelle, le salut; et c’est cela qu’en ce moment nous voudrions vous faire goûter d’une certaine manière en célébrant avec vous et pour vous cette fête grandiose et mystérieuse du Corps et du Sang du Christ.
Vous souffrez de deux maux, l’un physique auquel les médecins et leurs assistants cherchent avec tant d’habileté et d’empressement à porter remède, l’autre spirituel, qui n’est pas moins grave, senti et compliqué : à celui-là au moins la présente célébration peut apporter un réconfort.
Comment cela ? Ecoutez un peu. Quel est le vrai sens de cette cérémonie ? Qu’est-ce qui va se passer pendant ce rite comme toujours lorsqu’une messe est célébrée ? Il arrivera ceci, c’est que Jésus, Lui-même, Jésus-Christ sera présent, sera ici, sera au milieu de nous, y sera pour vous. Nous rappelons non seulement Son souvenir mais Sa présence, sa présence réelle, voilée, cachée, accessible seulement à ceux qui croient en Sa divine parole, répétée et puissante par qui possède Son sacerdoce prodigieux, mais vraie présence, vivante, personnelle.
Lui, Jésus béni, sera présent. L’Eucharistie est avant tout un mystère de présence. Pensons-y bien : Jésus tient de cette manière Sa parole prophétique : « Moi, je serai avec vous jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20). « Je ne vous laisserai pas orphelins ; Je reviendrai vers vous » (Jn 14,18). C’est ce qu’il a dit et c’est ce qu’il a fait : Il sera ici pour nous, pour vous, pour chacun de vous. Alors dites, vous qui êtes oppressés par la souffrance, n’est-ce pas la solitude, le sentiment d’être seuls et presque séparés de tous qui aggrave et rend parfois votre souffrance insupportable et désespérée ? La douleur est par elle-même isolante, et cela fait peur et augmente la peine physique.
Eh bien ! pour qui croit à l’Eucharistie, pour qui a la chance de la recevoir, cette terrible solitude intérieure n’existe plus. Lui, Jésus, est avec celui qui souffre. Il connaît la douleur. Il la console, II la partage. Il est le médecin intérieur. Il est l’ami de coeur. Il écoute les gémissements de l’âme. Il parle au fond de l’esprit. C’est pourquoi écoutez encore ce langage propre de l’Eucharistie. Nous vous avons dit : Jésus sera présent. Mais comment sera-t-il présent ? Il sera présent, mais d’une manière non sanglante, comme « l’homme des douleurs » (cf. Is 53,3), comme victime, comme « agneau de Dieu » (Jn 1,29) ; Il sera présent comme Il l’était à l’heure de Sa passion, dans Son sacrifice, comme crucifié.
C’est ce que signifie la double espèce du pain et du vin, figures du Corps et du Sang du même Christ. Jésus s’offre pour nous et à nous comme II était sur la croix, immolé, déchiré, consumé dans la douleur portée au plus haut point de la sensibilité physique et de la désolation spirituelle. Rappelez-vous Ses affres très humaines : « J’ai soif » (Jn 19,28) ; et ses tourments indicibles : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46), vous vous rappelez ?
Qui a souffert autant que Jésus ? La souffrance est proportionnée à deux mesures : à la sensibilité (et quelle sensibilité serait plus fine que celle du Christ, Homme-Dieu ?) et à l’amour : la capacité d’aimer se mesure à la capacité de souffrir.
Comprenez-vous comment Jésus est votre exemple, est votre compagnon, hommes et femmes qui portez ici vos vies endolories ? Comprenez-vous pourquoi justement nous avons voulu célébrer avec vous la solennité du Corps et Sang du Christ ?
Et nous vous dirons en outre : Comprenez-vous maintenant ce qu’est la communion et ce que la réception de l’Eucharistie accomplit en vous ? C’est la fusion de votre souffrance avec celle du Christ. Chacun de vous peut répéter, à plus forte raison que n’importe quel autre fidèle qui communie, les paroles de saint Paul : « ... je trouve ma joie dans les souffrances… et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ... » (Col 1,24).
Souffrir avec Jésus ! Quel destin, quel mystère ! Voici, voici une très grande nouveauté : la douleur n’est plus inutile ! Si elle est unie à celle du Christ, notre douleur acquiert quelque chose de sa vertu expiatrice, rédemptrice et salvatrice ! Comprenez-vous maintenant pourquoi l’Eglise honore et aime tant ses malades, ses fils malheureux ? parce qu’ils sont le Christ souffrant Qui, justement par Sa passion a sauvé le monde.
Vous, très chers malades, vous pouvez coopérer au salut de l’humanité si vous savez unir vos douleurs, vos épreuves à celles de Jésus qui maintenant va venir à vous dans la sainte communion. Et acceptez alors que nous vous adressions une prière, vous suggérant de donner à vos souffrances la même intention qui inspirait à l’Apôtre dont nous vous avons cité les célèbres paroles, ces autres qui complètent sa pensée : « je trouve ma joie, disait-il, dans les souffrances en complétant la passion du Seigneur pour Son corps (mystique) qui est l’Église» (Col 1,24).
Eh bien ! ce que nous vous demandons, c’est que vous offriez (voyez : souffrir devient offrir !) vos douleurs pour l’Eglise ; oui, pour l’Eglise entière et pour cette Église romaine en particulier. Vous en connaissez peut-être les besoins. Vous aurez, vous, et nous aurons ainsi célébré dignement ensemble la fête du Corps et du Sang du Christ : fête de douleur, d’amour, de consolation, d’espérance et de salut pour vous et pour tous !"