A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
Les soucis et la Sainte Écriture
1. Exhortations au souci.
- Le souci, c'est d'abord le soin que l'on apporte à l'accomplissement d'un travail ou d'une mission. La Bible admire et recommande cette présence intelligente et active de l'homme à toutes ses tâches. Les plus humbles d'abord, dans le cadre de la maison par exemple (Pr 3 I,10-3 I), du métier (Si 38,24-34) ou des responsabilités publiques (50,I-4).
Plus haut encore, la Bible place le souci des tâches spirituelles : la recherche de la sagesse (Sg 6,17; Si 39,I-II) ou du progrès moral (I Tm 4,I5; cf Tt 3,8; l CO I2,25), la sollicitude de l'apôtre (2 CO II,28; cf 4,8s). L'exemple par excellence est ici Jésus Lui-même, donné sans réserve à l'accomplissement de sa mission (Lc l2,50; 22,32).
Le souci des « affaires du Seigneur » est d'ailleurs d'un ordre si élevé qu'il peut amener, sur l'appel du Christ, à renoncer aux soucis de ce monde pour se soucier directement et totalement de « l'unique nécessaire» (I CO 7,32ss; cf Lc 10,4I). .
2. Les Soucis et la foi.
- Dans tous les domaines, la Bible condamne donc la négligence et la paresse. Mais elle sait aussi que l'homme risque de se laisser absorber par les soucis de ce monde au détriment des soucis spirituels (Lc 8,I4 p; I6,13 p; 2I,34 p) . . Jésus a dénoncé ce danger: Il appelle Ses disciples à se soucier uniquement du Royaume de Dieu;la liberté d'esprit nécessaire leur viendra non pas de 1' insouciance - les taches de ce monde demeurent un devoir - mais de la confiance en l'amour paternel de Dieu (Mt 6,25-34 p; cf I6,5-I2).
Quel que soit le domaine qu'ils concernent, les soucis sont d'ailleurs par eux-mêmes un appel à la confiance et à la foi. Si une tâche bien accomplie permet, en certains cas, de « rire au jour à venir» (Pr 3I,25), les soucis qu'elle entraîne sont plus souvent une occasion pour l'homme de prendre conscience de ses limites dans l'incertitude, la crainte ou l'angoisse.
La souffrance ainsi engendrée est le lot commun de tous les hommes (Sg 7,4). Elle les invite à confier au Seigneur le « fardeau » de leurs soucis (Ps 55,23; cf l P 5,7), même s'il provient de leurs péchés (Ps 38,I9; cf Lc 15,I6-20), dans une foi qui sait que « le Très Haut prend souci d'eux» (Sg 5,I5). Ils pourront alors « user de ce monde », avec tout le soin nécessaire, « comme s'ils n'en usaient pas véritablement » (I CO 7,3 I). Au-delà de tous les soucis en effet, « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde leurs cœurs et leurs pensées dans le Christ Jésus » (Ph 4,6s).