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A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir

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Guerre et Écriture Sainte......

GUERRE et Sainte Écriture1/2

« La seule façon de mieux comprendre les choses, c'est de les regarder de haut »

La guerre n'est pas, seulement un fait humain qui pose, des problèmes de morale. Sa présence dans le monde biblique permet à la révélation d'exprimer,à partir d'une expérience commune, un aspect essentiel du drame où l'humanité est engagée et dont son salut est l'enjeu: le combat spirituel entre Dieu et Satan. Il est vrai que le dessein de Dieu a pour fin la paix; mais cette paix suppose elle-même une victoire acquise au prix du combat.

Ancien Testament

I. GUERRES HUMAINES ET COMBATS DE DIEU

I- La guerre, dans tous les temps, est un élément important de la condition humaine. Dans l'ancien Orient, c'était un fait endémique ; à chaque retour d'année, les rois « se mettaient en campagne » (II S 11,l). En vain les empires, aux périodes de grande civilisation, signaient-ils des traités de « paix perpétuelle » ; l'évolution des faits rompait vite les fragiles contrats. Insérée dans ce cadre, l'histoire d'Israël va donc comporter une expérience, tantôt exaltante et tantôt cruelle, des combats humains. Mais, introduite dans la perspective du dessein de Dieu, cette expérience y acquiert une portée spécifiquement religieuse ; la guerre s'y révèle à la fois comme une réalité permanente de ce monde ct comme un mal.

2-Cependant, transférant dans le domaine religieux les résultats de son expérience sociale, l'ancien Orient n'omettait pas d'introduire aussi la guerre dans sa représentation du monde divin. Il imaginait volontiers, au temps primordial, une guerre des dieux dont toutes les guerres humaines étaient comme les prolongements et les imitations terrestres. Israël, tout en coupant court au polythéisme suppose par de telles images, conserve pourtant celle d'un Dieu combattant; mais il la transforme pour l'adapter à son monothéisme et pour lui donner une place dans la réalisation terrestre du dessein de Dieu.

 

II- ISRAËL AU SERVICE DES GUERRES DE YAHWEH 1. 1. Les perspectives ouvertes par l'alliance sinaïtique ne sont point de paix, mais de combat: Dieu donne une patrie à Son peuple, mais celui-ci doit la conquérir (Ex 23,27-33). Guerre offensive, qui est sacrée et qui se justifie dans la perspective de l'AncienTestament Chanaan, avec sa civilisation corrompue doublée d'un culte rendu aux forces. de la nature, constitue un piège pour Israël (Dt 7,38); aussi Dieu sanctionne-t-il son extermination (Dt 7,I) ; les guerres nationales d'Israël seront donc les « guerres de Yahweh ». Bien plus, en faisant naître Israël à l'histoire, c'est Son propre règne que Dieu instaure, grâce à un peuple qui lui rend un culte et qui observe sa loi. En défendant son indépendance contre les agresseurs du dehors, Israël défend donc du même coup la cause de Dieu : tout combat défensif est encore une « guerre de Yahweh ».

 

2. C'est ainsi qu'au cours des siècles, Israël fait l'expérience d'une vie combattante, où le dynamisme national se met au service d'une cause religieuse. Guerres offensives contre Sihon et Og (Nb 21,21-35; Dt 2,26-3,17), puis conquête de Canaan (Jos 6-12). Guerres défensives contre Madian (Nb 31) et contre les oppresseurs de l'époque des Juges (Jg 3-12). Guerre de libération nationale, avec Saül et David (1 S 11-17; 28-30) . Dans cet ensemble d'événements, Israël apparaît comme le héraut de Dieu ici-bas; son roi est le lieutenant de Yahweh dans l'histoire. L'ardeur de la foi requiert des prouesses militaires, que soutiennent la certitude de l'aide divine et l'espoir d'une victoire à la fois politique et religieuse (cf Ps 2; 45,4ss; .60,7-14; 110). Mais la tentation sera grande de confondre la cause de Dieu avec la prospérité terrestre d'Israël.

 

III. LES COMBATS DE YAHWEH DANS L'HISTOIRE

1. 'Yahweh combat pour Son peuple. -

Les guerres de Yahweh menées par Israël ne sont pourtant. qu' un aspect des combats menés par Dieu dans l'histoire humaine. Depuis les origines, Il est personnellement en lutte contre des forces mauvaises qui s'opposent à Ses desseins. Le fait est mis en évidence dans l'histoire de son peuple, lorsque divers ennemis tentent d'en enrayer l'essor. Alors, affirmant Sa maîtrise des événements, Dieu intervient par Son action souveraine, et Israël fait l'expérience de merveilleuses délivrances: lors de l' exode, Yahweh combat contre l'Égypte, la frappant de prodiges de toutes sortes (Ex 3,20), la frappant en ses premiers-nés (Ex II,4 ... ) et en son chef (Ex 14, 18 ... ); en Canaan, il soutient les armées d'Israël (Jg 5,4.20; Jos 5,13s; 10,10-14; 2 S 5,24); au cours des siècles, Il assiste les rois (Ps 20; 2 1) et délivre Sa ville sainte (Ps 48,4-8; 2 R 19,32-36) ... Tous ces faits montrent que les luttes humaines n'arrivent à leur fin que par Sa force à Lui : les hommes combattent, mais Dieu seul donne la victoire (Ps 118, 10-14; 121,2; 124).

2. Dieu combat contre les pécheurs. -

  Or les combats de Dieu ici-bas n'ont pas pour fin dernière le triomphe temporel d'Israël. Sa gloire est d'une autre nature; son règne, d'un autre ordre. Ce qu'il veut, c'est l'établissement d'un royaume de prospérité et de justice, tel que le définit sa Loi. Israël a pour mission de le réaliser; mais s'il y manque, Dieu se doit de combattre son peuple pécheur au même titre qu'il combat les puissances païennes. C'est pourquoi, en contrepartie de ses infidélités, Israël fait aussi l'expérience des revers militaires : au temps du désert (Nb 14,39,44), de Josué (Jos 7,2 ... ), des Juges (1 S 4), de Saül (1 S 31). Au temps des rois, le fait revient périodiquement, et, après les ravages d'invasions multiples, Israël et Juda finiront même par connaître une ruine nationale complète. Aux yeux des prophètes, ce sont là les résultats de jugemcnts divins; Yahweh frappe son peuple pécheur (Is 1,4-9) ; c'est Lui qui dépêche les envahisseurs chargés de le châtier (Jr 4,5-5,17; 6; Is 5, 26-30). Les armées de Babylone sont à Ses ordres(Jr 25,14-38) et Nabuchodonosor est son serviteur (Jr 27,6ss). A travers ces événements terribles, Israël comprend maintenant que 1a guerre est fondamentalement un mal. Résultat de Ia haine fratricide entre les hommes (cf Gn 4), elle est liée au destin d'une race pécheresse.. Fléau de Dieu; elle ne disparaîtra donc radicalement d'ici-bas qu'une fois que le péché aura lui-même disparu (Ps 46,10; Ez 39,9S). C'est pourquoi les promesses eschatologiques des prophètes s'achèvent toutes sur une merveilleuse vision de paix universelle (Is 2,4; II,6-9 etc). Tel est le salut authentique auquel Israël doit aspirer, plutôt qu'à des guerres saintes de conquête et de destruction.

 

IV. -LES· COMBATS ESCHATOLOGIQUES ·

1·. L'assaut des forces ennemies. -

Ce salut ne viendra . pourtant pas .sans combat. Mais cette fois, le caractère essentiellement religieux de la lutte se dégagera de ses incidences temporelles bien mieux que par le passé. Sans doute son évocation anticipée a-t-elle encore l'allure d'un assaut militaire des païens contre Jérusalem (Ez 38; Za 4,1-3; Jdt 1-7). Mais dans l'apocalypse de Daniel, écrite durant la persécution sanglante qu'a déchaînée l'empereur Antiochus, il est clair que la puissance ennemie, représentée sous les traits de Bêtes monstrueuses a pour premier dessein de « faire la guerre aux saints» et de s'attaquer à Dieu même (Dn 7,19-2.5; Il,40-45; cf Jdt 3,8). Derrière le combat politique se laisse ainsi discerner le combat spirituel de Satan et de ses alliés contre Dieu.

2. La réplique de Dieu -

En présence de cet assaut que livre à sa foi un empire païen totalitaire, le judaïsme peut bien réagir encore par une révolte militaire qui renoue avec les traditions de la guerre sainte . En fait, il se sait engagé dans une lutte plus haute, pour laquelle il doit compter d'abord sur le secours de Dieu ( Jdt 9) ; c'est Yahweh qui, au temps marqué, décrétera la mort de la Bête (Dn 7, Il. 26) et brisera son pouvoir (Dn 8,25; II,45). Cette perspective dépasse le plan des guerres temporelles. Elle débouche sur le combat céleste par lequel Dieu couronnera tous ceux qu'il a déjà soutenus dans l'histoire (cf Is 59,15-20; 63,1-6), tous ceux qu'Il soutient actuellement pour défendre les justes contre leurs ennemis (Ps 35, l ss). Ce combat-là aura pour cadre le jugement final. Il mettra fin ici-bas à toute iniquité (Sg 5,17-23) et préludera ainsi directement au règne de Dieu sur terre. C'est pourquoi il sera suivi par une paix éternelle, à laquelle tous les justes auront part (Dn 12~ISS; Sg 4,7ss; 5,155).A Suivre

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