A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
Le thème de l'autorité dans la Sainte Écriture2/2
Nouveau Testament
II -Jésus
1. Jésus dépositaire de l'autorité.
- Jésus apparaît, durant Sa vie publique, comme le dépositaire d'une autorité (exousia) singulière: Il prêche avec autorité (Marc 1,22 p), Il a pouvoir de remettre les péchés (Mt 9,6ss), Il est maître du sabbat (Mc 2,28). Pouvoir tout religieux d'un envoyé divin, devant lequel les Juifs se posent la question essentielle : par quelle autorité fait-il ces choses (Mt 21,23 )? A cette question, Jésus ne répond pas directement (Mat 21,27 ).
Mais les signes qu'Il accomplit ,aiguillent les esprits vers une réponse : Il a pouvoir (exousia) sur la maladie (Mt 8,8s ), sur les éléments (Mc 4,4I ), sur les démons (Mt 12,28 ). N'est-ce l'indice que, comme Il le dira Lui-même, tout pouvoir Lui a été donné au ciel et sur la terre (Mt 28,18)
2- Son autorité s'étend donc jusqu'aux choses politiques ; en ce domaine, le pouvoir qu'Il a refusé de tenir de Satan (Lc 4,5ss), Il l'a reçu en réalité de Dieu . Cependant, ce pouvoir, Il ne s'en prévaut pas parmi les hommes. Alors que les chefs de ce peuple montrent le leur en exerçant.la domination, Lui se tient parmi les Siens comme Celui qui sert (l, 12,25ss). Il est Maître et Seigneur (Jn 13,13); Il est venu pour servir et donner Sa vie (Mc 10,42). Et c'est parce qu'Il prend ainsi la condition d'esclave que tout genou fléchira finalement devant Lui (Ph 2,5-11)
2-Jésus devant les autorités terrestres. L'attitude de Jésus vis-à-vis des autorités terrestres est d'autant plus significative. Devant les autorités juives, Il revendique Sa qualité de Fils de l'homme (Mt26,63) base d'un pouvoir qu'attestent les Écritures (Dn 7,14). Devant l'autorité politique, sa position est plus nuancée. Il reconnaît la compétence propre de César (Mt 22,21 ); mais cela ne Lui ferme pas les yeux sur l'injustice des représentants de l'autorité (Mt 20,25; Lc 13,32). Quand il comparaît devant Pilate, Il ne discute pas son pouvoir, dont Il sait l'origine divine; mais Il relève l'iniquité dont Il est victime (Jn 19,1l), et Il revendique pour Lui-même la royauté qui n'est pas de ce monde (Jn 18,36). Si donc le spirituel et le temporel, chacun à sa manière, relèvent en principe de Lui, Il consacre cependant leur nette distinction, et Il laisse entendre que, pour l'instant, le temporel garde dans son ordre une véritable consistance. Les deux pouvoirs se confondaient dans la théocratie israélite; il n'en sera plus de même dans l'Église.
II - LES APÔTRES
1- Les dépositaires de l'autorité de Jésus.
- En envoyant Ses disciples en mission Jésus leur a délégué Sa propre autorité (« Qui vous écoute M'écoute », Lc 1O,16s) et confié ses pouvoirs (cf Mc 3,14; -Lc 10,19). Mais ll leur a appris aussi que l'exercice de ces pouvoirs était en réalité un service (Lc 22,26 ; Jn 13,14s). Effectivement, on voit ensuite les Apôtres user de leurs prérogatives, par exemple pour exclure de la communauté les membres indignes (1 Co ,5,4s). Cependant, loin de faire, sentir le poids de leur autorité, ils se préoccupent avant tout de servir le Christ et les hommes (1 Th 2,6-10). C'est que, pour s'exercer de façon visible, cette autorité n'en est pas moins d'ordre spirituel: elle concerne exclusivement le gouvernement de l'Église. Il y a là une innovation importante: contrairement aux cités antiques, la distinction entre le spirituel et le politique est maintenant effective.
2. L'exercice de l'autorité humaine.
- En ce qui concerne la valeur de l'autorité humaine et ses conditions d'exercice, les écrits apostoliques confirment la doctrine de l'Ancien Testament, mais ils lui donnent une base nouvelle. La femme doit être soumise à son mari comme l'Église au Christ; mais en retour, le mari doit aimer sa femme comme le Christ a aimé l'Église (Ep 5,22-33). Les enfants doivent obéir à leurs parents (Col 3,20S; Ep 6,I) parce que toute paternité tire son nom de Dieu (Ep 3,15); mais les parents doivent prendre garde, en les éduquant, de les exaspérer (Ep 6,4; Col 3,21). Les esc1aves doivent obéir à leurs maîtres, même durs et incommodes (1 P 2,18), comme au Christ Lui-même (Col 3,22; Ep 6,5 ... ); mais les maîtres doivent se souvenir qu'ils ont aussi un Maître dans le ciel (Ep 6,9) et apprendre à traiter leurs esclaves en frères (Phm 16). Ce n'est pas assez de dire que cette morale sociale sauvegarde une juste conception de l'autorité dans la société; elle lui donne pour base et pour idéal le service des autres accompli dans la charité.
3. Les rapports de l'Église avec les autorités humaines.
- Les Apôtres, dépositaires de l'autorité de Jésus, trouvent en face d'eux des autorités humaines avec lesquelles il leur faut entrer en rapport. Parmi celles-ci, les autorités juives ne sont pas des autorités comme les autres: elles ont un pouvoir d'ordre religieux et tirent leur origine d'une institution divine; aussi les Apôtres les traitent-ils avec respect (Ac 4,9; 23,1-5), tant que leur opposition au Christ n'est pas manifeste. Mais ces autorités ont encouru une grave responsabilité en méconnaissant le Christ et en Le faisant condamner (Ac 3,13ss; 13,27s). Elles l'aggravent encore en s'opposant à la prédication de l'Évangile; aussi les Apôtres passent-ils outre à leurs défenses, estimant qu'il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Ac 5,29). En refusant l'autorité du Christ, les chefs juifs ont perdu leur pouvoir Les rapports avec l'autorité politique posent un problème différent. En face de l'empire romain, Paul professe un entier loyalisme ; il revendique sa qualité de citoyen romain (Ac 16:37; 22,25 ..) et fait appel à César pour obtenir justice (Ac 25,12). Il proclame que toute autorité vient de Dieu, et qu'elle est donnée en vue du bien commun; la soumission aux pouvoirs civils est donc un devoir de conscience parce qu'ils sont les ministres de la justice divine (Rm 13,1-7), et l'on doit prier pour les rois et les dépositaires de l'autorité (1 Tm 2,2). Même doctrine dans la Iere épître de Pierre (1 P 2; 13-17). Cela suppose que les autorités civiles se soumettent elles-mêmes à la loi de Dieu. Mais nulle part on ne voit revendiquer pour les autorités spirituelles de l'Église un pouvoir direct sur les choses politiques. Si, par contre, l'autorité politique, comme jadis l'empire syrien persécuteur des juifs, s'élève à son tour contre Dieu et contre Son Christ, alors la prophétie chrétienne en annonce solennellement le jugement et la chute: ainsi fait l'Apocalypse devant la Rome de Néron et de Domitien (Ap 17,1-19,10). Dans l'empire totalitaire qui prétend incarner l'autorité divine, le pouvoir politique n'est plus qu'une caricature satanique, en face de laquelle aucun croyant ne saurait courber la tête. » FA et PC
L'autorité du pape découle donc de cette passation de pouvoir entre Jésus et les apôtres. C'est un pouvoir spirituel qui se transmet par les voies légitimes. A l'intérieur de l'Église,les pouvoirs sont hierarchisés, ordonnés. Mais toujours « toute autorité vient de Dieu » et les actions par excés sont jugées sévèrement par Lui, comme les démissions des autorités qui ne s'exercent pas comme elles le devraient. A suivre « Qui dit autorité dit obéissance »