A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
La Création 6/9 RP Sineux
3 - Le Bien et le Mal dans le monde. Chapitres à lire attentivement;très important,car le mal dans le monde, la souffrance, est considérée par beaucoup d'incroyants comme une preuve contraire de l'existence de Dieu.La philosophie seule révèle ses mlimitres.Seul Jésus -Sauveur nous révèle le sens du mal et de la croix.
Perfection et imperfection, ce contraste qui fait la valeur comparée des créatures, se retrouve dans l'existence intime de tout être où il introduit un mélange de beauté et de laideur, un antagonisme perpétuel entre deux forces opposées : la force de construction et la force de destruction, chez les vivants la lutte entre la vie et la mort, chez tous la présence simultanée du bien et du mal. Qu'un être possède tous les éléments et toutes les prérogatives qui conviennent à sa nature et répondent à ses aspirations, c'est pour lui un bien. Qu'il soit privé d'une partie plus ou moins importante de ses éléments constitutifs, ou frustré dans ses légitimes désirs, c'est pour lui un mal. Le bien est donc l'apanage exclusif des êtres complets; tandis que le mal apparaît dès la moindre lacune.
Par contre, un être complet, fût-il le plus petit, le plus insignifiant, n'est pas atteint par le mal sous prétexte qu'il n'a pas ce qui est départi à d'autres: le bien d'autrui ne lui est pas dû, il ne lui manque pas; c'est une absence de bien, non la privation du bien propre; donc ce n'est pas un mal. Le brin d'herbe n'a pas la robustesse du chêne; mais elle ne lui conviendrait pas; il n'en est donc pas privé et n'en possède pas moins sa perfection propre; sa nature exige qu'il soit faible, comme la nature du chêne réclame qu'il soit fort. Le mal n'est pas un être spécial, pas même l'un de ces êtres dits « accidentels» qui, incapables de subsister par eux-mêmes, viennent s'adjoindre aux êtres déjà existants, constituent pour eux des qualités, c'est-à-dire des modifications plus ou moins importantes, plus ou moins variables de la forme, de l'attitude, de la manière d'agir, telles que les dimensions, la couleur, etc... . A vrai dire, le mal n'est rien; il n'existe pas! On ne le connaît que comme on constate une absence. Quelqu'un devrait être là, il n'y est pas; sa place est vide. Une chose, pour être pleinement conforme à sa nature, devrait avoir telle qualité ; elle en est privée, c'est là son mal. Ce n'est pas cette qualité absente que je vois, mais l'être auquel elle manque ; je vois un être déficient, atteint par le mal. Ce qui subsiste de cet être est bon encore, mais incomplet: en lui la corruption est commencée. Le mal ne survient donc qu'en raison de l'instabilité du bien, ou de la fragilité de l'être dans les créatures. Ce bien n'étant pas absolu, cet être n'étant que partiel, sont susceptibles de déclin, le déperdition, incapables de se conserver dans leur intégrité. c'est l'inévitable sort de toute créature. Du fait même qu'elle est une créature limitée dans son bien et dans son être, elle est sujette au mal, à moins que l'intervention toute puissante et exceptionnelle du Créateur ne l'en préserve. Mais, somme toute, avons-nous raison de voir le mal partout ? de nous apitoyer sur l'état des créatures qui en sont victimes, puisque les dégradations qu'elles subissent sont inhérentes à leur condition, et conformes à leur nature? Qu'un être destructible soit détruit, rien de plus normal; il faudrait s'étonner plutôt de la voir devenir indestructible! C'est pourquoi le mal dans le monde est beaucoup moins fréquent et beaucoup moins grave que ne le laissent penser les appréciations lugubres ou indignées des hommes. Ils gémissent en effet de voir les créatures s'étioler et disparaître (du moins celles dont la présence flatte leur sensibilité), de voir aussi les êtres se nuire et se détruire réciproquement; alors qu'en réalité, par ces alternatives, les êtres suivent simplement leur cours, accomplissent leur destin, s'en vont droit à leur terme, en accord parfait avec la loi qui les régit, donc sans céder à une puissance du mal. Ce mal n'est que relatif, fort limité, on pourrait presque dire simplement apparent. Si les regards humains le découvrent vite souvent se laissent hypnotiser par lui, c'est qu'ils sont à courte vue, ne jugeant que d'un effet particulier dans un champ extrêmement borné, incapables qu'ils sont de percevoir le plan ensemble. Qu'un lion dévore un mouton; nous plaignons la tendre victime et nous n'avons pas de malédictions assez violentes contre l'auteur du forfait! Jugement immédiat, souvent irréformable,il conclut à l'existence du mal, et le déplore. Pas un instant l'idée nous viendra que ce mouton, pourtant, devra mourir et être dévoré, de toute manière; que si le mouton a droit à sa place dans l'univers, le lion aussi peut y occuper la sienne ; que ce qui est le mal pour l'un, est un bien, non seulement pour un autre, mais pour l'ensemble; que le bien commun doit l'emporter sur l'intérêt particulier; que chaque être ne saurait avoir de plus beau rôle que de contribuer pour sa part au maintien et à l'harmonie du monde; bref, que dans cet événement qui nous choque (un mouton dévoré par un lion), il n'y a qu'un aspect du bien suprême, à savoir l'exécution des lois de nature établies par le Créateur. N'empêche que ces lois sont cruelles, insiste la sensibilité, qu'il est mal fabriqué ce monde dans lequel le bien ne peut produire qu'au prix de tant de mal! Mieux vaudrait tout supprimer! ? A suivre