A propos de la survie et du retour à Rome de SS Paul VI Les trésors de la doctrine catholique à votre service pour préparer l'avenir
Le bonheur .Les moyens pour d’y parvenir RP Hugon Initiation à Saint Thomas suite 5/10 mot clé dans recherche : bonheur
Avant d’entreprendre l’étude des passions humaines, il convient de bien se souvenir que la psychologie thomiste est réaliste. Saint Thomas aimait à rappeler qu’il fallait toujours « partir des faits » et à l’aide de la raison d’en comprendre l’ordre et la cohérence. Il s’agit donc d’une psychologie rationnelle, donc fondée sur du solide, et bien loin d’être « périmée » Elle peut dérouter les lecteurs de ce siècle déboussolés par les théories abstraites et invérifiables. Par exemple ,la psychologie freudienne est fondée sur des bases philosophiques erronées ; c’est une psychologie sans âme, matérialiste. « Toute la doctrine catholique est fondée sur la spiritualité de l’âme » (Dom Vonier) Il y a donc opposition fondamentale et obligation de ne pas tout mélanger. Laissons donc de côté la signification ordinaire du terme passion qui implique trop de sentimentalité, pour bien comprendre que « passion »est opposé à « action »L’action désigne ce que quelqu’un produit, la passion ce que quelqu’un subit ; c’est important en matière de responsabilité morale…et de bonheur.
b) Les Passions.
Si l'acte humain est essentiellement spirituel dans sa cause, œuvre de l'intelligence et de la volonté libre, il s'accomplit néanmoins en connexion étroite avec des tendances innées que l'homme porte dans sa nature sensible : les passions.
Passion est le contraire d'action : l'action désigne ce que quelqu'un produit, la passion ce que quelqu'un subit.
Les passions dont nous parlons ont bien ce caractère : l'homme ne les fait pas, il les trouve en lui-même, et sans pouvoir les éliminer ou les dédaigner, se voit obligé de les prendre telles quelles, quitte à les contenir et les dominer afin de les utiliser avec sagesse. ,
Elles s'apparentent de très près aux instincts des animaux, tant par leur but que par leurs manifestations. Elles visent en effet à la conservation et au développement de l'être, soit dans l'individu, soit dans l'espèce; et cela avec une véhémence farouche tour à tour défensive et offensive. Attirance irrésistible vers tout ce qui est estimé bon et avantageux ; répulsion violente pour tout ce qui semble mauvais et nuisible.
I° HIÉRARCHIE DES PASSIONS.
Il est très important de conserver le vocabulaire très précis du thomisme;il ne s’agit pas d’un inventaire statique dévitalisé, mais d’une description dynamique, vivante, avec ses mouvements vitaux d’attirance ou de répulsion.Les modernes n’ont pas cette précision.
L'appétit,(les modernes parlent de « désirs, de pulsions») c'est-à-dire cet appe1 intime qu'un être lance vers son bien et le mouvement que déjà il esquisse pour le conquérir, ou, au contraire, l'animosité.(les modernes parlent de l’ « agressivité ») qu'il éprouve contre le mal et l'attitude qu'il adopte pour l'écarter, l'appétit prend deux aspects :
Il est dit « concupiscible »(de cupio :je désire)quand il envisage simplement le bien ou le mal qui s'offrent à lui. A l'égard du bien il voit alors s'éveiller successivement trois passions : l'amour pour le bien comme tel; le désir quand il estime que ce bien lui convient; enfin le plaisir quand il le possède. A l'égard du mal, trois passions opposées: la haine pour le mal en général; l'aversion contre le mal qui le menace; et la douleur si le mal l'a touché.
L'appétit prend le nom « d'irascible » de (ira :la colère)lorsqu'il rencontre une difficulté soit dans la poursuite du bien, soit dans la fuite du mal. Devant un bien dont la conquête s'avère ardue, c'est l'espoir qui l'anime, pour faire place au désespoir en cas d'échec. En présence du mal qui surgit, il éprouve de la crainte, mais résolu à vaincre, il s'enflamme d'audace. Que ses efforts soient vains et ses ambitions frustrées, il ressent ce sentiment inutile mais inévitable qu'est la colère.
En tout onze passions, bien distinctes quand on analyse les divers états ou mouvements de l'appétit sensible; mais qui ne sont pas compartimentées par des cloisons étanches. Il est bien évident que, dans le courant de la vie et jusque dans les limites d'une même action, le concupiscible et l'irascible s'enchevêtrent, le second étant toujours au service du premier, pourquoi ce déploiement de forces, en effet, sinon en définitive pour jouir en paix du bien et se sentir à .l'abri du mal?
A y regarder de près, ne pourrait-on même trouver entre les diverses passions autant d'affinité que de disparité? Elles se fondent toutes sur l'amour, sans en excepter son opposé direct, la haine, laquelle ne naît que de l'amour contrarié. L'amour n'est-il pas à l'origine du désir, comme de l'espoir, comme de l'audace ... ? « Otez l'amour, conclut Bossuet, il n'y a plus de passions; posez l'amour vous.les faites naître toutes! ».(Connaissance de Dieu et de soi-même CH.IV)
A SUIVRE