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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 13:38

 

                    SS Paul VI et le dialogue nécessaire mais périlleux avec le monde contemporain. Encyclique « Ecclesiam Suam »du 6 août 1964

 Ces extraits montrent bien ce qu’est l’esprit de dialogue qui régnait au moment du concile, par opposition à l’attitude « défensive » de Papes antérieurs. Il a été sans doute trop optimiste, mais il faut reconnaître qu’il n’est pas inconscient des dangers. Il insiste sur la nécessité de la prédication doctrinale et sur l’importance de l’autorité du pape en cette matière. Rendons lui justice de cela….Aurait-il pu dire et faire autrement…. ?

 

Parce que missionnaire, l'Église doit entrer en dialogue avec le monde

66 - Si vraiment l'Eglise, comme Nous le disions, a conscience de ce que le Seigneur veut qu'elle soit, il surgit en elle une singulière plénitude et un besoin d'expansion, avec la claire conscience d'une mission qui la dépasse et d'une nouvelle à répandre. C'est l'obligation d'évangéliser. C'est le mandat missionnaire. C'est le devoir d'apostolat. Une attitude de fidèle conservation ne suffit pas. Certes, le trésor de vérité et de grâce qui nous a été transmis en héritage par la tradition chrétienne, nous devrons le garder, bien mieux nous devrons le défendre. « Garde le dépôt », c'est la consigne de saint Paul (1 Tim., 6, 20). Mais ni la sauvegarde, ni la défense n'épuisent le devoir de l'Eglise par rapport aux biens qu'elle possède. Le devoir lié par la nature au patrimoine reçu du Christ, c'est de répandre ce trésor, c'est de l'offrir, c'est de l'annoncer. Nous le savons bien : « Allez donc, enseignez toutes les nations » (Mt., 28, 19) est l'ultime commandement du Christ à ses apôtres. Ceux-ci définissent leur indéclinable mission par le nom même d'apôtres. A propos de cette impulsion intérieure de charité qui tend à se traduire en un don extérieur, Nous emploierons le nom, devenu aujourd'hui usuel, de dialogue…..

Comment approcher nos frères dans l'intérêt de la vérité

90 - Jusqu'à quel point l'Eglise doit-elle se conformer aux circonstances historiques et locales dans lesquelles elle déploie sa mission ? Comment doit-elle se prémunir contre le danger d'un relativisme qui entamerait sa fidélité au dogme et à la morale ? Mais comment en même temps se rendre capable d'approcher tous les hommes pour les sauver tous, selon l'exemple de l'Apôtre : « Je me suis fait tout à tous, afin de les sauver tous » ? (1 Cor., 9, 22.)

On ne sauve pas le monde du dehors ; il faut, comme le Verbe de Dieu qui s'est fait homme, assimiler, en une certaine mesure, les formes de vie de ceux à qui on veut porter le message du Christ ; sans revendiquer de privilèges qui éloignent, sans maintenir la barrière d'un langage incompréhensible, il faut partager les usages communs, pourvu qu'ils soient humains et honnêtes, spécialement ceux des plus petits, si on veut être écouté et compris. Il faut, avant même de parler, écouter la voix et plus encore le cœur de l'homme ; le comprendre et, autant que possible, le respecter et, là où il le mérite, aller dans son sens. Il faut se faire les frères des hommes du fait même qu'on veut être leurs pasteurs, leurs pères et leurs maîtres. Le climat du dialogue, c'est l'amitié. Bien mieux, le service. Tout cela, nous devrons nous le rappeler et nous efforcer de le pratiquer selon l'exemple et le précepte que le Christ nous a laissés (cf, Jn, 13, 14-17).

91 - Mais le danger demeure. L'art de l'apôtre est plein de risques. La préoccupation d'approcher nos frères ne doit pas se traduire par une atténuation, par une diminution de la vérité. Notre dialogue ne peut être une faiblesse vis-à-vis des engagements de notre foi. L'apostolat ne peut transiger et se transformer en compromis ambigu au sujet des principes de pensée et d'action qui doivent distinguer notre profession chrétienne. L'irénisme et le syncrétisme sont, au fond, des formes de scepticisme envers la force et le contenu de la Parole de Dieu que nous voulons prêcher…..

92 - Seul celui qui est pleinement fidèle à la doctrine du Christ peut être efficacement apôtre. Et seul celui qui vit en plénitude la vocation chrétienne peut être immunisé contre la contagion des erreurs avec lesquelles il entre en contact.

La prédication est irremplaçable

93 - Nous pensons que le Concile, quand il traitera les questions relatives à l'Eglise au travail dans le monde moderne, indiquera quelques principes théoriques et pratiques de nature à guider notre dialogue avec les hommes de notre temps. Nous pensons également que sur les points qui regardent, d'une part, la mission proprement apostolique de l'Eglise, et, d'autre part, les circonstances diverses et changeantes où s'exerce cette mission, ce sera l'affaire du gouvernement de l'Eglise elle-même d'intervenir de temps en temps avec sagesse pour marquer certaines limites, signaler des pistes et proposer diverses formes en vue de l'animation continuelle d'un dialogue vivant et bienfaisant.

94 - Nous laisserons donc ce sujet, Nous bornant à rappeler encore une fois l'extrême importance que la prédication chrétienne conserve et qu'elle revêt encore plus aujourd'hui, dans le cadre de l'apostolat catholique et de ce qui nous intéresse pour l'instant, du dialogue. Aucune forme de diffusion de la pensée, même si elle est portée par la technique à une extraordinaire puissance, à travers la presse et par les moyens audiovisuels, ne remplace la prédication. Apostolat et prédication sont en un certain sens, équivalents. La prédication est le premier apostolat. Notre apostolat, vénérables frères, est avant tout ministère de la Parole. Nous le savons parfaitement, mais il Nous semble qu'il convient de nous le rappeler à nous-mêmes en ce moment, pour imprimer à notre action pastorale sa juste orientation. Nous devons reprendre l'étude, non pas de l'éloquence humaine ou d'une vaine rhétorique, mais de l'art authentique de la Parole sacrée.

95 - Nous devons chercher les lois de sa simplicité, de sa clarté, de sa force et de son autorité, afin de surmonter notre maladresse naturelle dans l'emploi d'un instrument spirituel aussi noble et mystérieux que la parole, et pour rivaliser dignement avec les hommes dont la parole possède aujourd'hui une large influence, une fois qu'ils ont accès aux tribunes de l'opinion publique. Nous devons en demander au Seigneur lui-même le précieux charisme …."

 

 

 

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