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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 04:27

"Consoler, c'est pouvoir apporter à autrui quelque chose de plus vrai que sa douleur.
Consoler, c'est faire vivre une espérance.
Consoler, c'est laisser voir en nous à celui qui souffre,l'amour de Dieu pour lui."V.Ghika

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 05:34

               L’âme humaine et ses relations avec les autres esprits-
                                                          Suite CH 6  et fin

              

               XI-  L'état de l'âme bienheureuse avant la résurrection


      
Nous avons vu, qu'avant de savoir ce qu'il advenait de la vie de l'âme après la mort, il convenait de préciser la notion de vie surnaturelle, de grâce sanctifiante et actuelle.

Pour aller au Ciel, il faut mourir en état de grâce, c'est-à-dire avoir le repentir de ses fautes. Les âmes en état de charité parfaite. vont directement au Ciel, c'est-à-dire qu'elles ont satisfait, par leurs souffrances et leurs mérites, à la Justice Divine sur cette terre. Les autres, en état de grâce, mais ayant encore à satisfaire à cette Justice parce qu'elles n'avaient pas offert dès cette terre, assez d'expiations, de compensation à la Justice Divine offensée, seront soumises à un degré d'attente: le Purgatoire.

        Examinons aujourd'hui l'état de l'âme, soit à son entrée directe au Ciel, ou après le Purgatoire. Elle est en état de grâce, sanctifiée, sans aucune dette, pleinement justifiée. Quelle va être sa vie, sa joie ?

Souvenons-nous bien qu'elle est en état d'esprit pur en attendant la Résurrection. Elle ne peut donc connaître que des joies spirituelles. Cette joie qui comble la volonté vient que l'âme connaît Dieu, tel qu'II est. Elle ne peut le comprendre, mais elle le voit dans Sa Totalité. Rien ne lui est caché de la Divinité. Elle ne voit pas avec les yeux de la chair, mais avec l'intelligence directement illuminée.

         Une âme, même la plus sainte, ne peut voir Dieu, sans un complément de grâce Divine qui est le couronnement en elle, de la grâce sanctifiante et qui lui permet la Vision Béatifique. Cette grâce s'appelle la Lumière de Gloire, qui rend définitivement et irréversiblement  l'intelligence de l'âme apte à voir Dieu face à face. C'est cette grâce ultime qui manque aux âmes du Purgatoire. C'est toute la souffrance de l'âme de devoir patiemment attendre le moment ineffable où Dieu, par Amour, Se donnera directement à connaître sans intermédiaire. Car ce n'est pas une idée, une image de Dieu que l'âme perçoit, reçoit dans son intelligence, c'est Dieu Lui-même, en Sa Totalité. Elle possède en elle, et pour toujours, l'objet de ses désirs, sans aucune restriction. Toutes les âmes saintes le reçoivent de la même façon.

                Recevoir Dieu, pour notre intelligence limitée, nous paraît une sorte d'impossibilité, tellement nous oublions l'infinie simplicité de Dieu. Dieu n'est pas une accumulation de pensées diverses, Dieu est une Pensée infiniment simple, simple d'une façon stupéfiante pour nos esprits compliqués. Cette simplicité est sans mesure, infinie, éternelle, parfaite, immuable, mais aussi incompréhensible. Il sera à jamais impossible, à un esprit quel qu'il soit, de comprendre pourquoi et comment Dieu est Dieu. Ce secret est Son Secret Divin et Son Eternel Bonheur.

“Dieu est, parce qu'II est Dieu” voilà où commence la contemplation exultante des Saints du Ciel.

          Cependant, il ne faudrait pas s'imaginer le Ciel comme une répétition infinie et monotone d'actes d'intelligence toujours les mêmes, même s'ils sont sublimes. Jésus disait à une âme privilégiée, qu'II était l'Etemelle Découverte. Dieu sera en effet, toujours plus étonnant, plus merveilleux, plus admirable à la Cour du Roi. Mais les âmes particulièrement saintes, auront accès aux appartements privés, c'est-à-dire qu'elles pourront contempler des Mystères qui relèvent, non plus seulement des attributs de Dieu, mais du secret de Ses Conseils. Et ce sera un émerveillement supplémentaire pour ces privilégiés d'entre Ies privilégiés. Nous pouvons seulement dire que plus une âme aura aimé et donc souffert pour Dieu, plus la Bonté Divine lui ouvrira Ses Secrets. Ainsi la Sainte Vierge a la plus haute Vision Béatifique, car elle aima le plus après son Fils.

       Cette vision est éternelle, car Dieu est Eternel et ce qu'II a promis Il le donne : Ciel ou Enfer.Cette éternité ne nous est pas appréhensible, à nous autres terrestres, qui voyons tout successivement et partiellement. Le temps de la terre n'est plus la mesure du Ciel. Tout y est nouveau et pourtant tout est immuable, simple, parfait. C'est tout ce que nous pouvons imaginer. La résurrection du corps ne changera pas cet acte éternel de jouissance de la possession de Dieu. Ce sera au contraire, une surabondance de joie de l'âme, car ce sera un surcroît de gloire pour son Dieu. Alors commenceront des temps nouveaux pour les siècles des siècles. Fiat-Magnificat “Alors règnera le Christ sur toute créature et Il sera Tout en tous”.

Que cette pensée nous emplisse de sainte nostalgie et d'espérance ! Il ne dépend que de nous d'y arriver. Car nous ne pouvons manquer de rien dans l'Amour du Christ. Tout se joue aujourd'hui.Patience + Confiance = Sagesse

         C'est NOTRE CROIX d'aujourd'hui qui nous ouvre le Ciel et l'ouvre pour ceux que la Sagesse Divine nous a confiés.

                                                         XII  - La Résurrection des corps

                      Nous avons vu dans les précédents chapitres, l'état de l'âme après la mort, sa destinée: soit réprouvée, soit bienheureuse, admise à la vie parfaite pour l'éternité avec Dieu.

                Examinons aujourd'hui ce que nous dit la théologie catholique à propos de la résurrection. Qu'est-ce que la résurrection des corps? Surtout n'oublions pas ce qui a été dit précédemment. L’âme s'est trouvée à la mort, dans un état nouveau, l'état des esprits purs et soumise à ses lois: conscience d'elle-même, connaissance de tout ce qui lui est inférieur, communication avec les autres esprits.L'irréversibilité de cet état, sans aucune possibilité de régression ou de progression morale. Il est de foi que les morts ressuciteront au dernier jour, pour le jugement dernier et que le partage des hommes sera alors définitif : l’Enfer ou le Paradis, corps et âme enfin réunis.

                                             a- Comment un esprit peut-II se réincarner ?

         Nous avons vu que l'état normal, dans le dessein de la Sagesse Divine,sur l'âme humaine, était d'animer un corps. Il n'y a donc aucune déchéance à cela, au contraire. L’âme désincarnée par la mort du corps lui manque d'une certaine façon, pour tenir son rang d'esprit, particulièrement affecté è l'élévation du monde corporel, matériel à la louange de Dieu. L’homme est en effet à la jonction des deux univers matériel et spirituel, l'horizon des deux mondes. C'est donc un grand bien pour l'âme d'animer un corps et la gloire de Dieu s'en trouve réalisée pleinement.

Il est évident que les" choses vont changer" pour l'âme et pour le corps du fait du nouvel état de l'âme. Ce ne sera pas un retour pur et simple à l'état d'avant la mort, comme si rien ne s'était passé. C'est au contraire le moment où la Sagesse Divine" fait toutes choses nouvelles ". Les principes sont respectés, mais les lois sont nouvelles, l'humanité sortira de la résurrection perfectionnée infiniment, mais aussi pour le meilleur et pour le pire. Cette perfection devant servir la gloire de Dieu, dans Sa Miséricorde et c'est le Ciel ; dans Sa Justice et c'est la Réprobation sans retour. Instant tragique entre tous, que les grands peintres et les grands poètes ont essayé de dépeindre !

             Mais ils ne peuvent montrer que les corps, et leurs jugements derniers ne sont que de très pâles images de la Réalité, telle qu'elle sera dans le monde spirituel. Il n'y a guère que l'Apocalypse de St Jean qui puisse nous faire sentir l'intensité de cet événement universel. Tous les hommes ressusciteront, tous sans exception. Tous les enfants tués dans le sein de leur mère, alors que Dieu avait déjà infusé en eux une âme immortelle, ainsi que tous ceux qui y seront morts naturellement, ressusciteront. Tous les corps qui furent un jour animés par une âme créée par Dieu auront part à cet événement. " L’ancien monde s'en est allé et Dieu fait toutes choses nouvelles ". Toutes les âmes qui se trouvaient désincarnées du fait de l'état de séparation d'avec le corps, «  s'habilleront de neuf » pour le grand jour du jugement.

                                                          b- Comment cela se fera-t-il ?

         Dans son état de séparation, l'âme est seulement esprit, sans acte ni possiblité d'animation d'un corps. (Rappelez-vous la distinction capitale entre esprit pur et esprit-âme, c'est-à-dire en charge de réaliser l'animation, l'élévation d'un corps. Toutes les âmes sont des esprits, mais tous les esprits ne sont pas dits âmes, ex : Dieu Lui-même, les Anges. Ame est le nom donné à un esprit qui anime un corps). A la résurrection, l'âme réanime le corps, en sa qualité d'esprit, elle le fait sur l'ordre de Dieu. Ceci est une différence fondamentale entre la première animation lors de la première vie. L’âme n'était alors pas consciente d'elle-même, n'avait pas la connaissance du monde matériel inférieur à elle. Maintenant qu'elle a passé le cap de la mort, elle a cette connaissance. La séparation d'avec le corps a donné à l'âme de nouveaux attributs irréversibles, par exemple l'inflexibilité de la volonté, la capacité de connaitre le monde des esprits directement tel qu'il est. Aussi, quand l'heure de la réanimation viendra, une heure que” Seul, le Père connait”, il est évident que l'esprit humain est dans une condition entièrement différente de celle où il se trouvait lors de la première animation du corps. L’âme retournant au corps lui donne toute chose, même son individualité et sa personnalité.

          Elle a assez de ressources en elle-même pour donner au corps son caractère individuel qui le fait semblable à celui qu'il fut jadis, moins les imperfections et les infirmités. L’âme a assez de pouvoir et de connaissance du fait de son nouvel état d'esprit pour reformer son corps à partir de la matière avec l'aide de la toute Puissance Divine. Le prodige de la Sagesse Divine est tel que les compétences nouvelles de l'âme sont utilisées pour cette résurrection et non l'action miraculeuse de la Puissance Divine seule. Il n'y a pas à s'inquiéter de savoir de quels atomes nous seront formés, même si nous avons été totalement désintégrés. Notre âme aura acquis une telle connaissance de la matière (inférieure, rappelons-le, au dernier des esprits) qu'elle sera suffisamment " savante " et puissante de par Dieu, pour habiter à nouveau un corps totalement rénové et doué de propriétés découlant de celles de l'esprit. Il sera dans la plénitude des moyens, adulte, impassible, subtil, c'est-à-dire ne se laissant arrêter par aucun obstacle, " mobile " à la vitesse de la pensée, lumineux de la clarté de l'esprit qui lui donne vie. Voilà ce que dit l'Eglise

.

                       Rappelons pour conclure, l'extraordinaire importance dans cette doctrine, des lois qui régissent les natures particulières. Dieu gouverne par des lois et les causes sont suivies d'effets. Ces lois sont diverses, mais doivent être également observées par les natures spirituelles ou composées comme l'homme. Ayons crainte d'enfreindre les lois divines. Dieu n'est pas occupé à faire perpétuellement des miracles pour chacun et pour tous. Anges et hommes, Ses créatures doivent obéir librement à Ses lois. C'est pourquoi, en ce monde, il faut" faire son devoir ", à chaque instant, de son mieux. Dieu fera le reste par Ses serviteurs et Ses instruments, n'intervenant directement que s'il n'existe pas d'autres moyens possibles. La sagesse est de" savoir" utiliser et ordonner les compétences par un jugement sûr. A la Résurrection, notre âme aura, avec l'aide de Dieu, celle de refaire notre corps. Mais en ce monde, avec l'aide de Dieu, elle a la compétence de le conserver en état de grâce. en évitant le néché. Voilà ce qu’il faut retenir.Le dessein de Dieu, la résurrection est prévue pour le bien de l'homme.

 

                Mais que dire de la résurrection des réprouvés ? Dieu pouvait-il faire exception à Ses lois très sages et miraculeusement éviter cette confusion et cette souffrance ?

                  Les corps des damnés seront également, à l'heure de Dieu, réanimés par l'esprit dans son nouvel état. Ils seront parfaits selon la nature. Mais il est de foi qu'ils seront soumis au Feu de l'Enfer. Nous avons vu plus haut qu'il n'y a aucune raison de mettre en doute l'existence d'un feu matériel, au contraire. Nous avons vu que Dieu limite l'action des esprits purs en les assignant au séjour dans un élément matériel. C'est pour eux, une terrible limitation de leur essentielle liberté. Le Feu de l'Enfer aura cette même action de limiter dans un " espace " les damnés, esprits à nouveau incarnés. Ce Feu brûlera leur corps d'une brûlure plus profondément sensible que le feu de la terre, car il brûlera l'esprit sans consumer la chair. Cet enfer sera éternel comme la punition des esprits mauvais, car le feu est la seule demeure qui leur convienne dans l'Harmonie universelle, sinon ils seraient libres et mélés aux esprits bienheureux. Ce n'est pas pour rien que Saint Jean parle de Lucifer enchainé dans le lac de Feu. Nous n'avons aucune raison de mettre en doute la réalité représentée par ces images. Il y a certainement plusieurs demeures en enfer, comme il y en a au Ciel, selon le degré moral de l'homme damné et son degré de complicité dans le règne de Satan sur terre.

                Que cela nous remplisse de crainte devant notre responsabilité. II est terrible, terrible d'enfreindre les lois divines en matière grave et avec plein consentement... Ce n'est pas Dieu qui châtie arbitrairement, c'est l'âme qui, par le péché mortel, choisit de se passer de Lui sur cette terre. Se vouloir indépendant de Lui ici-bas, c'est se vouloir réprouvé par Lui après la mort.

                   O Jésus, préservez-nous du Feu éternel. Préservez les âmes qui ont le plus besoin de Votre Miséricorde, par les Mérites de Vos Saintes Plaies, les mérites de Notre-Dame et de la Communion des Saints. Amen

 

 

 

 

                                                         Epilogue

 

  « Il est des vérités que l’on peut comprendre. Mais il est des Vérités qu’il faut croire, car sans elles on ne peut plus rien comprendre »La raison a besoin de la force et de la lumière de la Foi, don qui vient d’en -Haut ,car le « plus ne vient pas du moins » « Sans Moi, vous ne pouvez rien faire »Jean XV-V

         Ces textes n’ont pas d’autre but que de provoquer chez le lecteur le désir d’en savoir plus sur tous ces sujets essentiels, de les méditer et les approfondir.Cette œuvre de Don Vonier(Abbé de Buckfast) a le grand mérite de rassembler tous les divers aspects du mystère de la destinée de notre âme, et d’être un des rares ouvrages de ce genre, à la portée d’un large public cultivé. Nous en avons donné ici la traduction résumée de l’anglais au français.Les lecteurs anglophones pourront lire l’original « Human soul and its relations with others spirits »Imprimatur 1912. Editions Bernard Herder Fribourg en Brisgau 1917.Qu’il en soit béni !

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 08:00

                                           L’âme humaine et ses relations avec les autres esprits SUITE - CH 4

 

                                                                  V. L'origine de l'âme humaine.

              Dans la théologie de l'âme humaine, une extrême importance doit être reconnue au fait que l'âme est un être de substance strictement spirituelle, dont les opérations sont supérieures aux possibilités de la matière organique. Après quelques hésitations des Pères de l'Eglise, l'Eglise a maintenant adopté une doctrine stable: chaque âme humaine est créée directement par Dieu. L'argument en est que ni le corps des parents, ni leur âme n'ont le pouvoir de produire une âme spirituelle. Sa création est donc nécessairement l'œuvre de l'Esprit Tout-Puissant, créant" ex-nihilo" les natures spirituelles. C'est le mystère insondable de la Toute-Puissance Divine que nous ne pouvons qu'adorer.

                La nature fait le corps selon les lois de la création corporelle, la génétique nous en dévoile les secrets déterminismes. La nature forme l'anneau d'or, Dieu insère sur cet anneau le diamant : l'âme. L'âme n'est pas une partie de Dieu, une étincelle de la vie divine, comme on a pu le dire. Elle est très nettement séparée de Dieu, individualisée pour être infusée dans la matière corporelle. C'est l'âme qui porte l'image et la ressemblance de Dieu, car elle est un esprit et son activité de connaissance et d’amour ressemble à celle de son Créateur.Elle prend  possession de la réalité corporelle dès que celle-ci a assez de consistance pour être informée par elle. Les études d'embryologie montrent que le corps humain est très vite ébauché dès les premiers jours de la croissance. C'est pourquoi l'Eglise a toujours interdit l'avortement et a préconisé le baptême des enfants, même très malformés.

                                        VI. La doctrine de l'âme et les «  théories de l'Evolution ».

                  Des savants modernes, athées ou agnostiques, en général spécialistes éminents dans leur branche et  pourtant assez désinvoltes envers certains principes de  philosophie élémentaire,(Par exemple : Le plus ne sort pas du moins) soutiennent sans preuves convaincantes, que l'homme descend du singe, qui est lui-même le terme d'une évolution continue à partir des êtres inférieurs, et ce par un «  heureux Hasard ». Pour eux, le passage entre la matière minérale, puis vivante, végétale, animale et enfin humaine, se fait avec le temps, sans plus de " problèmes". Ainsi sont gommés les abimes qui existent entre le monde minéral et le monde humain. A force de vouloir unir à tout prix on perd l'intelligence des distinctions nécessaires. « Le Plus ne sort pas du moins », on ne le répètera jamis assez.

                    La doctrine catholique ne peut admettre l'identité de la vie d'un singe et de la vie d'un homme. Elle montre que les activités de type spirituel qui font la grandeur de l'homme sont dûes à la présence d'un élément absolument nouveau : l’âme spirituelle irréductible à une simple réflexion de la matière sur elle-même, ou a un .” progrès de la matière".( Les thèses du P. Teillard de Chardin ont été à juste titre, condamnées par l'Eglise et il est à noter que ce Jésuite s'est soumis à cette interdiction. Ses disciples feraient bien d'en faire autant.) La raison éclairée par la Foi, s'insurge contre toute assimilation abusive.L’esprit immatériel ne peut « émerger » de la matière.

                 Comment l’homme a-t-il été créé? Pour l'instant, nous pouvons dire en vérité qu'il est plus sage de croire à ce que dit l'Ecriture Sainte, que de croire ce que disent les" athées". Dieu a créé l'homme par un geste spécial, en “.. soufflant sur le limon”, c’est à dire en insufflant dans un corps matériel l’âme spirituelle. Cette certitude de Foi nous suffit pour expliquer notre propre création personnelle et la création de nos ancêtres. La science nous en dira peut-être plus un jour, mais nous sommes sûrs qu'elle ne dira pas le contraire, sans se contre-dire elle-même.

             Au mystère de la création, les “ évolutionnistes", préfèrent la mythologie d'une" Matière" responsable de l'évolution continue. C'est le type même du faux-dieu,la «  Nature », de l'idolâtrie intellectuelle. Il est plus sage de s'en remettre à la Sagesse Divine que de troubler les esprits par des fables trop humaines. Lucifer a tout intérêt à inciter les hommes à ne pas reconnaître la dignité de leur nature spirituelle, et à nier la Toute-Puissance de Dieu. Attribuer à la nature seule ce qui est à Dieu est un vol tout à fait dans le ligne de l'orgueil démoniaque. A nous de ne pas le suivre et de le congédier avec ses suppôts, au cri de St Michel : " Qui est semblable à Dieu ? .. Qui peut percer Ses Mystères ?

                                                VII. Le péché originel et l'âme humaine.

                 On ne peut rien comprendre à la doctrine catholique si on diminue la spiritualité de l'âme, sa séparabilité, au moins pour un temps, du corps à la mort et la notion de péché originel. .. Celui qui commet l'inquité est ennemi de sa propre âme" (XII.!). Il n'est pas possible de comprendre les conséquences du péché originel, si l'on ne connait pas l'état d'Adam et d' Eve avant le péché. Nous renvoyons notre lecteur à la description biblique de la faute d'Adam, faute qu’il faut considérer comme historique et non mythique, car le péché en lui-même demanderait une longue étude.C’est essentiellement une désobéissance. Parlons seulement des résultats.

                  Quand Dieu créa l'homme, Il mit en lui un don suprême, appelé par les théologiens le .. “don de Justice originelle ". Ce don rendait la volonté parfaite à l'égard de Dieu et des créatures. Adam était saint. C'est la perte de cette justice originelle qui constitue le péché originel. Ce don de la justice originelle subordonnait la volonté humaine de façon parfaite à la Volonté Divine. Toute la volonté de l'homme était tendue vers Dieu, élevée vers Dieu. Après la désobéissance, cette harmonie a été brisée. L'âme humaine s'est retournée vers elle-même, comme un tournesol se détournant du soleil qui le fait vivre. Cette faute portait le germe de la mort.

             En donnant la préférence à sa propre volonté, Adam s'est opposé à Dieu qui était jusque là son unique objet d'amour. En se détournant de son Soleil, il perdait la lumière et la chaleur, la Vérité et la Vie. Il entrait dans le monde des ténèbres et de la mort, de la division. Le miroir se brisait en mille éclats. L'Unité était perdue. L'âme s'enfonçait dans la matière et risquait d'y engloutir toute son activité. L'élan vers Dieu, cette légèreté spirituelle était entravée. .. Adam vit qu'il était nu ". Il découvrait le monde du corps dans toute sa pesanteur.

             A l'ordre magnifique de la grâce, succède le désordre de l'état de péché. L'attachement à la chair,  les désirs désordonné, l'ignorance, la faiblesse, les infirmités firent leur apparition. Ayant perdu les ailes ,il risquait de s'enfoncer dans le marais gluant de la matérialité. Tous les jours nous sommes témoins de ce désordre.

Adam était seulement blessé mais cette blessure se transmit de génération en génération, car Dieu avait cessé de donner la Justice originelle, puisqu'il l'avait méprisée. Dieu seul pouvait la rendre. Et II fit avec magnificence en venant Lui-même expier les péchés des hommes sur la Croix et ainsi permettre l'effusion de la grâce sanctifiante. Le Baptême nous ramène dans l'intimité de la Vie Divine. Mais il ne faut surtout jamais oublier qu'il a fallu la mort de Jésus, Sa Passion cruelle pour payer nos dettes. Toute grâce nous est donnée par l'Esprit-Saint au Nom de Jésus, en vertu de Ses Mérites, de la part du Père. Il n’y a pas de salut sans la Croix du Christ. C'est la seule porte pour échapper au monde enlisant de la matière ténébreuse.

..        “ Bienheureuse faute d'Adam qui nous a valu un tel Rédempteur “Nous qui avons la grâce d'être baptisés, sachons reconnaître la responsabilité qui est nôtre, d'amener les âmes encore sous l'emprise de la blessure originelle, au Baptême. Prions et souffrons dans ce but. Jésus n'a pas fait autre chose et Marie et tous les Saints avec Lui. Si par notre baptême, le péché originel est totalement effacé, notre nature reste comme blessée en son intimité et reste fragile. Veillons donc et prions afin de «  ne pas succomber à la tentation »

                                                  VIII- La vie morale de l'âme. Les dangers

                      a- Le péché mortel, le Mal suprême de l'âme.

 

 "Ceux qui commettent le péché et l'iniquité sont ennemis de leur âme" ITob. XII. Il

Le péché n'est possible qu'aux créatures spirituelles. Un animal, un arbre, une pierre ne péchent pas parce qu'ils ne sont pas libres dans leur volonté. Le péché de Lucifer fut de tous, le plus grand car il fut commis par un pur esprit. La péché mortel est essentlellement une rupture volontaire de l'ordre, de l'harmonie universel.

         L'homme appartient à Dieu, à l'humanité et à lui-même. Il pèche parce qu'il se met en opposition volontaire à Dieu, à l'humanité, ou à lui-même.

             Appartenant à Dieu, il a des devoirs de religion. Il doit à Dieu l'obéissance de son intelligence, de sa volonté. L'ordre universel est ainsi établi. Négliger ses devoirs envers Dieu, c'est se mettre en dehors de l'ordre universel. C'est le point de départ de la rebellion caractérisée qui fait le contraire de ce que l'ordre exige.

Appartenant à l'humanité, l'individu a, à son égard, des devoirs d'amour et de justice. La violation et la négligence de ces devoirs le mettent en état de désordre et de rebellion contre la nature humaine.

               Enfin, l'homme n'est pas une entité simple. Il est composé d'un esprit et d’un corps.L’harmonie et l’ordre sont atteints pour lui quand le corps obéit à l’esprit.Il y a péché contre soi-même si l’ordre n’est pas respecté.

Il faut véritablement penser le péché comme une blessure quasi physique, une amputation, un aveuglement, une surdité qui vont en s'aggravant. Le péché est une "offense", une destruction, un effondrement, une dislocation dans une relation. Le péché mortel est une rupture, une cassure, une volte-face, un crime de déicide, d'homicide, de suicide. Il ne faut rien moins que la mort volontaire d'un Homme - Dieu pour l'effacer et l'expier. Il n'y a donc pas de petit péché, de péché “mignon”. Le moindre péché véniel consenti est une démarche vers la rupture. C'est une absurde auto-mutilation.

                   La rupture du péché dépend de la volonté libre, qui est une puissance entièrement spirituelle. La volonté libre pèche de deux façons : directement ou par consentement.

Directement, en faisant volontairement et sciemment ce qui est connu comme le mal: voler, tuer, mentir., tromper; Indirectement en ne s'opposant pas à la sensualité, aux pulsions corporelles désordonnées (luxure, gourmandise, colère, etc..). L'indulgence exagérée  pour soi-même devient péché de la volonté libre, car elle n'a plus rien à opposer. Elle ne veut plus autre chose, plus que la jouissance immédiate. Par paresse, elle se laisse volontairement envahir par le mal et en devient esclave volontaire.

                Le péché mortel commis en matière grave et avec plein consentement, est incompatible avec l'habitation en nous de la Sainte Trinité qu'est l'état de grâce. C'est logique puisque volontairement l'Envoyé, le Saint- Esprit est chassé. L'Esprit-Saint vient pour élever l'âme et y demeurer. La volonté libre du pécheur ne veut pas de cette élévation et de cette intimité. Il y a incompatibilité qui risque d'être éternelle si le pécheur ne se repent pas avant de mourir. La pénitence finale est une grâce divine. Sans cette grâce miséricordieuse, que Dieu n'accorde qu'à ceux qu'II désigne Lui-même et non à tous comme on voudrait le faire croire de nos jours, l'âme ne peut plus rien faire et s'enfonce dans la ténèbre éternelle. Nous devons remercier Dieu de ne pas nous avoir laissé dans notre péché. On oublie trop cette générosité divine de qui découle le moindre bien !

             Ayons confiance en Dieu, mais soyons vigilants ! Car le démon rôde dans le monde cherchant qui dévorer ! On ne badine pas avec Dieu, on ne badine pas avec le péché . Prions, prions, pour que Dieu nous accorde par Marie la grâce "à l'heure de notre mort". Prions pour les pécheurs en grand péril .

                                                                 b- Le péché véniel.

                 Un péché est dit véniel si la matière est secondaire - si le consentement est incomplet.

On ne comprend bien le péché que si l'on a en vue la raison d'être de l'âme. Elle est faite pour épouser Dieu, pour Lui être unie d'amour éternellement. Le péché mortel rompt les fiançailles, c'est l'Infidèlité complète et consommée, ouvertement et publiquement assurée. Il rejette le projet Divin. Le péché véniel est plus subtil et non moins odieux, quoi qu'il en soit.

               Je ne veux pas parler des faiblesses humaines, non volontaires, des erreurs "par surprise", dont l'âme est humiliée tout aussitôt. Je veux parler de ces péchés "mignons" qui, à y bien regarder, sont plus odieux peut-être à l'Amour de Dieu, que des fautes plus caractérisées, plus franches.

              Imaginons une fiancée qui aime son fiancé. Elle lui jure sa fidélité éternelle, mais cela ne l'empêche pas, devant lui, de faire des avances à d'autres galants, de leur trouver des charmes, que n'a pas le fiancé et de lui faire savoir. En un mot, son amour est tiède, à vomir. Le fiancé est bafoué dans son amour et risque bien de "claquer la porte" un beau jour . Le péché véniel est un péché de tiédeur dont l'âme est responsable. Elle est responsable de son infidélité, de sa torpeur, de son absence de choix, de son "ni chaud, ni froid".

            Prenons des exemples : l'amour-propre, la vanité. Combien nous aimons être trouvés intelligents, dévoués, lucides, vertueux! Et avec quel empressement nous nous accordons des "satisfecit" pour nos bonnes œuvres, oubliant que c'est Dieu qui fait le bien en nous et que c'est à Lui qu'est due toute louange. Ce retour complaisant sur notre propre vertu, réelle ou imaginaire est un vol, une infidélité à Dieu, une tiédeur, un obscurcissement de l'âme. Il peut être la source d'une foule de péchés véniels: la gourmandise, les "petits mensonges", les manques de générosité, les pardons différés, la négligence dans la prière, etc... La seule façon de sortir du sommeil : demander à l'Esprit-Saint de nous secouer, accepter les épreuves "qui nous remuent". Lui demander de mettre en nous le "soleil" qui nous fera discerner nos fautes et nos défauts et les détester. Il faut vouloir aimer, c'est cela l'Amour et vouloir aimer absolument, c'est cela aimer absolument. "Oué Votre Volonté soit faite", donnez-nous la force contre la tentation, délivrez-nous de la tiédeur et du Mal du péché. Voilà ce que nous devons tout le jour, demander à Dieu "car la prière qui espère tout, obtient tout, car elle aime tout". Bien les saints ont une horreur profonde du moindre péché et que l'idée même d'un péché mortel les fait défaillir physiquement. "Car notre Dieu est un Dieu jaloux, tellement jaloux, qui ne tolère pas la moindre infidélité en pensée, en parole, en action et en omission".

“On mesure votre amour du Bien au degré d’horreur que vous avez pour le mal.On mesure votre amour de la Vérité à l’ardeur de votre zèle à la défendre quand elle est attaquée.”(E.Hello)

                                                           c) La pénitence, retour de la vérité, retour à la vie.

               Dieu, dans Sa Bonté, ne laisse jamais un pécheur seul. Il le harcèle de Ses grâces pour qu'il revienne à Lui. Les épreuves, les remords, sont autant de grâces de retour. Sainte Catherine de Gênes a écrit que ce qui fera la honte des damnés, ce sera de voir combien ils ont résisté aux grâces de Dieu pour qu'ils sortent du péché. Ce n'est qu'à la mort que la rupture est consommée.

             Le retour commence avec la prise de conscience de l'âme de son état de désordre, d'indignité devant Dieu, l'humanité, elle-même.

Les premiers degrés de la contrition (suffisants pour la miséricorde divine) sont justement cette honte devant Dieu, nos frères et nous-mêmes.Cette contrition est déjà une grande grâce que la prière doit demander avec persévérance. La contrition parfaite est plus rare, car elle demande une grande connaissance et donc un plus grand amour de Dieu, c'est une plus grande grâce divine. Mise en face de la vérité, l'ame chrétienne devra se décharger de sa faute en l'avouant personnellement à un prêtre et recevoir de lui le pardon de Dieu. C'est une démarche humiliante voulue par la Bonté Divine. C'est pour cela que certaines "cérémonies pénitentielles" sont des "simulacres de sacrements" si elles ne sont pas suivies d'une confession personnelle des fautes graves.( sauf cas de périls imminents) Tout acte de charité doit être discret et c'est un grand acte de charité de se réconcilier avec Dieu, son prochain et soi-même. C'est pourquoi il y a beaucoup de joie dans le Ciel quand un enfant prodigue revient vers son Père. Il le couvre des baisers de Sa grâce et le fortifie pour qu'il ne reparte plus de la Maison. Mais c'est par le Pain Eucharistique qu'II lui donne cette force, cet élan vers le progrès, cette docilité à l'Esprit-Saint, car c'est le Pain des âmes, le Pain de la Vie, en esprit et en vérité.

                                                    IX - L'âme humaine après la mort

          Nous avons vu comment l'âme, après la désorganisation du corps, changeait totalement de " mode de vie" et devenait un esprit pur, entrait dans le monde des esprits avec ses lois particulières; grande connaissance d'elle-même, des choses inférieures et grandes lumières sur le monde" d'en haut ", ceci qu'elle soit bonne ou mauvaise, bienheureuse ou reprouvée. Ce moment de la mort est donc un instant très solennel qui doit se préparer pendant toute la vie, car ensuite, toute marche arrière est impossible à jamais. C'est alors le jugement particulier dont les modalités restent mystérieuses et qui décide de la nouvelle orientation de l'âme.

                             a) Le dogme de la perte éternelle et ses raisons

 

       C'est un chapitre essentiel de la foi chrétienne que l'éternelle réprobation attend l'esprit humain qui entre à travers la mort, en état permanent d'esprit, si sa volonté est fixée en état de péché mortel au moment de cette mort. Le péché mortel est la seule et entière cause de réprobation. Saint Thomas précise que la peine éternelle ne correspond pas à la gravité de la faute, mais à la nature irréparable de la faute. Cette faute est irréparable car, à cause du péché mortel, la grâce a été bannie de l'âme et n'y est pas revenue avant la séparation de l'âme et du corps, parce que le pécheur a refusé volontairement les ultimes avances de la Miséricorde Divine lui offrant Son secours" Tant que l'âme est unie au corps, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ". Mais ensuite, c'est trop tard. Telle est la Loi Divine qui ne souffre pas d'exception.

             Il est de Foi catholique que l'esprit réprouvé (soit humain ou angélique) a une volonté qui est éternellement et irréversiblement incapable de repentir et de rectitude morale. Ce serait une idée tout à fait étrangère au catholicisme de représenter l'Enfer comme peuplé d'esprits qui implorent miséricorde et ne peuvent la trouver. Le temps de la miséricorde est passé, principalement parce que les esprits perdus ne veulent pas de la miséricorde. Ils sont laissés à eux-mêmes. Ils ne reçoivent aucune grâce actuelle et sont ainsi incapables intrinsèquement de restaurer une rectitude morale. Ils ont perdu la réceptivité à la grâce. Il n'y a plus de porte pour la grâce. Leur volonté ne reçoit l'aide d'aucune grâce car cette volonté est incapable de changer.

         Si on dit que Dieu inflige une éternité de réprobation, c'est en ce sens : Dieu a fait les natures spirituelles si parfaites, qu'un mauvais usage de leur puissance amènera des résultats aussi permarents que leur bon usage. L’éternelle réprobation est, pour Saint Thomas, l'application logique de la permanence de la volonté des esprits. C'est ce qu'il appelle l'obstination dans le mal. En choisissant le péché, un esprit choisit sa peine. Il choisit d'être en opposition avec l'harmonie de la création. Il choisit la honte. Là encore, Dieu, dans Sa Justice, applique la loi, ou plutôt, la loi de Justice s'applique d'elle-même.

           Que ces méditations nous donnent la crainte du péché mortel et de ses occasions pour nous-mêmes et pour autrui. Nul n'est à l'abri. Sans la grâce actuelle de Dieu, il est impossible à l'homme de faire un acte bon. Soyons donc humbles et conscients de notre fragilité, prions pour ne pas succomber à la tentation et pour être délivré du Malin. Pardonnons dès maintenant à nos ennemis, car garder rancune au-delà de la mort peut emmener en Enfer.

                                              b- La souffrance des esprits réprouvés

         La permanence d'un esprit dans le mal est une chose, sa peine en est une autre. Saint Thomas a bien décrit cette peine et Dante s'est inspiré de sa doctrine dans sa description de l'Enfer. A la question: les démons peuvent-ils souffrir? Saint Thomas répond (Q 64.3 A).

La peur, la souffrance, la joie, ou autres choses de telle sorte, pour autant qu'elles signifient des états passifs (passions) ne peuvent être appliquées telles quelles aux démons. Car, en ce sens, ces états appartiennent en propre à la faculté sensitive qui a son siège dans un organisme corporel. Mais au sens où ils signifient simples actes de volonté, ils peuvent être trouvés dans les esprits réprouvés. Car la souffrance, dans la mesure où elle signifie un acte de la volonté, n'est rien d'autre que la lutte obstinée contre ce qui est, ou ce qui n'est pas. On voit donc que les réprouvés voudraient que beaucoup de choses qui existent ne soient pas et l'inverse. Le châtiment réside dans cette répugnance de la réalité à leur désir, il est ce qui va contre la volonté du châtié. Sa souffrance est une lutte désespérée pour surmonter un obstacle insurmontable. C'est une lutte contre ce qui est ou n'est pas, selon l'ordre voulu par Dieu, c'est cet effort vain de sa propre volonté perpétuellement en opposition et sans perspective de succès. Dans un esprit, c'est la même puissance qui pèche et qui souffre: la volonté. Cette définition de la souffance du démon ou du damné doit être retenue: la résistance de la volonté à ce qui est, ou ce qui n'est pas.

              O combien mieux dirons-nous à Dieu : " Que Votre Volonté soit fait sur la terre comme au Ciel ". Combien mieux nous accepterons que ce qui est actuellement la Volonté de Dieu soit ainsi, et que ce que Dieu ne veut pas pour nous en ce moment (bonheur, santé, richesse, joie, etc...) ne soit pas.

                  Ceux qui se révoltent contre cette Volonté se préparent à l'enfer. Si nous rejetons la croix, celle qui contredit notre volonté, nous risquons de subir l’éternel châtiment d’être livré à notre seule volonté pour l’éternité.Que nos Fiat se joignent à nos Magnificat ! Marie a vaincu l’enfer  en s’affirmant la Servante du Seigneur, elle a été attentive à la Volonté de Dieu pour ce qui est, et ce qui n'est pas, ne doit pas être. Elle a été guidée par l'Esprit de Sagesse qui permet de bien distinguer la Volonté de Dieu dans les plus petites choses de cette terre. C'est pour cela qu'elle est grande et qu'elle règne au Ciel. Sainte Marie, préservez-nous de l'Enfer, soumettez notre volonté pour que nous ne soyons pas tentés de nous unir au “non serviam " de Lucifer.

                 Nous n'aborderons pas ici le problème de l'enfer en lui-même, avec ses peines de la privation de Dieu. Il est de Foi que l'enfer est un lieu de Feu, nous croyons à ce dogme de l'Eglise. Posons-nous la question de savoir comment un esprit immatériel peut être soumis à un feu matériel et en souffrir ? Nous avons vu que la volonté du réprouvé toujours en échec dans son objet, est contraire à l'harmonie universelle. Cette notion d'harmonie est fondamentale. Dieu ne peut tolérer que les démons troublent éternellement cette harmonie en se mêlant aux esprits bienheureux. Il doit donc rendre captifs ces esprits malfaisants, les priver de la liberté de nuire. Le seul moyen est de circonscrire leur sphère d'action. La Sagesse Divine ne voulant détruire aucune créature a créé le feu de l'enfer, réalité matérielle pour y " localiser" l'action malfaisante des esprits révoltés. Dieu restreint ainsi leur arrogance en les liant à une réalité qui les abaisse. En ce qui concerne cette réalité, Dieu aurait pu choisir l'eau par exemple, Dieu a choisi le feu. Il y a là des raisons mystérieuses d'une infinie sagesse. Il est évident que les esprits ne brûlent pas d'un feu matériel, car ils sont inconsummables. Mais on peut dire que ce feu leur cause une souffrance de la volonté, certainement infiniment brûlante (" cuisante ", dit-on familièrement pour parler d'une défaite honteuse).

                     L’âme réprouvée, avant la résurrection, subit ce châtiment de la captivité par le Feu. A la résurrection, le corps participera à cette brûlure de l'esprit, sans se consumer, pour l'éternité.

Avant de terminer ces quelques aperçus, disons seulement que dans le cas de la souffrance de l'enfer, Dieu n'est pas l'agent de cette souffrance. Il a créé l'enfer, ses lois propres, comme un instrument de châtiment, mais c'est l'état de l'âme qui la torture dans son refus et sa révolte éternelle contre ce qui est. Nous verrons qu'il en est tout autrement pour le Purgatoire où Dieu-Amour intervient plus directement dans l'affliction de l'âme sauvée qui doit, néanmoins, être purifiée. Ayons donc un grand respect des lois de Dieu par lesquelles Il règle l'Univers. S'en écarter  met en grand danger de tomber sous le coup des lois de Sa justice, c'est mépriser Sa Miséricorde.

Louées soient cette Miséricorde et cette Justice dans le temps et l'Eternité.

                                      c- La faim et la soif de Dieu dans l'âme désincarnée après la mort

            On a écrit beaucoup de choses sur la soif de Dieu chez les réprouvés ; comme si l'âme réprouvée cherchait Dieu et ne pouvait Le trouver à jamais. Comme si la peine de l'enfer était le désespoir de ne pouvoir posséder Dieu. Ce n'est pas l'avis de Saint Thomas et des grands théologiens catholiques. En effet, la faim et la soif de posséder Dieu, comme la nourriture de l'âme sont les plus hautes opérations de l'Esprit-Saint dans cette âme. Sa présence réclame une très haute perfection de l'amour.

         Cette faim et soif de Dieu est l'état de l'âme sauvée admise à se purifier en Purgatoire, mais certainement pas l'état d'une âme en état de péché mortel irrémissible qui a plutôt une horreur profonde de Dieu, car sa volonté veut ce qui n'est pas possible et ne veut pas ce qui est (voir chapitre précédent). Chaque réprouvé a un objet particulier auquel tient, avec obstination, sa volonté. Mais c'est un objet qui est en dehors de l'ordre de l'Univers et il ne peut donc jamais donner le bonheur. Le cri des damnés est plutôt" où est mon bonheur à moi" ! (mon or, ma satisfaction, mon ambition, ma jouissance égoïste, etc...) et leur conscience leur répond: " il n'y a pas de bonheur, car cette idole n'est plus ".

            Au contraire, l'âme en Purgatoire soupire après Dieu: " Où est mon Dieu, l'unique nécessaire? et l'Esprit de Dieu lui murmure: " Il vient ". La soif de Dieu vient de la grâce et son étanchement est la vie éternelle. La soif du bonheur égoïste vient du " bas" de la nature humaine. Il est tout opposé au Saint Esprit. L’Amour de Dieu a toujours eu pour adversaire l'amour propre, l'amour de soi. L’enfer est le lieu de captivité de ceux qui ont voulu faire leur bonheur tout seuls, au mépris des autres, sans vouloir savoir que le bonheur sur terre, c'est de donner du bonheur aux autres. Chercher son propre bonheur au mépris des lois de l'harmonie universelle (par tous les vices égoïstes, le mensonge, le mépris, le meurtre...) est voué à l'échec total, éternel.

         Donnons donc avant de chercher à recevoir; donnons notre argent, nos biens, nos richesses temporelles aux pauvres. Donnons notre richesse spirituelle, nos talents de prière et de générosité. Perdons notre vie avant qu'elle ne nous perde. Voilà la leçon de l'Enfer. Que le mot de bonheur ne soit pas associé à notre Moi, mais à autrui ; sacrifier ses aises, sa jouissance aux autres, voilà la vraie vie.

                                                                             d - Le Purgatoire

              La doctrine catholique sur le Purgatoire est basée essentiellement sur cette partie du dogme qui considère le péché comme une offense à la Divine Justice.Dieu est offensé quand l’homme ne le cherche pas comme son Bien éternel et absolu. L’âme humaine ayant franchi le jugement particulier, est détenue dans une relative souffrance, à cause des droits de Dieu, non à cause de son état psychologique. Les petites imperfections de l'âme de cette nature restent la proie de la mort. Ce qui compte, c'est qu'elle soit en état de grâce et de charité envers Dieu, l'âme est parfaite et pure, car sa charité est parfaite. Le Purgatoire n'est donc pas un état intermédiaire de progression où l'âme deviendrait meilleure par elle-même, par ses propres efforts. Le temps du progrès moral est passé avec le moment de la mort. L’âme est fixée dans l'amour de Dieu. Si elle n'a pas réparé ses fautes par une juste peine, elle est en dette envers la Justice Divine pour ce qui reste de l'offense faite à Dieu par le péché mortel, bien que l'âme ait reçu le Sacrement de Pénitence. et qu'elle ait été lavée par le Sang du Christ. La réparation de l'âme doit se joindre à la réparation du Christ. C'est justice, et l'âme doit payer" jusqu'au dernier sou ".La justice, c’est de rendre à chacun ce qui lui est dû”

         Mais elle est désincarnée. Les impressions des sens sont restées avec le corps. Les souffrances du Purgatoire sont donc un phénomène d'ordre exclusivement spirituel. Ce qui ne veut pas dire que des agents matériels, comme le feu, n'interviennent pas dans l'instrumentation de la captivité de ces esprits (voir chapitre précédent). Il existe bien un feu du Purgatoire non moins" cuisant" spirituellement que le feu de l'enfer. La différence énorme est que cette souffrance est limitée par la miséricorde divine. Pour un esprit pur, être captif de la matière est plus douloureux que pour un homme d'être lié pieds et poings" dans une étroite caisse". C'est Dieu qui, par Son Jugement Souverain est Maître absolu de l'intensité de la peine. Ce jugement est porté par le Christ Juge.

                On voit la différence entre les peines de l'enfer et les peines du Purgatoire. Celles des damnés sont le résultat d'inflexibles lois universelles. Les souffrances du Purgatoire sont l'acte de Dieu qui est jaloux de la beauté de Son Epouse. Tout dépend de Dieu, de l'Amour. Ce qui permet l'Espérance, la prière, l'intercession, les offrandes de Messes, les sacrifices personnels, les indulgences qui sont comme des" chèques " tirés sur le trésor de l'Eglise pour le soulagement des âmes souffrantes. Les souffrances du Purgatoire sont beaucoup plus difficiles à comprendre que celles des damnés. L’état de réprobation est un état de péché mortel confirmé, d’incessante et acharnée opposition à l’harmonie du monde.La difficulté est pour nous de comprendre cet état éternel,plutôt que de savoir son mode de châtiment. Mais le cas des âmes du Purgatoire est complètement différent ; il n'y a pas d'opposition à l'harmonie de l'Univers, à la volonté d'amour de Dieu. La souffrance vient, de ce qu'étant en état de grâce, l'âme a faim et soif de Dieu et que c'est cette séparation momentanée qui fait souffrir sa volonté. Le désir de posséder Dieu est pour elle, un feu brûlant. Dieu se donne à elle quand et comme Il veut. L’âme est tout entière soumise à Sa Volonté, en paix, sans révolte. Cependant, ne nous trompons pas, les souffrances de l'âme en Purgatoire sont terribles et il ne faut pas être assez téméraire pour ne rien réparer sur terre de nos fautes pardonnées. Réparons nos fautes envers notre prochain de tout notre possible, réparons nos fautes en offrant nos souffrances personnelles dans ce but. La Providence y pourvoit. Pour rendre cette offrande adéquate, il faut l'offrir comme le Christ a offert la Sienne. Il ne suffit pas, répétons-le, d'offrir quelques prières ou quelques messes distraitement.

                 On comprend pourquoi les saints demandaient des croix à offrir pour la satisfaction des péchés. La terre est un lieu de passage très bref par rapport à l'Eternité ; faisons tout ce que nous pouvons ici-bas. Après la mort, nous ne pourrons plus rien par nous-mêmes et notre sort sera scellé. Nous ne pourrons qu'attendre le secours de nos amis de la terre et du Ciel.

                     Prions pour les âmes du Purgatoire, pour les agonisants, dès maintenant et jusqu'à notre propre mort, pour la gloire de l'Amour….

 

                                                                       A Suivre

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 06:16

     L’âme humaine et ses relations avec les autres esprits SUITE - CH 4

 

                                            V. L'origine de l'âme humaine.


             
Dans la théologie de l'âme humaine, une extrême importance doit être reconnue au fait que l'âme est un être de substance strictement spirituelle, dont les opérations sont supérieures aux possibilités de la matière organique. Après quelques hésitations des Pères de l'Eglise, l'Eglise a maintenant adopté une doctrine stable: chaque âme humaine est créée directement par Dieu. L'argument en est que ni le corps des parents, ni leur âme n'ont le pouvoir de produire une âme spirituelle. Sa création est donc nécessairement l'œuvre de l'Esprit Tout-Puissant, créant" ex-nihilo" les natures spirituelles. C'est le mystère insondable de la Toute-Puissance Divine que nous ne pouvons qu'adorer.

                La nature fait le corps selon les lois de la création corporelle, la génétique nous en dévoile les secrets déterminismes. La nature forme l'anneau d'or, Dieu insère sur cet anneau le diamant : l'âme. L'âme n'est pas une partie de Dieu, une étincelle de la vie divine, comme on a pu le dire. Elle est très nettement séparée de Dieu, individualisée pour être infusée dans la matière corporelle. C'est l'âme qui porte l'image et la ressemblance de Dieu, car elle est un esprit et son activité de connaissance et d’amour ressemble à celle de son Créateur.Elle prend  possession de la réalité corporelle dès que celle-ci a assez de consistance pour être informée par elle. Les études d'embryologie montrent que le corps humain est très vite ébauché dès les premiers jours de la croissance. C'est pourquoi l'Eglise a toujours interdit l'avortement et a préconisé le baptême des enfants, même très malformés.

                                        VI. La doctrine de l'âme et les «  théories de l'Evolution ».

                  Des savants modernes, athées ou agnostiques, en général spécialistes éminents dans leur branche et  pourtant assez désinvoltes envers certains principes de  philosophie élémentaire,(Par exemple : Le plus ne sort pas du moins) soutiennent sans preuves convaincantes, que l'homme descend du singe, qui est lui-même le terme d'une évolution continue à partir des êtres inférieurs, et ce par un «  heureux Hasard ». Pour eux, le passage entre la matière minérale, puis vivante, végétale, animale et enfin humaine, se fait avec le temps, sans plus de " problèmes". Ainsi sont gommés les abimes qui existent entre le monde minéral et le monde humain. A force de vouloir unir à tout prix on perd l'intelligence des distinctions nécessaires. « Le Plus ne sort pas du moins », on ne le répètera jamis assez.

                    La doctrine catholique ne peut admettre l'identité de la vie d'un singe et de la vie d'un homme. Elle montre que les activités de type spirituel qui font la grandeur de l'homme sont dûes à la présence d'un élément absolument nouveau : l’âme spirituelle irréductible à une simple réflexion de la matière sur elle-même, ou a un .” progrès de la matière".( Les thèses du P. Teillard de Chardin ont été à juste titre, condamnées par l'Eglise et il est à noter que ce Jésuite s'est soumis à cette interdiction. Ses disciples feraient bien d'en faire autant.) La raison éclairée par la Foi, s'insurge contre toute assimilation abusive.L’esprit immatériel ne peut « émerger » de la matière.

                 Comment l’homme a-t-il été créé? Pour l'instant, nous pouvons dire en vérité qu'il est plus sage de croire à ce que dit l'Ecriture Sainte, que de croire ce que disent les" athées". Dieu a créé l'homme par un geste spécial, en “.. soufflant sur le limon”, c’est à dire en insufflant dans un corps matériel l’âme spirituelle. Cette certitude de Foi nous suffit pour expliquer notre propre création personnelle et la création de nos ancêtres. La science nous en dira peut-être plus un jour, mais nous sommes sûrs qu'elle ne dira pas le contraire, sans se contre-dire elle-même.

             Au mystère de la création, les “ évolutionnistes", préfèrent la mythologie d'une" Matière" responsable de l'évolution continue. C'est le type même du faux-dieu,la «  Nature », de l'idolâtrie intellectuelle. Il est plus sage de s'en remettre à la Sagesse Divine que de troubler les esprits par des fables trop humaines. Lucifer a tout intérêt à inciter les hommes à ne pas reconnaître la dignité de leur nature spirituelle, et à nier la Toute-Puissance de Dieu. Attribuer à la nature seule ce qui est à Dieu est un vol tout à fait dans le ligne de l'orgueil démoniaque. A nous de ne pas le suivre et de le congédier avec ses suppôts, au cri de St Michel : " Qui est semblable à Dieu ? .. Qui peut percer Ses Mystères ?

                                                VII. Le péché originel et l'âme humaine.

                 On ne peut rien comprendre à la doctrine catholique si on diminue la spiritualité de l'âme, sa séparabilité, au moins pour un temps, du corps à la mort et la notion de péché originel. .. Celui qui commet l'inquité est ennemi de sa propre âme" (XII.!). Il n'est pas possible de comprendre les conséquences du péché originel, si l'on ne connait pas l'état d'Adam et d' Eve avant le péché. Nous renvoyons notre lecteur à la description biblique de la faute d'Adam, faute qu’il faut considérer comme historique et non mythique, car le péché en lui-même demanderait une longue étude.C’est essentiellement une désobéissance. Parlons seulement des résultats.

                  Quand Dieu créa l'homme, Il mit en lui un don suprême, appelé par les théologiens le .. “don de Justice originelle ". Ce don rendait la volonté parfaite à l'égard de Dieu et des créatures. Adam était saint. C'est la perte de cette justice originelle qui constitue le péché originel. Ce don de la justice originelle subordonnait la volonté humaine de façon parfaite à la Volonté Divine. Toute la volonté de l'homme était tendue vers Dieu, élevée vers Dieu. Après la désobéissance, cette harmonie a été brisée. L'âme humaine s'est retournée vers elle-même, comme un tournesol se détournant du soleil qui le fait vivre. Cette faute portait le germe de la mort.

             En donnant la préférence à sa propre volonté, Adam s'est opposé à Dieu qui était jusque là son unique objet d'amour. En se détournant de son Soleil, il perdait la lumière et la chaleur, la Vérité et la Vie. Il entrait dans le monde des ténèbres et de la mort, de la division. Le miroir se brisait en mille éclats. L'Unité était perdue. L'âme s'enfonçait dans la matière et risquait d'y engloutir toute son activité. L'élan vers Dieu, cette légèreté spirituelle était entravée. .. Adam vit qu'il était nu ". Il découvrait le monde du corps dans toute sa pesanteur.

             A l'ordre magnifique de la grâce, succède le désordre de l'état de péché. L'attachement à la chair,  les désirs désordonné, l'ignorance, la faiblesse, les infirmités firent leur apparition. Ayant perdu les ailes ,il risquait de s'enfoncer dans le marais gluant de la matérialité. Tous les jours nous sommes témoins de ce désordre.

Adam était seulement blessé mais cette blessure se transmit de génération en génération, car Dieu avait cessé de donner la Justice originelle, puisqu'il l'avait méprisée. Dieu seul pouvait la rendre. Et II fit avec magnificence en venant Lui-même expier les péchés des hommes sur la Croix et ainsi permettre l'effusion de la grâce sanctifiante. Le Baptême nous ramène dans l'intimité de la Vie Divine. Mais il ne faut surtout jamais oublier qu'il a fallu la mort de Jésus, Sa Passion cruelle pour payer nos dettes. Toute grâce nous est donnée par l'Esprit-Saint au Nom de Jésus, en vertu de Ses Mérites, de la part du Père. Il n’y a pas de salut sans la Croix du Christ. C'est la seule porte pour échapper au monde enlisant de la matière ténébreuse.

..        “ Bienheureuse faute d'Adam qui nous a valu un tel Rédempteur “Nous qui avons la grâce d'être baptisés, sachons reconnaître la responsabilité qui est nôtre, d'amener les âmes encore sous l'emprise de la blessure originelle, au Baptême. Prions et souffrons dans ce but. Jésus n'a pas fait autre chose et Marie et tous les Saints avec Lui. Si par notre baptême, le péché originel est totalement effacé, notre nature reste comme blessée en son intimité et reste fragile. Veillons donc et prions afin de «  ne pas succomber à la tentation »

                                                  VIII- La vie morale de l'âme. Les dangers

                      a- Le péché mortel, le Mal suprême de l'âme.

 

 "Ceux qui commettent le péché et l'iniquité sont ennemis de leur âme" ITob. XII. Il

Le péché n'est possible qu'aux créatures spirituelles. Un animal, un arbre, une pierre ne péchent pas parce qu'ils ne sont pas libres dans leur volonté. Le péché de Lucifer fut de tous, le plus grand car il fut commis par un pur esprit. La péché mortel est essentlellement une rupture volontaire de l'ordre, de l'harmonie universel.

         L'homme appartient à Dieu, à l'humanité et à lui-même. Il pèche parce qu'il se met en opposition volontaire à Dieu, à l'humanité, ou à lui-même.

             Appartenant à Dieu, il a des devoirs de religion. Il doit à Dieu l'obéissance de son intelligence, de sa volonté. L'ordre universel est ainsi établi. Négliger ses devoirs envers Dieu, c'est se mettre en dehors de l'ordre universel. C'est le point de départ de la rebellion caractérisée qui fait le contraire de ce que l'ordre exige.

Appartenant à l'humanité, l'individu a, à son égard, des devoirs d'amour et de justice. La violation et la négligence de ces devoirs le mettent en état de désordre et de rebellion contre la nature humaine.

               Enfin, l'homme n'est pas une entité simple. Il est composé d'un esprit et d’un corps.L’harmonie et l’ordre sont atteints pour lui quand le corps obéit à l’esprit.Il y a péché contre soi-même si l’ordre n’est pas respecté.

Il faut véritablement penser le péché comme une blessure quasi physique, une amputation, un aveuglement, une surdité qui vont en s'aggravant. Le péché est une "offense", une destruction, un effondrement, une dislocation dans une relation. Le péché mortel est une rupture, une cassure, une volte-face, un crime de déicide, d'homicide, de suicide. Il ne faut rien moins que la mort volontaire d'un Homme - Dieu pour l'effacer et l'expier. Il n'y a donc pas de petit péché, de péché “mignon”. Le moindre péché véniel consenti est une démarche vers la rupture. C'est une absurde auto-mutilation.

                   La rupture du péché dépend de la volonté libre, qui est une puissance entièrement spirituelle. La volonté libre pèche de deux façons : directement ou par consentement.

Directement, en faisant volontairement et sciemment ce qui est connu comme le mal: voler, tuer, mentir., tromper; Indirectement en ne s'opposant pas à la sensualité, aux pulsions corporelles désordonnées (luxure, gourmandise, colère, etc..). L'indulgence exagérée  pour soi-même devient péché de la volonté libre, car elle n'a plus rien à opposer. Elle ne veut plus autre chose, plus que la jouissance immédiate. Par paresse, elle se laisse volontairement envahir par le mal et en devient esclave volontaire.

                Le péché mortel commis en matière grave et avec plein consentement, est incompatible avec l'habitation en nous de la Sainte Trinité qu'est l'état de grâce. C'est logique puisque volontairement l'Envoyé, le Saint- Esprit est chassé. L'Esprit-Saint vient pour élever l'âme et y demeurer. La volonté libre du pécheur ne veut pas de cette élévation et de cette intimité. Il y a incompatibilité qui risque d'être éternelle si le pécheur ne se repent pas avant de mourir. La pénitence finale est une grâce divine. Sans cette grâce miséricordieuse, que Dieu n'accorde qu'à ceux qu'II désigne Lui-même et non à tous comme on voudrait le faire croire de nos jours, l'âme ne peut plus rien faire et s'enfonce dans la ténèbre éternelle. Nous devons remercier Dieu de ne pas nous avoir laissé dans notre péché. On oublie trop cette générosité divine de qui découle le moindre bien !

             Ayons confiance en Dieu, mais soyons vigilants ! Car le démon rôde dans le monde cherchant qui dévorer ! On ne badine pas avec Dieu, on ne badine pas avec le péché . Prions, prions, pour que Dieu nous accorde par Marie la grâce "à l'heure de notre mort". Prions pour les pécheurs en grand péril .

                                                                 b- Le péché véniel.

                 Un péché est dit véniel si la matière est secondaire - si le consentement est incomplet.

On ne comprend bien le péché que si l'on a en vue la raison d'être de l'âme. Elle est faite pour épouser Dieu, pour Lui être unie d'amour éternellement. Le péché mortel rompt les fiançailles, c'est l'Infidèlité complète et consommée, ouvertement et publiquement assurée. Il rejette le projet Divin. Le péché véniel est plus subtil et non moins odieux, quoi qu'il en soit.

               Je ne veux pas parler des faiblesses humaines, non volontaires, des erreurs "par surprise", dont l'âme est humiliée tout aussitôt. Je veux parler de ces péchés "mignons" qui, à y bien regarder, sont plus odieux peut-être à l'Amour de Dieu, que des fautes plus caractérisées, plus franches.

              Imaginons une fiancée qui aime son fiancé. Elle lui jure sa fidélité éternelle, mais cela ne l'empêche pas, devant lui, de faire des avances à d'autres galants, de leur trouver des charmes, que n'a pas le fiancé et de lui faire savoir. En un mot, son amour est tiède, à vomir. Le fiancé est bafoué dans son amour et risque bien de "claquer la porte" un beau jour . Le péché véniel est un péché de tiédeur dont l'âme est responsable. Elle est responsable de son infidélité, de sa torpeur, de son absence de choix, de son "ni chaud, ni froid".

            Prenons des exemples : l'amour-propre, la vanité. Combien nous aimons être trouvés intelligents, dévoués, lucides, vertueux! Et avec quel empressement nous nous accordons des "satisfecit" pour nos bonnes œuvres, oubliant que c'est Dieu qui fait le bien en nous et que c'est à Lui qu'est due toute louange. Ce retour complaisant sur notre propre vertu, réelle ou imaginaire est un vol, une infidélité à Dieu, une tiédeur, un obscurcissement de l'âme. Il peut être la source d'une foule de péchés véniels: la gourmandise, les "petits mensonges", les manques de générosité, les pardons différés, la négligence dans la prière, etc... La seule façon de sortir du sommeil : demander à l'Esprit-Saint de nous secouer, accepter les épreuves "qui nous remuent". Lui demander de mettre en nous le "soleil" qui nous fera discerner nos fautes et nos défauts et les détester. Il faut vouloir aimer, c'est cela l'Amour et vouloir aimer absolument, c'est cela aimer absolument. "Oué Votre Volonté soit faite", donnez-nous la force contre la tentation, délivrez-nous de la tiédeur et du Mal du péché. Voilà ce que nous devons tout le jour, demander à Dieu "car la prière qui espère tout, obtient tout, car elle aime tout". Bien les saints ont une horreur profonde du moindre péché et que l'idée même d'un péché mortel les fait défaillir physiquement. "Car notre Dieu est un Dieu jaloux, tellement jaloux, qui ne tolère pas la moindre infidélité en pensée, en parole, en action et en omission".

“On mesure votre amour du Bien au degré d’horreur que vous avez pour le mal.On mesure votre amour de la Vérité à l’ardeur de votre zèle à la défendre quand elle est attaquée.”(E.Hello)

                                                           c) La pénitence, retour de la vérité, retour à la vie.

               Dieu, dans Sa Bonté, ne laisse jamais un pécheur seul. Il le harcèle de Ses grâces pour qu'il revienne à Lui. Les épreuves, les remords, sont autant de grâces de retour. Sainte Catherine de Gênes a écrit que ce qui fera la honte des damnés, ce sera de voir combien ils ont résisté aux grâces de Dieu pour qu'ils sortent du péché. Ce n'est qu'à la mort que la rupture est consommée.

             Le retour commence avec la prise de conscience de l'âme de son état de désordre, d'indignité devant Dieu, l'humanité, elle-même.

Les premiers degrés de la contrition (suffisants pour la miséricorde divine) sont justement cette honte devant Dieu, nos frères et nous-mêmes.Cette contrition est déjà une grande grâce que la prière doit demander avec persévérance. La contrition parfaite est plus rare, car elle demande une grande connaissance et donc un plus grand amour de Dieu, c'est une plus grande grâce divine. Mise en face de la vérité, l'ame chrétienne devra se décharger de sa faute en l'avouant personnellement à un prêtre et recevoir de lui le pardon de Dieu. C'est une démarche humiliante voulue par la Bonté Divine. C'est pour cela que certaines "cérémonies pénitentielles" sont des "simulacres de sacrements" si elles ne sont pas suivies d'une confession personnelle des fautes graves.( sauf cas de périls imminents) Tout acte de charité doit être discret et c'est un grand acte de charité de se réconcilier avec Dieu, son prochain et soi-même. C'est pourquoi il y a beaucoup de joie dans le Ciel quand un enfant prodigue revient vers son Père. Il le couvre des baisers de Sa grâce et le fortifie pour qu'il ne reparte plus de la Maison. Mais c'est par le Pain Eucharistique qu'II lui donne cette force, cet élan vers le progrès, cette docilité à l'Esprit-Saint, car c'est le Pain des âmes, le Pain de la Vie, en esprit et en vérité.

                                                    IX - L'âme humaine après la mort

          Nous avons vu comment l'âme, après la désorganisation du corps, changeait totalement de " mode de vie" et devenait un esprit pur, entrait dans le monde des esprits avec ses lois particulières; grande connaissance d'elle-même, des choses inférieures et grandes lumières sur le monde" d'en haut ", ceci qu'elle soit bonne ou mauvaise, bienheureuse ou reprouvée. Ce moment de la mort est donc un instant très solennel qui doit se préparer pendant toute la vie, car ensuite, toute marche arrière est impossible à jamais. C'est alors le jugement particulier dont les modalités restent mystérieuses et qui décide de la nouvelle orientation de l'âme.

                             a) Le dogme de la perte éternelle et ses raisons

 

       C'est un chapitre essentiel de la foi chrétienne que l'éternelle réprobation attend l'esprit humain qui entre à travers la mort, en état permanent d'esprit, si sa volonté est fixée en état de péché mortel au moment de cette mort. Le péché mortel est la seule et entière cause de réprobation. Saint Thomas précise que la peine éternelle ne correspond pas à la gravité de la faute, mais à la nature irréparable de la faute. Cette faute est irréparable car, à cause du péché mortel, la grâce a été bannie de l'âme et n'y est pas revenue avant la séparation de l'âme et du corps, parce que le pécheur a refusé volontairement les ultimes avances de la Miséricorde Divine lui offrant Son secours" Tant que l'âme est unie au corps, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ". Mais ensuite, c'est trop tard. Telle est la Loi Divine qui ne souffre pas d'exception.

             Il est de Foi catholique que l'esprit réprouvé (soit humain ou angélique) a une volonté qui est éternellement et irréversiblement incapable de repentir et de rectitude morale. Ce serait une idée tout à fait étrangère au catholicisme de représenter l'Enfer comme peuplé d'esprits qui implorent miséricorde et ne peuvent la trouver. Le temps de la miséricorde est passé, principalement parce que les esprits perdus ne veulent pas de la miséricorde. Ils sont laissés à eux-mêmes. Ils ne reçoivent aucune grâce actuelle et sont ainsi incapables intrinsèquement de restaurer une rectitude morale. Ils ont perdu la réceptivité à la grâce. Il n'y a plus de porte pour la grâce. Leur volonté ne reçoit l'aide d'aucune grâce car cette volonté est incapable de changer.

         Si on dit que Dieu inflige une éternité de réprobation, c'est en ce sens : Dieu a fait les natures spirituelles si parfaites, qu'un mauvais usage de leur puissance amènera des résultats aussi permarents que leur bon usage. L’éternelle réprobation est, pour Saint Thomas, l'application logique de la permanence de la volonté des esprits. C'est ce qu'il appelle l'obstination dans le mal. En choisissant le péché, un esprit choisit sa peine. Il choisit d'être en opposition avec l'harmonie de la création. Il choisit la honte. Là encore, Dieu, dans Sa Justice, applique la loi, ou plutôt, la loi de Justice s'applique d'elle-même.

           Que ces méditations nous donnent la crainte du péché mortel et de ses occasions pour nous-mêmes et pour autrui. Nul n'est à l'abri. Sans la grâce actuelle de Dieu, il est impossible à l'homme de faire un acte bon. Soyons donc humbles et conscients de notre fragilité, prions pour ne pas succomber à la tentation et pour être délivré du Malin. Pardonnons dès maintenant à nos ennemis, car garder rancune au-delà de la mort peut emmener en Enfer.

                                              b- La souffrance des esprits réprouvés

         La permanence d'un esprit dans le mal est une chose, sa peine en est une autre. Saint Thomas a bien décrit cette peine et Dante s'est inspiré de sa doctrine dans sa description de l'Enfer. A la question: les démons peuvent-ils souffrir? Saint Thomas répond (Q 64.3 A).

La peur, la souffrance, la joie, ou autres choses de telle sorte, pour autant qu'elles signifient des états passifs (passions) ne peuvent être appliquées telles quelles aux démons. Car, en ce sens, ces états appartiennent en propre à la faculté sensitive qui a son siège dans un organisme corporel. Mais au sens où ils signifient simples actes de volonté, ils peuvent être trouvés dans les esprits réprouvés. Car la souffrance, dans la mesure où elle signifie un acte de la volonté, n'est rien d'autre que la lutte obstinée contre ce qui est, ou ce qui n'est pas. On voit donc que les réprouvés voudraient que beaucoup de choses qui existent ne soient pas et l'inverse. Le châtiment réside dans cette répugnance de la réalité à leur désir, il est ce qui va contre la volonté du châtié. Sa souffrance est une lutte désespérée pour surmonter un obstacle insurmontable. C'est une lutte contre ce qui est ou n'est pas, selon l'ordre voulu par Dieu, c'est cet effort vain de sa propre volonté perpétuellement en opposition et sans perspective de succès. Dans un esprit, c'est la même puissance qui pèche et qui souffre: la volonté. Cette définition de la souffance du démon ou du damné doit être retenue: la résistance de la volonté à ce qui est, ou ce qui n'est pas.

              O combien mieux dirons-nous à Dieu : " Que Votre Volonté soit fait sur la terre comme au Ciel ". Combien mieux nous accepterons que ce qui est actuellement la Volonté de Dieu soit ainsi, et que ce que Dieu ne veut pas pour nous en ce moment (bonheur, santé, richesse, joie, etc...) ne soit pas.

                  Ceux qui se révoltent contre cette Volonté se préparent à l'enfer. Si nous rejetons la croix, celle qui contredit notre volonté, nous risquons de subir l’éternel châtiment d’être livré à notre seule volonté pour l’éternité.Que nos Fiat se joignent à nos Magnificat ! Marie a vaincu l’enfer  en s’affirmant la Servante du Seigneur, elle a été attentive à la Volonté de Dieu pour ce qui est, et ce qui n'est pas, ne doit pas être. Elle a été guidée par l'Esprit de Sagesse qui permet de bien distinguer la Volonté de Dieu dans les plus petites choses de cette terre. C'est pour cela qu'elle est grande et qu'elle règne au Ciel. Sainte Marie, préservez-nous de l'Enfer, soumettez notre volonté pour que nous ne soyons pas tentés de nous unir au “non serviam " de Lucifer.

                 Nous n'aborderons pas ici le problème de l'enfer en lui-même, avec ses peines de la privation de Dieu. Il est de Foi que l'enfer est un lieu de Feu, nous croyons à ce dogme de l'Eglise. Posons-nous la question de savoir comment un esprit immatériel peut être soumis à un feu matériel et en souffrir ? Nous avons vu que la volonté du réprouvé toujours en échec dans son objet, est contraire à l'harmonie universelle. Cette notion d'harmonie est fondamentale. Dieu ne peut tolérer que les démons troublent éternellement cette harmonie en se mêlant aux esprits bienheureux. Il doit donc rendre captifs ces esprits malfaisants, les priver de la liberté de nuire. Le seul moyen est de circonscrire leur sphère d'action. La Sagesse Divine ne voulant détruire aucune créature a créé le feu de l'enfer, réalité matérielle pour y " localiser" l'action malfaisante des esprits révoltés. Dieu restreint ainsi leur arrogance en les liant à une réalité qui les abaisse. En ce qui concerne cette réalité, Dieu aurait pu choisir l'eau par exemple, Dieu a choisi le feu. Il y a là des raisons mystérieuses d'une infinie sagesse. Il est évident que les esprits ne brûlent pas d'un feu matériel, car ils sont inconsummables. Mais on peut dire que ce feu leur cause une souffrance de la volonté, certainement infiniment brûlante (" cuisante ", dit-on familièrement pour parler d'une défaite honteuse).

                     L’âme réprouvée, avant la résurrection, subit ce châtiment de la captivité par le Feu. A la résurrection, le corps participera à cette brûlure de l'esprit, sans se consumer, pour l'éternité.

Avant de terminer ces quelques aperçus, disons seulement que dans le cas de la souffrance de l'enfer, Dieu n'est pas l'agent de cette souffrance. Il a créé l'enfer, ses lois propres, comme un instrument de châtiment, mais c'est l'état de l'âme qui la torture dans son refus et sa révolte éternelle contre ce qui est. Nous verrons qu'il en est tout autrement pour le Purgatoire où Dieu-Amour intervient plus directement dans l'affliction de l'âme sauvée qui doit, néanmoins, être purifiée. Ayons donc un grand respect des lois de Dieu par lesquelles Il règle l'Univers. S'en écarter  met en grand danger de tomber sous le coup des lois de Sa justice, c'est mépriser Sa Miséricorde.

Louées soient cette Miséricorde et cette Justice dans le temps et l'Eternité.

                                      c- La faim et la soif de Dieu dans l'âme désincarnée après la mort

            On a écrit beaucoup de choses sur la soif de Dieu chez les réprouvés ; comme si l'âme réprouvée cherchait Dieu et ne pouvait Le trouver à jamais. Comme si la peine de l'enfer était le désespoir de ne pouvoir posséder Dieu. Ce n'est pas l'avis de Saint Thomas et des grands théologiens catholiques. En effet, la faim et la soif de posséder Dieu, comme la nourriture de l'âme sont les plus hautes opérations de l'Esprit-Saint dans cette âme. Sa présence réclame une très haute perfection de l'amour.

         Cette faim et soif de Dieu est l'état de l'âme sauvée admise à se purifier en Purgatoire, mais certainement pas l'état d'une âme en état de péché mortel irrémissible qui a plutôt une horreur profonde de Dieu, car sa volonté veut ce qui n'est pas possible et ne veut pas ce qui est (voir chapitre précédent). Chaque réprouvé a un objet particulier auquel tient, avec obstination, sa volonté. Mais c'est un objet qui est en dehors de l'ordre de l'Univers et il ne peut donc jamais donner le bonheur. Le cri des damnés est plutôt" où est mon bonheur à moi" ! (mon or, ma satisfaction, mon ambition, ma jouissance égoïste, etc...) et leur conscience leur répond: " il n'y a pas de bonheur, car cette idole n'est plus ".

            Au contraire, l'âme en Purgatoire soupire après Dieu: " Où est mon Dieu, l'unique nécessaire? et l'Esprit de Dieu lui murmure: " Il vient ". La soif de Dieu vient de la grâce et son étanchement est la vie éternelle. La soif du bonheur égoïste vient du " bas" de la nature humaine. Il est tout opposé au Saint Esprit. L’Amour de Dieu a toujours eu pour adversaire l'amour propre, l'amour de soi. L’enfer est le lieu de captivité de ceux qui ont voulu faire leur bonheur tout seuls, au mépris des autres, sans vouloir savoir que le bonheur sur terre, c'est de donner du bonheur aux autres. Chercher son propre bonheur au mépris des lois de l'harmonie universelle (par tous les vices égoïstes, le mensonge, le mépris, le meurtre...) est voué à l'échec total, éternel.

         Donnons donc avant de chercher à recevoir; donnons notre argent, nos biens, nos richesses temporelles aux pauvres. Donnons notre richesse spirituelle, nos talents de prière et de générosité. Perdons notre vie avant qu'elle ne nous perde. Voilà la leçon de l'Enfer. Que le mot de bonheur ne soit pas associé à notre Moi, mais à autrui ; sacrifier ses aises, sa jouissance aux autres, voilà la vraie vie.

                                                                             d - Le Purgatoire

              La doctrine catholique sur le Purgatoire est basée essentiellement sur cette partie du dogme qui considère le péché comme une offense à la Divine Justice.Dieu est offensé quand l’homme ne le cherche pas comme son Bien éternel et absolu. L’âme humaine ayant franchi le jugement particulier, est détenue dans une relative souffrance, à cause des droits de Dieu, non à cause de son état psychologique. Les petites imperfections de l'âme de cette nature restent la proie de la mort. Ce qui compte, c'est qu'elle soit en état de grâce et de charité envers Dieu, l'âme est parfaite et pure, car sa charité est parfaite. Le Purgatoire n'est donc pas un état intermédiaire de progression où l'âme deviendrait meilleure par elle-même, par ses propres efforts. Le temps du progrès moral est passé avec le moment de la mort. L’âme est fixée dans l'amour de Dieu. Si elle n'a pas réparé ses fautes par une juste peine, elle est en dette envers la Justice Divine pour ce qui reste de l'offense faite à Dieu par le péché mortel, bien que l'âme ait reçu le Sacrement de Pénitence. et qu'elle ait été lavée par le Sang du Christ. La réparation de l'âme doit se joindre à la réparation du Christ. C'est justice, et l'âme doit payer" jusqu'au dernier sou ".La justice, c’est de rendre à chacun ce qui lui est dû”

         Mais elle est désincarnée. Les impressions des sens sont restées avec le corps. Les souffrances du Purgatoire sont donc un phénomène d'ordre exclusivement spirituel. Ce qui ne veut pas dire que des agents matériels, comme le feu, n'interviennent pas dans l'instrumentation de la captivité de ces esprits (voir chapitre précédent). Il existe bien un feu du Purgatoire non moins" cuisant" spirituellement que le feu de l'enfer. La différence énorme est que cette souffrance est limitée par la miséricorde divine. Pour un esprit pur, être captif de la matière est plus douloureux que pour un homme d'être lié pieds et poings" dans une étroite caisse". C'est Dieu qui, par Son Jugement Souverain est Maître absolu de l'intensité de la peine. Ce jugement est porté par le Christ Juge.

                On voit la différence entre les peines de l'enfer et les peines du Purgatoire. Celles des damnés sont le résultat d'inflexibles lois universelles. Les souffrances du Purgatoire sont l'acte de Dieu qui est jaloux de la beauté de Son Epouse. Tout dépend de Dieu, de l'Amour. Ce qui permet l'Espérance, la prière, l'intercession, les offrandes de Messes, les sacrifices personnels, les indulgences qui sont comme des" chèques " tirés sur le trésor de l'Eglise pour le soulagement des âmes souffrantes. Les souffrances du Purgatoire sont beaucoup plus difficiles à comprendre que celles des damnés. L’état de réprobation est un état de péché mortel confirmé, d’incessante et acharnée opposition à l’harmonie du monde.La difficulté est pour nous de comprendre cet état éternel,plutôt que de savoir son mode de châtiment. Mais le cas des âmes du Purgatoire est complètement différent ; il n'y a pas d'opposition à l'harmonie de l'Univers, à la volonté d'amour de Dieu. La souffrance vient, de ce qu'étant en état de grâce, l'âme a faim et soif de Dieu et que c'est cette séparation momentanée qui fait souffrir sa volonté. Le désir de posséder Dieu est pour elle, un feu brûlant. Dieu se donne à elle quand et comme Il veut. L’âme est tout entière soumise à Sa Volonté, en paix, sans révolte. Cependant, ne nous trompons pas, les souffrances de l'âme en Purgatoire sont terribles et il ne faut pas être assez téméraire pour ne rien réparer sur terre de nos fautes pardonnées. Réparons nos fautes envers notre prochain de tout notre possible, réparons nos fautes en offrant nos souffrances personnelles dans ce but. La Providence y pourvoit. Pour rendre cette offrande adéquate, il faut l'offrir comme le Christ a offert la Sienne. Il ne suffit pas, répétons-le, d'offrir quelques prières ou quelques messes distraitement.

                 On comprend pourquoi les saints demandaient des croix à offrir pour la satisfaction des péchés. La terre est un lieu de passage très bref par rapport à l'Eternité ; faisons tout ce que nous pouvons ici-bas. Après la mort, nous ne pourrons plus rien par nous-mêmes et notre sort sera scellé. Nous ne pourrons qu'attendre le secours de nos amis de la terre et du Ciel.

                     Prions pour les âmes du Purgatoire, pour les agonisants, dès maintenant et jusqu'à notre propre mort, pour la gloire de l'Amour….

 

                                                                       A Suivre

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 04:49

                  L’âme humaine et ses relations avec les autres esprits suite. CH 3

 

 

                                      III- La place de l'âme humaine dans l'Univers


                                                           1) Ame et esprit

 

               Revenons un peu en arrière. Nous avons vu comment les deux incompatibles, matière et esprit, peuvent être unis pour leur mutuel avantage dans l'homme. Nous avons vu le rôle élévateur de la vie par l'âme, en sa qualité de" cause formelle" immanente au corps. Nous avons vu la différence radicale entre matière et esprit, tenant à "incompatibilité” des lois de leur opération.

               Parlons maintenant de la différence entre âme et esprit : ces deux mots ne sont pas synonymes. Il y des esprits qui ne sont pas des âmes : Dieu, les Anges par exemple.

                Il n'y a pas entre esprit et âme le fossé qu'il y a entre matière et esprit. L'âme humaine est exceptionnelle dans la Création. Il y a un très vaste monde d'esprits qui ne sont et ne seront jamais" âme ", c'est-à-dire principe formel de la vie d'un composé comme l'homme.

             L'âme humaine est originale en ce sens qu'elle a, à la fois, des fonctions d'esprit et des fonctions d'âme, tout en restant parfaitement une dans sa substance. L'âme humaine peut vivre sans le corps après la mort, mais elle est comme incomplète et soupire après la résurrection du corps, car son rôle est d’être la cause de l’élévation des activités de ce corps pour la gloire de Dieu.Il n’y a pas d’opposition entre âme et corps, mais" amitié" et tendresse féconde à l'avantage des" deux époux ".

             On peut donc dire que l'âme humaine a des fonctions d'esprit, comme ayant sa place parmi les anges, intermédiaire entre le Ciel et la terre, médiatrice, élévatrice. On peut dire aussi qu'elle est un esprit ayant des fonctions d'âme vis à vis d'une matière, son corps humain. C'est sa gloire d'élever ce corps en l'unité d'une personne. C'est sa place et nul ne peut la lui prendre! Telle est la Divine Disposition de la Sagesse Divine !

              Mais nous aimons bien nous considérer comme un peu plus de la famille des Anges que de celle des animaux ! Si les hommes méditaient plus la-dessus, ils se comporteraient peut-être moins comme des bêtes. Mais on dit aussi" qui veut faire l'ange, fait la bête". Ah ! que l'équilibre est difficile à trouver en ce bas monde !!!

                                                       2 )- L’âme et Dieu.

                  L'union de l'âme et du corps est donc bénéfique pour les deux parties. Mais il y a tout de même pour l'esprit-âme, un danger" d'enlisement" dans la matière. Nous avons le sentiment que cette petite dernière des créatures doit être aidée par Dieu, plus que tout autre esprit. Il suffit de relire la Bible pour y constater l'extrême tendresse de Dieu Créateur, tendresse toute paternelle, Providence sans défaut, fidèle et miséricordieuse source de grâces. C'est pourquoi St Thomas est si prêt à faire de la grâce un élément nécessaire à la perfection de l'âme. C'est la grâce qui peut contrebalancer et corriger la dépendance de l'âme vis à vis du corps. La condition d'âme requiert la grâce si l'âme doit être pure et heureuse. Comme le Père est tout près de Son petit enfant, le préféré de Sa Miséricorde. Il n'y a absolument rien de choquant dans l'idée de Dieu créant un être dont l'essence même postule la grâce, pour être absolument complet. L'Ange reçoit la grâce également, mais un ange n'est pas dans le besoin d'aide extérieure pour être créature parfaite, tandis que l'âme humaine a réellement besoin d'un contrepoids de grâce, du fait de sa mission potentiellement " dangereuse " : danger d'attachement au corps par exemple.

                     Nous ne parlons pas ici de la grâce dans le sens strictement surnaturel que nous lui donnons depuis la Rédemption. Adam possédait des dons " gratieux praeternaturels " qu'il a perdus après la faute. Nous reviendrons sur tout cela. Retenons seulement que nous n'avons pas à nous plaindre, car Dieu a bien fait les choses pour nous. Il les a bien faites parce qu'II avait Ses raisons de nous mettre à cette place et de cette façon. A nous de savoir quelle est cette place et pourquoi notre âme est ainsi faite. Quel est le plan directeur dans lequel s'insère son rôle d'élévateur ?


                                  
3- La place de l'âme humaine dans la Création.

                      L'âme humaine tient une place définie dans l'univers créé. Elle est un maillon indispensable dans la chaîne des créatures. Elle est une note dans le monde créé, sans elle il y aurait une dissonance. Par Univers, nous entendons l'univers de la création spirituelle et matérielle. La théologie catholique considère que la partie spirituelle de l'Univers est la plus importante et elle considère aussi que la gradation, depuis la plus petite particule de matière jusqu'au plus haut esprit, est une ascension ininterrompue de perfection en perfection. Il n'y a pas de hiatus, de trou, c'est un tout parfait dans lequel la plus haute créature possède invariablement toutes les perfections de la créature qui la précède...

            Quel est donc le travail qui est demandé à l'âme dans le grand œuvre qui est de faire de l'Univers un grand Tout, bien uni et harmonieux ? L'âme est la seule créature qui a en même temps, une connaissance spirituelle, une connaissance expérimentale et un amour de l'univers physique. Elle doit être considérée comme l'esprit qui connait et aime l'univers matériel, physique, par expérience. Un esprit pur connaît et aime le monde physique, mais il ne peut le faire par expérience directe, car il n'a pas vu ses beautés, entendu ses harmonies, touché ses matériaux, goûté ses propriétés, il reçoit toute connaissance directement de Dieu, par « science infuse ». l'âme humaine doit trouver ses connaissances dans le monde extérieur, en les faisant siennes progressivement, en les élevant, en les unifiant graduellement. Un animal a des sensations, des complexes de sensations, mais il ne " comprend" pas au-delà de ses déterminismes propres. Il est incapable de notions abstraites, universelles comme la justice, la valeur, l'éternité, etc...

                  De même l'âme humaine aime par expérience. Elle choisit les objets de son amour par l'expérience qu'elle en a et non abstraitement d'emblée. Elle ne peut aimer que ce qu'elle connaît. Il lui faut une révélation des objets à aimer, concrète et parlante, une parole audible, des faits concrets. Elle ne peut aimer que ce qui est intelligible. C'est à l'intelligence de présenter à la volonté un bien relativement défini, pour être désiré. L'âme peut connaître et aimer Dieu à l'aide de la Création et de la Révélation. l'animal en est incapable, encore moins le végétal et le minéral. Dans l'âme humaine seulement, il ya une conscience, non plus seulement expérimentale, mais spirituelle de la matérielle et visible beauté et bonté de la nature. L'harmonie du Tout est alors atteinte.

             La beauté du monde n'est d'aucun secours pour l'Ange qui le connaît dans tous ses replis, mais n'est pas capable de l'éprouver et d'en rendre une action de grâce correspondante. Son action de connaisssance  et d’amour est d’un autre ordre.L’univers physique n’aurait pas de raison d’être, s’il n’y avait un esprit pour le connaître et l’aimer de l’intérieur : l’âme humaine.La nature avec ses charmes est comme une mère nourricière pour l'âme humaine et celle-ci est vraiment le sanctuaire où les merveilles du monde sont capables de louer le Seigneur.

               Quelle responsabilité nous avons vis à vis de nos frères du Ciel et de la terre, créatures vivantes ou inanimées! Ne rompons pas la chaîne de la louange, ne faisons pas par notre péché une fausse note volontaire, ou par notre omission un douloureux vide dans le chœur universel. Nous verrons plus loin, comment la Providence a compensé nos fautes par une plus grande possibilité de louange : en S'incarnant pour expérimenter Elle-même la vie terrestre et devenir notre louange en Dieu.

                    Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur, pour porter à Dieu la louange qui lui revient. Loué soit Dieu par Sa Puissance, Sa Sagesse, Sa Bonté, dans Sa Création, dans l'œuvre de Son Infinie Intelligence, de Son Infini Amour.

                                                                   +++

           

              Après avoir étudié les grandes distinctions entre esprit et matière, entre esprit pur et âme, après avoir montré la place providentielle de l'âme humaine dans l'univers créé, dans ses relations avec Dieu, son Créateur, nous aborderons d'un peu plus près les mystères de l'âme en elle-même. Nous disons bien mystère et non pas simplement problème. Un problème est soluble par la raison seulement, sans intervention de la Foi, vertu théologale. Dans notre recherche nous avançons avec notre raison, à la lumière de la Foi, forts de la tradition théologique de l'Eglise qui est le résultat, le fruit du travail de l'Esprit-Saint au cours des générations. Nous devons donc aborder les mystères de l'âme, avec une certaine crainte, avec humilité, mais aussi avec confiance et reconnaissance, en demandant à l'Esprit de Vie et de Vérité de nous guider dans ce clair-obscur

                                               IV. L'Ame humaine en son mystère.

              Toute la philosophie catholique tient ou s'effondre, avec la doctrine de la spiritualité de l'âme humaine. C'est pourquoi nous voulons exposer tout ce qu'il est possible de comprendre sur ce sujet.

                 a- Le mystère de " l'Inconscience" de l'âme à elle-même.

                Les matérialistes ont beau jeu de dire: " l'âme ne se voit pas, ne se perçoit pas, donc elle n'existe pas. " Ce qui est paradoxal dans cette attitude, c'est que ces personnes qui se prétendent formées seulement de matière soient capables de porter un jugement de nature philosophique, mettant en œuvre des principes abstraits, tout à fait en dehors des capacités de la matière seule. On n'a jamais vu un caillou ou même un animal, exprimer une affirmation ou une négation. Pour cela il faut le recul suffisant, pour prendre la distance, ce qui permet de mesurer les rapports qui existent entre des notions, cela seul un esprit peut le faire. C'est donc avec leur propre esprit que les matérialistes nient l'existence de leur propre esprit !

                A leur décharge, nous devons dire que la présence d'un principe spirituel animateur, élévateur des activités humaines, n'est pas évidente. On ne peut arriver à cette notion qu'après une activité même de cet esprit, la réflexion, l'activité de la raison. Il est donc difficile pour l'âme d'être juge et partie.

                Pour qu'elle devienne évidente à elle-même, il faudrait que l'âme puisse s'abstraire d'elle-même, prendre du recul par rapport à elle-même. En ce monde, et du fait de son mode de connaissance sensible, liée au corps naturellement, c'est impossible, sauf miracle. Ceci est absolument miraculeux, une âme, en règle générale, ne prendra conscience pleine et entière d'elle-même qu'après la mort, quand son mode de connaissance sera directement intuitif à la manière des esprits purs. Rappelons nous bien que, en ce monde, " rien n'est dans la connaissance qui ne soit d'abord dans les sens. " L'âme n'est pas une réalité accessible aux sens, à la vue, au toucher, etc... Elle reste donc mystérieuse mais non pas totalement inconnaissable. Nous sentons bien, intuitivement que nous ne sommes pas seulement des animaux. Toute la vie intellectuelle et surtout la vie morale, nous révèlent la présence active et essentielle de notre âme en notre Moi. C'est déjà beaucoup et c'est suffisant pour cette vie terrestre.

              Nous avons toutefois le devoir d'être toujours plus attentifs et respectueux de notre âme, de sa rectitude morale surtout, car elle a été créée pour cela. Elle doit nous élever vers notre Bien Eternel. L'âme est le levier spirituel qui nous élève au-dessus du monde matériel par la connaissance abstraite et par le jugement de valeur du bien et du mal qui oriente toute l'existence. Ne dit-on pas d'un être amoral qu'il est " sans âme" .Ce jugement montre bien que tout le mystère de l'âme est un mystère religieux, c'est-à-dire de relation avec sa fin dernière, avec son Créateur, Rédempteur et Sanctificateur. La Vérité est une, immuable et valable pour tous, chrétiens ou non. La perfection d'une âme réside dans sa rectitude par rapport à la Vérité. Toute la vie spirituelle est un perfectionnement de cette rectitude.La vertu se développe par l’exercice.La grâce vient donner à cette perfection une dimension surnaturelle extraordinaire.

                Toute la grandeur d'une âme réside dans la perfection de sa volonté, de son amour. C'est pourquoi de petites gens sur le plan de l'intelligence spéculative, sont souvent plus saints, plus parfaits dans leur volonté, dans l'amour de Dieu. " Nous serons jugés sur l'amour. «  La sainteté n'a pas grand chose à voir avec la" science des savants" .

         En résumé, nous pouvons affirmer sans crainte, l'existence de notre âme spirituelle. Affirmer qu'elle est faite pour comprendre et aimer surtout pour aimer et que toute notre vie doit se passer à rechercher l'amour, même s'il ne nous semble pas aimer en vérité. " Pleurer de ne pas aimer, c'est déjà pleurer d'amour" dit Mgr Ghika, très sagement. Aimer, c'est vouloir aimer de toute notre âme.

                                                   b- La vertu, grandeur de l'âme

                 Les vertus sont les ornements de l'âme, sa grandeur, sa noblesse personnelle aux yeux de Dieu. La vertu est essentiellement grandeur de volonté. Toute la splendeur de l'œuvre de sanctification de l'Esprit-Saint resplendit dans l'âme qui Le reçoit docilement, Lui obéit et met en pratique Sa loi d'amour dans la Vérité. L'âme collabore avec l'Esprit de Sainteté, en faisant tout ce qui est possible de son côté, ne serait-ce qu'en acceptant les épreuves avec soumission et confiance. C'est ainsi que l'âme devient le temple de l'Esprit-Saint car elle adhère à Lui, elle demeure en Lui et Lui en elle. Et la Sainte Trinité trouve Sa complaisance en cette âme, si belle dans l'éclat de toutes les vertus de prudence, de justice, de force, de tempérance, de Foi, d'Espérance, de Charité surtout, d'intelligence, de science, de Sagesse. Dieu est Esprit et Il nous jugera sur notre" état d'esprit" à notre mort. La vie morale est donc avant tout, vie d'intériorité, de spiritualité, d'élévation, de grandeur d'âme, mais c'est une vie humaine, c'est-à-dire corps et âme unis pour le meilleur et pour le pire.

                                               c-La part du corps dans la vie spirituelle.

Il est difficile, très difficile de parler de l'âme humaine sans risquer une coupure avec la réalité corporelle - qu'il nous soit pardonné si nous ne sommes pas assez clairement unitaires dans ces articles.

                Notre vie spirituelle n'est pas la vie d'un esprit pur. Dieu ne l'a pas voulu ainsi et" cela est très bon ". Il n'y a pas de déchéance pour l'âme à faire vivre un corps. L'âme n'est pas une prisonnière, en exil, au " cachot" dans la ténèbre corporelle". La doctrine catholique n'a jamais condamné le corps comme obstacle à la vie spirituelle. Elle a, au contraire, fait dépendre le progrès de l'âme de son union avec le corps. Il n'y a plus de progrès spirituel avec la mort, car le corps est la condition intrinsèque nécessaire et indispensable de la croissance et du progrès spirituel. Car la vie spirituelle est la plus haute vie morale du corps. Tout acte de notre vie spirituelle requiert la vie de nos sens, le concours de nos sens. C'est le corps qui est chaste, le corps qui est tempérant, qui est pur etc... La prière demande toute notre vie affective, notre imagination. Le corps manifeste en ses actes la volonté de l'âme. Il est son Instrument indispensable, comme l'est un instrument de musique pour un musicien. Il est l'instrument indispensable à la connaissance qui est à l'origine de l'amour. C'est dans toutes les nuances de la vie sensible, affective, émotionnelle que l'esprit peut le mieux" se dévoiler en se cachant ", comme le fait Dieu Lui-même.

                  C'est par le moyen du corps que nous pouvons prouver notre miséricorde et notre amour du prochain, vêtir ceux qui sont nus, instruire les ignorants, nourrir ceux qui ont faim, soigner ceux qui sont malades, visiter les prisonniers, enterrer les morts, supporter les caractères difficiles, etc... Il y a là tout le mystère de l'Incarnation au sens propre. Nous sommes alors aussi loin de l'idéalisme planant dans les sphères célestes et méprisant le terrestre, que du matérialisme ne voyant aucune différence entre les êtres et faisant du " ventre" un dieu.

                   

                                       d- L'ascèse corporelle, signe de vitalité spirituelle.

                   On entend par mortification l'attitude chrétienne authentique vis à vis de la vie corporelle. Ce mot fait peur parce qu'on y parle de mort et la vie n'aime pas la mort. Et pourtant la vie spirituelle demande une remise en place du corps. Il faut qu'il reste le bon serviteur et non le maître. C'est par la réduction au nécessaire des besoins du corps que la vie spirituelle pourra se développer à l'aise, hors des préoccupations matérielles superflues. De là, la nécessité de l'esprit de pauvreté, frère jumeau de l'esprit de pauvreté spirituelle qui nous établit dans la Vérité de la totale dépendance de Dieu. C'est par l'activité corporelle que nous pouvons nous identifier à Jésus, l'Homme-Dieu. Il n'est pas question des mortifications extraordinaires. L'Eglise a toujours été très prudente en ce domaine où peut s'insinuer l'esprit d'orgueil.

                    Mais pouvoir se priver de certains superflus (alcool, tabac, friandises, etc...), s'imposer certaines pratiques de prière corporelle (prière à genoux, génuflexion...) sont des signes de volonté de ressemblance au Serviteur Souffrant, Notre Seigneur Jésus-Christ, l'Agneau Sacrifié.

                 Purifier et fortifier,simplifier, voilà le but de la mortification. C'est par des actes très humblement humains, incarnés, que nous pouvons mieux connaître, mieux aimer Notre Seigneur et Lui prouver notre amour et notre volonté d'imitation.

               L'enfer, dit-on, est pavé des bonnes intentions qui n'ont pas eu d'exécution. Quand on est fidèle à des habitudes journalières de petits renoncements, on se rend capable d’être fidèle dans de plus grandes choses. A chacun d’avoir la sagesse de discerner ce qu’il peut, veut et doit faire en ce délicat domaine, qui doit rester “caché aux yeux des hommes”, car c’est une œuvre de charité.

                                                                                   A SUIVRE

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 13:16

  
 
L’âme humaine et ses relations avec les autres esprits CH 2

 

                                                                     

                                                                               Il - L'âme humaine: son rôle.

 

a )-L‘esprit et matière.

                  La plus embarrassante autant que merveilleuse propriété de l'âme est celle-ci: Il se trouve qu'elle est unie à un corps, à la matière. Comment ces deux incompatibles peuvent-ils être unis en une personne? ParIons un peu de cette incompatibilité essentielle. La théologie catholique n'a jamais suivi ceux qui voient dans la matière comme un mal en soi, que considèrent que l'âme est déportée dans un corps d'exil. Elle n'a jamais suivi non plus ceux qui éludent le problème en disant que le corps est une illusion. Elle renvoie dos à dos les pessimistes et les idéalistes.

                 La théologie catholique (si mal connue hélas ! même par certains de ses amis) aime la matière en sa qualité d'innocente créature de Dieu et prie pour son maintien. Le degré le plus élevé du monde matériel, le " résumé de l'univers ", le corps humain a toujours été très cher au cœur de la théologie catholique authentique. L'opposition entre esprit et matière n'est pas, nous l'avons dit, entre sainteté et puissance du mal, comme entre pureté et souillure. C'est une opposition d'ordre psychologique. La matière, même lorsqu'elle est pleine de vie et de sensation, vit et sent selon des lois, qui, appliquées à un esprit, détruiraient, ipso-facto, sa spiritualité. En elles-mêmes, ces lois sont l'expression de la Volonté et de la Sagesse de Dieu. Dans son état de plus haute perfection organique, la matière est non seulement bonne, mais très bonne en elle-même, elle est une aide à la substance spirituelle. Elle est indispensable à, au moins une substance spirituelle, l'âme humaine.

                     Le premier principe en psychologie scolastique (de l'Ecole de Saint Thomas d'Aquin, philosophie préférée de l'Eglise Catholique), est celle-ci: - Esprit et matière sont incompatibles dans leur mode d'action.

 Les lois qui les régissent sont radicalement différentes. L'esprit est libre, la matière est entièrement déterminée.

 L'esprit est pur, la matière est multiplicité, alliage, composition.

L'esprit est immortel, la matière est dégradable.

 L'esprit peut vouloir, la matière ne peut rien vouloir, etc... etc...

                    Le deuxième principe aussi important que le premier est celui-ci : le corps humain est élevé aux plus hautes activités sensitives par l'acte d'une substance spirituelle: l'âme. Et cette âme, à son tour, est rendue parfaite en volonté et intelligence, par l'action de ces sens corporels hautement développés.

Comment se fait-il que deux substances aussi incompatibles soient unies pour leur mutuel avantage ? Que ce soit pour leur mutuel profit, la théologie catholique le montre avec une grande ténacité.

               Laissons de côté, pour le moment, le mode d'union entre l'âme et le corps, nous allons brièvement rappeler la doctrine de cette influence mutuelle qui survit au milieu de leurs respectives incompatibilités. L'âme bénéficie de cette union avec un corps organique ayant une haute vie sensitive, car les sensations et les perceptions du corps sont pour l'âme, ou mieux pour l'intelligence de l'âme, les semences de la connaissance. L'intellect de l'âme tire sa connaissance du" magasin" des sens du corps et augmente la portée des données des sens. Maintenant il est évident que l'âme ne descend pas de son immatérialité, ne se départit pas de sa nature, en " admettant en elle-même" seulement les objets offerts à ses puissances de connaître à travers les sens. Le corps fournit des objets précis à l'intelligence, elle reçoit ces informations, s'en " nourrit", mais ne change pas de nature, de même que nous ne changeons pas d'identité quand le facteur nous apporte une lettre . Chacun reste ce qu'il est, mais avec un gain. Pour l'âme, c'est l'information.

            Ce gain pour le corps, du fait de la présence de l'âme, pose un problème plus difficile; si on peut dire que le corps fournit à l'âme de la nourriture pour son opération intellectuelle abstractive, on ne peut dire que le corps reçoit une connaissance de l'âme et a, de ce fait, de nouvelles" sensations" ; tout ce qui arrive dans l'âme est entièrement spirituel et ne peut être appréhendé par le corps. L'opération se fait à sens unique (c'est pourquoi nous ne pouvons voir, ni sentir notre âme. Nous y reviendrons). Le gain pour les activités du corps est autre. Une substance spirituelle comme l'âme est pour l'organisme dans lequel elle demeure, un principe d'élévation. Retenons bien ce mot élévation, c'est la clé de toute cette étude. Le principe spirituel tout en restant spirituel a ce pouvoir : Il élève les sens corporels à un plan plus haut par une sorte de causalité créative, dont il y a d'autres exemples dans l'univers physique.

 

b) L'élévation, le principal rôle de l'Arne:

La présence de l'âme humaine dans le corps est essentielle, causative, c'est-à-dire que l'âme est là pour faire quelque chose de bien précis et non seulement pour être présente passivement. " Tout agent agit en vue d'une fin". Le pouvoir causatif de l'âme sur le corps est en effet, quelque chose de très particulier. Il agit comme un principe immanent, intérieur, non comme un agent extérieur. Un simple exemple dans la nature illustrera ce propos : Un arbre a la vie et la croissance au travers de deux sortes de causes : les causes externes : le soleil, la pluie, l'état du sol, etc... ce sont les causes efficientes, car elles ont un résultat positif dans l'état de croissance de l'arbre, bien qu'elles ne soient pas dans l'arbre, mais au dehors. Mais il est évident qu'il y a dans l'arbre des causes qui font qu'il est ce qu'il est : un chêne et non pas un saule etc... et qu'il sera grand ou restera petit, quel que soit l'état de la météorologie ! Ces causes, quelle que soit leur nature sont appelées formelles. Elles sont immanentes, internes, elles font partie de la constitution de l'arbre.

                  Quel est donc ce mystérieux rôle que l'âme a à jouer, dans son union avec le corps? Nous avons vu que ce n'est pas elle qui" fait" le corps. Ce sont les lois de la biologie qui s'en chargent : la mutation, l'assimilation, l'élimination, la croissance, etc... L'âme est unie au corps précisément parce qu'elle est pour le corps la cause, la source de quelque chose, de quelque réalité nouvelle de plus haute qualité. Une union entre esprit et matière qui ne serait pas " causative " de la part de l'esprit est impensable. Ce serait le seul exemple d'absurdité dans l'univers (comme si on voulait enfermer une tempête dans une maison. Par contre, on comprend mieux si la tempête est canalisée vers une turbine et fait de l'électricité. Tout s'explique alors :  la tempête est là pour faire quelque chose, elle est causative et la maison prend le nom d'usine électrique.L’esprit est marié au corps aussi longtemps qu’il est capable dêtre pour ce corps une puissance causative.si la matière n’est plus capable de recevoir convenablement cette influence causative de l’esprit, l’union, ipso-facto,prend fin.Dans la mort, c’est le corps qui part le premier, non l’âme contrairement à ce que l’on dit souvent.Du fait de la défaillance d'un organe essentiel: cœur, cerveau etc... l'harmonie de la vie corporelle est rompue pour des raisons de déterminisme matériel, l'âme ne peut plus mener sa vie dans ce corps disloqué. C'est la mort.( Comme le bateau coule par suite d'une voie d'eau, bien que le capitaine soit sain de corps et d'esprit. Il ne peut rien empécher, car cela dépend des lois de la mer).

                   Un corps mal nourri, un cerveau mal irrigué ne se développent pas. Ce sont là des choses sur lesquelles l'âme n'a pas de pouvoir. Son travail est de faire de ce corps d'homme, constitué par la conjoncture des deux cellules parentales, un homme digne de ce nom, une créature de Dieu raisonnable, intelligente, aimante et libre. Voilà sa mission : Elever. L'âme, au travers de sa présence causitive formelle, élève l'organisme corporel avec lequel elle est unie, à un plus haut degré de vie sensitive, et à partir de là, cette haute vie participe au plan purement intellectuel.

               L'homme est un animal raisonnable. C'est un animal par son organisme. Sa vie n'est pas seulementt la vie animale de son cerveau, si perfectionné soit-il. La pensée n'est pas une secrétion du cerveau, comme beaucoup d'auteurs modernes le croient, bien qu'ils s'en défendent. Il faut plus à l'homme pour être homme qu'un cerveau bien perfectionné. Il faut que ce cerveau soit le serviteur fidèle, sensible, de l'âme spirituelle.L’âme dépend du corps, du cerveau, pour son exercice en cette vie, mais elle lui est irréductible.

              L'âme est un principe immanent, mystérieux pour nous sur cette terre. On ne peut la localiser en un point du corps, car elle anime tout le corps dans sa totalité. Mais on peut dire, sans erreur, que les puissances intellectuelles et volitives de l'âme siègent dans la tête parce qu'elles y reçoivent la nourriture: la connaissance sensible. Elles y demeurent dans un certain sens, car le " lieu d'un agent est là où se fait sa plus grande opération.

           Ce qui fait l'efficacité, l'acuité de l'intelligence humaine, la force de sa volonté, c'est sa possibilité de synthétisation rapide, d'unification supérieure, de survol élevé. Le cerveau humain est très supérieur au cerveau animal, cette supériorité trouve sa cause dans la génétique. Ce n'est pas l'âme qui fait le cerveau, mais les gênes parentaux et l'environnement, la nutrition, etc... Ce n'est pas non plus le cerveau qui fait l'âme; vous connaissez de " belles âmes" chez des sujets très peu développés sur le plan organique, voire même infirmes. C'est l'âme par contre, qui fait que la vie de cet organe corporel est une pensée humaine et non la pensée d'un singe ou d'un cheval. C'est elle qui élève la vie au niveau spirituel qui est le sien.

                   Il y a plusieurs niveaux de vie dans l'homme :

Les plus bas : les phénomènes vitaux où l'homme ne diffère pas de l'animal, la nutrition, etc... Les plus hauts : les phénomènes qui sont les résultats de l'action de l'âme spirituelle. Elles sont pures actions d'esprit. Entre les deux, il y a une vaste région de phénomènes qui appartiennent au corps, sont accomplis par l'organisme corporel et qui, pourtant, ne pourraient jamais être accomplis par lui seul, car ils demandent l'action de levier, l'élévation par la présence d'une substance spirituelle, l'âme immanente.

                   Dans la première catégorie nous mettons par exemple: la douceur, la croissance, la sensation, la colère, la tristesse, etc... on peut les voir aussi bien chez l'homme que chez l'animal. Dans la plus haute : la pensée métaphysique, mathématique, la volonté libre, la conscience morale. Dans la partie moyenne: le sentiment, l'amour conjugal, l'appréciation de la beauté, l'attention aux choses et la possibilité d'agir immédiatement, sont des matières qui appartiennent à la vie du cerveau, mais à une vie élevée par la présence de l'esprit. L'animal ne peut les réaliser, un esprit pur non plus, car ce ne sont pas des opérations immatérielles.

                Nous sommes bien là dans la frange humaine, ce qui fait la merveilleuse spécificité de l'humanité, cette constante collaboration entre l'immatériel et le matériel, cet " horizon " entre la vie céleste et la vie animale. Ce que nous faisons là, aucun animal ne peut le faire, aucun esprit pur. C'est notre domaine, notre beau territoire voulu par Dieu et tant aimé de Lui qu’Il est venu y demeurer, dans ce lieu de la récapitulation de toute Son œuvre, au point de convergence de la gloire que Lui rendent les créatures spirituelles en leurs hiérarchies et les créatures matérielles en leurs ordres: minéral, végétal, animal.

                                                           “Vous toutes, créatures du Seigneur, bénissez le Seigneur!

                                                  “Benedicite omnia opera Domini Domino, laudate et superexaltate Eum in saecula.”

A SUIVRE

 

 

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 16:52
                                                L’âme humaine et ses relations
                                                  avec les autres esprits CH-1

                                               " La doctrine catholique est tout entière fondée
                                    sur la doctrine de la spiritualité de l'âme humaine". (
                                                           (Don A. Vonier  OSB)
                          
                                                                 Introduction


          Depuis un siècle, l'esprit humain s'acharne à nier sa propre nature spirituelle, à s'autodétruire, à s'autodéprécier, sans même se rendre compte de l'absurdité de cette situation. L'esprit humain tellement aveuglé par l'orgueil intellectuel, en vient à nier sa propre existence, plutôt que de reconnaître qu'il est créature divine.En réaction à un idéalisme trop irréaliste, on en est tombé dans le matérialisme le plus inconséquent.
          Malheureusement des pasteurs de l'Eglise ont suivi le mouvement. Qui parle encore de l'âme aux enfants? aux adultes? L'élimination des notions claires sur la nature de l'âme et de ses relations avec le corps, a amené une idolâtrie de la " personne ", sans que l'on sache dire ce qu'est la personne au juste. Croyez et taisez-vous, ne cherchez pas à approfondir! De toute façon, c'est inconnaissable, etc... Occupez-vous d'autres choses! C'est ainsi qu'on ne peut plus expliquer ce qui se passe après la mort, ce qu'est l'ascèse, la mystique, le péché,les Anges, etc... Faute de moyens d'en parler, on ne retient que le recours à la Foi. On croit à l'âme parce qu'il faut y croire, mais n'en demandez pas plus!
       Cette attitude n'est pas humaine, ni catholique. L'Eglise sait ce qu'il faut connaître sur l'âme, ni plus, ni moins. Les théologiens, les mystiques, les philosophes, ont uni leurs efforts pour lui apporter les lumières de la raison, raison elle-même accomplie par la Foi en la Révélation. Cela réalise un apport de connaissance très concret, à la portée de tous et qui satisfait le besoin de comprendre des "enfants de Dieu ". Il reste bien des mystères, Dieu merci ! Ce n'est que dans la pleine lumière de Dieu que nous pourrons en savoir plus.


             Nous allons essayer de comprendre quelques points essentiels de la doctrine catholique concernant cette merveilleuse créature de Dieu : l'âme humaine.
               Nous sommes obligés de résumer, nous vous prions donc de vous reporter aux ouvrages classiques pour approfondir vos connaissances (Somme théologique de St Thomas - ceuvres de St Augustin). Pour les débutants, l'Initiation à la théologie - R. P. Sineux O. P. - Editions Téqui est une excellente synthèse, tout à fait accessible à tous les niveaux culturels, avec un peu d'attention.
                                                                         +++
. Nous étudierons plusieurs aspects:
 1) la nature des substances spirituelles -
2) l'âme humaine, son rôle -
3) l'âme humaine, sa place dans l'univers -
4) l'âme humaine et son mystère -
5) l'origine de l'âme, le péché originel -
6) l'âme humaine et le péché -
7) l'âme humaine après la mort, son état, le Purgatoire, l'Enfer -
8) l'âme dans la communauté des Saints, l'âme et l'Esprit-Saint, la sanctification, la résurrection, le Ciel, la vision béatifique.


-                                                     1 - Nature des substances spirituelles.


       L'âme humaine est un esprit, autant un esprit que n'importe quel Ange, autant un esprit que Dieu Lui-même, toutes proportions gardées, bien évidemment. Le terme "esprit” " est appliqué avec une égale appropriation à Dieu, à l'Ange et à l'âme humaine. Dieu, l'âme, l'Ange, sont absolument immatériels. Ils diffèrent par leur puissance d'intelligence, mais il n'y a pas de différence dans leur liberté respective vis-à-vis des lois de la matière.
          Le terme “esprit" a,  en premier lieu, une valeur négative. Il signifie totale liberté vis à vis des lois, de l'espace et du temps. Il signifie totale absence de ce qui est appelé matière, ou vie organique dans sa substance même. Un esprit, non seulement " se déplace" librement dans l'espace, mais il est absolument supérieur à l'espace, l'espace n'existe pas pour lui. Il est également supérieur aux divisions du temps. Hier, aujourd'hui, demain n'ont pas de sens pour un esprit pur. Si les actes où les" périodes" de l'activité de l'existence d'un esprit doivent être classifiées, elles le sont selon la plus ou moins grande intensité dans la pensée et non seulement par  les mouvements des astres qui règlent notre temps terrestre.
        Dans la théologie catholique, esprit et matière sont en opposition, non en qualité d'opposition en bien ou mal, mais par incompatibilité des lois, incompatibilité des modes d'action respectifs.
            Mais, s'il est déjà difficile de concevoir l'être sans matière, pour nous humains, il nous sera encore plus difficile de concevoir un être vivant qui peut se passer de sensation, de vie sensitive. C'est-à-dire de cet apport progressif de données externes, sensorielles, que notre cerveau humain transforme en images, puis en émotions, en sentiments. Nous pouvons très mal imaginer un être qui ne pense pas comme nous, et qui, pourtant, pense intensément, veut intensément. C'est que, pour nous, ces capacités nous sont indispensables, alors que, pour un esprit pur, elles seraient un alourdissement, une pesanteur, une gêne considérable.
Mais, avançons pas à pas pour en venir aux attributs positifs d'un esprit:
                  1) L'activité d'un esprit est tout intelligence et volonté. Son pouvoir est pouvoir, de vouloir; sa taille, sa dimension dans l'ordre des esprits est celle de la grandeur de sa faculté d'intelligence.
              2) Un esprit est incorruptible et donc immortel, du fait du principe même de sa nature. Car il n'a pas en lui de principe de séparation entre des éléments (comme le corps est composé d'organes et l'homme d'une âme et d'un corps). Il n'y a pas en lui composition. Il est un et pur. Dieu seul pourrait l'annihiler, mais ceci est contraire à la Sagesse Divine, qui ne fait" rien pour rien". Le livre de la Sagesse dit en effet:(1.14) " Dieu a créé toutes choses pour qu'elles soient, les créatures sont salutaires". Ce qui veut dire que toute créature, même si elle se détourne de sa fin, doit servir Dieu pour glorifier Sa Miséricorde ou Sa Justice" car la Justice est immortelle" (1.15). Il faudrait, pour que Dieu annihile un esprit créé, comme un nouveau" miracle", comme s’il empêchait le feu de brûler.Un esprit est créé pour” brûler” éternellement, pour agir éternellement.. C'est sa nature même qui est faite ainsi par Dieu.
        3)- Un esprit reçoit toute sa connaissance de façon innée, infusée d'en haut.

       4)- Un esprit voit toute chose par intuition directe. Il saisit globalement en une unique pensée, l'objet qui s'offre à son intelligence.

          5)- Un esprit ne revient jamais sur une décision prise (l'application aux Anges déchus sera développée plus loin)

         6)- Un esprit, de par sa nature même, connaît tout ce qui est inférieur à lui, à l'exception des actes libres des créatures raisonnables.

         7)- Un esprit agit toujours au maximum, " au plein" de son intelligence et de sa volonté, du fait de son unité.

              Voici quelques uns des attributs mentionnés par St Thomas d’ Aquin. L'âme humaine doit donc les posséder, si on considère l'âme comme un esprit.
                 Une objection vient tout de suite: Mais on ne voit pas dans l'âme humaine d'aussi grands attributs négatifs ou positifs!
             A ceci on peut répondre : l'âme humaine doit être considérée en deux états totalement différents. 1) en état d'union avec le corps. 2) en état de séparation. Les attributs mentionnés plus haut appartiennent à l'état de séparation et à l'état permanent et éternel, non à celui de l'union transitoire sur cette terre. Nous y reviendrons plus loin.
                  La doctrine qui énonce que l'âme humaine, bien que le plus petit, le plus bas dans l'échelle des esprits, est autant un esprit que Dieu Lui-même, amène à quelques considérations supplémentaires. Tout d'abord, c'est que nous allons trouver la raison pour laquelle l'âme humaine est vraiment et justement appelée l'image de Dieu. L'âme humaine est une stricte ressemblance (une simple image n'est pas forcément ressemblante). Elle est vraiment" tout le portrait" de Dieu, du fait de l'Art du Divin Artiste. Il nous a fait" à Son Image" et qui plus est, à" Sa ressemblance" (Genèse). C'est une expression à prendre littéralement et non une simple métaphore.
            L'âme partage l'immatérialité de Dieu et la liberté à l'égard de la vie sensitive. Ces attributs (si l'on peut appeler ces négations, des attributs) ont la même signification à l'égard de Dieu et de l'âme humaine. Nous verrons comment cette similarité entre Dieu et l'âme, provenant de la distance de chacun par rapport à la matière, permet à l'âme de recevoir le propre Esprit de Dieu, d'être élevée à une haute ressemblance avec la Divinité, à travers le don de la grâce surnaturelle. Il n'y a aucune possibilité de ce genre pour la Matière. 

                                                                       +++
             Après avoir établi que la spiritualité est possédée également par les esprits les plus élevés et les inférieurs jusqu'au bas de l'échelle, une nouvelle question se pose : comment alors différencient-ils les uns des autres ?
                 La réponse fait appel à des notions un peu abstraites, pardonnez-moi. Nous sommes là sur un terrain où nos notions terrestres défaillent.
                  On peut néanmoins dire : les esprits diffèrent en perfection naturelle du fait de l'immutabilité et de l'unité de leur opération d'intelligence et de volonté (l'immutabilité veut dire le caractère immuable, la solidité, la fermeté inébranlable). On peut dire aussi que le plus haut esprit est celui pour qui tous les objets d'intelligence et de volonté (tout ce qui est et peut être pensé ou voulu) sont comme un seul objet, seul et unique. Un esprit inférieur quand il donne son attention et son amour à un millier d'objets différents devra faire pour cela un millier d'actes successifs. Un esprit d'un rang suivant et plus haut le fait en un acte seulement. Et en faisant cela d'un seul coup, son attention à chacun du millier d'objets, et son amour pour chacun est plus .grand que dans le cas de l'esprit qui doit faire mille actes séparés.
               C'est ainsi que l'on peut se faire une toute petite idée de la hiérarchie des esprits. Il se fait comme une double échelle, partant de la concentration de connaissance et d'amour maximale en Dieu pour, par degrés, arriver à la dispersion tout auprès de l'objet isolé, au coup par coup, de l'acte humain.
         Et en montant l'échelle, une concentration progressive dans chaque hiérarchie qui connaît et aime avec plus en plus d'unité et d'intensité.
             L'extrême beauté de la création est cette analogie qui existe entre les opérations du plus haut et du plus bas. Il y a un rapport entre elles, elles ne sont pas complètement et absolument dissemblables. C'est pourquoi on peut dire que l'âme humaine est véritablement Image de Dieu, la plus petite, la plus frêle, la " petite dernière" de la création et pour cela " la chérie de Dieu ".
         Toute la radicale et fondamentale différence entre Dieu et l'âme est que Dieu est Esprit incréé, Mystère insondable, tandis que l'âme est un esprit créé ayant reçu son existence de la Puissance, de la Sagesse, de la Bonté de Dieu. Et cet abîme est infranchissable. L'âme pourra participer de la Vie Divine, être divinisée au titre de la filiation, unie par amour, épousée par Dieu, elle ne sera jamais, jamais, de la même nature que Dieu, de la même essence que Lui, sinon Dieu ne serait plus Dieu...
            Il est bon de rappeler ces notions, car le panthéisme ne met pas de séparations entre Dieu et Sa création. Pour le panthéisme" tout est étincelle de Dieu, particule de Dieu". Mais la séparation, la distinction permet seule l’union d’amour, mystère d’infinie Bonté, union d’amour librement consentie par les deux esprits et non déterminée par un mécanisme obligatoire.
Ce n’est qu’au Ciel que nous n’apprécierons à sa juste valeur le Don de Dieu Créateur des esprits libres et “capables” de Lui .L’âme humaine si petite est “capax Dei”, capable d’être la demeure de Dieu.

                    Ce chapître introductif est un peu difficile, mais tout s’éclairera dans les pages suivantes.N’oublions jamais qu’un mystère est un clair-obscur.Il ne faudra pas moins de l’éternité pour connaître et aimer Dieu et Ses dons.


A suivre

 

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 06:54

"Ce qui est noble en ce monde
 est souvent timide parce que dépaysé"
(V.Ghika)


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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 16:59




"Faire penser, c'est entrer non seulement dans l'intelligence, mais dans la volonté d'autrui"(V.Ghika)
Ce sera un bien grand honneur pour moi de partager avec vous des trésors amassés tout au long du chemin. A Bientôt

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