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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 16:12

                                    Jésus, Face de Dieu

 

 

             LE CHRIST EST APPELÉ FACE OU VISAGE DE DIEU.

 

                           POURQUOI CE NOM LUI CONVIENT-IL?

Fray Luis de Léon – 1528-1591-Les Noms du Christ- Ed .R.Morel

        Jésus-Christ est  appelé FACE DE DIEU, comme on le voit au psaume quatre-vingt-huit, V, 15 : « La miséricorde et la vérité marcheront devant Votre Face.C'est qu'en effet la vérité, la justice et la miséricorde sont nées avec le Christ, comme l'atteste Isaïe: « Et la justice naîtra en même temps que Lui.“David donne ce Nom au Christ, lorsqu'il invite les hommes à recevoir la bonne nouvelle de l'Evangile : « Hâtons-nous de nous présenter devant la FACE du Seigneur, en chantant Ses louanges. »  Et, plus clairement: « Convertissez-nous, Dieu de notre salut ; montrez-nous Votre FACE et nous serons sauvés. »  De même, Isaïe, parlant visiblement de la venue du Christ parmi les hommes : « Vous êtes descendu et les montagnes ont fondu devant Votre Face. » Ces paroles: « Convertissez-vous, Dieu de notre salut...  sont répétées trois fois dans le psaume 79, et le Prophète y demande à Dieu, en trois endroits différents... de découvrir Sa FACE, c'est-à-dire Jésus-Christ. C'est que le Verbe Divin(La Parole de Dieu) S'est montré et Se montrera au monde, trois fois : d'abord, sur la montagne du Sinaï, secondement, quand Il naquit, et, enfin, lorsqu'Il reviendra au terme des siècles...

            Un autre passage  est le texte du livre des Nombres, où Dieu indique au prêtre cette formule de bénédiction : « Que Dieu vous découvre Sa FACE et qu'Il ait pitié de vous ; que Dieu tourne Sa FACE vers vous et qu'Il vous donne la paix. “

      Il est impossible de douter que cette FACE ne soit Jésus-Christ, le Verbe incarné, comme l'affirment d'anciens et saints docteurs, Théodoret et Saint Cyrille d'Alexandrie. De plus, le psaume soixante-six, où, tout le monde le reconnaît, David prie Dieu d'envoyer au monde  Jésus-Christ, commence par les paroles de cette bénédiction : « Que Dieu ait pitié de nous... Qu'Il répande sur nous la lumière de Sa FACE. »

       Le Christ porte donc réellement ce nom de FACE DE DIEU.

          Voyons maintenant pour quelles raisons.

          Bien qu'Il soit la FACE DE DIEU, sous quelque aspect que nous l'envisagions, comme homme et comme Dieu, c'est à titre d'homme que nous avons à Le considérer ici et ce que nous cherchons, c'est à quel titre la nature humaine du Christ mérite d'être appelée ainsi.

         Pour le dire d'un mot, le Christ est FACE DE DIEU, parce que comme nous connaissons nos semblables par leur visage, nous voyons aussi Dieu dans le Christ qui le représente de la façon la plus sensible et la plus parfaite. En aucune créature, pas plus qu'en toutes les créatures réunies, n'apparaissent les rayons des perfections divines avec tant d'abondance et d'éclat qu'en le Christ...

 Pour commencer par le corps, celui du Christ (nous le savons par ce que nous en révèle le Saint-Esprit qui l'a formé) resplendit de « tout ce qu'un corps peut retracer de la divinité en s'unissant à Elle» .

            L'âme très sainte du Christ, par ses qualités naturelles et les richesses surnaturelles que Dieu lui a données, représente le Verbe, d'une manière plus sublime que ne le fait Son corps. Comme le voit Dieu, l'âme du Christ voit tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera : Dieu est la source de tout être : l'âme de Jésus-Christ est la source de tout être bon, c'est-à-dire de tous les biens de grâce et de justice par lesquels ce qui existe devient juste, bon et parfait. C'est de la grâce qu'elle renferme que découle toute celle qui est en nous...Dieu soutient l'univers et le conduit à son bien: l'âme du Christ inspire sans cesse autant qu'il lui est possible, le bon et le juste, à tout le genre humain.

                    Dieu est d'une puissance et d'une sagesse infinie : l'âme du Christ possède une sagesse immense et dépasse en puissance toute force naturelle. Et comme si l'on mettait plusieurs miroirs à des distances différentes devant un beau visage, les traits en seraient reproduits avec le plus de netteté dans le miroir le moins éloigné, de même, par Son âme, toute rapprochée de Dieu, grâce à l'union personnelle avec le Verbe, le Christ, rappelle plus vivement que toute autre créature, la Face de Dieu.

                  Si, après avoir séparé, dans notre méditation, le corps et l'âme du Christ, nous les considérons unis, nous trouverons dans les qualités et les sentiments du Christ cette FACE, cette image de Dieu dont nous parlons.

                 Jésus-Christ se dit Lui-même «  doux et humble de cœur » . Il l'est non seulement par la vertu de la grâce qui réside en Lui, mais par une inclination naturelle. N'est-il point digne d'être appelé la FACE DE DIEU, si doux que, malgré l'énormité de leurs fautes, Il fait luire, même sur les plus grands pécheurs, cette belle lumière du soleil et si humble qu'Il se met à la portée de Sa créature, qu'Il peint, Lui-même, les fleurs et veille sur les petits oiseaux, les fourmis et les vers de terre. En dépit de toute Sa condescendance, le Christ ne laisse pas de rappeler la grandeur de Dieu par Sa propre grandeur qui convient si parfaitement au Roi des hommes, au Seigneur des Anges qui L'adorent, à Celui qui demeure à la Droite de Dieu.

               Que dirai-je aussi de l'amour de Dieu et de Jésus-Christ pour nous, de ce que Dieu a fait pour les hommes et de ce que l'Humanité du Christ a souffert pour eux ? Jésus nous a aimés jusqu'à nous donner Sa vie et Dieu le Père ne pouvant nous donner la Sienne, a fait le sacrifice de celle de Son Fils. Comme Dieu ne pouvait, dans Sa nature, subir les tourments et la mort, Il a pris la nature humaine qui Lui permettait de les affronter et l'a unie à la Sienne. Cette volonté ardente de mourir pour les hommes ne fut, pour ainsi dire, en la nature humaine du Christ, qu'une flamme du désir dont Dieu brûlait de Se faire homme afin de mourir pour les hommes... Ainsi, plus on considère le Christ, cette FACE DE DIEU, plus de traits de ressemblance avec le divin Modèle se révèlent en Lui.

               J'ajouterai seulement ceci : De même que Dieu est, à la fois, Trinité en personnes et Un en Essence, Jésus-Christ et Ses fidèles adorateurs, sont nombreux quant aux personnes, mais un quant à l'Esprit... Cet Esprit qui les rend semblables au Sauveur est un en tous et c'est celui de Jésus-Christ, le même pour Lui, le même pour eux. Jésus vit dans les siens, comme ils vivent en Lui et par Lui : c'est un même être, multiple quant aux personnes, simple quant à la « substance de l'esprit» . C'est celà qu'Il demandait à Son Père, en la dernière Cène: « ... Qu'ils soient tous une seule chose, comme nous sommes une seule chose, nous. »

                Enfin, Jésus-Christ est appelé FACE DE DIEU, car de même que c'est au visage que l'on reconnaît un homme, Dieu veut être connu par le moyen du Christ. Celui qui connaît Dieu sans ce moyen ne le connaît pas. Voilà pourquoi le Christ Lui-même à Son Père : « J'ai manifesté Votre Nom aux hommes. »

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 05:32

"Quelle douceur de penser que la Fin dernière,
 c'est la Cause première."
(V.Ghika)

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 07:26

Un des Noms de Dieu: "Le Seul qui n'oublie pas."


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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 17:25

              

 

 

                                          DE «  L'INCOMPRÉHENSIBILITÉ » DE DIEU

 

                                                                                                                                                                                         

                                      .Louis Bail :16610-1669 - théologie affective                        

                                                               SOMMAIRE

Dieu ne peut être connu parfaitement - ni par la lumière de la raison - ni par la lumière de la foi -ni par la lumière de la gloire. Dieu, souce inépuisable, éternelle, d’émerveillement et d’amour admiratif

 

               La lumière de la raison est capable de connaître Dieu, mais non de Le comprendre, c'est-à-dire de L'embrasser entièrement et parfaitement, de Le connaître autant qu’il est connaissable dans « Son être, son sens et Sa valeur » L'esprit qui n'est éclairé que de la lumière naturelle, effleure cet objet divin, mais ne le pénètre pas; elle ne l'aperçoit que à travers le voile des créatures. Cette connaissance naturelle peut connaître avec certitude  d’après ce qui a été fait un seul vrai Dieu, notre créateur et Maître. Elle prend pour point de départ ce fait que Dieu est par la création l'auteur de ce monde si beau; qu'Il est sa providence et son soutien.

                Au delà de cette connaissance, l'esprit humain, s'il est privé de tout autre secours, est à bout de forces; il n'ignore pas qu'il y a bien d'autres vérités plus élevées à connaître sur Dieu, mais le souffle lui manque pour aller plus loin. De même que la fumée est un indice de la présence du feu, mais ne nous rèvèle pas sa nature, son pouvoir d'éclairer, de réchauffer, de purifier et de sécher; de même encore que la vue d'un tableau suffit à faire connaître l'existence d'un peintre, mais ne nous révèle rien sur ses qualités naturelles, sur sa taille, sur sa couleur, ainsi les créatures nous révèlent l'existence de Dieu, mais sont muettes sur sa nature intime.

                    C'est pour cela qu'après avoir étudié Dieu dans la créature, il nous reste à connaître la Trinité des Personnes, ce que Dieu a décrété et accompli et une infinité de perfections,qui seront toujours hors de la portée de notre raison, dût-elle se consumer en essais et en efforts pour y atteindre. Il est évident en effet, que plus les objets de notre connaissance sont élevées, plus notre esprit éprouve de difficulté à les comprendre; ainsi la nature des anges nous est moins connue que la nature des bêtes. Or, la grandeur de Dieu est au-dessus de tout. Il est donc évident que la raison est trop faible pour Le comprendre.

              Je m'humilierai en constatant la faible portée de mon esprit et son impuissance en face d'un Objet si éminent. Et puisque la lumière naturelle n'est pas suffisante pour Le bien connaître, je Lui demanderai la lumière de la Foi et de la sainte théologie, qui me donnera sur Lui des notions plus étendues. Seigneur, j'avoue en Votre présence mon ignorance, je veux faire des progrès dans Votre connaissance, mais la lumière naturelle, au lieu d'éclairer ma marche, me conduit dans les ténèbres et m'engage dans un labyrinthe où mon esprit se perd. Vous, mon Dieu, Vous, le soleil des âmes qui Vous cherchent, Vous qui illuminez tout homme venant en ce monde, « Faites  rayonner« sur Votre serviteur la lumière de Votre Visage, (Ps. 30), faites-moi part dans une large mesure de Votre science, accordez-moi d'y faire des progrès, afin d'être à même de Vous louer plus hautement et de vous adorer plus profondément.

                                                                   II

              Dieu est connu par une autre lumière, par celle de la foi; mais Il demeure incompréhensible à l'esprit même éclairé de cette lumière, et ne se laisse  saisir même alors, ni entièrement, ni parfaitement. Comme la science d'un homme très instruit surpasse celle d'un enfant qui ne sait encore que bégayer; comme la clarté du soleil l'emporte sur celle de la lune, autant et plus la lumière de la foi dépasse celle de la raison. Elle nous découvre les beautés inénarrables d'un seul Dieu en Trois Personnes, des propriétés et des subsistances de ces Personnes, de leurs relations et de leurs aspirations, ainsi que certains mystères concernant la prédestination et la réprobation; autant de vérités que la raison n'a jamais pu découvrir.

                    Malgré cela, la lumière de la foi ne nous révèle pas tous les jugements et tous les décrets de la volonté divine. Saint Paul bien qu'éclairé de cette lumière ne laisse pas de s'écrier: « 0 Dieu !  Que Vos jugements sont incompréhensibles,« et que Vos desseins sont impénétrables...! » (Rom., II.) Remarquez aussi que tout ce que cette lumière nous découvre, ne nous est montré que dans une demi-clarté seulement, à travers un nuage et jamais dans le plein jour de l'évidence. Est-ce que Dieu craindrait, que, s'il exposait tous les jours Son Essence à la vue de tous, le respect dû à Sa Majesté eût à en souffrir? Non certes. Cette appréhension se conçoit chez les rois de la terre, parce qu'ils ont des défauts et qu'ils doivent craindre de les laisser paraître, en se produisant trop souvent en public, et d'affaiblir par là le respect que leur doivent leurs sujets. Dieu n'a pas de semblables raisons pour habiter une lumière inaccessible et pour se rendre de difficile  accès à notre esprit, car plus Il sera connu, plus Il excitera l'admiration. Ce qu'il aurait plutôt  à craindre, ce serait que l'homme ébloui par l'éclat d'une intelligence beaucoup trop parfaite pour lui,ne s'enflât de l'orgueil de la science, à l'exemple de Lucifer, qui s'abîma dans l'éclat de la beauté divine par l'orgueil qu'il en conçut .Peut-être aussi le dessein de ce Dieu très juste est-il de réserver la connaissance évidente de Lui-même comme récompense pour les âmes vertueuses dans l'autre vie: c'est la raison pour laquelle Il nous la refuse dans cette vie et ne Se laisse voir qu'autant qu'il est nécessaire pour faire naître dans notre âme un amour capable de mériter la claire vue de Son Essence. Dieu est donc incompréhensible même pour la Foi.

" Vois donc, ô mon âme, combien est sublime ton espérance : Il n'en est pas de ce bien dont tu attends la satisfaction de tous tes désirs, comme des biens de ce monde : ceux-ci, on les estime toujours au-delà de leur valeur réelle; mais l'estime que nous pouvons concevoir des biens célestes sera toujours hors de toute proportion avec un tel objet et restera infiniment au-dessous de son mérite.« L'œil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, le cœur n'a jamais compris ce que Dieu prépare à« ceux qui L'aiment. » (1. Cor., 2.) O Fin qui n'aura pas de fin ! Quand aurons-nous franchi tous les obstacles que nous opposent les créatures?

          Quand Vous aurons-nous atteint ? Quand, désormais en possession de Votre grandeur infinie, cesserons-nous d'espérer? la foi ne fait que stimuler le désir que nous avons de Vous connaître. Donnez-nous, Seigneur, une lumière plus grande encore, qui nous permette de Vous contempler plus à notre souhait.

                                                                    III

               Dieu demeure incompréhensible même à la lumière dè la gloire: cette lumière est celle qui permet au bienheureux de contempler l'Essence divine d'une manière directe et intuitive, en elle-même, sans intermédiaire, face à face, comme un homme en regarde un autre placé devant lui. Sans la vision du Ciel, Dieu n'eût été connu que de Lui-même; les privilèges admirables de Son Etre, Sa beauté infinie eussent toujours été voilés par l'excès même de Sa Splendeur qui aveugle tous les esprits créés. Dieu ne l'a pas voulu: c'eût été priver d'un bien infini des millions de créatures : Il a donc décrété de Se montrer tel qu'Il est à tous les anges et à toutes les âmes béatifiées et de leur proposer Son Essence comme Objet de leur contemplation éternelle, non toutefois sans les avoir préalablement mis par la lumière de la grâce à la hauteur d'un si beau spectacle.

              Et cependant l'Etre divin est si sublime qu'Il reste incompréhensible même à l'intelligence éclairée de la lumière de la gloire, la plus vive et la plus pénétrante de toutes les lumières. Il est vrai que les bienheureux sont appelés compréhenseurs, mais c'est improprement et uniquement pour faire entendre qu'ils ont atteint le but suprême de leur vie, qui est la vue claire de Dieu. Mais ils ne sont pas compréhenseurs selon la rigueur du terme comprendre, qui signifie connaître une chose aussi parfaitement qu'elle peut être connue. Dieu, en effet, Se connaît Lui-même plus parfaitement qu'Il n'est connu des bienheureux : leur vision n'embrasse pas tout ce qui est en Dieu ou formellement ou éminemment, de telle sorte que rien n'échappe à la pénétration de leur esprit. Celui qui fixe son regard sur le soleil, voit-il par cela même tous les effets qui dépendent de l'influence de cet astre? Connaît-il tous les animaux et toutes les plantes qu'il peut faire croître, tous les minéraux qu'il peut former, toutes les régions qu'il peut éclairer? Ces bienheureux eux aussi, bien qu'admis à contempler le soleil de la Divinité, ne voient pourtant pas tout ce qui est du ressort de Sa puissance. Ils sont à la source d'eau vive et là satisfont la soif de tous leurs désirs, mais sans jamais épuiser cette source même pendant une éternité; toujours l'ardeur de leur soif est extrême et toujours ils trouvent à la satisfaire avec délices. Qu'arriverait-il s'il leur était donné d'épuiser cette source de la vérité par une connaIssance totale? Sans doute leur joie serait immense, mais il semble qu'elle serait diminuée d'autre part; car leur ardeur serait éteinte, il est vrai, et leur désir rassasié par la compréhension, mais comme celui qui a épuisé la source d'eau vive ne ressent plus le plaisir qu'il éprouvait en buvant de cette eau avec avidité et en étanchant sa soif ardente, la satiété serait, d'après quelques théologiens, le terme de leur bonheur.

         Quoiqu’il en soit de cette opinion, je découvre ici, Seigneur, une preuve de Votre inestimable grandeur, car quoique Vous produisiez en nous une lumière prodigieuse pour nous permettre de Vous connaître, il arrive que ni la nature, ni la grâce, ni la gloire ne peuvent Vous égaler ni Vous comprendre. Je reconnais aussi que cette incompréhensibilité constitue pour moi le plus grand bîen car, quelle plus grande joie que de penser que le sujet de sa joie est infini et inépuisable, que c'est un abîme de délices sans fond ni rives. Quel contentement! Quel ravissement me prépare cette infinité ! Le feu de l'amour brûlera sans cesse et le désir de vous posséder trouvera toujours sa satisfaction d’autant plus délicieuse que Votre Essence est moins compréhensible, inépuisable.

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 17:25

              

 

 

                                          DE «  L'INCOMPRÉHENSIBILITÉ » DE DIEU

 

                                                                                                                                                                                         

                                      .Louis Bail :16610-1669 - théologie affective                        

                                                               SOMMAIRE

Dieu ne peut être connu parfaitement - ni par la lumière de la raison - ni par la lumière de la foi -ni par la lumière de la gloire. Dieu, souce inépuisable, éternelle, d’émerveillement et d’amour admiratif

 

               La lumière de la raison est capable de connaître Dieu, mais non de Le comprendre, c'est-à-dire de L'embrasser entièrement et parfaitement, de Le connaître autant qu’il est connaissable dans « Son être, son sens et Sa valeur » L'esprit qui n'est éclairé que de la lumière naturelle, effleure cet objet divin, mais ne le pénètre pas; elle ne l'aperçoit que à travers le voile des créatures. Cette connaissance naturelle peut connaître avec certitude  d’après ce qui a été fait un seul vrai Dieu, notre créateur et Maître. Elle prend pour point de départ ce fait que Dieu est par la création l'auteur de ce monde si beau; qu'Il est sa providence et son soutien.

                Au delà de cette connaissance, l'esprit humain, s'il est privé de tout autre secours, est à bout de forces; il n'ignore pas qu'il y a bien d'autres vérités plus élevées à connaître sur Dieu, mais le souffle lui manque pour aller plus loin. De même que la fumée est un indice de la présence du feu, mais ne nous rèvèle pas sa nature, son pouvoir d'éclairer, de réchauffer, de purifier et de sécher; de même encore que la vue d'un tableau suffit à faire connaître l'existence d'un peintre, mais ne nous révèle rien sur ses qualités naturelles, sur sa taille, sur sa couleur, ainsi les créatures nous révèlent l'existence de Dieu, mais sont muettes sur sa nature intime.

                    C'est pour cela qu'après avoir étudié Dieu dans la créature, il nous reste à connaître la Trinité des Personnes, ce que Dieu a décrété et accompli et une infinité de perfections,qui seront toujours hors de la portée de notre raison, dût-elle se consumer en essais et en efforts pour y atteindre. Il est évident en effet, que plus les objets de notre connaissance sont élevées, plus notre esprit éprouve de difficulté à les comprendre; ainsi la nature des anges nous est moins connue que la nature des bêtes. Or, la grandeur de Dieu est au-dessus de tout. Il est donc évident que la raison est trop faible pour Le comprendre.

              Je m'humilierai en constatant la faible portée de mon esprit et son impuissance en face d'un Objet si éminent. Et puisque la lumière naturelle n'est pas suffisante pour Le bien connaître, je Lui demanderai la lumière de la Foi et de la sainte théologie, qui me donnera sur Lui des notions plus étendues. Seigneur, j'avoue en Votre présence mon ignorance, je veux faire des progrès dans Votre connaissance, mais la lumière naturelle, au lieu d'éclairer ma marche, me conduit dans les ténèbres et m'engage dans un labyrinthe où mon esprit se perd. Vous, mon Dieu, Vous, le soleil des âmes qui Vous cherchent, Vous qui illuminez tout homme venant en ce monde, « Faites  rayonner« sur Votre serviteur la lumière de Votre Visage, (Ps. 30), faites-moi part dans une large mesure de Votre science, accordez-moi d'y faire des progrès, afin d'être à même de Vous louer plus hautement et de vous adorer plus profondément.

                                                                   II

              Dieu est connu par une autre lumière, par celle de la foi; mais Il demeure incompréhensible à l'esprit même éclairé de cette lumière, et ne se laisse  saisir même alors, ni entièrement, ni parfaitement. Comme la science d'un homme très instruit surpasse celle d'un enfant qui ne sait encore que bégayer; comme la clarté du soleil l'emporte sur celle de la lune, autant et plus la lumière de la foi dépasse celle de la raison. Elle nous découvre les beautés inénarrables d'un seul Dieu en Trois Personnes, des propriétés et des subsistances de ces Personnes, de leurs relations et de leurs aspirations, ainsi que certains mystères concernant la prédestination et la réprobation; autant de vérités que la raison n'a jamais pu découvrir.

                    Malgré cela, la lumière de la foi ne nous révèle pas tous les jugements et tous les décrets de la volonté divine. Saint Paul bien qu'éclairé de cette lumière ne laisse pas de s'écrier: « 0 Dieu !  Que Vos jugements sont incompréhensibles,« et que Vos desseins sont impénétrables...! » (Rom., II.) Remarquez aussi que tout ce que cette lumière nous découvre, ne nous est montré que dans une demi-clarté seulement, à travers un nuage et jamais dans le plein jour de l'évidence. Est-ce que Dieu craindrait, que, s'il exposait tous les jours Son Essence à la vue de tous, le respect dû à Sa Majesté eût à en souffrir? Non certes. Cette appréhension se conçoit chez les rois de la terre, parce qu'ils ont des défauts et qu'ils doivent craindre de les laisser paraître, en se produisant trop souvent en public, et d'affaiblir par là le respect que leur doivent leurs sujets. Dieu n'a pas de semblables raisons pour habiter une lumière inaccessible et pour se rendre de difficile  accès à notre esprit, car plus Il sera connu, plus Il excitera l'admiration. Ce qu'il aurait plutôt  à craindre, ce serait que l'homme ébloui par l'éclat d'une intelligence beaucoup trop parfaite pour lui,ne s'enflât de l'orgueil de la science, à l'exemple de Lucifer, qui s'abîma dans l'éclat de la beauté divine par l'orgueil qu'il en conçut .Peut-être aussi le dessein de ce Dieu très juste est-il de réserver la connaissance évidente de Lui-même comme récompense pour les âmes vertueuses dans l'autre vie: c'est la raison pour laquelle Il nous la refuse dans cette vie et ne Se laisse voir qu'autant qu'il est nécessaire pour faire naître dans notre âme un amour capable de mériter la claire vue de Son Essence. Dieu est donc incompréhensible même pour la Foi.

" Vois donc, ô mon âme, combien est sublime ton espérance : Il n'en est pas de ce bien dont tu attends la satisfaction de tous tes désirs, comme des biens de ce monde : ceux-ci, on les estime toujours au-delà de leur valeur réelle; mais l'estime que nous pouvons concevoir des biens célestes sera toujours hors de toute proportion avec un tel objet et restera infiniment au-dessous de son mérite.« L'œil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, le cœur n'a jamais compris ce que Dieu prépare à« ceux qui L'aiment. » (1. Cor., 2.) O Fin qui n'aura pas de fin ! Quand aurons-nous franchi tous les obstacles que nous opposent les créatures?

          Quand Vous aurons-nous atteint ? Quand, désormais en possession de Votre grandeur infinie, cesserons-nous d'espérer? la foi ne fait que stimuler le désir que nous avons de Vous connaître. Donnez-nous, Seigneur, une lumière plus grande encore, qui nous permette de Vous contempler plus à notre souhait.

                                                                    III

               Dieu demeure incompréhensible même à la lumière dè la gloire: cette lumière est celle qui permet au bienheureux de contempler l'Essence divine d'une manière directe et intuitive, en elle-même, sans intermédiaire, face à face, comme un homme en regarde un autre placé devant lui. Sans la vision du Ciel, Dieu n'eût été connu que de Lui-même; les privilèges admirables de Son Etre, Sa beauté infinie eussent toujours été voilés par l'excès même de Sa Splendeur qui aveugle tous les esprits créés. Dieu ne l'a pas voulu: c'eût été priver d'un bien infini des millions de créatures : Il a donc décrété de Se montrer tel qu'Il est à tous les anges et à toutes les âmes béatifiées et de leur proposer Son Essence comme Objet de leur contemplation éternelle, non toutefois sans les avoir préalablement mis par la lumière de la grâce à la hauteur d'un si beau spectacle.

              Et cependant l'Etre divin est si sublime qu'Il reste incompréhensible même à l'intelligence éclairée de la lumière de la gloire, la plus vive et la plus pénétrante de toutes les lumières. Il est vrai que les bienheureux sont appelés compréhenseurs, mais c'est improprement et uniquement pour faire entendre qu'ils ont atteint le but suprême de leur vie, qui est la vue claire de Dieu. Mais ils ne sont pas compréhenseurs selon la rigueur du terme comprendre, qui signifie connaître une chose aussi parfaitement qu'elle peut être connue. Dieu, en effet, Se connaît Lui-même plus parfaitement qu'Il n'est connu des bienheureux : leur vision n'embrasse pas tout ce qui est en Dieu ou formellement ou éminemment, de telle sorte que rien n'échappe à la pénétration de leur esprit. Celui qui fixe son regard sur le soleil, voit-il par cela même tous les effets qui dépendent de l'influence de cet astre? Connaît-il tous les animaux et toutes les plantes qu'il peut faire croître, tous les minéraux qu'il peut former, toutes les régions qu'il peut éclairer? Ces bienheureux eux aussi, bien qu'admis à contempler le soleil de la Divinité, ne voient pourtant pas tout ce qui est du ressort de Sa puissance. Ils sont à la source d'eau vive et là satisfont la soif de tous leurs désirs, mais sans jamais épuiser cette source même pendant une éternité; toujours l'ardeur de leur soif est extrême et toujours ils trouvent à la satisfaire avec délices. Qu'arriverait-il s'il leur était donné d'épuiser cette source de la vérité par une connaIssance totale? Sans doute leur joie serait immense, mais il semble qu'elle serait diminuée d'autre part; car leur ardeur serait éteinte, il est vrai, et leur désir rassasié par la compréhension, mais comme celui qui a épuisé la source d'eau vive ne ressent plus le plaisir qu'il éprouvait en buvant de cette eau avec avidité et en étanchant sa soif ardente, la satiété serait, d'après quelques théologiens, le terme de leur bonheur.

         Quoiqu’il en soit de cette opinion, je découvre ici, Seigneur, une preuve de Votre inestimable grandeur, car quoique Vous produisiez en nous une lumière prodigieuse pour nous permettre de Vous connaître, il arrive que ni la nature, ni la grâce, ni la gloire ne peuvent Vous égaler ni Vous comprendre. Je reconnais aussi que cette incompréhensibilité constitue pour moi le plus grand bîen car, quelle plus grande joie que de penser que le sujet de sa joie est infini et inépuisable, que c'est un abîme de délices sans fond ni rives. Quel contentement! Quel ravissement me prépare cette infinité ! Le feu de l'amour brûlera sans cesse et le désir de vous posséder trouvera toujours sa satisfaction d’autant plus délicieuse que Votre Essence est moins compréhensible, inépuisable.

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 05:50

"Parler pour ne rien dire est un affront,
 tout à la fois, au silence et à la parole"(V.Ghika)

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 06:57


"La neige ne brille jamais autant
 que sous le soleil qui la fait disparaitre"
(V.Ghika)

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 07:05



" N'est-ce rien que d'avoir pour seul Juge de notre bonheur éternel Quelqu'un qui a été jusqu'à mourir pour nous
?"
(V.Ghika)

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 06:31

"Rappelle toi que les plus beaux jours ne sont jamais
beaux pour tous"
(V.Ghika)

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 06:07



"Un des Noms magnifiques et terribles de Dieu, pour les bons comme pour les méchants : l'INEVITABLE
Il l'est plus que la mort.
Mais pensez que Celui qu'on ne peut d'aucune manière,
 ni nulle part, ni jamais éviter,

c'est LE SUPREME AMOUR."
(V.Ghika)

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