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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 08:16

 

  L’ Adversaire et sa tactique 21/23

XXI. Les fluctuations de la bataille

 

Voilà donc les deux corps mystiques en présence : l'Église et la Bête. Nous avons examiné les divers aspects de la bête et le comportement des démons qui la composent ou plutôt la stimulent. Il nous faut maintenant observer les phases et la physionomie de l'affrontement lui-même. Après avoir étudié les combattants, il faut étudier le déroulement du combat.

Écoutons d'abord le Pape Léon XIII, dès les premiers mots de l'encyclique "Humanum Genus", nous décrire les deux camps ennemis : « Depuis que, par la jalousie du Démon, le genre humain s'est misérablement séparé de Dieu, auquel il était redevable de l'appel à l'existence et des dons surnaturels, il s'est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l'un pour la vérité et pour la vertu, l'autre pour tout ce qui est contraire à la vertu et à la vérité.»

 

Quelle est d'abord la situation des deux chefs?

Le Christ est déjà apparu sur la terre où Il a créé des institutions spirituelles. Il a organisé hiérarchiquement la milice de Son corps mystique. Mais Il ne siège pas visiblement sur la terre. Il reste invisible, assis qu'Il est "à la Droite du Père. "

Quand à l'Antéchrist, lui aussi il est invisible pour le moment. Il n'apparaîtra qu'à la fin des temps, pour une durée très courte, et il sera immédiatement terrassé, lui et la Bête.

Les deux corps mystiques, de par la situation de leurs chefs respectifs, sont comparables à deux enfants jumeaux dont l'un "se présente bien", la tête étant sortie avant le corp et dont l'autre "se présente mal," la tête devant sortir la dernière. L'un est vivant, l'autre sera mort-né. Cette comparaison n'est pas sans intérêt parce qu'elle explique la position relative des deux chefs et qu'elle fait pressentir le statut des deux corps mystiques pour l'éternité.

Examinons maintenant les buts de guerre des deux chefs que nous venons de situer par rapport à leurs troupes. Faisons remarquer que, devant décrire un combat, il nous sera commode de recourir à des images et à des termes d'ordre militaire.

Commençons par les buts de guerre de Satan.

Ce qui lui importe avant tout c'est de préparer le règne de son "fondé de pouvoir",l’Antéchrist, parce que ce règne sera sa manifestation majeure; il marquera l'apogée de sa puissance terrestre. C'est pour ce succès fugitif qu'il travaille car, après-celui-là, aucun autre ne lui sera plus possible.

 

Les buts de guerre de Notre- Seigneur se résument en un mot: Il veut régner. Il aspire à exercer la royauté pour laquelle Il est envoyé. Mais Il veut régner sur la terre comme au Ciel. S'il lui suffisait de régner sur la terre, étant donné la supériorité de Sa puissance, il y aurait déjà longtemps que Satan serait vaincu et expulsé. Mais comme le Christ veut aussi régner au Ciel, il faut qu'Il laisse, à Ses sujets du Ciel, le temps de compléter leurs rangs, en subissant l'épreuve terrestre chacun à leur tour. Il s'attache donc à respecter la lenteur voulue. Il modère Son effort afin de le réduire à une quasi-égalité avec celui de Son adversaire. Il mettra fin aux hostilités et se décidera à remporter la victoire définitive quand le nombre des élus sera parfait.

De sorte que la bataille entre les deux corps mystiques ne sera pas la progression "en tâche d'huile" de l'Église. Elle présentera au contraire des fluctuations comme si elle était soumise "aux hasards de la guerre. "

Chaque victoire partielle de Notre Seigneur sera suivie par une contre-attaque du démon qui rassemblera ses énergies et se vengera. On pourra observer, pour chacun des deux camps, une alternance de défaites et de victoires, d'avances et de reculs.

Et certaines de ces fluctuations pourront même atteindre une amplitude considérable. Par exemple, après l'édification de la Chrétienté du Moyen-âge, l'Église, à partir de la Renaissance, n'a connu que des déchirements et des reculs, jusqu'à la situation actuelle qui constitue, d'après tant d'observateurs,  « l'abomination de la désolation dans le Lieu Saint », dont il est parlé dans le prophète Daniel.» [ Matth. XXIV -15]

Quand Notre Seigneur aura édifié un haut-lieu, Satan n'aura de cesse qu'il ne l'ait fait investir par la Bête, Quand Notre Seigneur aura remporté une victoire pour marquer un temps fort; Satan guettera la réapparition de ce même temps fort sur le cycle, pour riposter violemment, en ennemi jaloux et imitateur.

Néanmoins, malgré cette quasi-égalité des forces. qui entraine tant et de si graves fluctuations, Notre Seigneur conserve dans le  combat deux prérogatives absolues. D'abord il garde l'initiative des opérations et aussi il se réserve la victoire finale. C'est Jésus-Christ qui conserve l'initiative.

C'est Lui qui sème le bon grain et l'ennemi ne vient qu'en suite pour répandre l'ivraie [ Matth. XIII - 24- 25] . C'est lui aussi qui réalise le premier Son Avéne -ement sur la terre, à un moment où les démons ne l'attendent pas: «Tu es le Fils de Dieu venu pour nous tourmenter avant le temps» [ Matth. VIII - 29 1 " Avant le temps", c'est-à-dire avant la date ultime du Jugement Dernier. On peut dire, en toute vérité que Jésus-Christ, comme le fait un général avisé, a attaqué par surprise.

Quant à la victoire finale, il est bien évident qu'elle est acquise au Fils de l'Homme. Il nous est réconfortant de la savourer d'avance: «Car le mystère d'iniquité s'opère déjà, mais seulement jusqu'à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour. Et alors se découvrira l'Impie que le Seigneur Jésus exterminera par le souffle de Sa Bouche et anéantira par l'éclat de Son Avènement.» (II Thess. II ,7)

L'Impie, c'est l'Antéchrist. Et le "mystère d'iniquité", c'est le mystère de la présence du démon sur la terre. Celui qui "retient" ce mystère, c'est-à-dire qui le prolonge encore, c'est l'Impie. On comprend très bien que le mystère d'iniquité prenne fin seulement quand la présence de l'Impie sur la terre cessera.

 

On peut logiquement penser que les fluctuations, dont nous venons de montrer les raisons, seront d'une amplitude de plus en plus grande. Le monde sera de plus en plus, ou totalement mauvais, ou totalement bon, jusqu'au moment où le monde mauvais et le monde bon seront séparés pour toujours.

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 10:05

W....a embrassé le Coran devant de nombreux témoins irakiens dont un imam .Par un pur hasard (?)cette scène se déroula le 14 Mai 1999.......! 999 ou 666 .Les photos ont fait le tour du monde.

Ce pauvre homme n'a pas de chance. Il est poursuivi par le chiffre 666.En effet, regardez son blason. Sur la tiare à l'endroit vous comptez 3 rangées de 9 pointes sensées représenter les couronnes =999 ; renversez la tiare et alors apparaissent trois rangées de 6 :666.La tiare renversée ,la croix brisée :tout le programme subversif.

Toutes ces remarques sont sans doute le fruit de mon "dérangement sénile" Pardon...

Mais je pense que la pseudo- canonisation de ce personnage est un péché qui aura des conséquences terribles pour ceux qui, par leur silence ou leur action, seront acteurs ou complices.

Parce Domine ;NON Possumus

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 06:27

L’Adversaire et sa tactique 20/23

 

XX- Les auxiliaires

La Bête, que les textes appellent aussi le Dragon, symbolise le corps mystique de l'Antéchrist. C'est l'ensemble formé, tout au long des siècles, par les adhérents et les auxiliaires du Prince de ce monde, par tous ceux qui l'auront aidé à réaliser son pouvoir et à établir sa religion. Ce corps mystique est aussi monstrueux que l'Église est harmonieuse. C'est ainsi par exemple, comme nous venons de le voir, que la bête est double, manifestant de cette manière sa duplicité.

Cette duplicité est l'un de ses caractères les plus constants. Elle apparaît avec une netteté particulière dans l'Apocalypse. Saint Jean voit successivement deux bêtes ; la première vient de la mer : « Puis je vis monter de la mer une Bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ces cornes dix diadèmes, et sur ces têtes des noms de blasphèmes.» [Apoc. XIII - 1] La seconde vient de la terre : « Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d'un agneau, et qui parlait comme un dragon.» [ Apoc. XIII - Il ]

La Bête, sous l'une quelconque de ses formes, est accompagnée par divers personnages qui agissent sous sa dépendance et qui exercent un pouvoir venant d'elle.

Voici les principaux acolytes de la bête.

On note d'abord le faux prophète: « qui par les prodiges faits devant la Bête, avait séduit ceux qui possédaient la marque de la Bête et ceux qui adoraient son image.» [ Apoc. XIX - 20] Peut-on savoir quel est historiquement ce personnage? Il est probable que l'on doit lui appliquer la règle commune. Sa manifestation majeure aura lieu au moment de l'Antéchrist que le faux prophète accompagnera pour le faire acclamer. Mais il aura eu, dans les âges antérieurs, des préfigurations. Car, des "faux prophètes," la terre en aura beaucoup connus. L'un des plus typiques est Mahomet.

Saint Jean décrit aussi une auxiliaire féminine du Prince de ce monde : « ... la femme assise sur la Bête écarlate, pleine de noms de blasphèmes .... » [ Apoc. XVII - 3 ] Cette femme assise sur la Bête est une des figures marquantes de l'Apocalypse. La Bête soutient donc la femme et lui sert de trône. C'est la Bête qui communique à la femme sa puissance.

L'écrivain sacré précise lui-même le sens symbolique de cette personnification féminine. L'ange lui dit: «Viens, je te montrerai le jugement de la Grande Prostituée qui est assise sur les grandes eaux, avec laquelle les rois de la terre se sont souillés et qui a enivré les habitants de la terre du vin de son impudicité.» [ Apoc, XVII - 1-2 ]

Voilà donc que la femme, que l'on nous a montrée une première fois" assise sur la Bête", est maintenant "assise sur les grandes eaux." Quelle est donc la signification de ces grandes eaux ? Saint Jean nous la révèle quelques versets plus loin: « Les eaux que tu as vues, au lieu où la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues .. » [ Apoc, XVII - 15 ]

C'est donc sur des foules que la grande prostituée est assise. C'est de la foule qu'elle tire sa puissance. Cette femme représente donc tout Etat dont l'autorité vient d'en bas. "La Grande Prostituée" c'est en somme le nom que l'Apocalypse donne à la puissance du "peuple souverain".

Le prophète de Pathmos, puisque tel est le nom que l'on donne à Saint Jean, nous fait découvrir encore un autre auxiliaire terrestre du Prince de ce monde, c'est la Grande Babylone. Voici comment il s'exprime: « Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate; et richement parée d'or, de pierres précieuses et de perles ; elle tenait à la main une coupe d'or remplie d'abominations et des souillures de sa prostitution. Sur son front était un nom, nom mystérieux : Babylone la Grande, la mère des impudicités et des abominations de la terre.»

 [ Apoc. XVII - 4-5 ]

Et peut-on savoir ce qu'a d'abominable le règne de cette femme sur la grande cité de Babylone ? Nous savons surtout que c'est un règne confus et composite, un règne sans homogénéité. On y voit se côtoyer le mercantilisme et la tyrannie.

 

Le règne de la Bête qui est chevauchée par la femme vêtue de pourpre présente tous les traits de ce que nous appelons le capitalisme. Saint Jean énumère les denrées qui sont enfouies dans les navires des marchands de la Grande Babylone: « cargaison d'or et d'argent... de lin fin, de pourpre, de soie et d'écarlate ... de toutes sortes d'objets d'airain, de fer et de marbre ... et des brebis et des chevaux et des chars et des corps et des âmes d'hommes.» [ Apoc. XVIII - 12- 13 ] Dans la Grande Babylone, on vend et on achète jusqu'à des" âmes d'hommes."

Voici maintenant la description, résumée mais précise, des régimes instaurés par "la Bête de la terre" : « Nul ne put ni acheter ni vendre, s'il n'avait pas la marque du nom de la Bête ou le nombre de son nom.» [ Apoc. XIII - 17] Ne se croirait-on pas dans le futur socialisme absolu et universel où personne en effet ne pourra subsister s'il ne possède pas les cartes officielles et si son numéro n'est pas marqué sur les registres de la Bête.

Le régime du dragon se caractérise aussi par la proclamation emphatique du progrès matériel comme étant une acquisition définitive. C'est ce que déclare, par exemple, l'ange de l'église de Laodicée, qui représente précisément la période de l'Antéchrist: « Je suis riche," j'ai acquis de grands biens," je n'ai besoin de rien.» [ Apoc. III - 17] Et il dit cela avant de s'entendre dire, par Dieu Lui-même: « Et tu ne sais pas que tu es un malheureux, un misérable, pauvre, aveugle et nu.» [ Apoc. III - 17]

 

Nous avons énuméré, comme acolytes de la bête, le faux prophète, la femme vêtue de pourpre et la Grande Babylone. Mais l'Écriture Sainte en mentionne d'autres. Ce sont par exemple: "les sept têtes et les dix cornes. "Les cornes sont le symbole de la puissance gouvernementale. Saint Jean explique, en termes prophétiques, ce que peuvent être ces dix cornes : « Et les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore reçu la royauté, mais qui recevront" un pouvoir de roi pour une heure avec la bête. Ceux-ci ont un seul et même dessein, et ils mettent au service de la Bête leur puissance et leur autorité.» [A'oc. XVII - 12-13 ]

Il resterait encore à nommer un dernier auxiliaire de la Bête, mais qui est d'une tout autre nature: c'est Mammon, c'est-à-dire "la puissance de l'argent." Seulement Mammon n'obéit pas au démon parce qu'il est régi par sa propre logique. Le démon se sert de lui comme l'alpiniste se sert de la luge pour dévaler selon la loi de la gravité. Mammon cependant, du moins dans le texte évangélique, n'est pas un démon; il est une force économique. Il est le sang de la société : le langage courant en a conscience puisque l'on dit que l'argent "circule". De même que le sang de chaque homme est un auxiliaire du démon qui réussit à l'enflammer, de même le sang de la société est un auxiliaire du démon qui réussit parfois à en accélérer la circulation, enfiévrant ainsi la société entière. Notre Seigneur nous avertit de ne pas faire notre Dieu d'un tel auxiliaire: «Non potestis Deo servire et Mammonae. - Vous ne pouvez pas servir Dieu et l'argent.» [ Luc XVI - 13 ]

Parmi les organes de ce corps mystique monstrueux, il ne faut pas oublier les énormes réseaux des sociétés de pensée et des congrégations initiatiques. Il ne fait aucun doute qu'elles véhiculent l'esprit de l'Antéchrist puisqu'elles se présentent tantôt comme des contre-églises, tantôt comme des super-églises. A elle seule la franc-maçonnerie internationale résume "la Bête" tout entière. Et l'image apocalyptique de "la femme assise sur la Bête" évoque invinciblement à l'esprit la république soutenue par ses soubassements maçonniques

 

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 08:05

L’Adversaire et sa tactique  19/23

 

XIX. Gog et Magog

Nous avons déjà parlé du "corps mystique de l'Antéchrist." Ce corps mystique apparait, dans l'Apocalypse, sous le nom de la Bête. Autant le corps mystique du Christ est beau et harmonieux, autant la Bête est hideuse, difforme et compliquée.

La Bête survit aux hommes qui la constituent sur la terre et qui lui apportent seulement leur éphémère contribution. Elle va d'ailleurs en grossissant et n'atteindra ses dimensions définitives qu'à l'avènement de l'Antéchrist dont elle n'est que le véhicule et l'organe de préparation.

La Bête est constituée par tous les artisans de la puissance terrestre de Satan: les mauvais rois, les faux prophètes et leurs fidèles. Elle est l'ensemble des mauvais princes et des fausses religions, c'est pourquoi elle est si grande et si difforme.

L'une de ses monstruosités est d'être double.

Elle se présente alternativement, et même simultanément quelquefois, sous l'aspect de Gog et sous celui de Magog

 

Le mot "Gog" a le sens de "toiture". Il désigne les forces sataniques couvertes, c'est-à-dire dissimulées, les forces que l'on a des difficultés à identifier somme mauvaises. Gog a donc le sens de ruse.

 

Magog signifie "sans toiture" c'est-à-dire sans dissimulation. Il désigne les forces ouvertement hostiles à Dieu et à son Oingt. Magog a donc le sens de vio-

lence cynique et affichée.

 

Et c'est bien ce que l'on remarque, en effet, sur la terre. Le démon agit toujours en alternant ou en associant la ruse et la violence. Deux chapitres d'Ezéchiel sont entièrement consacrés à Gog et Magog, les chapitres XXXVIII et XXXIX. Dieu parle à Gog et lui dit: « En ce jour-là, des pensées s'élèveront dans ton cœur, et tu concevras un mauvais dessein. Tu diras :

« Je monterai contre un pays ouvert ; je viendrai vers ces gens tranquilles qui habitent en sécurité, qui ont des demeures sans murailles, qui n'ont ni verrous ni portes.» ( Ezech. XXXVIII - 10-11 ) Telle est la puissance de Gog, couverte et dissimulée, qui s'empare sournoisement des demeures sans serrures.

 

Magog est, à l'origine, le nom de l'un des sept fils de Japhet. Le prophète Ezéchiel l'emploie dans un autre sens. Il en fait le pays qui sert de refuge à Gog et d'où il s'élance à la tête de ses peuples. Dans sa marche conquérante, Gog le rusé, prend comme point de départ Magog, le pays de la violence. Les chapitres XXXVIII et XXXIX d'Ezéchiel sont à lire attentivement; ils fournissent une vue prophétique sur les grandes guerres mondiales modernes.

 

La ruse et la violence apparaissent aussi, mais sous un autre nom et sous une autre forme, dans le livre de Job. Ce livre, l'un des plus anciens de l'Écriture Sainte, décrit deux Bêtes : Béhémoth, la bête violente qui correspond au génie de Satan homicide, et Léviathan, la bête rusée qui correspond à son génie du mensonge.

Béhémoth habite sur la terre ferme. C'est un énorme animal qui est bâti en vue d'exercer une force brutale: «Vois Béhémoth, il se nourrit d'herbe, comme le taureau. Vois donc, sa force est dans ses reins, et sa vigueur dam les muscles de ses flancs. Il dresse sa queue comme un cèdre; les nerfs de ses cuisses forment un solide faisceau ... Les montagnes produisent pour lui du fourrage; autour da lui jouent toutes les bêtes des champs ... Est-ce en face que l'on pourra le saisir avec des filets et lui percer les narines ?» [ Job XL - 15-24] L'écrivain sacré nous fait bien remarquer la puissance surhumaine de cette gigantesque bête. Il n'est pas question de la vaincre avec des moyens seulement humains.

Léviathan est conçu sur un tout autre modèle.

C'est un monstre, aquatique, il vit dans la mer et il cache sa force sous une séduction resplendissante: «Tireras-tu Léviathan avec un hameçon et lui serreras-tu la langue avec une corde? Lui passeras-tu un jonc dans les narines? Joueras-tu avec lui comme avec un passereau? L'attacheras-tu pour amuser tes filles? ... Je ne veux pas passer sous silence la force de ses membres, l'harmonie de sa structure ... Superbes sont les lignes de ses écailles, comme des sceaux étroitement serrés... Ses éternuements font jaillir la lumière, ses yeux sont comme les paupières de l'aurore , son cœur est dur comme la pierre, dur comme la meule inférieure... Il fait bouillonner l'abîme comme une chaudière, il fait de la mer un vase de parfum. Il laisse après lui un sillage de lumière ... Il regarde en face tout ce qui est élevé, il est le roi des plus fiers animaux.» [ Job XLI - 1-26 ]

Léviathan est véritablement l'image de Satan travesti en ange de lumière : cœur dur et arrogant mais qui s'entoure d'harmonie, d'aurore et de parfum.

Ces deux symboles bibliques de Béhémoth et Léviathan ne sont pas de vaines images. Il s'est effectivement rencontré, au cours de l'histoire, beaucoup de mauvais rois et de "docteurs de mensonge" qui ont été, pour le peuple de Dieu, spirituellement mais réellement, des Béhémoth et des Léviathan.

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 07:23

 

L’Adversaire et sa tactique 18/23

 

 

XVIII. Les démons du paganisme antique

 

Dans l'Antiquité, seuls les juifs pratiquaient la Religion du Vrai Dieu. Toutes les autres nations, que l'Écriture rassemble sous le nom de Gentils, pratiquaient la religion païenne. Le paganisme de la gentilité était sous la dépendance de Satan.

Avant la venue de Notre -Seigneur sur la terre; Satan exerçait une incontestable principauté sur les royaumes et sur la religion. Et c'est à juste titre qu'il était appelé le Prince de ce Monde. Saint Jean parle de celui « qui est appelé le diable et Satan et qui a séduit toute la terre.(« universum orbem »).Apoc. XII- 9

Non point que Dieu voulût positivement et expressément cet état de choses, mais parce qu'Il le souffrait, pour des raisons mystérieuses que l'on réunit sous le nom de "mystère d'iniquité". Car il y a ce que Dieu veut, et il y a ce qu'il souffre. Comment un Dieu peut-il souffrir ce qu'il ne veut pas? Cela vient de ce qu'Il nous laisse notre libre arbitre.

Néanmoins le paganisme des nations n'était pas une religion homogène. Il était fait de courants et d'éléments divers où la principauté de Satan ne pesait pas partout du même poids. Les textes de l'Ancien Testament nous présentent les idoles du paganisme, tantôt comme les représentations des passions humaines, tantôt comme des démons divinisés.

Les idoles sont des démons divinisés. Le texte le plus fameux et le plus formel est celui-ci: « Tous les dieux des nations sont des démons.» [ Ps XCV - 5- Vulg.] On pourrait citer bien d’autres passages, peut-être pas aussi laconiques mais tout aussi formels. En voici quelques-uns.

Nous connaissons surtout le paganisme par les réprimandes que Dieu adresse au peuple juif. Il lui reproche précisément d'adorer parfois les idoles des nations et il donne les raisons de ses reproches : « Ils se mêlèrent aux nations et ils apprirent leurs œuvres. Ils servirent leurs idoles qui furent pour eux un piège. Ils sacrifièrent leurs fils et leurs filles à des démons.» [ Ps. CV - 35-37 (Vulg.) ]

On trouve dans le Deutéronome, un passage dans le même sens : « Le peuple de Dieu a abandonné le Dieu qui l'avait formé et il a méprisé le rocher de son salut. Ils ont excité la jalousie de Dieu par des dieux étrangers; ils l'ont irrité par des abominations; ils ont sacrifié à des démons qui ne sont pas Dieu, à des dieux qu'ils ne connaissaient pas, dieux nouveaux, venus récemment, devant lesquels vos pères n'avaient pas tremblé.» [ Deut. XXXII -15-17 ]

 

Au moment de l'Avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ, le paganisme est resté ce qu'il était aux temps anciens et Saint Paul donne des idoles la même définition que les livres de l'Ancien Testament: « Je dis que ce que les païens offrent en sacrifice , ils l’immolent à des démons et non à Dieu, Or je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez boire à la fois au calice du Seigneur et au calice des démons. Vous ne pouvez prendre part à la Table du Seigneur et à la table des démons.» [ 1 - Cor. X - 20-21 ]

Voici un second texte où le même jugement est exprimé sous une autre forme: « Ne vous attachez pas au même joug avec les infidèles, car quelle société y a-t-il entre la Justice et l'iniquité? Ou qu'a de commun la Lumière avec les ténèbres? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial? .. Quel rapport y a-t-il entre le Temple de Dieu et celui des idoles ? » [ II Cor. VI- 14-16 ]

Puis Saint Athanase, au IVe siècle, en célébrant la victoire de la Religion de Jésus-Christ, confirme encore cette assimilation des idoles aux démons : « Toutes les nations abandonnent les idoles et reconnaissent le Vrai Dieu, Père du Christ. Les prestiges des démons sont détruits et seul le Vrai Dieu est adoré au Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ.»

Mais nous avons dit que l'Écriture définit aussi parfois les idoles des gentils comme les représentations des passions humaines. En effet le paganisme comportait une certaine construction philosophique parce qu'il s'était trouvé des penseurs pour vouloir le coordonner. Les païens instruits avaient divinisé les puissantes passions humaines et leur avaient érigé des statues. C'est pourquoi l'écrivain sacré peut leur reprocher d'adorer l'ouvrage de leurs mains. Saint Paul par exemple, condamne ceux: « qui ont échangé le Dieu Véritable pour le mensonge et qui ont adoré la créature de préférence au Créateur.»[ Rom. 1 – 25)

Les prophètes, longtemps auparavant, parlaient de même: « Tu as pris tes bijoux faits de Mon or et de Mon argent que Je t'avais donnés, et tu en as fait des images d'hommes [passions humaines divinisées] et tu as mis devant elles Mon huile et Mon encens.» [ Ezech. XVI - 17-18 ] L'huile et l'encens qui Me sont destinés mais que tu détournes au profit des "images d'hommes."

 « Leur pays est rempli d'idoles. Ils se prosternent devant l'ouvrage de leurs mains, devant ce que leurs doigts ont fabriqué.» [ Isaïe II - 8 ]

Il nous faut maintenant remarquer qu'entre les "démons" et les "passions humaines", il n'y a pas de différence. Car les passions sont les démons intérieurs de l'homme. Et les démons, astres errants, ne sont pas autre chose que des "passions errantes". Ainsi le paganisme réalisait cette connivence humano-démoniaque dont nous avons parlé comme étant le résultat de la "tentation" comprise au sens diffus. Et l'on résume fidèlement le paganisme en disant qu'il a

divinisé les vices et qu’il les a adoré.

Nous avons dit que le paganisme n'était pas homogène et que l'on y rencontrait divers courants où l'emprise de Satan pesait différemment. Dieu, en effet, reste le maître du paganisme comme Il est maître de tout. Satan n'est qu'un ministre. Et non seulement il est ministre mais il est imitateur de Dieu. Dès lors nous ne sommes pas étonnés de découvrir, au sein même du paganisme, pourtant démoniaque, une préparation évangélique.

Le même Saint Paul qui condamne la fréquentation des cultes idolâtres en donnant comme motif que les sacrifices y sont offerts à des démons,ce même Saint Paul est le premier à reconnaître la "préparation évangélique" qui s'est opérée au sein du paganisme.

Il savait reprocher aux Gentils d'avoir méprisé Dieu: « ... parce qu'ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs vains raisonnements et leur cœur insensé a été rempli de ténèbres.» [ Rom. 1 - 21 ]

Mais Saint Paul sut aussi, en arrivant à Athènes, comprendre ce que Dieu avait fait pour préparer les Gentils à recevoir l'évangélisation: « Paul, debout au milieu de l'Aréopage, dit aux Athéniens, en tout je vous vois éminemment religieux. Car, passant et regardant ce qui est de votre culte, j'ai trouvé même un autel avec cette inscription : Au dieu inconnu. Ce que vous adorez sans le connaître, c'est cela que je vous annonce.» [ Actes XVII - 22-23 ]

Les premiers évêques évangéliseront les Gentils en tenant compte de cette double teneur du paganisme. Parmi tant de charismes dont Dieu les avait pourvus, celui du discernement des esprits fut l'un des plus nécessaires puisqu'ils eurent à démêler, dans l'antique religion païenne, si invétérée chez les Gentils, ce qu'il fallait rejeter comme appartenant au démon et ce qu'il fallait conserver comme annonçant "le Dieu inconnu." Dieu n'a pas permis que les démons pervertissent totalement la religiosité naturelle ni qu'ils abolissent complètement la Tradition Primordiale et l'attente d'un Sauveur.  A Suivre

 

 

 

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 07:30

 

L’Adversaire et sa tactique 17/23

XXVII- Le singe de Dieu

 

 

Observons maintenant le démon dans son comportement comme imitateur de Jésus-Christ. Le démon est jaloux de Notre Sauveur à qui il reproche de lui avoir ravi la première place. Et comme tous les êtres jaloux , il ne quitte pas des yeux celui qui est l'objet de sa jalousie.

Mais par ailleurs Satan ne peut rien innover puisque Notre Seigneur conserve en tout l'initiative. Sa jalousie va donc faire de lui l'imitateur de Jésus-Christ. Nous allons voir dans quelles conditions.

Le démon, nous l'avons vu, travaille à édifier sur la terre son pouvoir et sa religion. Il a évidemment le choix entre deux tactiques.

Il peut édifier les organes de sa principauté en toute indépendance : créer ses hauts-lieux; ses dynasties dévouées, ses sanctuaires; il peut établir ses propres cycles chronologiques, ses rites d'offrande, son symbolisme, ses voies méditatives et cela en face de l'édifice du Christ et pour le braver et le narguer. C'est même la tactique qui convient le mieux à un être aussi pénétré de "propre esprit" et aussi actif.

Malheureusement les hommes possèdent une religiosité naturelle et un respect naturel de l'autorité qui sont faits pour Dieu et pour Ses envoyés. Ils se plieront . donc difficilement à des organes indépendants construits sur un autre modèle et surtout en vue d'une autre finalité.

Sans abandonner totalement la tactique indépendante à laquelle il aime certes revenir, Satan va donc suivre une tactique d'imitation qui lui facilitera singulièrement la tâche. Il va pénétrer, couvert d'une peau de brebis, dans les institutions faites pour Dieu et dans lesquelles il va se faire passer pour Dieu grâce à ce pouvoir de travestissement que nous venons d'examiner.

En somme, il va généraliser la stratégie par laquelle il a réussi à détrôner Adam, quand il s'est montré dans l'arbre planté par Dieu. Toutes les autorités viennent de Dieu. Le démon va les usurper toutes successivement. Il va concrétiser progressivement ses droits virtuels de Prince de ce Monde.

Il agira de même avec la religion primordiale, révélée par Dieu. Il la morcellera et en pénétrera les morceaux. Et quand il aura pénétré toutes les autorités  et toutes les institutions divines, il dira :« La maison est à moi, c'est à Dieu d'en sortir »

La nécessité de cette stratégie parasitaire apparait surtout en matière de religion. Il ne fait aucun doute que Dieu a établi la nature humaine en vue de la Révélation. Il a tout coordonné, dans les facultés humaines pour que, le moment venu, l'homme accueille, sans difficulté, la Religion du Vrai Dieu. On a donné, à cet ensemble de facultés natives, le nom de religiosité naturelle. Les théologiens parlent, dans le même sens, de la "vertu naturelle de religion ",

 

Bien plus, Il a établi l'homme dans un univers qui, lui aussi, suggère à l'esprit la notion d'un Maître devant lequel il convient de se prosterner. Il serait très intéressant d'étudier toutes les propensions religieuses de la nature humaine. Nous ne pouvons ici qu'en énumérer quelques-unes. On observe partout, par exemple, le sens de la génuflexion ou de l'inclination par lesquels, pour honorer quelqu'un de grand, l'homme se rapetisse. Le goût de la prosternation est déjà un simulacre d'anéantissement devant celui qui nous a tiré du néant; simulacre d'anéantissement poussé, encore plus loin par le sacrifice d'une victime : "sacrifice" signifie "dévotion" au sens étymologique. On note aussi l'attrait pour les hauts-lieux de la nature, surtout lorsque un épisode sacré s'y est déjà déroulé. De même le sens de respecter les temps forts qui reviennent sur le cycle annuel. On observe aussi la propension générale à la contemplation naturelle avec sa base préparatoire nécessaire : la mortification des sens.

Ces inclinations spontanées de la religiosité  naturelle sont faites pour aboutir à la Vraie Religion du Dieu qui se fait  d'abord désirer et qui se révèle ensuite.

C'est dans cette religiosité là que le démon veut pénétrer. Or elle n'est pas faite pour lui. Il faudra donc, pour s'y introduire, qu'il se travestisse en celui pour qui la religiosité est faite.

Écoutons Bossuet parler de cette substitution : « Le démon abolit la connaissance de Dieu, et par toute l'étendue de la terre, il se fait adorer à sa place ... Il a toujours affecté de faire ce que Dieu faisait, comme un sujet rebelle qui affecte la même pompe que son souverain ... N'a-t-il pas eu ses autels et ses temples, ses mystères et ses sacrifices, et les ministres de ses impures cérémonies qu'il a rendues, autant qu'il a pu, semblables à celles de Dieu; parce qu'il est jaloux de Dieu et veut paraître en tout son égal.» [Bossuet. Premier sermon sur les démons]

 

Le paroxysme de cette substitution du dragon à Dieu, dans la religion, est réalisé dans les circonstances que Notre- Seigneur laisse prévoir à Ses apôtres de tous les temps : « Bien plus, l'heure vient où quiconque vous fera mourir s'imaginera rendre un culte à Dieu.» [JeanXVI-2]

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 07:51

 

L’Adversaire et sa tactique 16/23

 

XVI. Homicide et menteur

 

L'Écriture Sainte nous fait encore une très importante révélation concernant la personnalité du démon: « Il a été homicide dès le commencement, et il ne s'est pas maintenu dans la vérité, parce qu'il n'y a point de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge.» [ Jean VIII - 44 ]

Homicide, cela signifie qu'il nuit au salut des âmes et qu'il les entraine en enfer. Il ne peut pas tuer le corps, mais il peut tuer l'âme, C'est en cela qu'il est homicide. Si donc le démon se montre à l'homme tel qu'il est, c'est-à-dire comme homicide, il va être terrifiant. Il va faire peur à sa victime qui donc se méfiera.

De plus, s'il se montre tel qu'il est, il sera hideux de par sa malice, ses distorsions et ses ténèbres. Par conséquent il provoquera, chez les hommes auxquels il se montrera dans cet état déchu, un réflexe de  recul et de méfiance.

Mais alors, s'il fait reculer tout le monde, pourra-t-il conquérir des sujets pour son royaume terrestre et faire des adeptes pour sa « religion »? Evidemment non. Il faut donc qu'il change d'aspect. Or il se trouve que sa nature angélique ne lui a pas été enlevée. Elle a seulement subi des distorsions et un enténèbrement. Mais en faisant appel à son énergie, le démon peut faire réapparaître en lui une certaine beauté. Elle lui permettra de masquer pour un temps sa malice et ses ténèbres.

C'est précisément ce qu'écrit Saint Paul: « Car Satan lui-même se déguise en ange de lumière.» [ II Cor XI - 14] La connaissance de ce pouvoir de travestissement des démons est une des données les plus importantes, et d'ailleurs aussi les plus caractéristiques de la démonologie chrétienne.

Nous pouvons tout de suite comprendre une première conséquence de ce pouvoir de travestissement. On sait que l'homme possède, dans certaines conditions, la faculté de correspondre et de converser avec le monde des esprits. Or le monde des esprits n'est pas uniquement celui des bons esprits. Les démons aussi sont des esprits avec lesquels il est possible à l'homme d'entrer en conversation. Si ces démons ne pouvaient se manifester que sous leur forme hideuse et homicide, ils n'auraient aucune chance d'entrer en conversation avec les hommes.

En revanche, si les démons peuvent se déguiser en bons esprits, comment l'homme va-t-il les distinguer des anges ou des élus authentiquement bons? Il va lui falloir discerner les esprits. Et pour cela, il faudra ou bien qu'il ait un sens instinctif de ce discernement, ou bien qu'on lui enseigne une méthode.

Le sens instinctif, ou discernement infus, est un charisme qui n'est pas habituellement donné à l'homme. On peut s'en faire une idée en le comparant à l'instinct des oiseaux migrateurs qui s'orientent sans repaire. En l'absence de tout symptôme visible, le discernement infus permet de démasquer les ténèbres même quand elles sont recouvertes par un travestissement de lumière.

Pour suppléer à un charisme dont la majorité des fidèles sont dépourvus, les écrivains de l'Église ont réuni ce que l'on appelle les règles de discernement des esprits. On comprendra que ces règles soient les mêmes qu'il s'agisse de diagnostiquer les influences bonnes ou mauvaises au for interne ou qu'il s'agisse de les distinguer dans les mystiques qui prétendent transmettre des révélations.

Les règles de discernement des esprits se sont affinées depuis l'époque de l'Ancien Testament jusqu'à nos jours. Cet affinement prouve que les démons sont de plus en plus intimement mêlés aux hommes, soit que le nombre de ceux qui hantent la terre augmente, soit qu'ils accentuent leur subtilité et perfectionnent leur art de pénétrer dans nos esprits. Le Cardinal Pierre d'Ailly, déjà au début du XVe siècle, dans son gros traité des "Fausses Prophéties", constatait que « le monde est sur son déclin, l'Antéchrist approche et les imaginations malsaines, les illusions dangereuses pullulent.»

Sous l'empire de l'Ancienne Loi, la règle de discernement des esprits était simple et fruste parce qu'elle suffisait: les bons esprits portent à obéir à Dieu et les mauvais à lui désobéir. Et l'on se référait à la règle de la Genèse: « Parce que tu as mangé de l'arbre dont Je t'avais ordonné de ne pas manger.» [Gen. III - 17] Le serpent, mauvais esprit, avait incité à désobéir à la Loi. Tel était le critère simple et sain. Après l'Avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ, les démons vont perfectionner leur art ; il va falloir aussi perfectionner l'analyse. Saint Paul énonce les divers éléments du diagnostique des bonnes et des mauvaises influences. Les mauvais esprits empruntent les voies de la chair : « les œuvres de la chair sont manifestes: ce sont l'impudicité, l'impureté, le libertinage, l'idolâtrie, les maléfices, les discordes, les contentions, les jalousies, les emportements, les disputes, les discussions, les sectes, l'envie, les meurtres, l'ivrognerie, les excès de table et autres choses semblables.» [ Gal. V - 19-21 ]

Voici maintenant comment on reconnait les influences divines, que Saint Paul appelle aussi "les œuvres de l'Esprit" : « Le fruit de l'Esprit, au contraire, c'est la charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance ... Ceux qui sont à Jésus ont crucifié la chair, avec ses passions et ses convoitises.» [Gal. V - 22- 24] On le voit, Saint Paul énonce des règles de discernement basées sur des critères moraux.

Saint Jean fournit des critères doctrinaux: « Vous reconnaîtrez à ceci l'Esprit de Dieu: Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu; et tout esprit qui ne confesse pas ce Jésus n'est pas de Dieu; c'est celui de l'Antéchrist, dont on vous a annoncé la venue.» [ 1 Jean IV - 1-3 ] Dès lors, les deux critères apostoliques, de Saint Paul et de Saint Jean, n'auront plus besoin que d'être développés par les maîtres de la vie spirituelle.

 

Ce développement commence à la période patristique. Origène tient le raisonnement suivant:

Satan profite des premiers mouvements suscités en nous par notre nature pécheresse. Il laisse d'abord ces mouvements s'opérer en nous et par nous, et il trouve ainsi en eux une excuse et un droit à nous tenter et à nous pousser plus avant dans la voie que nous avons nous-mêmes choisie; il y trouve en même temps un moyen de dissimuler son influence; nous croyons ainsi continuer par nous-mêmes ce que nous avons commencé seuls.

Les Pères constatent aussi les effets psychologiques du bon et du mauvais esprit : le bon esprit engendre la paix et l'humilité; le mauvais esprit engendre la tristesse, le trouble, l'indécision, la paresse.

Saint Thomas d'Aquin traite méthodiquement de la question du discernement des esprits. Il s'attache à distinguer ce qui, dans notre vie intérieure, relève de notre liberté et ce qui relève de l'influence de Satan, lequel agit surtout en utilisant nos sens et notre imagination. Il énumère aussi quelques règles pour différencier les vrais et les faux prophètes. Les vrais, avant tout, ne se donnent pas leur mission à eux-mêmes; ils la reçoivent de Dieu. Les faux prophètes se donnent eux-mêmes leur mandat, ils ont horreur du Saint Nom de Jésus, ils incitent d'abord au bien puis ils dévient très vite vers le mal.

 

L'auteur anonyme de "l'Imitation", fait porter le discernement des esprits sur la distinction de la nature et de la grâce. La nature se recherche elle- même, elle veut perdurer, elle hypertrophie le moi, elle n'apporte que des consolations extérieures. La grâce agit pour Dieu qui est sa fin, elle modifie le moi, elle apporte des consolations spirituelles et intérieures. Mais l'Imitation n'oublie pas le démon: il vient en nous avec les choses de la nature, il les accompagne.

Saint Ignace de Loyola est l'un des derniers venus comme docteur du discernement. Il en a exprimé les règles dans son livre des Exercices. La grande diffusion de ces "Exercices" a rendu ses règles classiques. Saint Ignace distingue d'abord la "vie purgative" et la "vie illuminative". Il consacre la première semaine des exercices à l'étude de la vie purgative et il énonce quatorze règles "pour discerner les mouvements que les divers esprits excitent dans l'âme afin d'agréer les bons et de repousser les mauvais". La seconde semaine a trait à la vie illuminative et elle est terminée par huit autres règles "pour mieux discerner les esprits".

Quel est essentiellement le critère ignacien du discernement des esprits? Les mauvais esprits produisent dans l'âme des états de désolation: ils y créent la tristesse, le désespoir, la perte de confiance en Dieu ; il ne faut pas prendre de décision quand on est dans ces périodes de désolation car rien de bon ne se fait sous l'influence des démons. Au contraire les bons esprits produisent dans l'âme des états de consolation comportant une joie spirituelle et calme, mêlée aux larmes du repentir.

 

Cependant Saint Ignace connait les fausses désolations qui ne sont autres que ces états de sécheresse si bien décrits par Saint Jean de la Croix et Sainte Thérèse d'Avila. Ces "fausses désolations" viennent de Dieu pour l'épuration de l'âme. Il connait aussi les états de fausses consolations qui viennent du démon et qui consistent en un contentement de soi et un sentiment de complaisance.

 

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 06:54

                    L’Adversaire et sa tactique 15/23

 

XV. La Postérité du Serpent

S'adressant au serpent, après l'épisode de la tentation, Dieu lui dit : « Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité.» [ Gen.III -15 ]

Que doit-on entendre par ce terme un peu mystérieux de postérité? Le texte de la Vulgate porte le mot « semen », littéralement "semence", que l'on traduit couramment par postérité ou semence. Il y a donc deux postérités, celle de la femme et celle du serpent.

Selon l'opinion traditionnelle, la postérité de la femme désigne Notre-Seigneur Jésus-Christ. En effet, la femme par excellence est la Vierge Marie à laquelle l'Église donne le nom de "Nouvelle Ève."

Qui est donc la postérité du serpent? Le serpent n'a pas de descendance humaine. Il ne peut donc s'agir que d'une filiation spirituelle. Le personnage qui sera le plus conforme à cette filiation spirituelle du serpent sera l'Antéchrist.

Le Christ et l'Antéchrist sont donc les deux "postérités" dont il est question dans la Genèse. Seulement ils sont aussi le type de deux postérités entendues cette fois collectivement. Ils sont les modèles de deux "lignées", c'est-à-dire de deux « corps mystiques «

Le Corps mystique du Christ peut être regardé comme la "postérité de la femme". C'est en effet La Nouvelle Ève qui l'a engendré, comme il est dit en maints endroits et en particulier dans le curieux verset que voici : « Numquid Sion : Homo et homo natus est in ea, et ipse fundavit eam Altissimus.» [ Ps LXXXVI (Vulgate) - 5] (« Mais on dira de Sion, un Homme et un homme est né en elle et c'est le Très Haut Lui-même qui l'a fondé. »)La citadelle de Sion est une image de la Vierge. Les deux hommes qu'elle a engendrés sont, l'un le Christ et l'autre son Corps Mystique.

 « Adam donna à sa femme le nom d'Ève parce qu'elle a été la mère de tous les vivants.» ( Gen. III – 20) 20] La descendance d'Ève est donc tout entière divisée en deux corps mystiques, celui du Christ et celui de l'Antéchrist. Ève est l'aïeule aussi bien de l'un que de l'autre.

Entre ces deux descendances, entre ces deux semences, il doit exister des inimitiés, jusqu'à la disparition de l'un des deux antagonistes, c'est-à-dire jusqu'à la fin des temps où l'Antéchrist sera terrassé par l'éclat de l'Avènement de majesté de Jésus-Christ. C'est Dieu qui a établi ces inimitiés: «Inimicitias ponam.» [ Gen. III - 15 ] Il existe donc une rivalité fondamentale entre l'Homme-Dieu et le Grand Dragon. Cette rivalité a déjà motivé l'expulsion de Lucifer hors du Ciel. Voici maintenant qu'elle se prolonge sur la terre.

Au moment donc où le serpent vient de remporter sa première victoire terrestre, Dieu annonce qu'Il suscite contre lui un "germe" mystérieux qui finira par triompher de lui. Un fils lointain de la femme que le serpent vient de tromper lui écrasera la tête: «Ipse conteret caput tuum.» [, Gen. III - 15] Ce texte capital, et pourtant très court, a été appelé le protévangile parce qu'il annonce la venue de celui qui doit détruire l'œuvre du serpent. Cette prophétie a alimenté la méditation des Grands Patriarches qui ont vécu sous la Loi Naturelle et qui l'ont transmis et jusqu'au temps d'Abraham. Dieu précisa alors à Abraham que cette prophétie se réaliserait dans sa propre descendance.

Deux religions, issues de cet antagonisme, vont prendre naissance parmi les enfants d'Adam: la religion d'Abel et la religion de Caïn. Elles diffèrent par 20] La descendance d'Eve est donc tout entière divisée en deux corps mystiques, celui du Christ et celui de l'Antéchrist. Eve est l'aïeule aussi bien de l'un que de l'autre.

 

Entre ces deux descendances, entre ces deux semences, il doit exister des inimitiés, jusqu'à la disparition de l'un des deux antagonistes, c'est-à-dire jusqu'à la fin des temps où l'Antéchrist sera terrassé par l'éclat de l'Avènement de majesté de Jésus-Christ. C'est Dieu qui a établi ces inimitiés: «Inimicitias ponam.» [ Gen. III - 15 ] Il existe donc une rivalité fondamentale entre l'Homme-Dieu et le Grand Dragon. Cette rivalité a déjà motivé l'expulsion de Lucifer hors du Ciel. Voici maintenant qu'elle se prolonge sur la terre.

 

Au moment donc où le serpent vient de remporter sa première victoire terrestre, Dieu annonce qu'il suscite contre lui un "germe" mystérieux qui finira par triompher de lui. Un fils lointain de la femme que le serpent vient de tromper lui écrasera la tête: «Ipse conteret caput tuum.» [, Gen. III - 15] Ce texte capital, et pourtant très court, a été appelé le protévangile parce qu'il annonce la venue de celui qui doit détruire l'œuvre du serpent. Cette prophétie a alimenté la méditation des Grands Patriarches qui ont vécu sous la Loi Naturelle et qui l'on'ransmiset jusqu'au temps d'Abraham. Dieu précisa alors à Abraham que cette prophétie se réaliserait dans sa propre descendance.

 

Deux religions, issues de cet antagonisme, vont prendre naissance parmi les enfants d'Adam: la religion d'Abel et la religion de Caïn. Elles diffèrent par les rites de leurs offertoires qui sont les symptômes de deux esprits différents.

 

Le rite d'Abel, inspiré par l'idée de l'universalité de la loi du sacrifice, est encore revendiqué par l'Église Catholique comme étant le rite primordial de la Vraie Religion. Cette revendication est particulièrement nette au canon de la Messe romaine, à l'oraison « Supra quae propitio » que le célébrant récite après la consécration. Cette oraison marque le rattachement de la Sainte Messe au sacrifice d'Abel à la Tradition primordiale.

Le rite de Caïn, on le sait, n'a pas été agréé par Dieu. Caïn, fils ainé d'Adam, fut le premier représentant de la "postérité spirituelle" du serpent: « Caïn était du malin.» [ l Jean III - Il ] Son rite d'offrande contient en germe toutes les fausses religions parce qu'il montre: « un zèle de Dieu, mais ce n'est pas selon la science» [ Rom. X - 2 ]

Ce même démon dont la postérité spirituelle proliférait déjà du temps de nos premiers parents, était encore au travail, bien des millénaires plus tard, à l'époque de Notre -Seigneur: « Le père dont vous êtes issus, c'est le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père.» [ Jean VIII - 44] Il est évident que ce même serpent opère encore parmi nous aujourd'hui le recrutement de son corps mystique.

En réalité, il existe, depuis le début de l'humanité, une dualité fondamentale des, qui ne sera au complet qu’à la mort de l’Antéchrist.

Cette doctrine des deux postérités, qui est l'un des plus anciens éléments de la Révélation Divine, est particulièrement nécessaire à connaître aujourd'hui. Car les adversaires de l'Église font grand bruit autour de la fameuse thèse de l'Unité transcendante des religions. Cette thèse, très ancienne elle aussi, est une vue de l'esprit. C'est une invention de type gnostique. Elle ne correspond pas à la réalité. Elle est en contradiction avec la Tradition apostolique et avec les plus anciens textes de la Révélation divine. L'histoire des hommes sur la terre est celle d'une lente formation de deux corps mystiques dont, après la résurrection de la chair, l'un sera celui des brebis et l'autre celui des boucs. « Or quand le Fils de l'homme viendra dans Sa gloire, et tous les anges avec Lui, Il s'assiéra sur un trône de gloire, et Il mettra les brebis à Sa droite et les boucs à Sa gauche.» [ Matth. XXV - 31-32]

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 06:30
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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 06:40

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L’ Adversaire et sa tactique 14 /23

 

XIV. Les combats singuliers

L'homme et le démon sont maintenant face à face en combat singulier. Mais les deux adversaires sont très dissemblables. Le démon est un esprit simple, autrefois transparent; devenu trouble. L'homme est une  créature complexe, mi-spirituelle, mi-corporelle, qui appartient à deux mondes.

Le démon a d'emblée l'avantage car l'homme ne peut tenir contre lui ; il est réduit à la défensive. Les moyens d'attaque des démons vont évidemment être spirituels; il n'a pas de voix pour se faire entendre de l'oreille humaine. Il va parler à l'âme comme il parlerait à un autre esprit.

Et comment les esprits angéliques parlent-ils entre eux ? Pour se parler, les anges dirigent leur pensée vers leur interlocuteur spirituel par un acte de la volonté ; puis ils donnent, à la pensée ainsi orientée, un contenu et une intensité. C'est ainsi que le démon opérera à l'égard de l'homme. L'âme humaine va se trouvée interpellée du dehors. Comment réagira-telle? Deux cas peuvent se présenter.

Si l'homme est exercé à écouter sa conscience, il ne la reconnaitra pas dans la voix du démon qui tente de converser avec lui et, sentant une immixion étrangère, il se tiendra sur la réserve. Il se réfugiera dans son for intérieur . 0r le démon ne peut pas pénétrer au for interne ; il ne peut pas converser avec un esprit qui ne s'ouvre pas. Il y a là une première ligne de défense naturelle.

Mais Dieu en oppose une seconde, car il surveille Satan, qui est Son ministre de l'épreuve, et il limite son action : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au dessus de vos forces; mais, avec la tentation, Il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter.» [ I Cor.X - 13 ]

Au contraire, la voix de la conscience devient trop faible, elle devient inaudible, chez un homme qui s'est habitué à la faire taire. Cet homme prendra la voix du démon pour celle de sa conscience et il croira délibérer avec lui-même. Dès lors il sera perdu car le démon possède, par sa maitrise du raisonnement, une redoutable force de conviction. Cet homme sera perdu pour avoir, par ses fautes antérieures, fait taire la voix de sa conscience: il aura ouvert son for interne et abandonné toute volonté de résistance.

 

Nous avons vu, en commençant cette étude, que l'homme a trois ennemis: le démon, le monde et lui- même. Il faut reconnaître que le monde et l'homme lui même ne sont des dangers que du fait de la présence du démon, lequel est par conséquent l'adversaire principal. C'est lui qui rend le monde mauvais en réalisant la connivence humano-démoniaque dont nous avons parlé. C'est lui aussi qui rend l'homme ennemi de lui-même par le péché originel et les péchés actuels, qui font de lui un esclave de Satan.

Quelle est la partie de l'homme que le démon va attaquer le plus volontiers ? C'est naturellement la partie spirituelle, avec laquelle il peut converser, et surtout dans sa zone la plus fragile: le point d'insertion de l'âme dans le corps. Or les psychologues s'accordent à penser que la zone de fragilité, c'est l'imagination. L'imagination est une faculté spirituelle mais elle reste placée sous la dépendance directe des sens dont elle combine et exacerbe les données.

Attaquant de préférence l'imagination, le démon va développer dans l'homme deux sortes de malices : la malice de la chair qui pénètre la partie inférieure de l'âme et la malice de l'esprit qui pénètre  sa partie supérieure. Cette malice de l'esprit est celle des grands intellectuels. Par elle "le grand logicien" les entraine dans des raisonnements aussi foncièrement faux qu'apparemment rigoureux.

Quelles sont les intentions du démon en se livrant, sur chaque homme et depuis tant de siècles, à ce travail de la tentation? Désire-t-il seulement augmenter la population de l'enfer en y faisant tomber le plus grand nombre possible de damnés? Certainement, car tout être actif tend à rendre les autres semblables à ce qu'il est lui-même, ~

Mais chaque âme qui tombe augmente le malheur du démon en augmentant sa culpabilité. Nous avons vu que tout ce que fait le démon se retourne contre lui. Il continue pourtant inlassablement tant est grande son obstination à ravir des âmes à son adversaire.

Toutefois son intention la plus incoercible est d'accroître sur la terre les transgressions de la Loi afin d'accroître proportionnellement ses droits terrestres. Car ce sont ces droits accumulés qui vont lui permettre d'édifier son pouvoir et sa religion, c'est-à-dire de réaliser, sur la terre, les ambitions qu'il n'a pas pu réaliser dans le ciel.

C'est grâce à d'innombrables victoires en combat singulier qu'il pourra ensuite édifier, de période en période, les organes de son futur pouvoir absolu. Il entrainera des dynasties de princes à gouverner selon ses principes de division. Les dynasties s'éteindront mais leur exemple demeurera. Il construira des cités sur le modèle de sa grande capitale Babel, qu'il n'a pas pu achever mais à laquelle il n'a pas renoncé.

Un très grand nombre de mauvais rois ont été des préfigurations, et aussi des préparations de l'Antéchrist: « Voici que je viens à toi, Pharaon, Roi  d'Egypte, toi le Grand Dragon couché au milieu de tes fleuves, qui a dit: Mon fleuve est à moi et c'est moi qui me le suis fait.» ( Ezéchiel XXIX - 3 )

 

Ces mêmes victoires individuelles, en s'accumulant, lui donnent le droit de créer les précédents de sa future religion universelle. Grâce à elles, il peut élever des

" hauts lieux" pour son culte. En face du Sinaï, la Montagne du Testament, il peut élever des Olympes, montagnes de l'assemblée des dieux. Il peut installer des Sibylles auprès des émanations de soufre. Il peut réunir des disciples autour de faux prophètes. Ce sont d'innombrables chutes personnelles qui lui donnent ces droits là .

Nous nous plaignons des mauvais maîtres temporels que la dureté des temps nous inflige. Et certainement ils le sont. Mais avec quelle permission sont-ils parvenus à nous régir, si ce n'est avec celle de Dieu. Or « Dieu fait régner l'homme hypocrite à cause des péchés du peuple » - Qui regnare facit hominem hypocritam propter peccata populi.» [Job XXXIV - 30] Tous punis parce que tous coupables.

 

Deux de ces combats singuliers ont particulièrement marqué le sort de l'humanité : celui de nos premiers parents et celui de Notre- Seigneur.

La tentation de nos premiers parents au Paradis terrestre a été abondamment commentée par les maîtres de la vie spirituelle et de l'exégèse. Nous en retiendrons seulement que notre Mère Ève a accepté la discussion avec le serpent ; elle lui a donné la réplique sans méfiance. Tout s'est passé, en somme, comme si elle avait eu une "fausse apparition", puisque le serpent n'était autre que le démon. Et c'est avec cette fausse apparition qu'elle a conversé. On peut voir là une première manifestation de cette fausse mystique par laquelle le démon suggéra tant et tant de détestables notions religieuses .

De la tentation de Notre-Seigneur au désert, qui a été commentée elle aussi par de si grands maîtres, nous retiendrons seulement le dernier épisode. Satan le. conduit sur "une très haute montagne" ; on songe à la. "montagne du Testament" [ Is. XIV - 13 ] où Lucifer à l'ambition de siéger un jour. Puis il propose àJésus de lui remettre, s'il se prosterne devant lui, tous les royaumes de la terre, car ils lui ont été confiés et il les donne à qui il veut. C'est vrai en effet : il cherche pour exercer la royauté universelle, un homme qui se sera prosterné devant lui. Bref, par cette proposition, par cette tentation, Satan aurait voulu faire de Jésus un Antéchrist, si cela eut été possible.

Ce même marché, il l'a proposé à tous les potentats, anciens et modernes, qui auront été finalement des précurseurs de l'Antéchrist.

Quant à nous, dans notre combat singulier: « nous avons pour nous aider un Pontife qui peut compatir à nos infirmités, ayant été Lui-même tenté et éprouvé en toutes choses.» [ Hebr. IV - 15 ]

En face du "lion cherchant qui dévorer", se dresse un autre Lion, celui qui est décrit dans l'Apocalypse comme : « le Lion vainqueur qui est sorti victorieux et pour vaincre.» [ Apoc. V - 2 ]

 

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