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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 08:27

L’âme humaine et ses relations avec les autres esprits -1/6

 

" La doctrine catholique est tout entière fondée sur la doctrine de la spiritualité de l'âme humaine". (Dom A. Vonier OSB)

« Homme, connais-toi toi même... ! »

"L'intelligence est en péril"

Introduction

Depuis un siècle, l'esprit humain s'acharne à nier sa propre nature spirituelle, à s'autodétruire, à s'autodéprécier, sans même se rendre compte de l'absurdité de cette situation. L'esprit humain tellement aveuglé par l'orgueil intellectuel, en vient à nier sa propre existence, plutôt que de reconnaître qu'il est créature divine.En réaction à un idéalisme trop irréaliste, on en est tombé dans le matérialisme le plus inconséquent. Malheureusement des pasteurs de l'Eglise ont suivi le mouvement. Qui parle encore de l'âme aux enfants? aux adultes? L'élimination des notions claires sur la nature de l'âme et de ses relations avec le corps, a amené une idolâtrie de la " personne ", sans que l'on sache dire ce qu'est la personne au juste. Croyez et taisez-vous, ne cherchez pas à approfondir! De toute façon, c'est inconnaissable, etc... Occupez-vous d'autres choses! C'est ainsi qu'on ne peut plus expliquer ce qui se passe après la mort, ce qu'est l'ascèse, la mystique, le péché,les Anges, etc... Faute de moyens d'en parler, on ne retient que le recours à la croyance aveugle et au sentiment. On croit à l'âme parce qu'il faut y croire, mais n'en demandez pas plus! Cette attitude n'est pas humaine, ni catholique. L'Église sait ce qu'il faut connaître sur l'âme, ni plus, ni moins. Les théologiens, les mystiques, les philosophes, ont uni leurs efforts pour lui apporter les lumières de la raison, raison elle-même accomplie par la Foi en la Révélation. Cela réalise un apport de connaissance très concret, à la portée de tous et qui satisfait le besoin de comprendre des "enfants de Dieu ". Il reste bien des mystères, Dieu merci ! Ce n'est que dans la pleine lumière de Dieu que nous pourrons en savoir plus. Nous allons essayer de comprendre quelques points essentiels de la doctrine catholique concernant cette merveilleuse créature de Dieu : l'âme humaine.Dans le désatre actuel,sauvons l'intelligence;c'est une question de survie Nous avons condensé le très beau livre de Dom Vonier OSB,nous avons dû le traduire de l'anglais Il date de 1914; c'est un ouvrage exceptionnel,qu'il faut lire attentivement et progressivement .Certaines expressions surprendront :elle sont pourtant fondées dans la tradition théologique,qui hélas s'est bien affaiblie.Il n'est pas un ouvrage de "spiritisme" au sens ordinaire de ce mot.Il met au contraire en garde contre cette perversion en révélant le vraie nature de nos âmes.

Nous étudierons plusieurs aspects: 1) la nature des substances spirituelles - 2) l'âme humaine, son rôle - 3) l'âme humaine, sa place dans l'univers - 4) l'âme humaine et son mystère - 5) l'origine de l'âme, le péché originel - 6) l'âme humaine et le péché - 7) l'âme humaine après la mort, son état, le Purgatoire, l'Enfer - 8) l'âme dans la communauté Enf. -

 

1 - Nature des substances spirituelles.(A lire et à bien retenir)

 

L'âme humaine est un esprit, autant un esprit que n'importe quel Ange, autant un esprit que Dieu Lui-même, toutes proportions gardées, bien évidemment. Le terme "esprit” " est appliqué avec une égale appropriation à Dieu, à l'Ange et à l'âme humaine. Dieu, l'âme, l'Ange, sont absolument immatériels. Ils diffèrent par leur puissance d'intelligence, mais il n'y a pas de différence dans leur liberté respective vis-à-vis des lois de la matière Le terme “esprit" a, en premier lieu, une valeur négative. Il signifie totale liberté vis à vis des lois, de l'espace et du temps. Il signifie totale absence de ce qui est appelé matière, ou vie organique dans sa substance même. Un esprit, non seulement " se déplace" librement dans l'espace, mais il est absolument supérieur à l'espace, l'espace n'existe pas pour lui. Il est également supérieur aux divisions du temps. Hier, aujourd'hui, demain n'ont pas de sens pour un esprit pur. Si les actes où les" périodes" de l'activité de l'existence d'un esprit doivent être classifiées, elles le sont selon la plus ou moins grande intensité dans la pensée et non seulement par les mouvements des astres qui règlent notre temps terrestre. Dans la théologie catholique, esprit et matière sont en opposition, non en qualité d'opposition en bien ou mal, mais par incompatibilité des lois, incompatibilité des modes d'action respectifs. Mais, s'il est déjà difficile de concevoir l'être sans matière, pour nous humains, il nous sera encore plus difficile de concevoir un être vivant qui peut se passer de sensation, de vie sensitive. C'est-à-dire de cet apport progressif de données externes, sensorielles, que notre cerveau humain transforme en images, puis en émotions, en sentiments. Nous pouvons très mal imaginer un être qui ne pense pas comme nous, et qui, pourtant, pense intensément, veut intensément. C'est que, pour nous, ces capacités nous sont indispensables, alors que, pour un esprit pur, elles seraient un alourdissement, une pesanteur, une gêne considérable. Mais, avançons pas à pas pour en venir aux attributs positifs d'un esprit:

1) L'activité d'un esprit est tout intelligence et volonté. Son pouvoir est pouvoir, de vouloir; sa "taille", sa dimension dans l'ordre des esprits est celle de la grandeur de sa faculté d'intelligence

. 2) Un esprit est incorruptible et donc immortel, du fait du principe même de sa nature. Car il n'a pas en lui de principe de séparation entre des éléments (comme le corps est composé d'organes et l'homme d'une âme et d'un corps). Il n'y a pas en lui composition. Il est un et pur. Dieu seul pourrait l'annihiler, mais ceci est contraire à la Sagesse Divine, qui ne fait" rien pour rien". Le livre de la Sagesse dit en effet:(1.14) " Dieu a créé toutes choses pour qu'elles soient, les créatures sont salutaires". Ce qui veut dire que toute créature, même si elle se détourne de sa fin, doit servir Dieu pour glorifier Sa Miséricorde ou Sa Justice" car la Justice est immortelle" (1.15). Il faudrait, pour que Dieu annihile un esprit créé, comme un nouveau" miracle", comme s’il empêchait le feu de brûler.Un esprit est créé pour” brûler” éternellement, pour agir éternellement.. C'est sa nature même qui est faite ainsi par Dieu.

3)- Un esprit reçoit toute sa connaissance de façon innée, infusée d'en haut. 4)- Un esprit voit toute chose par intuition directe. Il saisit globalement en une unique pensée, l'objet qui s'offre à son intelligence.

5)- Un esprit ne revient jamais sur une décision prise (l'application aux Anges déchus sera développée plus loin)

6)- Un esprit, de par sa nature même, connaît tout ce qui est inférieur à lui, à l'exception des actes libres des créatures raisonnables.

7)- Un esprit agit toujours au maximum, " au plein" de son intelligence et de sa volonté, du fait de son unité. Voici quelques uns des attributs mentionnés par St Thomas d’ Aquin. L'âme humaine doit donc les posséder, si on considère l'âme comme un esprit. Une objection vient tout de suite: Mais on ne voit pas dans l'âme humaine d'aussi grands attributs négatifs ou positifs! A ceci on peut répondre : l'âme humaine doit être considérée en deux états totalement différents. 1) en état d'union avec le corps. 2) en état de séparation. Les attributs mentionnés plus haut appartiennent à l'état de séparation et à l'état permanent et éternel, non à celui de l'union transitoire sur cette terre. Nous y reviendrons plus loin.

La doctrine qui énonce que l'âme humaine, bien que le plus petit, le plus bas dans l'échelle des esprits, est autant un esprit que Dieu Lui-même, amène à quelques considérations supplémentaires. Tout d'abord, c'est que nous allons trouver la raison pour laquelle l'âme humaine est vraiment et justement appelée l'image de Dieu. L'âme humaine est une stricte ressemblance (une simple image n'est pas forcément ressemblante). Elle est vraiment" tout le portrait" de Dieu, du fait de l'Art du Divin Artiste. Il nous a fait" à Son Image" et qui plus est, à" Sa ressemblance" (Genèse). C'est une expression à prendre littéralement et non une simple métaphore. L'âme partage l'immatérialité de Dieu et la liberté à l'égard de la vie sensitive. Ces attributs (si l'on peut appeler ces négations, des attributs) ont la même signification à l'égard de Dieu et de l'âme humaine. Nous verrons comment cette similarité entre Dieu et l'âme, provenant de la distance de chacun par rapport à la matière, permet à l'âme de recevoir le propre Esprit de Dieu, d'être élevée à une haute ressemblance avec la Divinité, à travers le don de la grâce surnaturelle. Il n'y a aucune possibilité de ce genre pour la Matière.

 

+++ Après avoir établi que la spiritualité est possédée également par les esprits les plus élevés et les inférieurs jusqu'au bas de l'échelle, une nouvelle question se pose : comment alors différencient-ils les uns des autres ? La réponse fait appel à des notions un peu abstraites, pardonnez-moi. Nous sommes là sur un terrain où nos notions terrestres défaillent. On peut néanmoins dire : les esprits diffèrent en perfection naturelle du fait de l'immutabilité et de l'unité de leur opération d'intelligence et de volonté (l'immutabilité veut dire le caractère immuable, la solidité, la fermeté inébranlable). On peut dire aussi que le plus haut esprit est celui pour qui tous les objets d'intelligence et de volonté (tout ce qui est et peut être pensé ou voulu) sont comme un seul objet, seul et unique. Un esprit inférieur quand il donne son attention et son amour à un millier d'objets différents devra faire pour cela un millier d'actes successifs. Un esprit d'un rang suivant et plus haut le fait en un acte seulement. Et en faisant cela d'un seul coup, son attention à chacun du millier d'objets, et son amour pour chacun est plus .grand que dans le cas de l'esprit qui doit faire mille actes séparés. C'est ainsi que l'on peut se faire une toute petite idée de la hiérarchie des esprits. Il se fait comme une double échelle, partant de la concentration de connaissance et d'amour maximale en Dieu pour, par degrés, arriver à la dispersion tout auprès de l'objet isolé, au coup par coup, de l'acte humain. Et en montant l'échelle, une concentration progressive dans chaque hiérarchie qui connaît et aime avec plus en plus d'unité et d'intensité. L'extrême beauté de la création est cette analogie qui existe entre les opérations du plus haut et du plus bas. Il y a un rapport entre elles, elles ne sont pas complètement et absolument dissemblables. C'est pourquoi on peut dire que l'âme humaine est véritablement Image de Dieu, la plus petite, la plus frêle, la " petite dernière" de la création et pour cela " la chérie de Dieu ". Toute la radicale et fondamentale différence entre Dieu et l'âme est que Dieu est Esprit incréé, Mystère insondable, tandis que l'âme est un esprit créé ayant reçu son existence de la Puissance, de la Sagesse, de la Bonté de Dieu. Et cet abîme est infranchissable. L'âme pourra participer de la Vie Divine, être divinisée au titre de la filiation, unie par amour, épousée par Dieu, elle ne sera jamais, jamais, de la même nature que Dieu, de la même essence que Lui, sinon Dieu ne serait plus Dieu... Il est bon de rappeler ces notions, car le panthéisme ne met pas de séparations entre Dieu et Sa création. Pour le panthéisme" tout est étincelle de Dieu, particule de Dieu". Mais la séparation, la distinction permet seule l’union d’amour, mystère d’infinie Bonté, union d’amour librement consentie par les deux esprits et non déterminée par un mécanisme obligatoire. Ce n’est qu’au Ciel que nous n’apprécierons à sa juste valeur le Don de Dieu Créateur des esprits libres et “capables” de Lui .L’âme humaine si petite est “capax Dei”, capable d’être la demeure de Dieu. Ce chapître introductif est un peu difficile, mais tout s’éclairera dans les pages suivantes.N’oublions jamais qu’un mystère est un clair-obscur.Il ne faudra pas moins de l’éternité pour connaître et aimer Dieu et Ses dons. A suivre

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 08:14

Prière pour le bon usage des maladies (Pascal) 3/3

 

Seigneur, Vous avez laissé languir le monde dans les souffrances naturelles sans consolation, avant la venue de Votre Fils unique: Vous consolez maintenant et Vous adoucissez les souffrances de Vos fidèles par la grâce de Votre Fils unique: et Vous comblez d'une béatitude toute pure Vos Saints dans la gloire de Votre Fils unique. Ce sont les admirables degrés par lesquels Vous conduisez Vos ouvrages. Vous m'avez tiré du premier; faites-moi passer le second, pour arriver au troisième. Seigneur, c'est la grâce que je Vous demande. Otez de moi, Seigneur, la tristesse que l'amour de moi-même me pourrait donner de mes propres souffrances et des choses du monde qui ne réussissent pas au gré des inclinations de mon cœur qui ne regardent pas Votre gloire; mais mettez en moi une tristesse conforme à la Vôtre. Que mes souffrances servent à apaiser Votre colère. Faites-en une occasion de mon salut et de ma conversion. Que je ne souhaite désormais de santé et de vie qu'afin de l'employer et la finir pour Vous, avec Vous et en Vous. Je ne Vous demande ni santé, ni maladie, ni vie, ni mort; mais que Vous disposiez de ma santé et de ma maladie, de ma vie et de ma mort, pour Votre gloire, pour mon salut, et pour l'utilité de l'Église et de Vos Saints, dont j'espère par Votre grâce faire une portion. Vous seul savez ce qui m'est expédient: Vous êtes le souverain Maître, faites ce que Vous voudrez. Donnez-moi, ôtez-moi; mais conformez ma volonté à la Vôtre; et que, dans une soumission humble et parfaite et dans une sainte confiance, je me dispose à recevoir les offres de Votre providence éternelle, et que j'adore également tout ce qui me vient de Vous. Faites donc, Seigneur, que tel que je sois je me conforme à Votre volonté; et qu'étant malade comme je suis, je Vous glorifie dans mes souffrances. Sans elles je ne puis arriver à la gloire; et Vous-même, mon Sauveur, n'y avez voulu parvenir que par elles. C'est par les marques de Vos souffrances que Vous avez été reconnu de Vos disciples; et c'est par les souffrances que Vous reconnaissez aussi ceux qui sont Vos disciples. Reconnaissez moi donc pour Votre disciple dans les maux que j'endure et dans mon corps et dans mon esprit pour les offenses que j'ai commises. Et parce que rien n'est agréable à Dieu s'il ne lui est offert par Vous, unissez ma volonté à la Vôtre, et mes douleurs à celles que Vous avez souffertes. Faites que les miennes deviennent les Vôtres. Unissez-moi à Vous, remplissez-moi de Vous et de Votre Esprit Saint. Entrez dans mon cœur et dans mon âme, pour y porter mes souffrances, et pour continuer d'endurer en moi ce qui reste à souffrir de Votre Passion, que Vous achevez dans Vos membres jusqu'à la consommation parfaite de Votre Corps; afin qu'étant plein de Vous, ce ne soit plus moi qui vive et qui souffre, mais que ce soit Vous qui viviez et qui souffriez en moi, ô mon Sauveur et qu'ainsi ayant quelque petite part à Vos souffrances, Vous me remplissiez entièrement de la gloire qu'elles Vous ont acquise, dans laquelle Vous vivez avec le Père et le Saint-Esprit, par tous les siècles des siècles. Amen.

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:01

Prière « pour le bon usage des maladies » (Pascal)2/3

 

Mon Dieu, je n'aurais pas la hardiesse de Vous adresser mes cris si quelque autre les pouvait exaucer. Mais, mon Dieu, comme la conversion de mon cœur, que je Vous demande, est un ouvrage qui passe tous les efforts de la nature, je ne puis m'adresser qu'à l'Auteur et au Maître tout-puissant de la nature et de mon cœur. A qui crierai-je, Seigneur, à qui aurai-je recours, si ce n'est à Vous? Tout ce qui n'est pas Dieu ne peut pas remplir mon attente. C'est Dieu même que je demande et que je cherche; et c'est à Vous seul, mon Dieu, que je m'adresse pour Vous obtenir. Ouvrez mon cœur, Seigneur; entrez dans cette place rebelle que les vices ont occupée. Ils la tiennent sujette; entrez-y comme dans la maison du fort; mais liez auparavant le fort et puissant ennemi qui la maîtrise, et prenez ensuite les trésors qui y sont .. Seigneur, prenez mes affections que le monde avait volées: volez Vous-même cc trésor, ou plutôt reprenez-le, puisque c'est à Vous à qui il appartient, comme un tribut que je vous dois, puisque Votre image y est empreinte. Vous l'y aviez formée, Seigneur, au moment de mon baptême qui est ma seconde naissance; mais elle est tout effacée. L'idée du monde y est tellement gravée, que la vôtre n'est plus connaissable. Vous seul avez pu créer mon âme: Vous seul pouvez la créer de nouveau. Vous seul y avez pu former Votre image, Vous seul pouvez la réformer, et y réimprimer Votre portrait effacé, c'est-à-dire Jésus-Christ mon Sauveur, qui est Votre Image et le Caractère de Votre Substance. Touchez mon cœur du repentir de mes fautes, puisque, sans cette douleur intérieure, les maux extérieurs dont Vous touchez mon corps me seraient une nouvelle occasion de péché. Faites-moi bien connaître que les maux du corps ne sont autre chose que la punition et la figure tout ensemble des maux de l'âme. Mais, Seigneur, faites aussi qu'ils en soient le remède, en me faisant considérer, dans les douleurs que je sens, celles que je ne sentais pas dans mon âme, quoique toute malade et couverte d'ulcères. Car, Seigneur, la plus grande de ses maladies est cette insensibilité, et cette extrême faiblesse qui lui avait ôté tout sentiment de ses propres misères. Faites-les-moi sentir vivement, et que ce qui me reste de vie soit une pénitence continuelle pour laver les offenses que j'ai commises. Seigneur, ma vie passée vous a été odieuse par sa négligence continuelle, par le mauvais usage de Vos plus augustes Sacrements, par le mépris de Votre parole et de Vos inspirations, par l'oisiveté et l'inutilité totale de mes actions et de mes pensées, par la perte entière du temps que Vous ne m'aviez donné que pour Vous adorer, pour rechercher en toutes mes occupations les moyens de Vous plaire, et pour faire pénitence des fautes qui se commettent tous les jours, et qui même sont ordinaires aux plus justes, de sorte que leur vie doit être une pénitence continuelle sans laquelle ils sont en danger de déchoir de leur justice. Ainsi, mon Dieu, je vous ai toujours été contraire. Oui, Seigneur, jusqu'ici j'ai toujours été sourd à vos inspirations: j'ai méprisé vos oracles; j'ai jugé au contraire de ce que vous jugez; j'ai contredit aux saintes maximes que vous avez apportées au monde du sein de Votre Père éternel, et suivant lesquelles vous jugerez le monde. Oui, Seigneur, je confesse que j'ai estimé la santé un bien, non pas parce qu'elle est un moyen facile pour Vous servir avec utilité, pour consumer plus de soins et de veilles à Votre service, et pour l'assistance du prochain, mais parce qu'à sa faveur je pouvais m'abandonner avec moins de retenue dans l'abondance des délices de la vie, et en mieux goûter les funestes plaisirs. Faites-moi la grâce, Seigneur, de réformer ma raison corrompue, et de conformer mes sentiments aux Vôtres. Que je m'estime heureux dans l'affliction, et que Vous purifiiez tellement mes sentiments qu'ils ne répugnent plus aux Vôtres; et qu'ainsi je Vous trouve au dedans de moi-même, puisque je ne puis Vous chercher au dehors à cause de ma faiblesse. Car, Seigneur, Votre Royaume est dans vos fidèles, et je le trouverai dans moi-même si j'y trouve Votre Esprit et Vos sentiments. Considérez les maux que je souffre et ceux qui me menacent. Voyez d'un œil de miséricorde les plaies que Votre main m'a faites. O mon Sauveur, qui avez aimé Vos souffrances en la mort! O Dieu, qui ne vous êtes fait homme que pour souffrir plus qu'aucun homme pour le salut des hommes! O Dieu, qui ne Vous êtes incarné après le péché des hommes, et qui n'avez pris un corps que pour y souffrir tous les maux que nos péchés ont mérités! O Dieu, qui aimez tant les corps qui souffrent, que Vous avez choisi pour vous le corps le plus accablé de souffrances qui ait jamais été au monde! Ayez agréable mon corps, non pas pour lui-même, ni pour tout ce qu'il contient, car tout y est digne de Votre colère, mais pour les maux qu'il endure, qui seuls peuvent être dignes de Votre amour. Aimez mes souffrances, Seigneur, et que mes maux Vous invitent à me visiter. Mais pour achever la préparation de Votre demeure, faites, ô mon Sauveur, que si mon corps a cela de commun avec le Vôtre qu'il souffre pour mes offenses, mon âme ait aussi cela de commun avec la Vôtre qu'elle soit dans la tristesse pour les mêmes offenses; et qu'ainsi je souffre avec Vous, et comme Vous, et dans mon corps, et dans mon âme, pour les péchés que j'ai commis. A Suivre

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 18:42

Un rhumatisme qui sauve....et qui soulève des interrogations

 

 ! Le 27 novembre 1970, à son arrivée à Manille SS Paul VI réchappa d'une tentative d'assassinat perpétrée par un artiste-peintre bolivien de 35 ans . Déguisé en prêtre, crucifix en main,il parvint à approcher le pape avant de le frapper de deux coups de poignard dans le cou, portés de part et d'autre de la veine jugulaire. Le secrétaire particulier de Paul VI, Mgr Macchi atténua la violence des coups en retenant le bras de l'agresseur. Le col rigide que portait le pape pour le soulager de l'arthrose cervicale contribua à la légèreté des blessures...

. Il portait une sorte de minerve,qui maintient le cou en cas de douleurs arthrosiques.Ceux qui souffrent de cette maladie pénible et invalidante savent de quoi il est question. En 1970 SS PaulVI devait limiter ses mouvements d'extension sous peine de douleurs et de vertiges. Ce qui est tout de même intéressant pour ceux qui ont pu étudier les photos du dossier « Paul VI » de la photothèque de l'osservatore romano( disparu) c'est la représentation d'un personnage alerte capable de se prosterner front contre terre aux pieds d'un pope en 1975, d'officier pendant des heures et encore capable d'admirer les peintures des plafonds et les expositions sans canne ni aucun soutien...Ami rhumatisant, tu sais ce que c'est.. ! Ou bien le traitement était miraculeux …. ou bien les photos montrent une doublure... présentable. Ce qui a frappé ceux qui l'ont constaté à l'époque , c'est le changement de comportement,une sorte de rajeunissement vital, sans aucun signe d'imprégnation cortisonique ou autre.Tel qu'en présentait le président Pompidou.avant sa mort.. Prise de poids, bouffissure du visage en particulier.Bizarre tout de même... L'Histoire jugera ...

SS Paul VI souffrait et souffre le martyre physique, que ses ennemis respectent cette douleur ! Et nous savons quel martyre moral y est associé...Prions pour que la vérité se fasse sur le Pape martyr....

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 08:01

PRIÈRE DE PASCAL pour « demander à Dieu le bon usage des maladies »1/3

 

Blaise Pascal(1623-1662)est un grand mathématicien et philosophe français. Catholique très pieux ,il a laissé de très beaux témoignages de sa foi profonde Dans ces 3 articles on trouvera la prière très personnelle qu'il écrivit pendant une de ses périodes de maladie, où Il souffrit de violents maux de tête qui l 'épuisaient.Il parle donc comme quelqu'un « qui sait de quoi il parle »Dans cette prière magnifique dans la forme et le fond il montre entre autres sa très grande confiance en Dieu. Pour notre époque où la science se veut athée et où l'on a perdu le sens et la valeur de la souffrance et de la mort, c'est une grande leçon pour tous les âmes et spécialement pour les malades et tous les souffrants qui sont tentés de désespérer et de se révolter. Tous les souff ne pourront souscrire aussitôt aux sentiments de pénitence et d'abandon total exprimés par Pascal dans cette prière. Ils pourront néanmoins en profiter et apprendre à connaître le sens profond de leur maladie.Les bien-portants y trouveront matière à examen de l'usage QU'ILS FONT DE LEUR BONNE SANTÉ....

 

« SEIGNEUR, dont l'esprit est si bon et si doux en toutes choses, et qui êtes tellement miséricordieux que non seulement les prospérités, mais les disgrâces mêmes qui arrivent à Vos élus sont des effets de Votre miséricorde, faites-moi la grâce de n'agir pas en païen dans l'état où Votre justice m'a réduit· que comme un vrai chrétien, je Vous reconnaisse pour mon Père et pour mon Dieu, en quelque état que je me trouve, puisque le changement de ma condition n'en apporte pas à la vôtre, que vous êtes toujours le même,quoique je sois sujet au changement, et que vous n'êtes pas moins Dieu quand vous affligez et quand vous punissez que quand Vous consolez et que Vous usez d'indulgence. Vous m'aviez donné la santé pour Vous servir, et j'en ai fait un usage tout profane. Vous m'envoyez maintenant la maladie pour me corriger; ne permettez pas que j'en use pour Vous irriter par mon impatience. J'ai mal usé de ma santé, et vous m'en avez justement puni: ne souffrez pas que j'use mal de Votre punition. Et puisque la corruption de ma nature est telle qu'elle me rend vos faveurs pernicieuses, faites, ô mon Dieu, que Votre grâce toute-puissante me rende vos châtiments salutaires. Si j'ai eu le cœur plein de I'affection du monde pendant qu'il a eu, quelque vigueur, anéantissez cette vigueur pour mon salut, et rendez-moi incapable de jouir du monde soit par faiblesse de corps, par zèle de charité, pour ne jouir que de Vous seul. O Dieu, devant qui je dois rendre un compte exact de toutes mes actions à la fin de ma vie et à la fin du monde! O Dieu, qui faites mourir nos corps, et qui, à l'heure de la mort, détachez notre âme de tout ce qu'elle aimait au monde! Je vous loue, mon Dieu, et je Vous bénirai tous les jours de ma vie, de ce qu'il Vous a plu prévenir en ma faveur ce jour épouvantable, en détruisant à mon égard toutes choses, dans l 'affaiblissement ou Vous m'avez réduit. Je Vous loue, mon Dieu, et je Vous bénirai tous les jours de ma vie, de ce qu'il Vous a plu de me réduire dans l'incapacité de jouir des douceurs de la santé et des plaisirs du monde, et de ce que Vous avez anéanti en quelque sorte, pour mon avantage, les idoles trompeuses que Vous anéantirez effectivement pour la confusion des méchants, au jour de Votre colère. Car, Seigneur, comme à l'instant de ma mort je me trouverai séparé du monde, dénué de toutes choses, seul en Votre présence, pour répondre à Votre justice de tous les mouvements de mon cœur, faites que je me considère en cette maladie comme en une espèce de mort, séparé du monde, dénué de tous les objets de mes attachements, seul en Votre présence, pour implorer de Votre miséricorde la conversion de mon cœur; et qu'ainsi j'aie une extrême consolation de ce que Vous m'envoyez maintenant une espèce de mort pour exercer Votre miséricorde, avant que Vous m'envoyiez effectivement la mort pour exercer Votre jugement. Faites donc, ô mon Dieu, que comme vous avez prévenu ma mort, je prévienne la rigueur de Votre sentence, et que je m'examine moi-même avant Votre jugement, pour trouver miséricorde en Votre présence. Faites, ô mon Dieu, que j'adore en silence l'ordre de votre providence adorable sur la conduite de ma vie; que votre fléau me console; et qu'ayant vécu dans l'amertume de mes péchés pendant la paix, je goûte les douceurs célestes de votre grâce durant les maux salutaires dont vous m'affligez. Mais je reconnais, mon Dieu, que mon cœur est tellement endurci et plein des idées, des soins, des inquiétudes et des attachements du monde, que la maladie non plus que la santé, ni les discours, ni les livres, ni vos Écritures sacrées, ni votre Évangile, ni vos mystères les plus saints, ni les aumônes, ni les jeûnes, ni les mortifications, ni les miracles, ni l'usage des Sacrements, ni le sacrifice de votre corps, ni tous mes efforts, ni ceux de tout le monde ensemble, ne peuvent rien du tout pour commencer ma conversion, si vous n'accompagnez toutes ces choses d'une assistance tout extraordinaire de votre grâce. C'est pourquoi, mon Dieu, je m'adresse à Vous, Dieu tout-puissant, pour vous demander un don que toutes les créatures ensemble ne peuvent m'accorder....A Suivre

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 11:01

Immortelle liturgie. ACTION DE GRÂCES POUR LA SAINTE ÉGLISE

 

GLOIRE à Vous, Seigneur, par Votre Église, que Vous avez illuminée pour qu'elle puisse Vous adorer. Louange Vous soit rendue par la bouche de ceux qui ont reçu, par Votre Verbe, une nouvelle dignité, et puissiez-Vous être proclamé Saint par les impurs que Votre hysope a purifiés. Ce n'est pas que notre glorification ajoute à Votre gloire, ou que notre action de grâces ou notre louange accroisse Votre grandeur,car Vous possédez dans le ciel une multitude innombrable d'êtres qui Vous glorifient. Gloire à vous, qui, par Votre grâce, avez magnifié notre nature. Permettez que nos voix terrestres se mêlent aux hymnes des armées célestes. C'est Vous, Seigneur, qui, dans Votre immense bonté, nous avez envoyé le Sauveur et le Libérateur, Votre Fils unique Bien-aimé. Il est né de la Vierge comme un rayon lumineux traversant un œil pur. Il a pris l'apparence d'un esclave dans son sein sacré, bien qu'il Vous soit véritablement égal en majesté. Il s'est fait homme, selon Son bon vouloir, pour faire de nous des dieux, comme il Lui a semblé bon. Il est né d'un sein de chair pour que nous puissions renaître d'un sein spirituel. Il s'est fait notre frère pour faire de nous Vos enfants. Il nous a arrachés à la basse condition d'esclaves pour nous donner la dignité d'héritiers. Il n'a plus voulu de nous comme mercenaires, mais Il nous a élevés au rang de fils bien-aimés. Il a ôté de notre cœur l'esprit de servitude, pour que nous n'ayons plus la crainte, qu'ont les esclaves, et Il nous a donné l'esprit d'adoption, grâce auquel nous Vous appelons en toute confiance notre Père. Vraiment, il est digne de Vous rendre grâces, Dieu éternel; car c'est Vous qui, tirant toujours la force de notre faiblesse, avez accordé à Votre Église de croître au milieu de l'adversité. C'est lorsqu'on la croyait écrasée qu'éclatait sa puissance et sa gloire: les malheurs étaient une épreuve pour sa foi et Votre secours permettait à sa piété de persévérer et de triompher. Amen

PRIÈRE À L'  ESPRIT-SAINT, Créateur, daignez venir au secours de Votre Église! Fortifiez-la et confirme par Votre vertu céleste contre les attaques des ennemis. Renouvelez, par Votre amour et Votre grâce, l'esprit de Vos serviteurs que Vous avez oints, afin qu'ils glorifient en Vous le Père et le Fils unique, Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 13:39

"La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi."

Vincent Peillon. Ministre de l'éducation nationale (sic)

Son modèle est Jean Zay, nouveau locataire du Panthéon, église volée.

« Ce sera pire qu' en 1793 » MJC

PRÉPAREZ VOS AMES

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 09:11

B......  continue à tourner en dérision la messe traditionnelle latine comme "magique" et " esthétisme vide."  «doctrinaire» et «idéologue». Le 16 Février 2012, Bergoglio a déclaré que «l'étude de la théologie fondamentale est une des choses les plus ennuyeuses de la terre."....!

a suivre

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 08:11

Immortelle Liturgie. STROPHES EMPRUNTÉES AUX LIVRES DES LITURGIES ORIENTALES en l'honneur de Saints Apôtres Pierre et Paul et pour demander leur intercession.

22 février Fête de la Chaire de Saint Pierre à Antioche.

« Vous êtes bienheureux, ô élu, chef de l'armée des apôtres, Simon! Car votre Seigneur et votre Dieu vous a accordé le salut, et vous avez reçu de Lui le nom de Pierre et le fondement. Par votre prière, saint apôtre Simon, les" schismes et les querelles sont écartés de votre Église. Que la paix du Fils, votre Seigneur, réside pour toujours en elle! Vous avez donné comme fondement à Votre Église, ô Seigneur, la fermeté inébranlable de Pierre, l'intelligence et la claire sagesse de Paul, et leur commune prédication de Dieu, acharnée à combattre l'erreur et l'impiété. C'est pourquoi, initiés par eux, nous Vous louons, ô Jésus tout-puissant, Sauveur de nos âmes! O Pierre, prince des glorieux Apôtres, rocher de la foi, et vous, Paul homme de Dieu, docteur et lumière des saintes Églises, vous qui vous tenez tous les deux devant le trône de Dieu, intercédez pour nous auprès du Christ. De quelles couronnes de louanges entourerons-nous Pierre et Paul ? Ils ont été arrachés à leurs corps et unis à l'Esprit, pour devenir les premiers parmi les prédicateurs de Dieu; l'un parce qu'il fut placé à la tête des Apôtres, l'autre parce qu'il travailla plus que tous. Le Christ, notre Dieu, les a couronnés du diadème de la gloire éternelle, dans Sa grande bonté. O Pierre, qui êtes la pierre et le fondement, et Paul, qui êtes un vase choisi ! Comme ces bœufs du Christ, unis sous le joug, vous avez entraîné à la connaissance toutes les nations, les cités et les îles. Vous avez aussi ramené les Juifs au Christ, et vous intercédez auprès de Lui pour le salut de nos âmes. Vous qui possédez les premier trônes des Apôtres et qui avez enseigné le monde entier, intercédez auprès du Maître de l'univers pour qu'Il donne la paix à la terre, et Sa grande bonté à nos âmes. »

 

Prière POUR LE PAPE

Prions pour notre Pape Paul VI Que le Seigneur le protège, qu'il le garde en vie, qu'il le rende heureux sur la terre et ne l'abandonne pas à la merci de ses ennemis. Amen.

Prions.

- 0 Dieu qui êtes le Pasteur et le Chef de tous les fidèles, regardez favorablement Votre serviteur Paul, que Vous avez voulu placer comme pasteur à la tête de Votre Église. Accordez-lui de pouvoir, par sa parole et son exemple, assurer le progrès des siens, afin qu'il parvienne, avec le troupeau qui lui a été confié, à la vie éternelle. Par le Christ notre Seigneur. Amen. Dieu tout-puissant et éternel, ayez pitié de Votre serviteur notre Pape Paul VI, et dirigez-le, dans Votre bonté, sur le chemin du salut éternel; afin qu'avec Votre aide il désire ce qui Vous plaît et l'accomplisse de toutes ses forces. Par le Christ notre Seigneur. Amen

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 05:38

Enseignements de S.S. Paul VI sur la Pénitence.

 A l'heure présente où la haine contre SS Paul VI constitue le consensus de ralliement d'une certaine tradition,à l'heure où l'indifférence des « modernes » à l'égard de ce thème est évidente, nous avons le devoir de justice de rappeler que le thème de la conversion ,but de la pénitence,est un sujet très souvent rappelé par le Saint Père dans ses écrits et ses audiences. La constitution apostolique « Paenitemini » du 17 février 1966 rappelle les points fondamentaux avec de très nombreuses références à la doctrineTraditionnelle (65)

 

Le 16 février 1972 sur le devoir de Pénitence

 

  Chers Fils et Filles,   Les Cendres : pour nous, catholiques, ce mot renferme une grande richesse d’éléments doctrinaux plus ou moins connus de tous. Le rite de l’imposition des cendres est un rite de pénitence qui, dans la liturgie actuelle, nous conduit à un double considération. Tout d’abord, la fragilité extrêmement éphémère de l’existence humaine qui doit nous amener à une prise de conscience de la hiérarchie des vraies valeurs de la vie afin qu’elles deviennent le but de tous nos efforts vers le bien. Avant que la mort ne réduise en poussière notre existence, nous devons conquérir ces titres, ni vains ni désuets, c’est-à-dire nos mérites devant Dieu qui, seuls, peuvent garantir le bonheur éternel et nous tirer de l’erreur d’une recherche anxieuse du péché, de ces biens à la fois offerts et dévorés par le temps. C’est une méditation réaliste et sévère sur le nihilisme de la vie temporelle auquel la mort nous condamne tous. C’est une secousse psychologique et morale très efficace dont nous devrions faire humblement et sincèrement l’expérience. Envoûtés comme nous sommes par l’activisme et l’hédonisme de la vie moderne, il est utile que nous sachions apprécier l’appel austère que l’Eglise nous adresse pour nous tirer d’une torpeur funeste et éveiller en nous le véritable sens de l’existence vouée inexorablement à la mort et à une destinée inconnue.   L’autre considération, sur laquelle nous nous arrêterons davantage et qui mérite une longue méditation, est celle de la pénitence. Pénitence veut dire expiation, renouveau. Expiation de la faute qui a troublé nos rapports avec Dieu, qui a rompu le lien unissant notre vie et notre destin à la source de la vraie Vie qui est Dieu. Cette rupture se nomme péché, le plus grand malheur qui puisse frapper l’homme puisqu’il engendre sa mort éternelle, encore à venir, mais certaine. L’homme ne pourrait, à lui seul, combattre tant de maux. L’homme, de lui-même, sait se perdre, mais non se sauver. La pénitence se réfère au péché et le péché à notre séparation du Dieu Vivant. C’est, là, un thème très grave auquel nous devons réfléchir profondément, surtout pendant le prochain Carême qui est justement dirigé vers la recherche d’une réparation de nos fautes et cette recherche conduit à la chance extraordinaire et sublime du Salut voulu, pour nous, par le Christ : elle nous conduit au mystère pascal. Le mystère pascal, rédemption accomplie par le Christ, c’est la vie pour nous. Oui, le Christ nous sauve. Il est la seule cause du mérite de notre justification. Si nous arrivons jusqu’à Lui, nous atteignons le Salut. N’oublions pas cette doctrine fondamentale : Seul le Christ nous sauve. St Paul l’explique clairement dans sa lettre aux Romains et aux Galates : " Le Christ est nécessaire, le Christ est suffisant ". Mais ceci dit, une question se pose : Comment arriver jusqu’au Christ ? La foi suffit-elle ? Oui, elle suffit d’elle-même à l’efficacité de sa miséricorde agissante ; mais à son tour, la foi implique certaines conditions qui dépendent de notre libre volonté, de notre coopération sous l’influence de la grâce. Le Christ est la cause ; la foi est la première condition qui en entraîne une autre que nous appelons pénitence.   Que nous enseigne à ce propos la première prédication de l’Evangile ? " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche " (Mt 3, 2). C’est une exhortation que le Christ répète et que St Marc traduit ainsi : " Les temps sont accomplis et le royaume de Dieu est tout proche; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle " (Mc 1, 15). Ceci indique l’importance de l’action préparatoire de la pénitence, sa nécessité sur le plan logique et pratique du Salut, dans lequel la liberté humaine et une collaboration de notre part ne peuvent faire défaut, si nous voulons que l’action salvifique du Seigneur s’accomplisse en nous. Et cela, non après être justifiés mais comme résultat logique de la grâce vivant dans l’âme. Nous avons toujours besoin de nous exercer à la pénitence et ce, pour une autre raison, plus profonde, bien connue des âmes pénitentes : c’est la solidarité dans l’Economie du Salut. Certains peuvent expier pour d’autres, de façon moindre, mais semblable à celle de Jésus qui, pour nous, s’est immolé sur la Croix. Comme dit St Paul dans sa lettre aux Colossiens : " Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ " (1, 24).   Nous voici donc emportés dans le grand dessein du Salut ! L’Eglise nous invite et nous pousse à la pratique salutaire de la pénitence ; elle y consacre 40 jours au terme desquels, après une marche exténuante et joyeuse, nous arrivons à Pâques.   Autrefois, le jeûne, l’abstinence des amusements futiles et quelques autres exercices d’ascèse marquaient profondément, même au dehors, cette période de la pénitence chrétienne.   Aujourd’hui, cette discipline canonique est changée et adoucie. Mais le besoin et le devoir de faire pénitence n’ont pas été abolis ; l’humilité, la conscience du péché, la prière, l’écoute de la Parole de Dieu, la charité et toute bonne action peuvent leur donner une expression accessible à tous. Ne laissons pats passer ce " temps propice ". Ce temps commence par la tristesse des cendres, se poursuit sur le sentier étroit de la pénitence et s’achève dans la célébration de la résurrection pascale.

 

Le 1er mars 1972 sur la Pénitence intérieure

 

Chers Fils et Filles,   En ce temps de Carême, la liturgie nous invite à la Pénitence : pensée contraire à nos habitudes et à notre mentalité. Enclins comme nous sommes à repousser tout ce qui est souffrance, douleur, ennui, nous dirigeons tous nos efforts vers la recherche de nos aises : confort, santé, chance, distractions... Notre but ? L’élimination de tout effort, de toute fatigue. Notre idéal ? Un bon repas, un bon lit, argent, spectacles... en un mot, la jouissance de la vie. Telle est la philosophie commune à nos contemporains, l’existence dont ils rêvent. Rationnels et partisans du moindre effort, nous sommes attirés par la facilité et la perfection. Alors pourquoi parler de pénitence ? Est-il besoin d’attrister l’esprit par une pareille pensée ? D’où vient ce rappel si désagréable ? N’est-il pas une offense à notre conception moderne de l’homme ?   Cette apologie du " confort " ; ce mode de vie idéal, pourrait se prolonger et s’enrichir d’excellents raisonnements et de meilleures expériences ; mais elle s’arrête aussitôt devant une objection tout aussi valable : voulons-nous vraiment faire sombrer notre vie dans la médiocrité, l’oisiveté, la paresse ? Voulons-nous abandonner patience et effort ? Où sont-ils ce courage, cet héroïsme qui dépeignent l’homme sous son véritable aspect, le meilleur ? La lutte contre la paresse. Et la lâcheté s’est-elle donc éteinte ? Comment munir notre esprit contre les souffrances, les malheurs dont la vie ne nous épargne pas ? Comment donner à l’amour sa valeur la plus haute, qui est don de soi, sacrifice ? Et le sacrifice n’est-il pas cette attitude contre nature inscrite dans le grand livre de la pénitence ?   Et encore: un chrétien peut-il échapper à la loi de la pénitence ? Le Christ le dit fermement : " Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous " (Lc 13, 5). C’est-à-dire : n’est-ce pas notre état d’hommes déchus qui implique la nécessité et le devoir de faire pénitence ? Nous sommas atteints d’une maladie atavique, conséquence du péché originel, qui demeure même après le Baptême. Nous avons besoin d’assistance morale, de réparation, d’expiation... de pénitence. Et si à cette malformation psycho-morale se sont ajoutées d’autres insuffisances, c’est-à-dire les péchés personnels actuels, comme les appellent les moralistes, cette obligation de nous réconcilier avec Dieu, avec notre conscience et avec nos frères (car qu’on le veuille ou non c’est sur eux que se reflètent nos fautes) devient plus grave et plus urgente ; le précepte de la pénitence s’impose donc inexorablement.   Mais qu’est la pénitence ? C’est une domination sur nous-mêmes, une réaction contraire à notre nature. C’est une thérapie douloureuse appliquée par celui qui veut être admis ou réadmis dans le royaume du Salut, le Royaume des Cieux (cf. Mt 1, 15 ; Mt 3, 2 ; 4, 17). En quoi consiste-t-elle ? Notre entretien se prolongerait trop, si nous énoncions toutes les différentes manières de pratiquer la pénitence. Qu’il nous suffise de savoir que notre déchéance perpétuelle a besoin d’être soignée et prévenue tout au long de la vie. C’est une proposition qui ne doit jamais nous abandonner (St. Th., III, 74, 8).   Mais fixons maintenant notre attention sur l’aspect intérieur de la pénitence, sur sa forme obligatoire et accessible à tous, celle que la Bible appelle metanoia, c’est-à-dire conversion, repentir, renouveau intérieur. Changeons notre manière de penser, c’est cela qui est important : changer nos idées, notre manière ne nous juger nous-mêmes, acquérir une conscience droite.   Même pour nous, croyants, chrétiens, cette pénitence intérieure est indispensable car elle est une mise en place logique et morale sur la voie de la vérité conduisant à l’ordre, au bien, à l’amour, à Dieu qui est notre vie. Et nous, qui avons le bonheur de connaître cette conception de la vie, destinée par vocation et par le Baptême, à la communion avec Dieu, le Père Céleste, par le Christ, dans l’Esprit-Saint, nous devons ressentir sans cesse cette anxiété de corriger généreusement et avec amour notre conduite, tel le pilote qui manœuvre le gouvernail pour empêcher son bateau d’aller à la dérive.   En ce temps liturgique, qui nous exhortera la metanoia, à la pénitence intérieure, au renouveau moral, soyons sincères avec nous-mêmes et demandons-nous : Qu’y a-t-il à changer dans notre conduite personnelle ? Encore une fois la maxime de Pascal revient à notre esprit : " Toute notre dignité consiste dans la pensée... Apprenons à bien penser ; c’est le principe de la morale " (Pensées, 347). Penser bien ! C’est la meilleure metanoia, la meilleure conversion, la meilleure pénitence ! La pénitence la meilleure pour entrer dans le plan du Salut, pour bien célébrer le mystère pascal, pour donner à notre christianisme sa véritable et heureuse expression, sur le plan personnel et social !   Penser bien ! Frères et Fils très chers ! Sachez que c’est de là qu’il faut partir ! Et ce n’est pas facile ! Non seulement pour l’effort mental que cela demande et qui a fait le drame des philosophes et des chercheurs de vérité (rappelons ici les grands convertis) mais aussi pour l’effort moral que le " bien penser " requiert. Corriger sa propre manière de penser exige humilité et courage. Savoir dire à soi-même : " Je me suis trompé " implique une grande force d’âme. Le renoncement à certaines idées fixes qui définissent notre personnalité (je pense comme cela ! je suis libre de penser ce que je veux ! j’appartiens à cette idéologie et personne ne m’obligera à changer !) demande vraiment un bouleversement d’esprit, possible seulement à celui qui sacrifie ce qu’il a de plus propre, son opinion, ses convictions, à la vérité. Mais pour celui qui donne libre cours aux instincts passionnels et aux intérêts illicites, comme il est dur et coûteux, mais aussi combien méritoire, de se placer sur la voie de l’honnêteté, de la vertu, de la religion. Pardonner une offense, par exemple, surmonter une antipathie capricieuse, une rivalité, une occasion d’user de la violence, etc. ce sont là des exercices de pénitence qui nous conduiront sur la voie de l’amour chrétien.   Du reste, changement, démolition, renouveau, ne sont-ils pas dans le caractère de notre ère révolutionnaire ? Mais il faut voir ce qu’il faut changer, comment changer et pourquoi il faut tout changer.   Nous, Chrétiens, écoutons l’exhortation de Saint Paul que l’Eglise a faite sienne : " Renouvelez-vous par une transformation spirituelle de votre jugement " (Ep 4, 24 ; Rm 12, 2).   Avec notre Bénédiction Apostolique.     Ces textes ont été reproduits à partir du « site Paul VI pape Martyr de la fin des temps.

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