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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:19

                             Le Bonheur, fin de l’homme  .RP Sineux -4/4

 

                    

                                                 6. - Le Bonheur surnaturel.

Ne dirait-on pas qu'il y a disproportion entre les ambitions de l'âme humaine et ses capacités réelles?

Connaître tout le vrai, au-delà même du créé, aimer tout le bien et l'aimer sans fin  , désirs fous pour une chétive créature au pouvoir si limité!

Dans cet univers où éclatent partout l'ordonnance et l'harmonie, où l'on voit chaque être à sa place et marchant d'un pas assuré vers sa destinée, l'homme qui en est le roi, serait-il donc seul le jouet d'une incohérence torturante qui le condamnerait à refouler finalement ses aspirations les plus nobles, faute d'objet à leur offrir?

 

La Sagesse et la Bonté de Dieu ne sont pas à ce point en défaut. « Je serai Moi-même votre bonheur, et un bonheur débordant », dit le Seigneur à Abraham. Au lieu de la découverte successive des bribes de vérité contenues dans les êtres; au lieu de la conquête fragmentaire des parcelles de bien en eux répartie  , la contemplation  et la possession simultanée de Dieu même, l'Etre qui dépasse tout le créé, et rassemble idéalement toute Vérité, toute Bonté, toute Beauté ... , telle est désormais la destinée de l'homme.

 

Fin « surnaturelle », car en dépit de ses possibilités immenses, l'intelligence humaine n'eût jamais soupçonné de telles perspectives.

 

Mais la Foi chrétienne en fait un de ses dogmes fondamentaux : « Si maintenant nous ne voyons Dieu que dans un miroir et d'une manière obscure, un jour nous Le verrons face à face, et nous Le connaîtrons, comme nous sommes connus de Lui » 1 Ep. aux Corinthiens XIII, 12.

Bonheur qui surpasse notre entendement actuel du nombre de ces choses « que l'œil ne peut voir que l'oreille ne peut entendre, que le cœur ne peut supposer »

(I COR II,9), mais qu'il nous faut bien admettre cependant dès lors que c'est « Dieu Lui-même qui les accomplit », et daigne nous les révéler.

 

Pourtant comme cette idée grandiose répond aux aspirations profondes de notre nature qui ne conçoit de bonheur digne de ce nom que dans « l'exercice le plus parfait de ses facultés les plus hautes »!

 

Que l'âme humaine ait besoin d'une lumière de surcroît pour parvenir à cette vision de l'Être incréé, ce n'est pas douteux. Mais ce n'est, après tout, qu'affaire de Bonté divine. Puisque, dès la vie présente, cette Bonté octroie généreusement à l'intelligence humaine la lumière de la Foi qui lui découvre des mystères insondables pour la raison, une telle libéralité serait-elle un raffinement de cruauté, si cette aurore qu'est la Foi ne devait pas préparer le grand jour de la claire vision, si elle ne procurait qu'un avant-goût qui ne serait jamais suivi du rassasiement? .

 

L'homme, sans doute, ne peut arguer d'aucune exigence, mais Dieu est logique et Ses dons sont sans repentance. Si, défiant les obscurités de la raison humaine, Il daigne lui dévoiler dès ici-bas les grands secrets de Sa vie intime et l'inviter à pénétrer progressivement Ses mystères, c'est qu'Il entend Lui en donner un jour la pleine connaissance, et donner un couronnement suprême à Ses propres dons en comblant surabondamment l'attente de Sa créature privilégiée.

 

                               7. - Effets de la Vision Béatifiante.

 

La lumière projetée sur un cristal ne change pas sa substance, Elle le pénètre tout entier cependant et le transfigure au point de faire de lui non seulement un obier éclairé, mais un foyer lumineux.

 

Ainsi l'intelligence envahie par son objet sans cesser d'être elle-même, s'en trouve transformée et en reçoit au moins partiellement les propriétés. Que dire alors de l'âme admise en présence de Dieu et appelée à Le contempler? La voilà divinisée par une telle clarté! Chétive créature qu'elle demeure, elle est associée pourtant à cette Sagesse souveraine qui s'exprime dans le Verbe Éternel; elle pense avec Dieu et comme Lui, c'est-à-dire qu'elle vit avec Lui: « La vie éternelle consiste à Vous connaître, Vous le seul vrai Dieu! »

( Évang. selon S. Jean XXVII, 3)-

 

 

Serait-il possible de souhaiter perfection plus haute? Parvenue à ce degré, l'âme qui se considère elle-même, goûte une impression de plénitude. Elle qui déjà aimerait spontanément le Bien Suprême s'il ne faisait que lui apparaître, elle l'aime doublement lorsqu'Il est devenu son Bien propre, lorsqu'elle Le possède définitivement .

 

C'est l'amour béatifiant, consécutif à la vision béatifique, comme 1a sensation joyeuse résulte de l'éclat de la lumière.

 

Apparentée à celle de Dieu, la vie de l'élu désormais embrassera le monde d'un coup d'œil synthétique. Sans jamais égaler Dieu, cela va de soi, l'âme bienheureuse agit un peu à la manière de Dieu, connaissant une foule de choses. qui lui étaient cachées pendant la vie terrestre, et les connaissant simultanément, sans plus avoir besoin d'analyse ni de longue étude : « J'ai vu dans la profondeur de l'éternelle lumière, l'Amour réunir comme en un volume ce qui par l'univers s'effeuille » (Dante Paradis -XXXIII)

 

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