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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 07:14

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                                    Les papes martyrs de la Révolution 2/3                                   

                       Sa Sainteté PIE VII 1800-1823 (Aquila Rapax)

 

                   Ce grand pape est pratiquement inconnu des catholiques français. C’est pourtant un des plus importants papes de l’histoire de l’Église, car il dût, après SS Pie VI, affronter des ennemis  féroces qui voulaient asservir  la Papauté et l’Église.. Qu’il soit au moins présent dans notre mémoire reconnaissante et nos prières d’intercession pour notre Pape exilé.

 

Luigi Bamaba Chiaramonti (en religion Gregorio), né le 14 août 1742 à Césène (Romagne) et mort le 20 août 1823 à Rome, était un moine bénédictin, élu pape le 14 mars 1800. Il prit le nom de Pie VII (en latin Pius VII, en italien Pio VII).

Il appartient à une famille de vieille noblesse d'origine française. Il entre à l'âge de 14 ans, le 2 octobre 1756, à l'abbaye bénédictine de Santa-Maria del Monte, à Césène. Deux ans plus tard (20 août 1758), il prend l'habit sous le nom de Dom Gregorio. Jusqu'en 1763, il étudie à l'Abbazia di Santa Giustina. Ses brillantes qualités intellectuelles conduisent ses supérieurs à l'envoyer ensuite au Collège Pontifical Sant'Anselmo, à Rome.

 

              Le 21 septembre 1765, il est ordonné prêtre et, peu après, reçoit son doctorat de théologie. Il enseigne, à partir de 1766, à l'abbaye San-Giovanni de Parme, duché ouvert aux idées nouvelles.

 

             En 1773, il devient confesseur du Pape Pie VI qui le tient en haute estime, et en 1782, ce dernier le nomme prieur de l'abbaye romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs.

           Pie VI, pour le protéger tout en lui confiant malgré tout de hautes responsabilités, lui attribue l'évêché de Tivoli le 16 décembre 1782. Trois ans plus tard, alors qu'il n'a que 42 ans, il est créé cardinal. En juin 1796, son diocèse est envahi par les troupes françaises d'Augereau. Rappelé à Rome en 1797 il se range dans le camp des «  modérés »,

                 Il intercède d'ailleurs personnellement auprès du général Augereau pour le convaincre d'épargner les habitants de Lugo qui ne s'étaient guère montrés sensibles à ses conseils pacifiques. Cette politique modérée évitera bien des malheurs au diocèse d'Imola, mais n'empêchera pas le reste de l'Église de continuer à vivre des moments dramatiques.

           À la nouvelle de l'assassinat du général Duphot, le Directoire ordonne, le 11 janvier 1798, l'occupation de Rome. Gaspard Monge part le 6 février pour Rome. La Révolution éclate dans la ville le 15 février. La "République romaine" est proclamée par le peuple réuni au Campo Vaccino (ancien forum).

Dans cette situation où Rome était occupée par les troupes françaises et où le pape ne disposait plus de son pouvoir temporel, les cardinaux se trouvaient dans une position très particulière. Ils furent obligés de tenir le conclave à Venise.

Alors que le Conclave entrait dans son troisième mois, le cardinal Maury, neutre depuis le début, suggéra le nom de Chiaramonti qui fit savoir qu'il n'était absolument pas candidat. (C'est sur l'insistance d'Ercole Consalvi qu'il finit par accepter et qu'il fut élu le 14 mars 1800 après 104 jours de conclave et 227 jours après la mort de Pie VI, le plus long siège vacant entre 1415 et nos jours).

Il prit le nom de Pie VII en hommage à son prédécesseur, surnommé le« Pape martyr ».

 

À la bataille de Marengo, le 14 juin 1800, la France arrache le Nord de l'Italie à l'Autriche. Le nouveau pape se trouve donc soudain sous domination française. Ce n'est pas un inconnu pour Napoléon qui avait qualifié son discours de Noël 1797 à Imola de «jacobin », Bonaparte décide de reconnaître le nouveau pape et de restaurer les États Pontificaux dans les limites du traité de Tolentino.

 

Le nouveau pape embarque donc pour Rome où la population l'accueille chaleureusement le 3 juillet 1800. Craignant de nouvelles invasions, il décrète que les États Pontificaux resteront neutres aussi bien vis-à-vis de l'Italie napoléonienne dans le Nord que du Royaume de Naples dans le Sud.

 

En entrant à Rome, Pie VII trouve sa capitale profondément déstabilisée par les guerres révolutionnaires. Il demande donc au cardinal Consalvi, son secrétaire d'État, de s'atteler à leur restauration. Il s'entoure de prélats réformateurs et commence par amnistier les partisans des Français. Il forme quatre congrégations cardinalices pour examiner la réforme de l'État.

Leurs travaux sont synthétisés dans la bulle "Post diurnas" du 30 octobre 1800: les institutions de Pie VI sont remises en place mais réformées. Ces réformes se heurtent à la résistance du Sacré Collège et des évêques.

 

Le 15 juillet, la France reconnaît officiellement le catholicisme comme la "religion de la majorité de ses citoyens" (mais non comme une religion d'État). Par le Concordat de 1801, l'Église reçoit un statut de liberté lié à la Constitution Gallicane du clergé. Le Concordat reconnaîtra aussi les États de l'Église et restituera ce qui avait été confisqué ou vendu pendant leur occupation. À cette occasion en 1801, le souverain pontife, à la demande du chef de l'État, dépose l'ensemble de l'épiscopat français: évêques élus en vertu de la Constitution civile du clergé; c'est la fin des principes de l'Église gallicane, et la reconnaissance, implicite, de la primauté de juridiction du pape. Certains évêques et prêtres réfractaires, d'esprit gallican, refusent de se soumettre et fondent la Petite Église. En 1803, la Restauration des États Pontificaux sera officialisée par le traité de Lunéville.

 

Le pape ratifie le Concordat par une bulle du 14 août 1801, nomme cinq cardinaux français, écrit aux titulaires des évêchés français de se démettre de leurs sièges, envoie comme légat a latere le cardinal Giovanni Battista Caprara chargé de rétablir le culte en France, et obtient, par ordre du premier consul, la restitution de Bénévent et de Pontecorvo.

 

En acceptant de ratifier, le 15 août 1801, le Concordat conclu entre Rome et le gouvernement français, le pape Pie VII s'engage dans la voie d'une normalisation relative des relations entre le Saint-Siège et la République française. Néanmoins, la promulgation unilatérale des 77 Articles Organiques, le 18 avri11802, tend à faire de l'Église de France une Église nationale, aussi peu dépendante de Rome que possible, et soumise au pouvoir civil.

 

Ainsi le gallicanisme est-il en partie restauré, mais le Saint-Père ne peut accepter la subordination de l’Église de France à l'État. Le clergé devient.un corps de fonctionnaires, les prêtres des desservants de leur paroisse salariés par l'État. C'est pour tenter d'obtenir l'abrogation des Articles Organiques qu'il accepte, contre l'avis de la Curie, de venir sacrer Napoléon Bonaparte empereur des Français, à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, mais il rentre à Rome sans avoir obtenu gain de cause.

Les relations entre l'Église et le Premier Empire se détériorent brutalement après le refus du pape de prononcer le divorce entre Jérôme Bonaparte et Elizabeth Patterson en 1805. L'Empereur reprend sa politique expansionniste, prend le contrôle d'Ancone, de Pontecorvo, de Bénévent et de Naples après la Bataille d'Austerlitz, faisant de son frère Joseph Bonaparte le nouveau monarque de la région.

L'hostilité monte d'un cran entre les deux puissants souverains. L'Empereur veut inclure les États pontificaux dans son système continental dirigé contre l'Angleterre: « Votre Sainteté est souveraine de Rome, mais j'en suis l'Empereur; tous mes ennemis doivent être les siens », écrit-il au pape le 13 février 1806. Mais le Souverain Pontife refuse d'adhérer au Blocus Continental, considérant que sa charge de pasteur universel lui impose la neutralité. La répression impériale ne se fait pas attendre et va crescendo: les États de l'Église sont bientôt réduits au Patrimoine de Saint Pierre (1806-1808); Pie VII est forcé de démettre le cardinal Ercole Consalvi de ses fonctions de secrétaire d'État, Rome est occupée militairement (2 février 1808); les États pontificaux sont annexés à l'Empire (17 mai 1809); Pie VII répond, le 10 juin 1809, par une bulle d'excommunication "Quum memoranda" où il fustige les« voleurs du patrimoine de Pierre, usurpateurs, fauteurs, conseillants, exécutants », ce qui lui attire de nouvelles rigueurs.

 

Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le général Étienne Radet, aidé d'un millier d'hommes, gendarmes, conscrits ou soldats de la garde civile de Rome, fait appliquer des échelles au palais du Quirinal, où le pape se tenait enfermé. Les fenêtres et les portes intérieures ayant été forcées, il arrive, suivi de ses hommes jusqu'à la pièce qui précède immédiatement la chambre à coucher du pape. Celle-ci lui est ouverte par ordre de Sa Sainteté, qui s'était levée au bruit et revêtue à la hâte de ses habits de ville.

Il soupait; deux plats de poisson composaient tout le service. Après l'avoir écouté, le pape ne lui répond que par ces mots: « Monsieur, un souverain qui n'a besoin pour vivre que d'un écu par jour n'est pas un homme qu'on intimide aisément. » Radet réitère sa demande et le pape lui rétorque ces mots restés célèbres: « Non possiamo. Non dobbiamo. Non vogliamo» (Nous ne le pouvons pas. Nous ne le devons pas. Nous ne le voulons pas). Sur son refus formel de renoncer à la souveraineté temporelle des États de l'Église, le général Radet l'enlève du Quirinal avec le cardinal Pacca, son secrétaire d'État, le fait monter dans un carrosse escorté par des gendarmes et le conduit prisonnier à la chartreuse de Florence, puis à Alexandrie et à Grenoble. Amené ensuite à Savone, le pape y sera gardé pendant 3 ans comme un véritable prisonnier d'État jusqu'en juin 1812. Ne voulant pas devenir un simple haut fonctionnaire de l'État français, il refuse de toucher les 2 millions de revenus que lui assure le décret par lequel Rome était annexée à l'Empire, proteste de nouveau contre la conduite de Napoléon et refuse constamment de donner l'institution canonique aux évêques nommés par l'Empereur. Avant de quitter le Quirinal, il avait ordonné de détruire son anneau du Pêcheur afin qu'aucun usurpateur ne pût s'en servir à son insu. Ce sera l'unique occasion en 2000 ans où l'anneau du Pêcheur sera détruit du vivant d'un pape encore régnant.

 

Sur ces entrefaites, l'Empereur, ayant appelé à Paris treize cardinaux pour assister à son mariage avec Marie-Louise d'Autriche et ayant éprouvé un refus, il signe l'ordre de leur exil et leur assigne des résidences séparées. Profondément irrité de ne rien obtenir du pape pour les affaires ecclésiastiques, il se résout à se passer de lui en convoquant à Paris un concile national (1811), interdit à Pie VII de communiquer avec les évêques de l'Empire, le' menace d'une déposition et lui envoie. à Savone, pour lui arracher une adhésion aux actes de ce concile, une députation d'évêques, qu'il reçoit avec une grande sévérité et qui ne peut rien obtenir de lui.

En 1812, avant de partir pour sa funeste campagne de Russie, Napoléon fait transférer secrètement Pie VII à mtainebleau. Le 12 juin 1812, le docteur Balthazard Claraz .uve la vie du pape Pie VII, alors que, malade et épuisé, il mait de recevoir l'extrême-onction à l'hospice du col du [ont-Cenis lors de son transfert de Savone à Fontainebleau.

Le 20 juin 1812, le pape Pie VII arrive au château de Fontainebleau, Le docteur Claraz assistera le Saint-Père pendant les deux premiers mois de sa captivité, en tant que médeln chirurgien. Le souverain pontife y restera enfermé pendant les dix-neuf mois qu'y durera sa déportation. Du 20 juin 1812 au 23 janvier 1814, le Saint-Père n'est jamais sorti de son appartement. Pendant ces longs mois, Pie VII appelle Napoléon mon cher fils », et il ajoute: « un fils un peu têtu, mais un fils quand même », ce qui déconcerte totalement l'Empereur. .A Suivre

 

 

 

 

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