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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 04:00

433px-Pie_VII_-_detail.pngSS Pie VII, un Pape méconnu.

 

                Luigi Barnaba Chiaramonti (en religion Gregorio), né le 14 août 1742 à Césène (Romagne) et mort le 20 août 1823 à Rome, était un moine bénédictin, élu pape le 14 mars 1800. Il prit le nom de Pie VII (en latin Pius VII, en italien Pio VII).(Aquila rapax :dans la prophétie des papes désigne Napoléon I qui le fit beaucoup souffrir)

               Il appartient à une famille de vieille noblesse d'origine française. Il entre à l'âge de 14 ans, le 2 octobre 1756, à l'abbaye bénédictine de Santa-Maria del Monte, à Césène. Deux ans plus tard (20 août 1758), il prend l'habit sous le nom de Dom Gregorio. Jusqu'en 1763, il étudie à l'Abbaye de Santa Giustina.

Ses brillantes qualités intellectuelles conduisent ses supérieurs à l'envoyer ensuite au Collège Pontifical Sant'Anselmo, à Rome.   .

            Le 21 septembre 1765, il est ordonné prêtre et peu après, reçoit son doctorat de théologie. Il enseigne, à partir de 1766, à l'abbaye San-Giovanni de Parme, duché ouvert aux « idées nouvelles ».

             En 1773, il devient confesseur du Pape Pie VI qui le tient en haute estime, et en 1782, ce dernier le nomme prieur de l'abbaye romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs.

               Pie VI, pour le protéger tout en lui confiant malgré tout de hautes responsabilités, lui attribue l'évêché de Tivoli le 16 décembre 1782. Trois ans plus tard, alors qu'il n'a que 42 ans, il est créé cardinal. En juin 1796, son diocèse est envahi par les troupes françaises d'Augereau. Rappelé à Rome en 1797, il se range dans le camp des « modérés ».

                  Il intercède d'ailleurs personnellement auprès du général Augereau pour le convaincre d'épargner les habitants de Lugo qui ne s'étaient guère montrés sensibles à ses conseils pacifiques. Cette politique modérée évitera bien des malheurs au diocèse d'Imola, mais n'empêchera pas le reste de l'Église de continuer à vivre des moments dramatiques.

                  À la nouvelle de l'assassinat du général Duphot, le Directoire ordonne, le 11 janvier 1798, l'occupation de Rome. Gaspard Monge part le 6 février pour Rome. La Révolution éclate dans la ville le 15 février. La "République romaine" est proclamée par le peuple réuni au Campo Vaccino (ancien forum).

 

                                               Pontificat

                 Dans cette situation où Rome était occupée par les troupes françaises et où le pape ne disposait plus de son pouvoir temporel, les cardinaux se trouvaient dans une position très particulière. Ils furent obligés de tenir le conclave à Venise.

                 Alors que le Conclave entrait dans son troisième mois, le cardinal Maury, neutre depuis le début, suggéra le nom de Chiaramonti qui fit savoir qu'il n'était absolument pas candidat… et il fut élu le 14 mars 1800, après 104 jours de conclave et 227 jours après la mort de Pie VI, le plus long siège vacant entre 1415 et nos jours).

              Il prit le nom de Pie VII en hommage à son prédécesseur, surnommé le « Pape martyr ».

                                La restauration des États pontificaux

 

              À la bataille de Marengo, le 14 juin 1800, la France arrache le Nord de l'Italie à l'Autriche. Le nouveau pape se trouve donc soudain sous domination française. Ce n'est pas un inconnu pour Napoléon qui avait qualifié son discours de Noël 1797 à Imola de « jacobin ». Bonaparte décide de reconnaître le nouveau pape et de restaurer les États Pontificaux dans les limites du traité de Tolentino.

                Le nouveau pape embarque donc pour Rome où la population l'accueille chaleureusement le 3 juillet 1800. Craignant de nouvelles invasions, il décrète que les États Pontificaux resteront neutres aussi bien vis-à-vis de l'Italie napoléonienne dans le Nord que du Royaume de Naples dans lé Sud..    ..

             En entrant à Rome, Pie VII trouve sa capitale profondément déstabilisée par les guerres révolutionnaires. Il demande donc au cardinal Consalvi, son secrétaire d'État, de s’atteler à leur restauration. Il s'entoure de prélats réformateurs et commence par amnistier les partisans des Français. Il forme quatre congrégations cardinalices pour examiner la réforme de 1'Etat.

                Leurs travaux sont synthétisés dans la bulle "Post diuturnus" du 30 octobre 1800: les institutions de Pie VI sont remises en place mais réformées. Ces réformes se heurtent à la résistance du Sacré Collège et des évêques.

               Le 15 juillet, la France reconnaît officiellement le catholicisme comme la "religion de la majorité de ses citoyens" (mais non comme une religion d'État). Par le Concordat de 1801, l'Église reçoit un statut de liberté lié à la Constitution Gallicane du clergé. Le Concordat reconnaîtra aussi les États de l'Église et restituera ce qui avait été confisqué ou vendu pendant leur occupation. À cette occasion en 1801, le souverain pontife dépose l'ensemble de l'épiscopat français: évêques élus en vertu de la Constitution civile du clergé; c'est la fin des principes de l'Église gallicane, et la reconnaissance, implicite, de la primauté de juridiction du pape. Certains évêques et prêtres réfractaires, d'esprit gallican, refusent de se soumettre et fondent la Petite Église. En 1803, la Restauration des États Pontificaux sera officialisée par le traité de Lunéville.

 

 

                                            Face à Napoléon

 

La devise de Pie VII dans la prophétie de Saint Malachie est « Aquila rapax »Aigle rapace : nom qui convient absolument à Napoléon qui fut son persécuteur.

 

                  Le pape ratifie le Concordat par une bulle du 14 août 1801, nomme cinq cardinaux français, écrit aux titulaires des évêchés français de se démettre de leurs sièges, envoie comme légat a latere le cardinal Giovanni Battista Caprara chargé de rétablir le culte en France, et obtient, par ordre du premier consul, la restitution de Bénévent et de Pontecorvo.

                  En acceptant de ratifier, le 15 août 1801, le Concordat conclu entre Rome et le gouvernement français, le pape Pie VII s'engage dans la voie d'une normalisation relative des relations entre le Saint-Siège et la République française. Néanmoins, la promulgation unilatérale des 77 Articles Organiques, le 18 avril 1802, tend à faire de l'Église de France une Église nationale, aussi peu dépendante de Rome que possible, et soumise au pouvoir civil.

          Ainsi le gallicanisme est-il en partie restauré, mais le Saint-Père ne peut accepter la subordination de l'Église de France à l'État. Le clergé devient un corps de les prêtres des desservants de leur paroisse salariés par l'État fonctionnaires,. C'est pour tenter d'obtenir l'abrogation des Articles Organiques qu'il accepte, contre l'avis de la Curie, de venir sacrer Napoléon Bonaparte empereur des Français, à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, mais il rentre à Rome sans avoir obtenu gain de cause.

                  Les relations entre l'Église et le Premier Empire se détériorent brutalement après le refus du pape de prononcer le divorce entre Jérôme Bonaparte et Elizabeth Patterson en 1805. L'Empereur reprend sa politique expansionniste, prend le contrôle d'Ancone, de Pontecorvo, de Bénévent et de Naples après la Bataille d'Austerlitz, faisant de son frère Joseph Bonaparte le nouveau monarque de la région.

 

               L'hostilité monte d'un cran entre les deux puissants souverains. L'Empereur veut inclure les États pontificaux dans son système continental dirigé contre l'Angleterre: « Votre Sainteté est souveraine de Rome, mais j'en suis l'Empereur; tous mes ennemis doivent être les siens », écrit-il au pape le 13 février 1806.  Mais le Souverain Pontife refuse d'adhérer au Blocus Continental, considérant que sa charge de pasteur universel lui impose la neutralité. La répression impériale ne se fait pas attendre et va crescendo : les États de l'Église sont réduits au Patrimoine de Saint Pierre (1806-1808); Rome est occupée militairement (2  février 1808); les États pontificaux sont annexés à l'Empire`(17Mai1809); Pie VII répond, le 10 juin 1809, par une bulle d'excom munication "Quum memoranda" où il fustige les «voleurs du patrimoine de Pierre, usurpateurs, fauteurs, conseillants, exécutants » ce qui lui attire de nouvelles rigueurs.       

          Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le général Étienne Radet, aidé d'un millier d'hommes, gendarmes, conscrits ou soldats de là garde civile de Rome, fait appliquer des échelles au palais du Quirinal, où le pape se tenait enfermé. Les fenêtres et les portes intérieures ayant été forcées, il arrive, suivi de ses hommes jusqu'à la pièce qui précède immédiatement la chambre à coucher du pape. Celle-ci lui est ouverte par ordre de Sa Sainteté, qui s'était levée au bruit et revêtue à la hâte de ses habits de ville.

 

                Il soupait; deux plats de poisson composaient tout le service. Après l'avoir écouté, le pape ne lui répond que par ces mots: « Monsieur, un souverain qui n'a besoin pour vivre que d'un écu par jour n'est pas un homme qu'on intimide aisément. » Radet réitère sa demande et le pape lui rétorque ces mots restés célèbres: « Non possiamo. Non dobbiamo. Non vogliamo » (Nous ne le pouvons pas. Nous ne le devons pas. Nous ne le voulons pas). Sur son refus formel de renoncer à la souveraineté temporelle des États de l'Église, le général Radet l'enlève du Quirinal avec le cardinal Pacca, son secrétaire d'État, le fait monter dans un carrosse escorté par des gendarmes et le conduit prisonnier à la chartreuse de Florence, puis à Alexandrie et à Grenoble. Amené ensuite à Savone, le pape y sera gardé comme un véritable prisonnier d'État jusqu'en juin 1812. Ne voulant pas devenir un simple haut fonctionnaire de l'État français, il refuse de toucher les 2 millions de revenus que lui assure le décret par lequel Rome était annexée à l'Empire, proteste de nouveau contre la conduite de Napoléon et refuse constamment de donner l'institution canonique aux évêques nommés par l'Empereur. Avant de quitter le Quirinal, il avait ordonné de détruire son anneau du Pêcheur afin qu'aucun usurpateur ne pût s'en servir à son insu. Ce sera l'unique occasion en 2000 ans où l'anneau du Pêcheur sera détruit du vivant d'un pape encore régnant.

               Sur ces entrefaites, l'Empereur, ayant appelé à Paris treize cardinaux pour assister à son mariage avec Marie-Louise d'Autriche et ayant éprouvé un refus, il signe l'ordre de leur exil et leur assigne des résidences séparées. Profondément irrité de ne rien obtenir du pape pour les affaires ecclésiastiques, il se résout à se passer de lui en convoquant à Paris un concile national (1811), interdit à Pie VII de communiquer avec les évêques de l'Empire, le menace d'une déposition et lui envoie à Savone, pour lui arracher une adhésion aux actes de ce concile, une députation d'évêques, qu'il reçoit avec une grande sévérité et qui ne peut rien obtenir de lui.

                 En 1812, avant de partir pour sa funeste campagne de Russie, Napoléon fait transférer secrètement Pie VII à Fontainebleau. Le 12 juin 1812, le docteur Balthazard Claraz sauve la vie du pape Pie VII, alors que, malade et épuisé, il venait de recevoir l'extrême-onction à l'hospice du col du Mont-Cenis lors de son transfert de Savone à Fontainebleau.

             Le 20 juin 1812, le pape Pie VII arrive au château de Fontainebleau. Le docteur Claraz assistera le Saint-Père pendant les deux premiers mois de sa captivité, en tant que médecin chirurgien. Le souverain pontife y restera enfermé pendant les dix-neuf mois qu'y durera sa déportation. Du 20 juin 1812 au 23 janvier 1814, le Saint-Père n'est jamais sorti de son appartement. Pendant ces longs mois, Pie VII appelle Napoléon « mon cher fils », et il ajoute : « un fils un peu têtu, mais un fils quand même », ce qui déconcerte totalement l'Empereur...

               Vaincu par l'opiniâtreté de l'Empereur et par l'insistance de certains cardinaux, le malheureux pontife consent a signer1e 25 janvier 1813, un nouveau concordat, par lequel il abdique sa souveraineté temporelle, une partie de son autorité spirituelle et consent à venir résider en France (Napoléon avait prévu d'installer la résidence du pape dans l'île de la Cité, à Paris).. Toutefois, à l'instigation de Consalvi et de Pacca, il se rétraçte  peu de temps après, le 24 mars 1813, et est de nouveau traité en prisonnier d'État. Napoléon entreprend alors des contacts directs avec son prisonnier, alternant flatteries et menaces: Pour toute réponse, le pontife, qui a cerné son jeu, lui répond « Commediante! Tragediante » (« Comédien! Tragédien! »).

                   Le 19 janvier 1814, Napoléon, qui accumule les défaites militaires,  est contraint de restituer ses États au pape. Le 23 janvier, Pie VII quitte Fontainebleau et les cardinaux sont disséminés dans différentes villes de France. Après un bref séjour à Savone, puis à Bologne, il rentre triomphalement à Rome le 24 mai 1814 et s'empresse de rétablir son ami Ercole Consalvi dans les fonctions de secrétaire d'État qu'il avait dû abandonner en 1806 sous la pression de Napoléon. Son retour au Vatican a lieu le 7 juin 1815. Cependant, il lui faudra encore une fois quitter la ville, pour se réfugier à Viterbe puis à Gênes, lorsque Murat, roi de Naples, envahira les États pontificaux pendant la campagne des Cent-Jours. Pie VII retournera définitivement dans son palais du Quirinal le 22 juin 1815.En action de grâces à Notre-Dame, il étendra à toute l’Église la solennité de Notre Dame des Sept Douleurs.

               Avec l'aide de son secrétaire d'État, le pape renoue des relations diplomatiques avec tous les souverains d'Europe et enseigne personnellement le pardon. Comme l'écrit l'historien Marc Nadaux:

« Différents souverains rendent bientôt visite au pape de Rome: l'empereur d'Autriche en 1819, le roi de Naples en 1821, le roi de Prusse en 1822. Ceci confère à Pie VII le statut d'interlocuteur auprès des puissances européennes de la Restauration. Le souverain pontife, dans sa grande mansuétude, accorde même l'hospitalité à la famille Bonaparte, à la reine Hortense, mère de l'Empereur en exil, à ses frères Lucien et Louis ainsi qu'à son oncle, le cardinal Fesch. Il intervient d'ailleurs auprès des autorités anglaises afin que les conditions de captivité de Napoléon soient plus clémentes. Pie VII lui envoie bientôt un aumônier, l'abbé Vignali. »

                  La dernière phrase de sa lettre au gouvernement anglais dont il sollicite la clémence mérite d'être citée: « Il ne peut plus être un danger pour personne. Nous ne voudrions pas qu'il devienne une source de remords. »

               Le 6 octobre 1822, une bulle papale restaure 30 diocèses en France. C'est après de longues tractations avec le gouvernement de Louis XVIII que Pie VII accepte de restaurer 30 des diocèses supprimés lors de la Constitution civile du clergé pendant la Révolution française.

               Parallèlement, il conclut des concordats avec la France, la Bavière et la Sardaigne (1817), la Prusse (1821), le Hanovre (1823).

                    Très occupé par les questions politiques d'une époque agitée, Pie VII n'a pas opéré de grandes réformes doctrinales et n'a pas eu un poids théologique considérable dans l'Histoire de l'Église, bien qu'il soit le premier à ratifier une forme de séparation entre l'Église et l'État, qui est sans doute la plus importante rupture, depuis Constantin, dans l'histoire du catholicisme.

               Dans son encyclique  du 13 septembre 1821, il condamne la franc-maçonnerie ainsi que le mouvement du carbonarisme, une société secrète aux revendications libérales. Ces sociétés secrètes feront beaucoup souffrir l’Église par la suite.

                 Il a aussi créé les premiers diocèses d'une nouvelle Nation: les États-Unis d'Amérique. Il sera le dernier pape à avoir sa résidence au palais du Quirinal. À partir de son successeur, Léon XII jusqu'à nos jours, les papes résideront au Vatican.

                Homme très cultivé, Pie VII s'est distingué par son souci permanent d'embellir Rome et de sauvegarder son passé. Pour l'anecdote, c'est aussi Pie VII qui fit adopter le drapeau jaune et blanc qui continue à être celui du Vatican.

              Affaibli par son grand âge, Pie VII se déplaçait de plus en plus difficilement. Le 20 août 1823 à cinq heures du matin, alors qu'il venait d'entrer dans sa 81e année, Pie II rendit  son âme à Dieu après un règne de 23 ans, cinq mois et six jours.

                 Les funérailles du pape durèrent neuf jours. Le successeur de Pie VII sera le pape Léon XII.

            Napoléon Bonaparte, son principal adversaire, dans ses Mémoires de Sainte-Hélène, écrit ces mots étonnants:

« C'est véritablement un bon, doux et brave homme. C'est un agneau, un véritable homme de bien, que j'estime, que j'aime beaucoup et qui, de son côté, me le rend un peu, j'en suis sûr... »

              Il semble que le souverain sans armes était une incarnation si forte des vertus évangéliques que même l'Aigle Rapace se trouvait désarmé face à lui.

 

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