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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 06:37

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                                          Dérogation aux lois de la nature : le miracle. (RP Sineux)

 

Dans ce chapitre de son «  Initiation à la théologie de St Thomas »(Téqui) le RP Sineux nous fait comprendre ce qu’est un miracle  et son importance dans le plan divin.

Les miracles et les prophéties authentiques sont des soutiens très puissants pour la foi, l’espérance et la charité. Les mépriser, c’est mépriser la Sagesse Divine.

 

                           «  Œuvre d'une Volonté immuable, l'univers est régi par un code de lois fixes, intangibles: on les appelle les lois de la nature. Elles sont extrêmement nombreuses et variées, autant que les éléments qui entrent dans la composition du monde, et leurs réactions réciproques.

Etablies dès l'origine, elles sont définitives, défiant, à jamais toute modification. A tel point qu'une fois connues, elles font figure de principes absolus et indiscutables : ainsi le feu brûle toujours, et partout la pesanteur attire les corps vers le centre de la terre, etc.

                    Les êtres raisonnables, susceptibles de connaître ces lois, ont aussi la faculté de les combiner, très savamment parfois, de façon à en utiliser ou à en neutraliser momentanément les effets; en aucun cas cependant, ils ne sauraient ni les abroger ni les nier. Au contraire, «on ne triomphe de la nature qu'en obéissant à ses lois ». Soulever un corps, par exemple, c'est opposer à la pesanteur une force supérieure à elle; ce n'est pas l'anéantir .

                 Il le faut bien, pour la stabilité du monde et la régularité de ses évolutions. Quelle perturbation, quelle confusion si les lois de l'attraction universelle, entre autres, venaient soudain à s'atténuer ou à s’aggraver!

               Et cette constance de lois si diverses qui s'enchevêtrent et se coordonnent, est bien la révélation la plus éclatante de l'intelligence ordonnatrice et prévoyante qui préside aux destinées de l'univers.

                Seul le suprême Législateur garde assez de puissance, et assez d'indépendance vis-à-vis de son œuvre, pour faire autre chose que ce qui est, ou pour faire autrement ce qui se fait déjà!

                     Il le fait quelquefois : c'est ce qui prend le nom de « miracle », événement sensible extraordinaire, dérogation à l'ordre habituel de la nature.

                   Le pouvoir et le droit de Dieu d'agir ainsi ne sauraient lui être contestés, pas plus l'un que' l'autre : les lui refuser reviendrait à nier qu'il soit Dieu! …Il ne s'est pas interdit à Lui-même d'agir directement ou d'une autre façon.

                 Mais, en fait, Dieu use-t-Il de ce pouvoir et de ce droit? En quelles circonstances? Et surtout comment discerner cette intervention divine insolite? …

 

                  La science moderne, aussi confiante dans ses découvertes futures que fière de ses découvertes récentes, s'empresse de nier le miracle, arguant que s'il se produit encore des faits inexpliqués, il n'arrive rien qui soit définitivement-inexplicable; que les énigmes se résoudront au fur et à mesure que les relations entre les êtres nous apparaîtront plus clairement; qu'il est superflu de remonter jusqu'à Dieu puisque la nature est assez riche de causalités pour tout effectuer.

 

                  Certains iraient aisément jusqu'à refuser d'admettre la possibilité même du miracle. Reléguant Dieu dans. un Ciel inaccessible où Il ne s'occupe plus de l'œuvre de Ses mains; ou bien l'identifiant avec une puissance aveugle et figée qui prend le nom vague de « Nature », sans qu'on puisse savoir s'il désigne une personne ou une chose; ces négateurs, très proches de l'athéisme total, décrètent les limites du pouvoir et du droit de Dieu. Faut-il se scandaliser de ce que Dieu, par le miracle, bouleverse l'ordre  qu'Il a Lui-même établi, comme quelqu'un qui ne saurait pas ce qu'il veut, ou qui ne reculerait pas devant la contradiction?

 

Dieu ne se contredit pas!

 

             Outre que le miracle n'est jamais qu'une très rare exception et ne se produit que dans un domaine extrêmement restreint, incapable par conséquent de troubler le mouvement d'ensemble de l'univers, il n'est pas une abolition de la loi de nature, mais une simple suspension momentanée et partielle: ainsi lorsqu'il arriva sous les yeux de Moïse que le feu embrasait un buisson sans le consumer, ce ne fut qu'une fois dans l'histoire du monde, et il n'y eut qu'un seul effet-du feu qui ne se produisit pas, puisque ce feu comme tout autre répandait clarté et chaleur, mais à la différence de tout autre ne réduisait pas en cendres le combustible.

 

Au surplus, ce miracle dont le caractère distinctif serait, dit-on, une t intervention immédiate: de Dieu, l'effet produit ne relevant que de sa toute-puissance, ce miracle s'accomplit le plus souvent, comme tous tes faits naturels, par l'intermédiaire de causes secondes; mais ce ne sont pas les causes habituelles.Et voilà qui suffit pour faire une vraie dérogation à l'ordre établi, dérogation qui elle -même ne peut survenir qu'en vertu d'un décret divin.

 

Une maladie organique est guérie instantanément, sans traitement ni remèdes appropriés; mais d'autres causes y ont contribué, par exemple l'eau d'une source, l'attouchement d'un objet, et quand ce ne serait que le geste d'un thaumaturge, ou la supplication ardente d'une âme de foi!

 

Dieu ne se contredit pas.

 

                     Car tout sage législateur, en édictant les normes qui régiront ses sujets, sait prévoir les cas particuliers, exceptionnels, dans lesquels les lois générales ne s'appliqueront pas intégralement. N'eût-il d'autre but que de provoquer la surprise et l'admiration, afin de réveiller le sentiment de sa présence et de son autorité, dans un peuple où le cours habituel des choses ne produit plus qu'une accoutumance blasée et oublieuse de leur principe, ce but ne serait-il pas légitime et suffisant?

 

              Le miracle veut obliger les hommes à dire : « Le doigt de Dieu est là ! Il est partout le doigt de Dieu: Il ne faut ni moins de puissance ni moins de bonté pour produire le vin par l'intermédiaire du sol, du cep et de la grappe, que pour changer directement l'eau en vin. Mais ce que Dieu fait toujours et partout avec le concours séculaire  des causes secondes, l'homme en observe et en accapare le résultat sans plus songer à la Cause première. Le miracle l'arrache soudain à sa routine et le contraint à avouer: « la Nature » n'est donc pas seule à agir; elle est dominée par un Maître qui l'a faite puisqu'Il garde le pouvoir de la bouleverser, et qui n'est pas lié, Lui, par les lois dont Il est l'Auteur »!

 

               Aux hommes qui versent presque dans l'athéisme, hypnotisés qu'ils sont par la régularité des phénomènes naturels, laquelle ne leur apparaît que comme la résultante d'une puissance indiscernable mais irrésistible qu'ils appellent la « fatalité », et qui n'invoquent que le « hasard» pour expliquer les événements s'écartant des prévisions fondées sur la constance des lois de l'univers; à ces hommes le miracle apporte un démenti qui veut être un trait de lumière pour peu qu'ils l'étudient avec loyauté. Le monde n'est pas mené par une force aveugle et brutale, telle que se définit la « fatalité ». Le « hasard «  n'est pas une petite force maligne, subtile et ignorée, qui surviendrait à l'improviste comme pour se payer le plaisir de jeter le désarroi dans la marche majestueuse et écrasante de la fatalité. Le « destin » n'est pas l'aboutissement inévitable de mouvements coordonnés ou désordonnés sans que nul l'ait voulu et sache pourquoi .

 

                   Le miracle révèle une Puissance supérieure aux puissances ordinaires qui sont en action dans la nature; mais une puissance douée d'intelligence, de volonté, de liberté; et aussi une puissance bienfaisante. Car Dieu ne se propose pas seulement d'étonner les hommes et d'en confondre certains par la démonstration éclatante de sa Souveraine indépendance; Il ne fait pas de miracle qui ne soit en faveur de ses créatures, souvent pour le bien matériel des hommes, en tout cas pour leur bien spirituel, quand ce ne serait que pour se faire connaître et glorifier par eux. .

 

               N'est-ce pas là ce qu'il y a de plus conforme à Son éternel Dessein?

 

Tout extraordinaire qu'il soit, le miracle par conséquent, rentre encore dans le plan divin. « Dieu fait tous les changements par un Conseil immuable » (Bossuet).

 

 

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