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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 07:27

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                                                       Le châtiment dans la Sainte Écriture.

                                        (P. Cambier. Vocabulaire de théologie biblique-1962)

Le royaume de Dieu est sous le signe de la béatitude, et voici que la Bible parle de châtiments divins ; le dessein de Dieu vise à réconcilier toute créature avec Dieu, et voici l'enfer qui en sépare définitivement. Scandale intolérable, dès que se perd le sens théologal des trois réalités sous-jacentes au châtiment: le péché, la colère, le jugement. Mais grâce à lui, le croyant adore le mystère de l'amour divin qui, par sa patience et sa miséricorde, obtient du pécheur la conversion.

 

Calamités, déluge, dispersion,  ennemis, enfer, guerre, mort, souffrance, tous ces châtiments révèlent à l'homme trois choses : une situation, celle de pécheur;

 unelogique, celle qui conduit du péché au châtiment;

 un visage personnel, celui du Dieu qui juge et qui sauve.

1- Le châtiment, signe du péché.

 A travers le châtiment qu'elle subit douloureusement, la volonté de la créature pécheresse saisit qu'elle est séparée de Dieu.

 L'ensemble de la création fait l'expérience du châtiment à des degrés divers mais toujours à la suite avec un faute grave, un péché de désobéissance volontaire à Dieu.  Ainsi sont soumis au châtiment dans la Sainte Écriture :

-  Le serpent, séducteur et homicide (Gn 3,14s; Jn 8,44; Ap 20,9s);

 - L'homme, découvrant que «par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et, par  le péché, la mort», la souffrance, le travail pénible' (Rm 5,12; Gn 3,16-19);

 -  Les villes châtiées pour leur incrédulité: Babel, Sodome, Capharnaüm, Jérusalem, Ninive;

-  Les ennemis du peuple de Dieu : Pharaon,  l'Égypte, les nations, même si Dieu s'en sert pour châtier Son peuple (Is 10,5) ;

 - Le peuple de Dieu lui-même, en qui doit apparaître le mieux la finalité positive du châtiment (Ba 2,6-10.2,7-35) ;

-  La Bête et les adorateurs de son image (Ap 14,9ss;  19,20);

 - La création matérielle enfin, assujettie à la vanité à la suite du péché d'Adam (Rm 8,20) .

2. Le châtiment, fruit du péché.

On peut distinguer trois temps dans la genèse du châtiment. Au point de départ, il y a à la fois le don de Dieu (création, élection) et le péché. Puis l'appel de Dieu à la conversion est refusé par le pécheur (He 12,25), qui pourtant perçoit souvent à travers l'appel l'annonce du châtiment (Is 8,5-8; Ba 2,22ss). Alors, devant un tel endurcissement, le jugement décide de châtier: « Eh bien. .. » (Os 13,7; Is 1,5;Lc 13,34S).

L'issue du châtiment est double, selon l'ouverture du cœur : certains châtiments sont « clos » et condamnent sans appel (Satan, Babel, Ananie et Saphire,(couple qui avaient menti aux apôtres), les autres sont «ouverts » et appellent à la conversion (1 Co 5,5; 2 Co 2,6). Ainsi le châtiment est un barrage opposé au péché : pour les uns, c'est l'impasse de la condamnation; pour les autres, c'est l'invitation à « revenir » à Dieu (Os 2,8s; Le 15, 14-20). Mais même alors il demeure condamnation du passé et anticipation de la condamnation définitive, si le cœur ne revient pas à son Dieu.

 

Ce n'est donc pas le châtiment qui sépare de Dieu, mais le péché dont il est la rétribution., li marque avec force que le péché est incompatible avec la Sainteté divine (He 10,29S). Si donc le Christ a connu le châtiment, ce n'est pas en raison de péchés qu'Il aurait commis, mais à cause des péchés des hommes qu'Il porte et emporte (1 P 2,24; 3,18; Is 53,4).

 

3. Le châtiment, révélation de Dieu.

 De par sa logique interne le châtiment révèle Dieu : il est comme la théophanie appropriée au pécheur. Qui n'accueille pas la grâce de la Visite Divine, se heurte à la sainteté et rencontre Dieu même (Le 19, 41-44). C'est ce que redit sans cesse le prophète: « Alors vous saurez que Je suis Yahweh » (Ez 11,10; 15,7)· Parce que le châtiment est révélation, c'est le Verbe qui l'exécute (Sg 18,14ss; Ap 19,II-16), et c'est face au crucifié qu'il prend ses vraies dimensions (ln 8,28).

Ainsi ordonné à la reconnaissance de Yahweh et de Jésus, lé châtiment est d'autant plus terrible qu'il atteint celui qui est plus proche de Dieu (Lv 1O,Iss; Ap 3,19). La même présence, douce au cœur pur, devient douloureuse à l'endurci, bien que toute souffrance ne soit pas châtiment

Plus encore, le châtiment révèle les profondeurs du Cœur de Dieu: Sa jalousie, dès qu'on est entré dans Son alliance (Ex 20,5; 34,7), Sa colère (Is 9, 11ss), Sa vengeance vis-à-vis de Ses ennemis (Is 10,12), Sa justice,(Ez 18), Sa volonté de pardon (Ez 18,31), Sa miséricorde (Os II,9), enfin Son amour pressant: « et vous n'êtes pas revenus à Moi! » (Am 4,6-11; Is 9,12; Jr 5,3).

Mais il est un châtiment au cœur de notre histoire, où le tentateur et le péché ont été' frappés à mort, c'est la Croix où éclate la Sagesse de Dieu (1 Co 1,17-2,9). Dans la Croix coïncident la condamnation « close  » de Satan, du péché et de la mort, et la souffrance « ouverte », source de vie (1 P 4,1; Ph 3,10). '

 

Cette sagesse avait cheminé à travers toute l'Ancienne Alliance'(Dt 8,5s; Sg 10-12; He 12,5-13); l'éducation de la liberté n'a pu se faire sans « correction» (Jdt 8,27; 1 CO 11,32; Ga 3,23s): Le châtiment est ainsi lié à la Loi; historiquement, cet âge est dépassé, mais psychologiquement bien des chrétiens s'y attardent encore .Le châtiment est alors un des liens qui continuent à unir le pécheur à Dieu. Mais le chrétien qui vit de l'Esprit est libéré du châtiment (Rm 8,1; 1 Jn 4,18). S'il le reconnaît encore permis par l'amour du Père, c'est en vue de la conversion (1 Tm. I,'!'O; 2 Tm 2,25). Et, dans notre temps eschatologique, le vrai et unique châtiment, c'est l'endurcissement final (2 Th 2,10s; He 10,26-29).  

Cette  proximité du Jugement décisif, déjà à l'œuvre, confère au châtiment de l'homme « charnel » valeur de signe : il anticipe la condamnation de tout ce qui ne peut hériter du Royaume. Mais pour le « spirituel », le jugement est justification : le châtiment devient alors expiation dans le Christ (Rm 3,25s; Ga 2,19; 2 Co 5,14); volontairement accepté, il fait mourir la chair pour vivre selon 1'Esprit (Rm 8,13; Col 3,5). .

 

 

 

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