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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 12:15

                                   Le thème du don dans l’Écriture Sainte

 

          A l'origine de tout don, la Bible enseigne à recon­naitre une initiative divine.

 « Tout don valabIe ... descend du Père des Lumières » (Jc 1,17; cf Tb 4,19). C'est Dieu qui a l'initiative de la création et qui donne à tous nourriture et vie (Ps 1°4); c'est Dieu encore qui a l'initiative du salut (Dt 9,6; I Jn 4,10). En conséquence, la générosité se fourvoie lorsqu'elle prétend précéder la grâce (cf Jn 13,37S); la pre­mière attitude qui s'impose à l'homme est de s'ouvrir au don de Dieu (Mc 10,15 p). En le rece­vant , il devient capable d'une générosité authentique et il est appelé à pratiquer à son tour le don (I Jn 3,16).


 

 

 

        Ancien Testament

 

 

                  

 

        I-Les dons de Dieu

 

     Plutôt que le temps du don, l' Ancien Testament est celui de la promesse. Les dons eux-mêmes n'y font que préfigurer et préparer le Don définitif.

« A ta postérité, Je donne ce pays» dit Yahweh à Abraham (Gn 15,18). L'écho de cette parole retentit tout au long du Pentateuque. Le Deuté­ronome s'attache à faire apprécier un tel don (Dt 8,7; 11,10), mais il annonce aussi que les infidèlités entraineront l'exil; un autre don est néces­saire : la circoncision du cœur, condition du retour et de la vie (Dt 29,21-30,6).

     Par Moïse, Dieu donne à Son peuple la Loi (Dt 5,22), don excellent entre tous (Ps 147,19S), car c'est une participation à Sa propre Sagesse (Si 24,23; cf Dt 4,5-8). Mais la Loi est impuissante, si le cœur qui la reçoit est mauvais (cf Ne 9,13.26). A Israël il faut un cœur nouveau; tel est le don futur vers lequel les prophètes orientent leurs aspi­rations (Jr 24,7; Ez 36,26ss).

Ainsi en est-il de tous les dons de l' Ancien Testament: les uns semblent tourner court (dynastie davidique, pré­sence de la Gloire dans le temple), et des décep­tions successives contraignent les espoirs à se porter plus avant; les autres ne sont plus que des souve­nirs qui attisent les désirs : pain du Ciel (Sg 16,20S), eau du rocher (Ps 105,41). Israël a beaucoup reçu, mais il attend plus encore.

 

                                            2. Les dons à Dieu.

         Pour reconnaitre Son souve­rain domaine et Ses bienfaits, Israël offre à Yahweh prémices, dîmes (Dt 26) et sacrifices (Lv I ... ). Il apporte aussi des dons pour compenser les infi­délités à l' Alliance (Lv 4; 5) et se rétablir dans la faveur de Yahweh (2 S 24,21-25). Les offrandes à Dieu se situent donc dans une perspective de réci­procité (Si ,35 ,9s).

 

                                         3. Les dons réciproques

          C'est dans cette même perspective que le don est compris le plus souvent entre individus, familles ou peuples. En donnant, on manifeste la hesed cette bienveillance et bienfai­sance mutuelles qui sont la règle entre alliés ou amis. Celui qui accepte le don accepte l'alliance et s'in­terdit toute attitude hostile (Gn 32,14; Jos 9,12SS; 2 S 17,27 ... ; 19,32 ... ). Mais les dons qui viseraient à corrompre sont sévèrement exclus (Ex 23,8; Is 5,23). La perspective n'est donc pas sans noblesse, d'autant que la réciprocité des prestations témoigne normalement de la réciprocité des sentiments.

                   Le don aux pauvres, recommandé en termes magnifiques (aumône), tend lui-même à s'assimiler aux dons réciproques. On espère que le pauvre aura un jour de quoi rendre (Si 22,23) ou queYaweh le suppléera (Pr 19,17). II est nettement déconseillé de donner à l'homme mauvais (Tb 4,17, ce don serait consenti en pure perte (Si 12,1-7) A une générosité très réelle, l' AT se soucie d'allier une  raisonnable prudence.

 

 

 


 


 

                                                                          Nouveau Testament

 

 

. « Si tu savais le don de Dieu !(J n 4,10)« ...En mettant en pleine lumière la folle générosité de Dieu (Rm 5, 7S), le Nouveau Testament bouleverse les perspectives  humaines. C'est vraiment le temps du Don.

 

               I. Le don de Dieu en Jésus-Christ

.

         Le Père ­révèle Son amour en nous donnant Son Fils (Jn 3,16), et dans Son Fils le Père se donne Lui-même, car Jésus est tout rempli de la richesse du Père (Jn 1,14) : paroles et œuvres, pouvoir de juger et de vivifier, Nom, gloire, amour, tout ce qui appartient au Père est donné à Jésus (Jn 17)

          Dans Sa fidélité à I'amour qui l’unit au Père( Jn 15,10), Jésus réalise le don complet de Lui-même ; «  Il donne Sa vie» (Mt 20,28). « Vrai Pain du Ciel donné par Ie Père », Il donne « Sa Chair pour la vie du monde» (Jn 6,32.5 I; cf Lc 22,1) »Ceci est Mon corps donné pour vous »). Par Son sacrifice, Il obtient de nous communiquer 1'Esprit promis (Ac 2,33), « Don de Dieu » par excellence] Ac 8 ,20 ;11,17). Dès cette terre, nous possédons les arrhes de notre héritage : nous sommes enrichis de tout don spirituel (I CO 1,5ss) et jamais ne sera assez célébré la surabondance du Don. (Rm 5,15-21).

 D'une manière secrète, mais réelle (Col 3,3S) nous vivons déjà de la Vie éternelle, Don gratuit de Dieu.

 

              2- Le don à Dieu en Jésus-Christ

 

      Depuis le sacri­fice du Christ, tout à la fois don de Dieu à l'huma­nité (Jn 3,16) et don de l'humanité à Dieu (He 2,16s), les  hommes n'ont plus à présenter d'autres dons. La Victime parfaite suffit à jamais (He 7,27). Mais il leur faut s'unir à cette Victime et, se présen­tant eux-mêmes à Dieu (Rm 12, I), se mettre à Sa disposition pour le service des autres (Ga 5,13-16; He 13,16). Car la grâce ne se reçoit pas comme un cadeau sur lequel on pourrait se refermer; elle se reçoit pour fructifier (Jn 15cf Mt 13,12).

 

                      3. Le don sans retour.

 

     Le mouvement du don aux autres prend donc une ampleur et une intensité jamais connues. La « convoitise », qui s'y oppose, doit être combattue sans rémission. Désormais, au lieu de rechercher la réciprocité des prestations, il faut bien plutôt la fuir (Lc 14,12SS). Lorsqu'on a tant reçu de Dieu, tout calcul, toute étroitesse de cœur deviennent scandaleux (Mt 18,32S). « Donne à qui demande «  (Mt 5,4s). « Vous avez reçu gratuite­ment , donnez gratuitement «  (Mt 10,8). Biens matériels ou dons spirituels, le chrétien est appelé à tout considérer comme des richesses dont il est qu'intendant et qui lui sont remises pour le service des autres (I P 4,10s). Conseil inouï , Jésus engage même celui qui désire la perfection à donner toute sa fortune (Lc 18,). Le don de Dieu en Jésus-Christ nous entraine plus loin encore: Jésus a offert Sa vie pour nous , Sa grâce nous porte à« offrir nous aussi notre vie pour nos frères ( Jn 3,16); « il n'est pas de plus grand amour ... »(Jn 15,13).

            Le don réalise l'union dans l'amour et suscite chez tous l'action de grâces (2 Co 9, I2-I 5). Le donateur remercie Dieu autant et plus que le béné­ficiaire, car il sait que sa générosité même est une grâce (2 Co 8,1), un fruit de l'amour qui vient de Dieu (cf I Jn 3,14-18). Et c'est pourquoi, en définitive, « il y a plus de bonheur a donner qu'a recevoir  » (Ac 20,35).

 

 

 

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