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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 13:16

  
 
L’âme humaine et ses relations avec les autres esprits CH 2

 

                                                                     

                                                                               Il - L'âme humaine: son rôle.

 

a )-L‘esprit et matière.

                  La plus embarrassante autant que merveilleuse propriété de l'âme est celle-ci: Il se trouve qu'elle est unie à un corps, à la matière. Comment ces deux incompatibles peuvent-ils être unis en une personne? ParIons un peu de cette incompatibilité essentielle. La théologie catholique n'a jamais suivi ceux qui voient dans la matière comme un mal en soi, que considèrent que l'âme est déportée dans un corps d'exil. Elle n'a jamais suivi non plus ceux qui éludent le problème en disant que le corps est une illusion. Elle renvoie dos à dos les pessimistes et les idéalistes.

                 La théologie catholique (si mal connue hélas ! même par certains de ses amis) aime la matière en sa qualité d'innocente créature de Dieu et prie pour son maintien. Le degré le plus élevé du monde matériel, le " résumé de l'univers ", le corps humain a toujours été très cher au cœur de la théologie catholique authentique. L'opposition entre esprit et matière n'est pas, nous l'avons dit, entre sainteté et puissance du mal, comme entre pureté et souillure. C'est une opposition d'ordre psychologique. La matière, même lorsqu'elle est pleine de vie et de sensation, vit et sent selon des lois, qui, appliquées à un esprit, détruiraient, ipso-facto, sa spiritualité. En elles-mêmes, ces lois sont l'expression de la Volonté et de la Sagesse de Dieu. Dans son état de plus haute perfection organique, la matière est non seulement bonne, mais très bonne en elle-même, elle est une aide à la substance spirituelle. Elle est indispensable à, au moins une substance spirituelle, l'âme humaine.

                     Le premier principe en psychologie scolastique (de l'Ecole de Saint Thomas d'Aquin, philosophie préférée de l'Eglise Catholique), est celle-ci: - Esprit et matière sont incompatibles dans leur mode d'action.

 Les lois qui les régissent sont radicalement différentes. L'esprit est libre, la matière est entièrement déterminée.

 L'esprit est pur, la matière est multiplicité, alliage, composition.

L'esprit est immortel, la matière est dégradable.

 L'esprit peut vouloir, la matière ne peut rien vouloir, etc... etc...

                    Le deuxième principe aussi important que le premier est celui-ci : le corps humain est élevé aux plus hautes activités sensitives par l'acte d'une substance spirituelle: l'âme. Et cette âme, à son tour, est rendue parfaite en volonté et intelligence, par l'action de ces sens corporels hautement développés.

Comment se fait-il que deux substances aussi incompatibles soient unies pour leur mutuel avantage ? Que ce soit pour leur mutuel profit, la théologie catholique le montre avec une grande ténacité.

               Laissons de côté, pour le moment, le mode d'union entre l'âme et le corps, nous allons brièvement rappeler la doctrine de cette influence mutuelle qui survit au milieu de leurs respectives incompatibilités. L'âme bénéficie de cette union avec un corps organique ayant une haute vie sensitive, car les sensations et les perceptions du corps sont pour l'âme, ou mieux pour l'intelligence de l'âme, les semences de la connaissance. L'intellect de l'âme tire sa connaissance du" magasin" des sens du corps et augmente la portée des données des sens. Maintenant il est évident que l'âme ne descend pas de son immatérialité, ne se départit pas de sa nature, en " admettant en elle-même" seulement les objets offerts à ses puissances de connaître à travers les sens. Le corps fournit des objets précis à l'intelligence, elle reçoit ces informations, s'en " nourrit", mais ne change pas de nature, de même que nous ne changeons pas d'identité quand le facteur nous apporte une lettre . Chacun reste ce qu'il est, mais avec un gain. Pour l'âme, c'est l'information.

            Ce gain pour le corps, du fait de la présence de l'âme, pose un problème plus difficile; si on peut dire que le corps fournit à l'âme de la nourriture pour son opération intellectuelle abstractive, on ne peut dire que le corps reçoit une connaissance de l'âme et a, de ce fait, de nouvelles" sensations" ; tout ce qui arrive dans l'âme est entièrement spirituel et ne peut être appréhendé par le corps. L'opération se fait à sens unique (c'est pourquoi nous ne pouvons voir, ni sentir notre âme. Nous y reviendrons). Le gain pour les activités du corps est autre. Une substance spirituelle comme l'âme est pour l'organisme dans lequel elle demeure, un principe d'élévation. Retenons bien ce mot élévation, c'est la clé de toute cette étude. Le principe spirituel tout en restant spirituel a ce pouvoir : Il élève les sens corporels à un plan plus haut par une sorte de causalité créative, dont il y a d'autres exemples dans l'univers physique.

 

b) L'élévation, le principal rôle de l'Arne:

La présence de l'âme humaine dans le corps est essentielle, causative, c'est-à-dire que l'âme est là pour faire quelque chose de bien précis et non seulement pour être présente passivement. " Tout agent agit en vue d'une fin". Le pouvoir causatif de l'âme sur le corps est en effet, quelque chose de très particulier. Il agit comme un principe immanent, intérieur, non comme un agent extérieur. Un simple exemple dans la nature illustrera ce propos : Un arbre a la vie et la croissance au travers de deux sortes de causes : les causes externes : le soleil, la pluie, l'état du sol, etc... ce sont les causes efficientes, car elles ont un résultat positif dans l'état de croissance de l'arbre, bien qu'elles ne soient pas dans l'arbre, mais au dehors. Mais il est évident qu'il y a dans l'arbre des causes qui font qu'il est ce qu'il est : un chêne et non pas un saule etc... et qu'il sera grand ou restera petit, quel que soit l'état de la météorologie ! Ces causes, quelle que soit leur nature sont appelées formelles. Elles sont immanentes, internes, elles font partie de la constitution de l'arbre.

                  Quel est donc ce mystérieux rôle que l'âme a à jouer, dans son union avec le corps? Nous avons vu que ce n'est pas elle qui" fait" le corps. Ce sont les lois de la biologie qui s'en chargent : la mutation, l'assimilation, l'élimination, la croissance, etc... L'âme est unie au corps précisément parce qu'elle est pour le corps la cause, la source de quelque chose, de quelque réalité nouvelle de plus haute qualité. Une union entre esprit et matière qui ne serait pas " causative " de la part de l'esprit est impensable. Ce serait le seul exemple d'absurdité dans l'univers (comme si on voulait enfermer une tempête dans une maison. Par contre, on comprend mieux si la tempête est canalisée vers une turbine et fait de l'électricité. Tout s'explique alors :  la tempête est là pour faire quelque chose, elle est causative et la maison prend le nom d'usine électrique.L’esprit est marié au corps aussi longtemps qu’il est capable dêtre pour ce corps une puissance causative.si la matière n’est plus capable de recevoir convenablement cette influence causative de l’esprit, l’union, ipso-facto,prend fin.Dans la mort, c’est le corps qui part le premier, non l’âme contrairement à ce que l’on dit souvent.Du fait de la défaillance d'un organe essentiel: cœur, cerveau etc... l'harmonie de la vie corporelle est rompue pour des raisons de déterminisme matériel, l'âme ne peut plus mener sa vie dans ce corps disloqué. C'est la mort.( Comme le bateau coule par suite d'une voie d'eau, bien que le capitaine soit sain de corps et d'esprit. Il ne peut rien empécher, car cela dépend des lois de la mer).

                   Un corps mal nourri, un cerveau mal irrigué ne se développent pas. Ce sont là des choses sur lesquelles l'âme n'a pas de pouvoir. Son travail est de faire de ce corps d'homme, constitué par la conjoncture des deux cellules parentales, un homme digne de ce nom, une créature de Dieu raisonnable, intelligente, aimante et libre. Voilà sa mission : Elever. L'âme, au travers de sa présence causitive formelle, élève l'organisme corporel avec lequel elle est unie, à un plus haut degré de vie sensitive, et à partir de là, cette haute vie participe au plan purement intellectuel.

               L'homme est un animal raisonnable. C'est un animal par son organisme. Sa vie n'est pas seulementt la vie animale de son cerveau, si perfectionné soit-il. La pensée n'est pas une secrétion du cerveau, comme beaucoup d'auteurs modernes le croient, bien qu'ils s'en défendent. Il faut plus à l'homme pour être homme qu'un cerveau bien perfectionné. Il faut que ce cerveau soit le serviteur fidèle, sensible, de l'âme spirituelle.L’âme dépend du corps, du cerveau, pour son exercice en cette vie, mais elle lui est irréductible.

              L'âme est un principe immanent, mystérieux pour nous sur cette terre. On ne peut la localiser en un point du corps, car elle anime tout le corps dans sa totalité. Mais on peut dire, sans erreur, que les puissances intellectuelles et volitives de l'âme siègent dans la tête parce qu'elles y reçoivent la nourriture: la connaissance sensible. Elles y demeurent dans un certain sens, car le " lieu d'un agent est là où se fait sa plus grande opération.

           Ce qui fait l'efficacité, l'acuité de l'intelligence humaine, la force de sa volonté, c'est sa possibilité de synthétisation rapide, d'unification supérieure, de survol élevé. Le cerveau humain est très supérieur au cerveau animal, cette supériorité trouve sa cause dans la génétique. Ce n'est pas l'âme qui fait le cerveau, mais les gênes parentaux et l'environnement, la nutrition, etc... Ce n'est pas non plus le cerveau qui fait l'âme; vous connaissez de " belles âmes" chez des sujets très peu développés sur le plan organique, voire même infirmes. C'est l'âme par contre, qui fait que la vie de cet organe corporel est une pensée humaine et non la pensée d'un singe ou d'un cheval. C'est elle qui élève la vie au niveau spirituel qui est le sien.

                   Il y a plusieurs niveaux de vie dans l'homme :

Les plus bas : les phénomènes vitaux où l'homme ne diffère pas de l'animal, la nutrition, etc... Les plus hauts : les phénomènes qui sont les résultats de l'action de l'âme spirituelle. Elles sont pures actions d'esprit. Entre les deux, il y a une vaste région de phénomènes qui appartiennent au corps, sont accomplis par l'organisme corporel et qui, pourtant, ne pourraient jamais être accomplis par lui seul, car ils demandent l'action de levier, l'élévation par la présence d'une substance spirituelle, l'âme immanente.

                   Dans la première catégorie nous mettons par exemple: la douceur, la croissance, la sensation, la colère, la tristesse, etc... on peut les voir aussi bien chez l'homme que chez l'animal. Dans la plus haute : la pensée métaphysique, mathématique, la volonté libre, la conscience morale. Dans la partie moyenne: le sentiment, l'amour conjugal, l'appréciation de la beauté, l'attention aux choses et la possibilité d'agir immédiatement, sont des matières qui appartiennent à la vie du cerveau, mais à une vie élevée par la présence de l'esprit. L'animal ne peut les réaliser, un esprit pur non plus, car ce ne sont pas des opérations immatérielles.

                Nous sommes bien là dans la frange humaine, ce qui fait la merveilleuse spécificité de l'humanité, cette constante collaboration entre l'immatériel et le matériel, cet " horizon " entre la vie céleste et la vie animale. Ce que nous faisons là, aucun animal ne peut le faire, aucun esprit pur. C'est notre domaine, notre beau territoire voulu par Dieu et tant aimé de Lui qu’Il est venu y demeurer, dans ce lieu de la récapitulation de toute Son œuvre, au point de convergence de la gloire que Lui rendent les créatures spirituelles en leurs hiérarchies et les créatures matérielles en leurs ordres: minéral, végétal, animal.

                                                           “Vous toutes, créatures du Seigneur, bénissez le Seigneur!

                                                  “Benedicite omnia opera Domini Domino, laudate et superexaltate Eum in saecula.”

A SUIVRE

 

 

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