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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 07:45

DEMEURE et demeurer dans la Sainte Écriture

Peu de mots sont aussi chargés de sens et de saveurs pour l'esprit .Le dictionnaire nous en donne de nombreuses nuances Demeurer c'est : rester,habiter,subsister,persister,continuer d'être.... l'idée profonde est la stabilité ,la fidélité. Pour les esprits humains,si prompts à se disperser,c'est le bonheur de trouver la stabilité d'une demeure. Ce thème est central dans la Sainte Écriture et dans toute la spiritualité chrétienne qui est la religion de la Présence. Présence de Dieu ,présence à Dieu,présence à soi-même..présence au prochain....Il y a les demeures terrestres et les demeures célestes, éternelles, les demeures infernales...où sont chatiés tous les abandons....

                                                +++

Toujours en mouvement, Israël, nomade puis exilé, n'a jamais véritablement expérimenté ce qu'est « demeurer ». Il ne dispose même pas de mot exprimant exactement cette idée. Il est obligé de décrire simplement ce qu'il voit: un homme assis (Gn 25,2.7). le vainqueur debout, seul survivant de la bataille (Jos 7,12.), ou encore les tentes dressées habituellement dans les mêmes pâtures (Gn 16,12.; 2.5,18). Il faut attendre les équivalents grecs pour avoir nos images familières de maison, de stabilité, de permanence. Et pourtant ce peuple, toujours en marche, rêve de se reposer des fatigues du désert : il voudrait s'installer, et vivre en paix dans la terre que Dieu lui a promise (cf Gn 49,9.15; Dt 33,12..2.0). Au soir de chaque grande étape de son histoire, Israël pense dresser ses tentes pour une « sûre demeure » (Dt 12,8ss). Et au matin des nouveaux départs, il trouve courage en écoutant les prophètes lui annonçant un lieu où il sera enraciné (Am 9, I 5), une tente qui ne sera pas arrachée (Is 33,20), ou même une maison stable et une cité bien fondée (2 S 7,9ss; cf Is 54,2). Mais toujours Yahweh, son pasteur, « détruit ses demeures» (cf Am 5,I5; Jr I 2, 14), pour le châtier et le ramener au désert, ou au contraire pour l'entraîner vers de meilleurs pâturages (Ps 23; Jr 50,I9; Ez 34,23-3I). Ainsi, demeurer est un idéal toujours espéré, mais jamais atteint, qui ne trouvera son accomplissement qu'en Dieu.

I-  CE QUI PASSE ET CE QUI DEMEURE

1. « Elle passe la figure de ce monde» (1 Co 7,31; 2 Co 4,18). Éternel voyageur, l'homme ne peut pas demeurer ici-bas, il ne dure pas : comme toute chair, semblable à l'herbe, sa vie est courte, il se fane et meurt (Is 40,8; Jb 14,2). Le monde dans lequel il vit paraît du moins plus stable (2 P 3,4), la terre est solidement posée sur ses bases (Ps 104,5) et Dieu a garanti à Noé la régularité des lois de la nature (Gn 8,22). Mais cette promesse vaut seulement « tant que la terre durera », car « les cieux seront ébranlés» (Heb 12 2,26s) ; et le Christ a prévenu les Siens : « le ciel et la terre passeront, mais Mes paroles ne passeront pas» (Mt 24,35 p). L'alliance du Sinaï, fondée pourtant sur la Loi, et sur les paroles de Dieu, s'est elle-même avérée caduque: les Hébreux, infidèles à Yahweh, désobéissants à la Loi, ne purent demeurer dans la terre promise (Dt 8,19s; 28,30.36). En un mot, ils ne « restèrent pas dans l'Alliance» (He 8,9. 13) Celle-ci d'ailleurs n'était qu'une figure passagère de la nouvelle alliance (Jr 31,31; Mt 26,28 p; Ga 4,21-31). Même parmi les réalités de cette nouvelle économie, certaines passeront, tels les charismes de prophétie et de science ou le don des langues; mais « la foi, l'espérance et la charité demeurent toutes les trois» (1 Co 13,8-13). Ainsi ce monde n'est pas une « cité permanente », il faut en sortir (He 13,1 3S); le chrétien lui-même sait que « sa demeure terrestre» n'est qu'une « tente» d'où il devra déloger, pour aller prendre domicile auprès du Seigneur (2 Co 5,1-8).

2. DIEU SEUL DEMEURE

En effet, Lui qui est, qui était et qui vient (Ap 4,8; II,17), « Il est le Dieu vivant, Il perdure à jamais» (Dn 6,27, Ps 102,27S). Siégeant dans les cieux inaccessibles, demeure sainte et éternelle, Il se rit des menaces (Ps 2,4; 9,8; Is 57,15). Il est le Rocher stable sur lequel il faut s'appuyer. Sa parole (Is 40,8; t P 1,23ss), Son dessein (Is 14,24), Sa promesse (Rm 4,16), Sa royauté (Dn 4,31), Sa justice (Ps II 1,3), Son amour (Ps 136) demeurent à jamais. C'est Lui qui donne solidité à tout ce qui sur terre possède quelque stabilité dans l'ordre physique comme dans l'ordre moral (Ps 119,89ss; 112,3.6). 3. Aussi le juste est-il comme un arbre planté, qui demeure debout au jour du jugement (Ps 1, 3ss), ou comme cet homme qui, se fiant aux paroles du Christ, a fondé sa maison sur la pierre (Mt 7,24s p). Pour subsister, l'homme doit en effet s'appuyer sur la solidité de Dieu, c'est-à-dire croire (1s 7,9) et persévérer dans la foi (Jn 8,31; 15,5ss; 2 Tm 3,1.4; 2 Jn 9) en Celui qui est « le même hier, aujourd'hui et à jamais .» (He 13,8).

II. DIEU HABITE EN NOUS ET NOUS EN LUI

1. Par Sa présence, Dieu permet aux hommes de demeurer. Il s'est bâti à Sion un temple où réside Son Nom et que remplit Sa gloire (Dt 12,5-14; 1 R 8,II; Mt 23,21). Cette demeure est d'ailleurs provisoire; elle sera en effet profanée par le péché : alors la gloire de Yahweh la quittera, et le peuple sera emmené en exil (Ez 8,1-11,12). 2. Or « le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous» (fn I,I4). Lui, l' « Emmanuel» (Mt 1,23; Is 7,14), dont le règne n'aura pas de fin (Le 1,33), Il doit « demeurer toujours » (Jn 12,34), parce que le Père demeure en Lui, et qu'Il est dans le Père (14,10). Et pourtant sa présence sensible doit cesser; Il doit quitter les siens (13,33), car Il doit préparer pour eux les nombreuses demeures de la maison de Son Père (14,2S). 3. Pour que l'Esprit-Saint nous soit donné et demeure en nous (Jn 14,17), le retour du Christ vers Son Père était nécessaire (16,7). Ayant ainsi reçu l'onction du Christ (1 Jn 2,27S), le chrétien demeure en Lui s'il « mange Sa chair » (Jn 6,27-56), s'il vit comme Il a vécu (1 Jn 2,6), dans Son amour (Jn 15,9), sans pécher (1 Jn 3,6) et en gardant Sa parole (Jn 14,15-23; l Jn 3,24). Du fait même, le Père comme le Christ et l'Esprit demeurent en lui (Jn 14,23). Une union aussi intime et aussi féconde que celle du cep et de la vigne se forge entre Dieu et le chrétien (Jn 15,4-7); elle permet à celui-ci de demeurer, c'est-à-dire de porter du fruit (15,16) et de vivre éternellement (Jn 6,56ss). C'est ainsi que le Christ « en qui habite toute la Plénitude de la Divinité» (Col 1,19; 2,9) inaugure le Royaume qui subsiste à jamais (He12,27) et construit la cité solide(He11-10),dont Il est Lui-même le seul Fondement (Is28,16; I Co 3,11; I P 2,4). JdV

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