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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 07:42

La Providence Divine 2/2

R .Jolivet  Cours de Philosophie (1938)

ART II. Le problème du mal.

1. L'existence du mal et la Providence. L'existence du mal dans le monde est fréquemment invoquée pour nier l'existence de Dieu ou la réalité de la Providence divine.

a) L'existence de Dieu et la réalité du rnal.

La négation de l'existence de Dieu, loin de résoudre le problème du mal, ne ferait que le rendre complètement insoluble. En effet, si les maux dont nous souffrons étaient sans remède ni compensation, le monde serait définitivement absurde, privé de sens et radicalement mauvais. Mais, dans ce cas, comment comprendre l'ordre physique qui y règne? S'il y a un ordre physique, comment n'y aurait-il pas, â plus forte raison, un ordre moral? . C'est-à-dire comment le mal n'aurait-il pas un sens et une explication?

b) Le dualisme manichéen.

L'explication du mal ne pourra pas être cherchée dans l'hypothèse qu'il existerait un Principe du mal à côté ou en face d'un Principe du bien, comme l'ont supposé les Manichéens (disciples de Manès ou Mani, (3e siècle après J.-C.). L'hypothèse dualiste est contredite, d'une part, par l'unité interne de l'univers et, d'autre part, par ce qu'elle implique d'inintelligible en supposant deux Principes absolument premiers , autonomes et Infinis qui se limiteraient réciproquement .

2. Mal physique et mal moral.

- Pour résoudre le problème du mal, il faut d'abord distinguer le mal physique, qui appartient à l'ordre corporel et se traduit par la souffrance, et le mal moral, qui est essentiellement la violation volontaire et libre de l'ordre voulu par Dieu. On l'appelle faute ou péché. L'un et l'autre sont, non pas simple absence d'un bien supérieur à la nature, mais privation d'un bien convenant à la nature. De cette distinction dérivent les observations suivantes. :

a) Le mal n'est pas naturel, c'est-à-dire qu'il ne peut pas entrer dans la définition de la nature. Dieu, Créateur de toutes les natures, ne peut vouloir que le bien. Aucune nature ne peut donc comporter, en tant que telle, ni le mal moral, ni le mal physique (entendus comme privations d'un bien moral ou physique dû à la nature). Il est vrai que l'ordre corporel comporte, en tant que tel, peine et difficulté. Mais cette peine et cette difficulté sont naturellement ordonnées au bien et au bonheur de l'homme. A ce titre, le nom de mal ne leur convient pas réellement.

b) La possibilité du mal résulte du néant originel de la créature. La créature raisonnable est, en effet, en suite de sa finitude, capable de commettre le péché et, par là, d'introduire dans le monde les maux qui résultent du péché. Mais cette capacité n'est pas une nécessité. L'homme est libre, et Dieu, qui l'a créé, respecte et garantit cette liberté. Si donc l'homme a péché, ce fut volontairement et librement.

c- La liberté, même faillible, est un bien. On ne peut reprocher à Dieu d'avoir donné à l'homme le bien périlleux de la liberté. C'est une merveilleuse prérogative que d'être capable de se déterminer par son propre choix, de se conformer, par un acte de volonté libre, à l'ordre divin, et de collaborer ainsi en quelque sorte à l'activité créatrice de Dieu. Cette perfection n'est pas absolue, puisqu'elle comporte la faillibilité, Mais la justice exige seulement que l'homme soit maître de son vouloir et de son choix, de telle sorte qu'en péchant il porte seul la responsabilité de sa faute et des maux qui en dérivent.

d) La réalité du mal actuel de la créature est la suite d'un péché. Le mal proprement dit ne pouvant venir de Dieu, il ne peut résulter que d'un désordre moral dans la créature, et le mal physique, s'il existe, dérive nécessairement d'un péché, si bien que, comme dit saint Augustin, le mal est ou le péché ou la conséquence du péché. NDLR(L'exemple de la pollution est parlant.Combien d'innocents souffrent des désordres introduits par l'homme dans la nature....Il y a des fautes personnelles et des fautes collectives....qui toutes doivent être expiées un jour ou l'autre, d'une façon ou d'une autre) Par suite, comme les maux auxquels est effectivement en proie l'humanité semblent dépasser de beaucoup ce qui est compatible avec une nature intègre, telle que Dieu a dû la créer; on peut conjecturer qu'ils proviennent d'une sorte de tare pesant sur tous les hommes. La raison, laissée à ses propres lumières, ne nous permet pas d'aller plus loin. Seule la foi chrétienne définit les modalités historiques de la chute de l'humanité.

e) Dieu fait servir le mal au bien.

Dieu fait que le mal rentre dans l'ordre, non pas essentiellement, puisqu'il n'a pas été voulu par Dieu, mais accidentellement, en vertu des exigences de la Bonté, de la Sagesse et de la Puissance divines. Cela revient à dire que Dieu fait que la souffrance serve; Seule serait absurde et serait un mal absolu une souffrance qui ne servirait à rien, qui ne serait pas ou l'expiation d'une faute ou la condition d'un bien. Or justement le mal physique ou la souffrance, telle qu'elle résulte en fait du péché, peut être un moyen de réparation et une source de mérite, elle peut servir à ramener observation du devoir. Dans le péché lui-même, Dieu insère, pour le pécheur, une possibilité de bien: l'homme peut par lui connaître sa misère, s'humilier devant Dieu et invoquer son secours.

3. Conclusion. - Nous voyons ainsi, en nous en tenant à ces principes généraux de solution, que la Providence divine est indemne de tout reproche. Bien des choses peuvent assurément nous demeurer mystérieuses....(et difficiles à entendre surtout de nos jours) Mais il ne peut nous échapper que s'il y a mystère, il n'y a pas injustice."

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