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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 08:46

«« Voir » dans la Sainte Écriture

Tandis que les idoles « ont des yeux et ne voient pas» (Ps I35,I6), Dieu voit « tout ce qui est sous le ciel » Jb 28,24), en particulier «les fils d'Adam (Ps 33,I3S) dont Il « sonde les reins ct les cœurs (7,10).

Mais Il demeure pour l'homme « un Dieu caché» (Is 45,15), «que nul n'a vu ni ne peut voir » (I Tm 6,16; 1,17; 1 Jn 4,12).

Pourtant Dieu S'est choisi un peuple «à qui Il s'est fait voir » (Nb 14,14: jusqu'à lui apparaître en la personne de Son Fils unique (Jn 1,18; 12,45) avant de l'introduire un jour au ciel pour « voir Sa Face» (Ap 22,4).

1. LE DÉSIR DE VOIR DIEU

Voir Dieu « les yeux dans les yeux» (Is 52,8) est le désir le plus profond de l'Ancien Testament. La nostalgie du paradis qui domine toute la Bible, c'est d'abord la conscience d'avoir perdu le contact immédiat et familier avec Dieu, c'est la crainte permanente de Sa colère, mais c'est aussi l'espérance inlassable de rencontrer Sa Face ct de la voir sourire.

Les deux grandes expériences religieuses d'Israël, l'expérience de la présence de Dieu dans le culte et l'expérience de Sa Parole par les prophètes,sont toutes deux tendues vers cette expérience privilégiée : voir Dieu.

I. Les théophanies prophétiques représentent le sommet de l'existence et de la mission des prophètes. Moïse et Élie ont connu cette expérience sous sa forme la plus haute. Encore, à Moïse qui le prie: « Fais-moi voir Ta gloire » (Ex 32, 18), Dieu, tout en exauçant sa prière, répond-il : « Je t'abriterai de Ma main durant Mon passage ... , tu Me verras de dos; mais Ma Face, on ne peut la voir» (33,22S). Élie, quand approche Yahweh, « se voile le visage» et n'entend qu'une voix (I R 19,I3). Nul ne peut voir Dieu, si Dieu ne se fait voir. Le privilège de Moïse a quelque chose d'unique; « il regarde l'image de Yahweh » (Nb 12,8).

A des niveaux divers, mais très inférieurs, les prophètes, « en songes et en visions » (I 2,6), voient quelque chose qui n'est pas de ce monde (Nb 24,4.16; 2 Ch 18,I8; Am 9,I; Ez 1-3; Dn 7,I; etc.). Abraham et Jacob ont connu, eux aussi, des expériences semblables (Gn 15,I7; 17 I; 28,I3), et également Gédéon (Jg 6,I 1-24), Manoah et sa femme (I3,2-23). Même les soixante-dix anciens d'Israël ont, jusqu'à un certain point, part au privilège de Moïse et, sur la montagne, « contemplent le Dieu d'Israël » (Ex 24,I0, mais la LXX traduit: « ils virent le lieu où se trouvait Dieu »),

2. Le culte, aux lieux où Dieu s'est rendu présent (Ex 20,24), suscite chez les meilleurs, le désir de voir Dieu, de « chercher Sa Face» (Ps 24,6), de « voir Sa douceur » (27,4), « Sa puissance et Sa gloire » (63,3), de regarder, même de loin, vers le Temple (Jon 2,5). La vision d'Isaïe, si proche des théophanies à Moïse, fait coïncider la vision prophétique, axée sur une parole et une mission, et la vision cultuelle, axée sur la présence (Is 6; cf 2 Ch 18,18; Ez 10-1I).

 

II. VOIR ET CROIRE Si le désir inextinguible de voir Dieu demeure si rarement et si partiellement comblé, c'est que Dieu est « un Dieu caché» (Is 45,15) qui se révèle à la *foi. Pour Le connaître, il faut écouter sa Parole et voir ses "œuvres ;' car, dans les merveilles de sa création « ce qu'il a d'invisible se fait voir » (Rm 1,20); à voir le ciel et la beau té des astres, il est clair qu'il dépasse infiniment tout ce que l'homme peut imaginer (Is 40,25S). Surtout, à voir les merveilles qu'Il a déployées pour Son peuple (Ex 14,13; Dt 10,21; Jos 24,17), à travers des signes comme on n'en vit jamais (Ex 34,10), Israël a « vu Sa gloire » (Ex 16,7); il a dû comprendre que « Yahweh est unique» (Dt 32,39) et que, si l'on a entendu Sa voix sans voir aucune forme, c'est que rien au monde ne Lui est comparable et ne peut Le représenter (Dt 4,12-20).

Connaître Dieu, c'est ainsi « voir Ses hauts faits » et « comprendre qui Il est » (Ps 46,9s), voir Ses prouesses et croire en Lui (Ex 14,31; Ps 40,4; Jdt 14,10). Mais, comme les idoles stupides, les hommes sont sourds et aveugles (Is 42, 18), « ils ont des yeux et ne voient rien; des oreilles et n'entendent rien» (Jr 5,21; Ez 12,2), si bien que les signes et les dons de Dieu, qui sont faits normalement pour les éclairer, les endurcissent dans leur aveuglement:la prédication des prophètes aboutit à »appesantir le cœur de ce peuple, a lui boucher les yeux,de peur que ses yeux ne voient...que son cœur ne comprenne »(IS 6,10) .

 

 

Nouveau Testament 1. DIEU VISIBLE EN. JÉSUS-CHRIST

1. En Jésus-Christ, Dieu fait voir les merveilles inouïes promises par les prophètes (Is 52,15; 64,3; 66,8), les choses « jamais vues» (Mt 9,33) Siméon peut s'en aller en paix: « [ses] yeux ont vu le salut » (Le 2,30). « Heureux les yeux qui voient» les gestes de Jésus: ils voient « ce que bien des prophètes et des justes ont souhaité voir et n'ont pas vu » (Mt I3,I6s) ; ils voient de près ce qu'Abraham a vu « de loin» (He II, l 3) et dont déjà il se réjouissait,sait, « le Jour » de Jésus (Jn 8,56). Ils sont heureux à condition de ne pas se scandaliser de Jésus et de voir ce qui se passe en réalité : « les aveugles voient ... l'Évangile est annoncé ... » (Mt 1 1,5S) Car beaucoup, malgré tant de signes opérés devant eux, ne peuvent croire (Jn 12,37) et sont incapables de voir (Mt 13,14s; Jn 12,40, cf Is 6,9S). Pour eux, la lumière du monde (Jn 8,12; 9,5) devient ténèbres, la clairvoyance devient aveuglement : « Si vous étiez des aveugles, vous seriez sans péché; mais vous dites: 'Nous voyons.' Votre péché demeure» (Jn 9,39S).

2. En Jésus-Christ, Dieu est visible. Non seulement les cieux sont ouverts sur le Fils de l'homme (Jn l,51; cf Mt 3,16) et les mystères de Dieu révélés, la vie donnée à ceux qui croient en lui (Jn 3,21;36), mais la gloire même de Dieu, celle que Moïse n'avait pu contempler que de façon passagère et partielle (Ex 33,22S; 2 CO 3,II), rayonne en permanence et sans voile de la personne du Seigneur (2 Co 3,18) : « Nous avons vu Sa gloire» (Jn 1,14). Or « cette gloire est celle du Fils unique» (1,14) et c'est pourquoi « qui L'a vu, a vu le Père» (14,9; 1,18; 12,45)

II. VOIR DIEU TEL QU'IL EST

Même l'Incarnation du Fils ne peut combler notre désir de voir Dieu, car Jésus, tant qu'Il n'est pas encore retourné à Son Père (Jn 14,12.28), n'a pas encore révélé toute la gloire qui Lui revient (17,1.5) Jésus doit disparaître, regagner le monde invisible d'où Il vient, le monde « des réalités qu'on ne voit pas» et qui sont la source de celles que nous voyons (He II,IS), le monde de Dieu.

C'est pourquoi il faut qu'on ne Le voie plus (Jn 16,10-19), que les hommes Le cherchent sans pouvoir Le trouver (14,19). Pourtant, du sein même de ce monde invisible de la gloire, Jésus est capable d'apparaître, de se «faire voir» (1 Co 15,5-8; Ac 13,31) à quelques témoins choisis (Ac 10,40S), de manger et de boire avec eux, de leur prouver qu'Il reste exactement Celui qu'ils ont connu, afin que, le voyant enlevé à leurs regards par Son Ascension dans la Nuée divine, ils puissent témoigner qu'Il reviendra tel qu'ils L'ont vu disparaître (Ac 1,9SS). L'espérance chrétienne ne peut dissocier ces deux attentes : rejoindre le Seigneur pour être toujours avec Lui (1 Th 4,17; Ph 1,23) et « voir Dieu» (Mt 5,8), « le voir tel qu'Il est» (1 Jn 3,2), dans Son mystère inaccessible, totalement donné à Ses enfants. JDu & JG

rticulièrement

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