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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 08:02

TRADITION et Sainte Écriture

L'existence d'une tradition est un fait commun à toutes les sociétés humaines. Ce qui assure leur continuité spirituelle, c'est que, d'une génération à l'autre, des idées, des coutumes, etc., s'y transmettent de façon stable Tradition = transmission). Au point de vue religieux notamment, croyances, rites, formulaires de prière ou de chant, etc., sont transmis avec un soin tout particulier. Dans les sociétés qui entourent le monde de la Bible, la tradition religieuse est d'ailleurs intégrée à tout l'ensemble des traditions humaines qui constituent la civilisation.

Le vocabulaire moderne emploie cependant le mot tradition en deux sens différents. Il désigne par là tantôt un contenu transmis d'âge en âge (par exemple la tradition cultuelle de l'Égypte), tantôt un mode de transmission, caractérisé par sa très grande stabilité, et dans lequel l'écriture ne joue qu'un rôle secondaire, voire parfois nul (c'est ainsi que la civilisation sumérienne peut être qualifiée de traditionnelle, et plus encore les civilisations purement orales). Par rapport à ce fait général, la tradition propre à la révélation biblique présente à la fois des ressemblances et des particularités originales.

Ancien Testament

1. TRANSMISSION D'UN DÉPÔT SACRÉ Sous l'ancienne Loi, il n'est pas douteux qu'il y a en Israël transmission d'un dépôt sacré, donc tradition. Conformément au statut particulier qui est alors celui du peuple de Dieu, ce dépôt embrasse tous les aspects de la vie: les souvenirs d'histoire comme les croyances qui s'y enracinent, les formes de la prière comme la sagesse qui règle la vie pratique, les rites et les gestes cultuels comme les coutumes et le droit.

C'est la transmission de ce dépôt qui donne à Israël sa physionomie propre ct qui assure sa continuité spirituelle, depuis l'époque patriarcale jusqu'au seuil du Nouveau Testament. Si ce dépôt est sacré, ce n'est pas seulement parce qu'il est un legs des générations passées, comme dans toutes les traditions humaines. C'est avant tout parce qu'il est d'origine divine : à la base des croyances, il y a une révélation donnée à Israël par les envoyés de Dieu; à la base du droit et des coutumes réglées par Lui, il y a des prescriptions positives énoncées au Nom de Dieu par les dépositaires de Ses volontés. Ces éléments positifs dus à la révélation n'excluent évidemment pas certains éléments plus anciens, empruntés au milieu oriental et assumés par la révélation elle-même; mais celle-ci fonde seule le caractère sacré de la tradition qui dépend d'elle.

Ainsi définie dans son rapport avec la révélation, qui en constitue l'originalité, la tradition du peuple de Dieu combine deux caractères complémentaires.

D'une part, la stabilité: ses éléments fondamentaux sont fixés, en matière de croyances, de droit, de culte (monothéisme, doctrine de l'alliance, coutumes venues des patriarches et loi mosaïque, etc.). D'autre part, le  progrès: la révélation elle-même se développe; à mesure que de nouveaux envoyés divins complètent l'œuvre de leurs prédécesseurs en fonction des besoins concrets de leur temps. Ce progrès suit naturellement la marche de l'histoire, mais il n'est pas soumis aux seuls hasards de l'évolution culturelle, comme c'est le cas dans les autres traditions religieuses où le syncrétisme est de règle. Ici encore, la tradition d'Israël affirme son originalité. .

II. MODE DE TRANSMISSION

1. Formes littéraires et milieux de vie. - Pour se transmettre, ce dépôt sacré prend nécessairement forme littéraire : récits, lois, sentences, hymnes, rituels, etc., sont ses moyens d'expression. Or de telles formes sont, elles aussi, déterminées par l'usage et, à ce titre, traditionnelles. Pour une large part, elles correspondent aux genres littéraires utilisés dans les cultures des peuples voisins (Canaan, la Mésopotamie, l'Égypte). Cependant les particularités de la tradition doctrinale d'Israël s'y reflètent: la littérature biblique a sa manière propre de traiter certains genres communs, comme les lois ou les oracles prophétiques; elle a son fonds original d'expressions, de clichés, auxquels recourent plus ou moins tous les auteurs; elle a ses genres de prédilection, adaptés au message qu'elle doit transmettre. L'étude de ces genres est donc indispensable à l'intelligence de la tradition elle-même, puisqu'elle permet de saisir sur le vif l'histoire de sa mise en forme. Elle permet aussi de voir par quels canaux la tradition se transmet à travers les générations. En effet, les formes qu'elle prend sont en rapport étroit avec. les milieux qui la portent et les fonctions qu'elle remplit dans la vie du peuple de Dieu: enseignement des prêtres, gardiens de la Loi et du culte; prédication des prophètes; sagesse pratique des scribes... Chaque milieu a ses traditions propres et ses genres préférés; mais on remarque aussi de nombreuses interférences, dues aux contacts entre les divers milieux et à l'unité fondamentales de la tradition israélite elle-même. Au point de départ, c'est par voie orale que les matériaux traditionnels sont transmis sous des formes adaptées à ce mode de transmission: récits religieux liés aux sanctuaires ou aux fêtes; formulaires juridiques; rituels, hymnes, formulaires de prière; discours sacerdotaux ou prophétiques; sentences de sagesse, etc. Finalement, dans le cadre de cette tradition orale, naissent des textes qui sont en grande partie nourris d'elle. Ainsi, la tradition biblique se cristallise peu à peu dans des Écritures sacrées qui prennent avec le temps une importance grandissante : composées sous l'influence de l'Esprit- Saint elles fournissent au peuple de Dieu la règle divine de sa foi et de sa vie.

2. Écriture et Tradition.

- Dans le judaïsme proche de l'ère chrétienne, le legs de la tradition ancienne est essentiellement conservé sous cette forme écrite. Cependant le peuple de Dieu n'est pas un simple agrégat de croyants groupés autour d'un livre : c'est une institution organisée. C'est pourquoi il y subsiste, parallèlement à l'Écriture, une tradition vivante, qui continue à sa façon celle des siècles passés, quoique en droit elle ne puisse prétendre à la même autorité normative que l'Écriture. On la trouve dans les milieux sacerdotaux, chez les docteurs, voire au sein des sectes entre lesquelles le judaïsme se partagc. Elle fait l'objet d'une vraie technique de transmission, essentiellement fondée sur le contact personnel entre le maître et ses disciples : le maitre transmet, livre (masar) - et le disciple reçoit (aram. qabbèl) ce qu'il devra répéter (hb. à son tour. Cette tradition au sens fort du terme (hb. qabbala; gr. paradosis) est connue du Nouveau Testament : Marc cite la « tradition des anciens» (Mc 7,5.13 pl, et Paul, les « traditions de mes pères » (Ga 1,14). Ce legs s'ajoute aux Écritures pour former « les traditions que Moïse a léguées » (Ac 6,14), car les scribes en font remonter l'origine au plus lointain passé afin d'en renforcer l'autorité. Sa transmission orale constitue d'ailleurs le berceau d'une nouvelle littérature, qui se développe autour de la Bible, depuis la traduction de la Bible en grec ( Septante) et en araméen (Targums) jusqu'aux écrits rabbiniques, en passant par les livres apocryphes et la production littéraire des sectes ( Qumrân). Mais la tradition tardive dont ces livres témoignent n'est pas à confondre avec la tradition orale primitive à laquelle les écrits canoniques se sont alimentés. A suivre

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