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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 07:12

Faux et usages de faux suite 5/7

LA NOUVELLE CONCEPTION DE L'ÉGLISE

Après la petite phrase qui change tout, les petits mots qui changent tout....

1. Un engagement irréversible "

Veuillez dire à ceux que vous représentez - déclare Jean-Paul II lors de la cérémonie d'inauguration de son pontificat aux délégations" chrétiennes" - que l'engagement de l'Eglise catholique dans le mouvement œcuménique, tel qu'il s'est solennellement exprimé dans le Ile Concile. du Vatican, est irréversible." (Cité par la DC 1774, p. 174).

Dans un important discours à la Curie romaine, le 28 juin 1980, Jean-Paul II précise que cet engagemçnt se fonde sur la doctrine ecclésiale de Vatican II, exprimée dans la Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen Gentium : " L'enseignement de Vatican II contient une étonnante et riche vision de l'Eglise qui requiert une réalisation persévérante '. ( ... ) (L'œcuménisme) est une priorité qui s'impose à notre action,tout d'abord parce qu'il correspond à la vocation même de l'Eglise.

L'engagement œcuménique n'est pas pris pour des raisons d'opportunité et il n'est pas dicté par des situations ou des conditions contingentes, mais il se fonde sur la volonté de Dieu. " (OR 8.07.80, p.8 et ss.). Il nous faut donc nous reporter aux textes du Concile qui fondent doctrinalement cet" engagement irréversible" et cette" priorité voulue par Dieu".

2. L'Eglise selon Lumen Gentium "

Cette Eglise (l'unique Eglise du Christ) subsiste dans l'Eglise catholique comme société constituée et organisée en ce monde, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui, bien que l'on trouve en dehors d'elle (extra ejus compaginem) des éléments nombreux de sanctification et de vérité, qui, comme dons propres de l'Eglise du Christ, appellent par eux-mêmes l'unité catholique. " (Lumen Gentium, 1,8).

Ce passage de Vatican II est la partie la plus saillante de " l'étonnante et riche vision de l'Eglise" qui fonde l'œcuménisme au sens actuel de ce terme. Sa nouveauté consiste en ceci : la doctrine traditionnelle affirme que tous les hommes qui ont la grâce sanctifiante appartiennent à l'Eglise catholique (romaine). Certes, il peut se trouver des hommes qui, souffrant d'une ignorance invincible (non imputable), n'appartiennent à l'organisme visible de l'Eglise que par un voeu implicite, qu'informe surnaturellement la charité.

C'est ce que rappelait la Lettre de la Sacrée Congrégation du Saint Office à l'archevêque de Boston, du 8 août 1949, contre une erreur opposée (cf. EPS, l'Eglise, 1256-1262). Mais ces hommes sont membres de l'Eglise, quoique le rattachement à sa structure sacrale ne soit pas visible. Ainsi, il n'y a pas de distinction entre le Corps Mystique du Christ et l'Eglise romaine: tous ceux qui sont membres du Christ sont membres d'une façon ou d'une autre de l'Eglise. Telle est la doctrine de l'Eglise rappelée avec autorité par Pie XII dans ses encycliques Mystici Corporis du 29 juin 1943 (EPS 1002 et 1014) et Humani Generis du 12 août 1950 (EPS 1282).

Citons cette dernière: "La doctrine ( ... ) selon laquelle le Corps Mystique et l'Eglise catholique romaine sont une seule et même chose ( ... ) est fondée sur les sources de la Révélation. " Dans" l'étonnante vision de Vatican II'', il n'en va plus de même : de nombreux éléments de sanctification et de vérité sont en dehors de l'ensemble (compago) de l'Eglise. Par conséquent, l'Eglise catholique n'est qu'une manière de subsister de l'unique Eglise du Christ, c'est-à-dire du Corps Mystique: c'est la manière dont cette Eglise subsiste" en tant que société constituée et organisée en ce monde".( La nuance entre être et subsister est le cheval de troie porte qui permet de laisser entrer toutes les énormités.C'est une façon contournée de dire qu'il n'est plus admissible de proclamer : » Hors de l'Église,point de salut »ce qui n'était pas équivoque.maintenant on doit dire:l'Église n'est qu'un des moyens de salut »mais comme tout lemonde est sauvé où donc est l'utilité de cette institution , Dans" la riche vision de Vatican II " les autres communautés " ecclésiales" sont d'autres manières de subsister de l'Eglise du Christ, des catégories d'appartenance à cette Eglise, qui composent l'ensemble du Peuple de Dieu (cf. chap. Il de Lumen gentium)

3. La reprise et le développement de cette doctrine par Jean Paul II

Au retour de son voyage en Afrique, lors de l'Audience générale du 21 mai 80, Jean-Paul II explique que son voyage n'a rien été d'autre que" la réalisation de la doctrine de Vatican II, son introduction dans la vie concrète". Dans ce discours, il évoque " la nouvelle conscience missionnaire de l'Eglise" due à Vatican II et il affirme qu' elle est devenue une dimension fondamentale de la foi vivante de tout chrétien". (Comprenne qui pourra.... !) Il se réfère explicitement à l'enseignement de Lumen Gentium et à son énumération des" différentes catégories qui composent le Peuple de Dieu" et il s'affirme pour chacune d'elles" plein de la particulière espérance du salut qui, s'il s'accomplit également hors de l'Eglise visible, se réalise cependant grâce au Christ opérant dans l'Eglise" (OR 27. 05.80, p. 20).

Combien sonne étrangement aux oreilles catholiques cette " particulière espérance du salut" ! Voici, en sens tout à fait contraire, l'enseignement du Magistère. Tout d'abord, la condamnation par Pie IX des propositions 16 et 17 du Syllabus (DB 1716 et 1717) ainsi formulées: " Les hommes peuvent trouver la voie du salut éternel, et l'obtenir, dans le culte de toutes les religions" (16). " Il faut au moins avoir bon espoir au sujet du salut de tous ceux qui n'appartiennent en aucune façon à l'Eglise" (17).

Ensuite, l'enseignement de Pie XII dans Mystici Corporis, qui invite" ceux qui n'appartiennent pas à l'organisme visible de l'Eglise, ( ... ) à s'efforcer de sortir d'un état où nul ne peut être sûr de son salut éternel" (EPS 1104).

Dans le discours à la Curie romaine ci-dessus cité (28 juin 1980), Jean-Paul Il revient sur ce thème de façon encore plus explicite qu'à son retour d'Afrique: "Chaque voyage du pape est un authentique pèlerinage au sanctuaire vivant du Peuple de Dieu' ( ... ) L'objectif des pasteurs est de rassembler le Peuple de Dieu' selon différents sens et différentes dimensions. Dans ce ' rassemblement' l'Eglise se reconnaît elle-même et, en même temps, se réalise elle-même. " (OR 8. 07.80, p. 8 et ss.). Et voici le passage capital; "Dans ces assemblées vraiment plénières des communautés ecclésiales des différents pays, se réalise le fondamental chapitre second de Lumen Gentium qui traite des nombreuses sphères d'appartenance à l'Eglise comme Peuple de Dieu et du lien qui existe avec elle, même de la part de ceux qui n'en font pas encore partie." (ibid.) Or, si l'on se réfère aux enseignements du Magistère, en particulier ceux de Pie IX dans sa Lettre apostolique aux acatholiques Iam vosomnes du 13 septembre 1868 et de Léon XIII dans sa grande encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896 sur l'unité de l'Eglise, ceux de Pie XI dans l'encyclique sur" l'oecuménisme" Mortalium animas du 6 janvier 1928, et ceux de Pie XII cités plus haut, il est impossible d'admettre une conception de l'Eglise où les diverses communautés, mêmes chrétiennes de nom, constitueraient de telles réalisations imparfaites du Corps Mystique que Jean-Paul II baptise" sphères d'appartenance à l'Eglise". Ces groupements, en tant que tels, ne sont rien au Corps Mystique du Christ. " Aucune (des sociétés religieuses diverses entre elles et séparées de l'Eglise catholique) ni toutes ensemble ne constituent en aucune façon et ne sont cette Eglise une et catholique que Notre-Seigneur a fondée et bâtie, et qu'Il a voulu créer. Et l'on ne peut dire non plus en aucune façon que ces sociétés soient ni un membre, ni une partie de cette même Eglise, puisqu'elles sont visiblement séparées de l'unité catholique. " (Pie IX, Lettre apostolique Iam vos omnes du 13 septembre 1868 ; EPS 315). " Jésus-Christ n'a point conçu ni institué une Eglise formée de plusieurs communautés qui se ressembleraient par certains traits généraux, mais seraient distinctes les unes des autres, et non rattachées entre elles par ces liens qui peuvent rendre indivisible et unique l'Eglise dont nous faisons si clairement profession dans le symbole de la foi: ' Je crois à l'Eglise ( ... ) une' " (Léon XIII, Satis cognitum, EPS 548) ; " il est absurde et ridicule de dire que le Corps Mystique puisse être formé de membres épars et disjoints" (Pie XI, Mortalium animos, EPS 872). Et Pie XII dans Mystici Corporis." c'est s'éloigner de la vérité divine que d'imaginer une Eglise que l'on ne pourrait ni voir ni toucher, qui ne serait que spirituelle, dans laquelle les nombreuses communautés chrétiennes, bien que divisées entre elles par la foi, seraient pourtant réunies par un lien invisible" (EPS 1015). - Il est impossible de concilier cette doctrine du Magistère avec l'enseignement de Jean-Paul II sur le rassemblement du Peuple de Dieu, dans les communautés ecclésiales des différents pays, par lequel l'Eglise est censée se "reconnaître et se réaliser". -

4. Cohérence de cette conception de l'Eglise avec le faux principe touchant l'Incarnation

On comprend fort bien que cette notion de l'Eglise découle du principe" le plus important" de Vatican II relatif à l'Incarnation. Si, du simple fait de l'Incarnation, et indépendamment de la libre acceptation personnelle des fruits de la Rédemption, Jésus-Christ s'est en quelque sorte uni pour toujours à tout homme, il va de soi que tout homme est membre en acte de Jésus-Christ avant toute incorporation à l'Eglise catholique: tous les hommes sont donc membres de Jésus-Christ, appartiennent au Peuple de Dieu. L'Eglise catholique est le mode social de subsistance le plus parfait de cet ensemble de membres du Christ: il y a d'autres modes moins parfaits. Il s'agit seulement de prendre conscience de la nécessité de rassembler toujours mieux ces " sphères d'appartenance ", et ainsi de réaliser de plus en plus l'unité externe et sociale du Peuple de Dieu, la " pleine unité organique" (OR 20.05.80, '.9). L'Eglise romaine, dans cette" étonnante vision" n'est que " le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain" comme dit Lumen Gentium (chap I, 1). Remarquons que cette union avec Dieu est déjà donnée, dans le Christ, par la seule Incarnation. Le rôle de l'Eglise est d'en faire prendre conscience, en hâtant la réalisation de la " tâche oecuménique" (DM 13,8), et de porter à sa pleine maturité la communion de tous les membres, déjà donnée en germe dans le principe de l'union du Christ à tout homme. Remarquons également que, sur cette voie de "l'unité ", on nie implicitement que l'Unité voulue par Jésus-Christ pour son Eglise soit effectivement surnaturellement donnée comme constitutive de sa nature propre. Dans la conception catholique, on vient à l'Unité catholique en acquiesçant aux grâces de la Rédemption: leur effusion dans le Corps Mystique constitue l'unité catholique spirituelle et visible en même temps. Elle est divine. Dans la conception nouvelle, on prend conscience de la dignité de l'homme qui est uni, par sa nature, au Christ, et on se met en marche pour faire porter ses fruits externes et sociaux d' " unité" à ce principe. L'unité est humaine, elle se construit. A Suivre

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