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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 06:40

Les grandes ruptures dans l'histoire de l'Église et la Papauté invincible 1/2

En 2014, nous sentons tous des signes de rupture dans la « coque du Vaisseau Comme à chaque période de son histoire,la Papauté est attaquée,pour des motifs où politique et religion s'entremèlent.Le Chef est attaqué et le troupeau dispersé. Mais la papauté survit ,l'Église survit et cicatrise ses plaies car Dieu veille... Allons nous vers un nouveau schisme déclaré..? En tous cas chacun peut entendre les craquements,voir et déplorer les fissures et les fractures latentes ou consommées.

Il est important de connaître l'histoire de notre grande famille pour comprendre nos faiblesses et nos fautes et la Puissance de Dieu.

Deux grandes ruptures d'unité ont marqué cette épopée : le schisme de 1054 et le grand schisme d'Occident qui dura 39 ans... Nous connaissans aussi depuis Vatican II les douleurs de ces attentes si longues...si longues du retour de la Paix,fruit de la Charité,tranquillité de l'ordre.

Le schisme de 1054 ou grand schisme d'Orient voit la séparation officielle entre les chrétiens catholiques (dans l'ouest de l'Europe) et les chrétiens orthodoxes (dans l'est de l'Europe et dans les possessions asiatiques de l'Empire byzantin, ou empire romain d'Orient).

Cette rupture est l'aboutissement de divergences anciennes qui s'élargissent progressivement entre les deux parties de la chrétienté médiévale. Ces divergences portent aussi bien sur des questions de théologie que sur l'organisation du culte et du clergé.

Des divergences anciennes et qui s'accentuent

La protection de l'empereur des Francs ou celle de l'empereur byzantin ?

Le pape, évêque de Rome, reste la seule autorité d'origine romaine en Europe occidentale après la disparition de l'empire romain d'Occident en 476. Confrontée aux différents royaumes nés des invasions germaniques, la papauté doit affronter leurs dirigeants sans demander l'avis de l'empereur qui dirige l'empire romain d'Orient depuis Constantinople. Cet éloignement donne au pape une indépendance politique certaine. Au VIIIe siècle, les papes Étienne II et Léon III doivent faire face à l'expansion menaçante des Lombards en Italie. La papauté restant sans aide de Byzance, se place sous la protection des rois francs Pépin le bref et Charlemagne. En 800, le pape couronne Charlemagne comme empereur d'Occident ; il crée ainsi un nouvel empire chrétien concurrent de celui qui existe depuis des siècles à Constantinople. Par contre dans l'empire byzantin (partie orientale de la chrétienté), les chrétiens sont soumis à la présence permanente et à l'intervention fréquente des empereurs dans les affaires religieuses (le césaropapisme). Ces interventions sont le plus souvent désapprouvées par le pape. C'est le cas en 649, où la tentative impériale de mettre fin à l'hérésie monothéliste est condamnée par le pape, qui est d'ailleurs arrêté et déporté en Orient sur ordre de l'empereur. C'est encore le cas pendant la querelle des images, déclenchée par l'empereur en 726 et qui est vigoureusement condamnée par le pape.

Les querelles hiérarchiques

Le clergé chrétien est également divisé sur des questions de hiérarchie.

Le pape, évêque de Rome, successeur de Pierre, chef désigné par Jésus, revendique la première place dans la hiérarchie du clergé chrétien. Le patriarche, évêque de Constantinople, capitale de l'empire depuis 330 et seule capitale impériale depuis 476, revendique l'égalité avec le pape. En 451, le concile de Chalcédoine accorde au patriarche de Constantinople la seconde place. Le patriarche considère qu'il ne s'agit que d'une supériorité honorifique du pape ; pour lui cette décision ne concerne pas la primauté de l'autorité du patriarche sur les chrétiens d'Orient. La situation s'aggrave en 863, quand Photius est nommé patriarche de Constantinople par l'empereur. L'ancien patriarche évincé fait appel au pape, qui condamne la nomination de Photius et excommunie celui-ci. En 867, réunissant un concile à Constantinople, Photius en obtient la déposition du pape.

La question du Filioque

Les divergences théologiques sont anciennes, nombreuses et profondes.

La plus importante est celle dite du Filioque. Le Filioque est une modification du texte du Credo chrétien. En 325, au concile de Nicée I, les chefs chrétiens ont décidé que, dans le texte du Credo, il serait indiqué que le Saint-Esprit procéderait de Dieu (le Père). En 589, au concile de Tolède, les chefs chrétiens présents décident une modification du texte du Credo. Désormais, il y est annoncé que le Saint-Esprit procède du Père « et du Fils » . C'est le Filioque. Les chrétiens orientaux refusent cette modification qui leur paraît contraire aux croyances de l'Église primitive. En 809, Charlemagne oblige le pape Léon III, pourtant très réticent, car soucieux d'éviter la rupture avec les chrétiens d'Orient, à intégrer le Filioque dans le Credo chrétien (cette décision ne devint définitive qu'en 1012, à la veille du schisme).

Les autres points de divergence

D'autres divergences existent. Dans les années 860, le patriarche Photius, en lutte contre le pape Nicolas Ier, regroupe par écrit toutes les différences entre chrétiens orientaux et chrétiens occidentaux. Il reproche à ces derniers, outre le Filioque, l'observance du jeûne le samedi et la permission de la consommation de laitages pendant la première semaine du Carême. Il dénonce également l'obligation du célibat des prêtres (alors que chez les chrétiens orientaux, ceux-ci, sauf les évêques, peuvent être mariés). À la veille du schisme de 1054, l'évêque bulgare d'Ochrida, qui se fait le porte-parole de Michel Cérulaire, patriarche de Constantinople, complète la liste. Il reproche aux Occidentaux la permission de consommer la chair des animaux mis à mort par suffocation (donc ayant encore leur sang), l'utilisation du pain azyme dans la célébration de l'Eucharistie, le refus de chanter Alleluia pendant les offices de quadragésime (les jours qui suivent le Carême)... Tous ces reproches, plus ou moins subtils, vont donner naissance à l'expression « querelles byzantines ».

La crise de 1054

Dès sa nomination, en 1043, comme patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire se pose en champion de l'indépendance des chrétiens d'Orient face à la papauté. Il rend publiques les divergences entre les deux parties de la chrétienté (voir plus haut). Le pape Léon IX, élu en 1049, commence une réforme de l'Église catholique et installe la liturgie de rite latin dans les églises d'Italie du Sud. Dans ces territoires, longtemps byzantins, il existe de nombreuses églises de rite grec qui doivent donc y renoncer. En riposte, Michel Cérulaire ferme les églises de rite latin qui existent à Constantinople. En 1054, le pape Léon IX envoie une ambassade auprès de l'empereur byzantin. Le pape souhaite obtenir une aide militaire contre les Normands qui deviennent très menaçants en Italie du Sud. Le chef de la délégation pontificale, le cardinal Humbert de Moyenmoutier, entre en conflit sur des questions religieuses avec Michel Cérulaire. Le 14 juillet 1054, le légat pontifical excommunie le patriarche mais, menacés par la population byzantine, les ambassadeurs pontificaux doivent s'enfuir. Le 24 juillet, Michel Cérulaire obtient des chefs des chrétiens orientaux l'excommunication des envoyés du pape. La rupture semble consommée.

 

Les conséquences du schisme

L'importance du schisme de 1054 ne semble pas avoir été perçue en Occident (d'autant que Léon IX et Michel Cérulaire vont mourir rapidement). Par contre, en Orient, la rupture accentue l'hostilité des Byzantins vis-à-vis des chrétiens occidentaux. La rupture ne sera réelle qu'en 1203/1204 avec la quatrième croisade, où les chevaliers chrétiens occidentaux s'emparent de Constantinople, la pillent et se partagent temporairement l'Empire byzantin. Ils introduisent dans leurs nouvelles possessions les rites et l'autorité de l'Église romaine. Aux XIVe et XVe siècles, les Occidentaux feront peu d'efforts pour venir en aide aux Byzantins en lutte de survie face aux Turcs ottomans. Les excommunications respectives ne seront annulées qu'en 1965 par le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras Ier.

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