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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 08:24

L'Ame humaine en son mystère.4/6

 

Toute la philosophie catholique tient ou s'effondre, avec la doctrine de la spiritualité de l'âme humaine. C'est pourquoi nous voulons exposer tout ce qu'il est possible de comprendre sur ce sujet.

Le mystère de " l'Inconscience" de l'âme à elle-même.

Les matérialistes ont beau jeu de dire: " l'âme ne se voit pas, ne se perçoit pas, donc elle n'existe pas. " Ce qui est paradoxal dans cette attitude, c'est que ces personnes qui se prétendent formées seulement de matière soient capables de porter un jugement de nature philosophique, mettant en œuvre des principes abstraits, tout à fait en dehors des capacités de la matière seule. On n'a jamais vu un caillou ou même un animal, exprimer une affirmation ou une négation. Pour cela il faut le recul suffisant, pour prendre la distance, ce qui permet de mesurer les rapports qui existent entre des notions, cela seul un esprit peut le faire. C'est donc avec leur propre esprit que les matérialistes nient l'existence de leur propre esprit ! A leur décharge, nous devons dire que la présence d'un principe spirituel animateur, élévateur des activités humaines, n'est pas évidente. On ne peut arriver à cette notion qu'après une activité même de cet esprit, la réflexion, l'activité de la raison. Il est donc difficile pour l'âme d'être juge et partie. Pour qu'elle devienne évidente à elle-même, il faudrait que l'âme puisse s'abstraire d'elle-même, prendre du recul par rapport à elle-même. En ce monde, et du fait de son mode de connaissance sensible, liée au corps naturellement, c'est impossible, sauf miracle. Ceci est absolument miraculeux, une âme, en règle générale, ne prendra conscience pleine et entière d'elle-même qu'après la mort, quand son mode de connaissance sera directement intuitif à la manière des esprits purs. Rappelons nous bien que, en ce monde, " rien n'est dans la connaissance qui ne soit d'abord dans les sens. " L'âme n'est pas une réalité accessible aux sens, à la vue, au toucher, etc... Elle reste donc mystérieuse mais non pas totalement inconnaissable. Nous sentons bien, intuitivement que nous ne sommes pas seulement des animaux. Toute la vie intellectuelle et surtout la vie morale, nous révèlent la présence active et essentielle de notre âme en notre Moi. C'est déjà beaucoup et c'est suffisant pour cette vie terrestre. Nous avons toutefois le devoir d'être toujours plus attentifs et respectueux de notre âme, de sa rectitude morale surtout, car elle a été créée pour cela. Elle doit nous élever vers notre Bien Eternel. L'âme est le levier spirituel qui nous élève au-dessus du monde matériel par la connaissance abstraite et par le jugement de valeur du bien et du mal qui oriente toute l'existence. Ne dit-on pas d'un être amoral qu'il est " sans âme" .Ce jugement montre bien que tout le mystère de l'âme est un mystère religieux, c'est-à-dire de relation avec sa fin dernière, avec son Créateur, Rédempteur et Sanctificateur. La Vérité est une, immuable et valable pour tous, chrétiens ou non. La perfection d'une âme réside dans sa rectitude par rapport à la Vérité. Toute la vie spirituelle est un perfectionnement de cette rectitude.La vertu se développe par l’exercice.La grâce vient donner à cette perfection une dimension surnaturelle extraordinaire. Toute la grandeur d'une âme réside dans la perfection de sa volonté, de son amour. C'est pourquoi de petites gens sur le plan de l'intelligence spéculative, sont souvent plus saints, plus parfaits dans leur volonté, dans l'amour de Dieu. " Nous serons jugés sur l'amour. « La sainteté n'a pas grand chose à voir avec la" science des savants" . En résumé, nous pouvons affirmer sans crainte, l'existence de notre âme spirituelle. Affirmer qu'elle est faite pour comprendre et aimer surtout pour aimer et que toute notre vie doit se passer à rechercher l'amour, même s'il ne nous semble pas aimer en vérité. " Pleurer de ne pas aimer, c'est déjà pleurer d'amour" dit Mgr Ghika, très sagement. Aimer, c'est vouloir aimer de toute notre âme. La vertu, grandeur de l'âme Les vertus sont les ornements de l'âme, sa grandeur, sa noblesse personnelle aux yeux de Dieu. La vertu est essentiellement grandeur de volonté. Toute la splendeur de l'œuvre de sanctification de l'Esprit-Saint resplendit dans l'âme qui Le reçoit docilement, Lui obéit et met en pratique Sa loi d'amour dans la Vérité. L'âme collabore avec l'Esprit de Sainteté, en faisant tout ce qui est possible de son côté, ne serait-ce qu'en acceptant les épreuves avec soumission et confiance. C'est ainsi que l'âme devient le temple de l'Esprit-Saint car elle adhère à Lui, elle demeure en Lui et Lui en elle. Et la Sainte Trinité trouve Sa complaisance en cette âme, si belle dans l'éclat de toutes les vertus de prudence, de justice, de force, de tempérance, de Foi, d'Espérance, de Charité surtout, d'intelligence, de science, de Sagesse. Dieu est Esprit et Il nous jugera sur notre" état d'esprit" à notre mort. La vie morale est donc avant tout, vie d'intériorité, de spiritualité, d'élévation, de grandeur d'âme, mais c'est une vie humaine, c'est-à-dire corps et âme unis pour le meilleur et pour le pire.

-La part du corps dans la vie spirituelle

. Il est difficile, très difficile de parler de l'âme humaine sans risquer une coupure avec la réalité corporelle - qu'il nous soit pardonné si nous ne sommes pas assez clairement unitaires dans ces articles. Notre vie spirituelle n'est pas la vie d'un esprit pur. Dieu ne l'a pas voulu ainsi et" cela est très bon ". Il n'y a pas de déchéance pour l'âme à faire vivre un corps. L'âme n'est pas une prisonnière, en exil, au " cachot" dans la ténèbre corporelle". La doctrine catholique n'a jamais condamné le corps comme obstacle à la vie spirituelle. Elle a, au contraire, fait dépendre le progrès de l'âme de son union avec le corps. Il n'y a plus de progrès spirituel avec la mort, car le corps est la condition intrinsèque nécessaire et indispensable de la croissance et du progrès spirituel. Car la vie spirituelle est la plus haute vie morale du corps. Tout acte de notre vie spirituelle requiert la vie de nos sens, le concours de nos sens. C'est le corps qui est chaste, le corps qui est tempérant, qui est pur etc... La prière demande toute notre vie affective, notre imagination. Le corps manifeste en ses actes la volonté de l'âme. Il est son Instrument indispensable, comme l'est un instrument de musique pour un musicien. Il est l'instrument indispensable à la connaissance qui est à l'origine de l'amour. C'est dans toutes les nuances de la vie sensible, affective, émotionnelle que l'esprit peut le mieux" se dévoiler en se cachant ", comme le fait Dieu Lui-même. C'est par le moyen du corps que nous pouvons prouver notre miséricorde et notre amour du prochain, vêtir ceux qui sont nus, instruire les ignorants, nourrir ceux qui ont faim, soigner ceux qui sont malades, visiter les prisonniers, enterrer les morts, supporter les caractères difficiles, etc... Il y a là tout le mystère de l'Incarnation au sens propre. Nous sommes alors aussi loin de l'idéalisme planant dans les sphères célestes et méprisant le terrestre, que du matérialisme ne voyant aucune différence entre les êtres et faisant du " ventre" un dieu.

L'ascèse corporelle, signe de vitalité spirituelle.

On entend par mortification l'attitude chrétienne authentique vis à vis de la vie corporelle. Ce mot fait peur parce qu'on y parle de mort et la vie n'aime pas la mort. Et pourtant la vie spirituelle demande une remise en place du corps. pourra se dévelop Il faut qu'il reste le bon serviteur et non le maître. C'est par la réduction au nécessaire des besoins du corps que la vie spirituelleper à l'aise, hors des préoccupations matérielles superflues. De là, la nécessité de l'esprit de pauvreté, frère jumeau de l'esprit de pauvreté spirituelle qui nous établit dans la Vérité de la totale dépendance de Dieu. C'est par l'activité corporelle que nous pouvons nous identifier à Jésus, l'Homme-Dieu. Il n'est pas question des mortifications extraordinaires. L'Eglise a toujours été très prudente en ce domaine où peut s'insinuer l'esprit d'orgueil. Mais pouvoir se priver de certains superflus (alcool, tabac, friandises, etc...), s'imposer certaines pratiques de prière corporelle (prière à genoux, génuflexion...) sont des signes de volonté de ressemblance au Serviteur Souffrant, Notre Seigneur Jésus-Christ, l'Agneau Sacrifié. Purifier et fortifier,simplifier, voilà le but de la mortification. C'est par des actes très humblement humains, incarnés, que nous pouvons mieux connaître, mieux aimer Notre Seigneur et Lui prouver notre amour et notre volonté d'imitation. L'enfer, dit-on, est pavé des bonnes intentions qui n'ont pas eu d'exécution. Quand on est fidèle à des habitudes journalières de petits renoncements, on se rend capable d’être fidèle dans de plus grandes choses. A chacun d’avoir la sagesse de discerner ce qu’il peut, veut et doit faire en ce délicat domaine, qui doit rester “caché aux yeux des hommes”, car c’est une œuvre de charité. A SUIVRE

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