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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:01

Prière « pour le bon usage des maladies » (Pascal)2/3

 

Mon Dieu, je n'aurais pas la hardiesse de Vous adresser mes cris si quelque autre les pouvait exaucer. Mais, mon Dieu, comme la conversion de mon cœur, que je Vous demande, est un ouvrage qui passe tous les efforts de la nature, je ne puis m'adresser qu'à l'Auteur et au Maître tout-puissant de la nature et de mon cœur. A qui crierai-je, Seigneur, à qui aurai-je recours, si ce n'est à Vous? Tout ce qui n'est pas Dieu ne peut pas remplir mon attente. C'est Dieu même que je demande et que je cherche; et c'est à Vous seul, mon Dieu, que je m'adresse pour Vous obtenir. Ouvrez mon cœur, Seigneur; entrez dans cette place rebelle que les vices ont occupée. Ils la tiennent sujette; entrez-y comme dans la maison du fort; mais liez auparavant le fort et puissant ennemi qui la maîtrise, et prenez ensuite les trésors qui y sont .. Seigneur, prenez mes affections que le monde avait volées: volez Vous-même cc trésor, ou plutôt reprenez-le, puisque c'est à Vous à qui il appartient, comme un tribut que je vous dois, puisque Votre image y est empreinte. Vous l'y aviez formée, Seigneur, au moment de mon baptême qui est ma seconde naissance; mais elle est tout effacée. L'idée du monde y est tellement gravée, que la vôtre n'est plus connaissable. Vous seul avez pu créer mon âme: Vous seul pouvez la créer de nouveau. Vous seul y avez pu former Votre image, Vous seul pouvez la réformer, et y réimprimer Votre portrait effacé, c'est-à-dire Jésus-Christ mon Sauveur, qui est Votre Image et le Caractère de Votre Substance. Touchez mon cœur du repentir de mes fautes, puisque, sans cette douleur intérieure, les maux extérieurs dont Vous touchez mon corps me seraient une nouvelle occasion de péché. Faites-moi bien connaître que les maux du corps ne sont autre chose que la punition et la figure tout ensemble des maux de l'âme. Mais, Seigneur, faites aussi qu'ils en soient le remède, en me faisant considérer, dans les douleurs que je sens, celles que je ne sentais pas dans mon âme, quoique toute malade et couverte d'ulcères. Car, Seigneur, la plus grande de ses maladies est cette insensibilité, et cette extrême faiblesse qui lui avait ôté tout sentiment de ses propres misères. Faites-les-moi sentir vivement, et que ce qui me reste de vie soit une pénitence continuelle pour laver les offenses que j'ai commises. Seigneur, ma vie passée vous a été odieuse par sa négligence continuelle, par le mauvais usage de Vos plus augustes Sacrements, par le mépris de Votre parole et de Vos inspirations, par l'oisiveté et l'inutilité totale de mes actions et de mes pensées, par la perte entière du temps que Vous ne m'aviez donné que pour Vous adorer, pour rechercher en toutes mes occupations les moyens de Vous plaire, et pour faire pénitence des fautes qui se commettent tous les jours, et qui même sont ordinaires aux plus justes, de sorte que leur vie doit être une pénitence continuelle sans laquelle ils sont en danger de déchoir de leur justice. Ainsi, mon Dieu, je vous ai toujours été contraire. Oui, Seigneur, jusqu'ici j'ai toujours été sourd à vos inspirations: j'ai méprisé vos oracles; j'ai jugé au contraire de ce que vous jugez; j'ai contredit aux saintes maximes que vous avez apportées au monde du sein de Votre Père éternel, et suivant lesquelles vous jugerez le monde. Oui, Seigneur, je confesse que j'ai estimé la santé un bien, non pas parce qu'elle est un moyen facile pour Vous servir avec utilité, pour consumer plus de soins et de veilles à Votre service, et pour l'assistance du prochain, mais parce qu'à sa faveur je pouvais m'abandonner avec moins de retenue dans l'abondance des délices de la vie, et en mieux goûter les funestes plaisirs. Faites-moi la grâce, Seigneur, de réformer ma raison corrompue, et de conformer mes sentiments aux Vôtres. Que je m'estime heureux dans l'affliction, et que Vous purifiiez tellement mes sentiments qu'ils ne répugnent plus aux Vôtres; et qu'ainsi je Vous trouve au dedans de moi-même, puisque je ne puis Vous chercher au dehors à cause de ma faiblesse. Car, Seigneur, Votre Royaume est dans vos fidèles, et je le trouverai dans moi-même si j'y trouve Votre Esprit et Vos sentiments. Considérez les maux que je souffre et ceux qui me menacent. Voyez d'un œil de miséricorde les plaies que Votre main m'a faites. O mon Sauveur, qui avez aimé Vos souffrances en la mort! O Dieu, qui ne vous êtes fait homme que pour souffrir plus qu'aucun homme pour le salut des hommes! O Dieu, qui ne Vous êtes incarné après le péché des hommes, et qui n'avez pris un corps que pour y souffrir tous les maux que nos péchés ont mérités! O Dieu, qui aimez tant les corps qui souffrent, que Vous avez choisi pour vous le corps le plus accablé de souffrances qui ait jamais été au monde! Ayez agréable mon corps, non pas pour lui-même, ni pour tout ce qu'il contient, car tout y est digne de Votre colère, mais pour les maux qu'il endure, qui seuls peuvent être dignes de Votre amour. Aimez mes souffrances, Seigneur, et que mes maux Vous invitent à me visiter. Mais pour achever la préparation de Votre demeure, faites, ô mon Sauveur, que si mon corps a cela de commun avec le Vôtre qu'il souffre pour mes offenses, mon âme ait aussi cela de commun avec la Vôtre qu'elle soit dans la tristesse pour les mêmes offenses; et qu'ainsi je souffre avec Vous, et comme Vous, et dans mon corps, et dans mon âme, pour les péchés que j'ai commis. A Suivre

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