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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 07:23

 

L’Adversaire et sa tactique 18/23

 

 

XVIII. Les démons du paganisme antique

 

Dans l'Antiquité, seuls les juifs pratiquaient la Religion du Vrai Dieu. Toutes les autres nations, que l'Écriture rassemble sous le nom de Gentils, pratiquaient la religion païenne. Le paganisme de la gentilité était sous la dépendance de Satan.

Avant la venue de Notre -Seigneur sur la terre; Satan exerçait une incontestable principauté sur les royaumes et sur la religion. Et c'est à juste titre qu'il était appelé le Prince de ce Monde. Saint Jean parle de celui « qui est appelé le diable et Satan et qui a séduit toute la terre.(« universum orbem »).Apoc. XII- 9

Non point que Dieu voulût positivement et expressément cet état de choses, mais parce qu'Il le souffrait, pour des raisons mystérieuses que l'on réunit sous le nom de "mystère d'iniquité". Car il y a ce que Dieu veut, et il y a ce qu'il souffre. Comment un Dieu peut-il souffrir ce qu'il ne veut pas? Cela vient de ce qu'Il nous laisse notre libre arbitre.

Néanmoins le paganisme des nations n'était pas une religion homogène. Il était fait de courants et d'éléments divers où la principauté de Satan ne pesait pas partout du même poids. Les textes de l'Ancien Testament nous présentent les idoles du paganisme, tantôt comme les représentations des passions humaines, tantôt comme des démons divinisés.

Les idoles sont des démons divinisés. Le texte le plus fameux et le plus formel est celui-ci: « Tous les dieux des nations sont des démons.» [ Ps XCV - 5- Vulg.] On pourrait citer bien d’autres passages, peut-être pas aussi laconiques mais tout aussi formels. En voici quelques-uns.

Nous connaissons surtout le paganisme par les réprimandes que Dieu adresse au peuple juif. Il lui reproche précisément d'adorer parfois les idoles des nations et il donne les raisons de ses reproches : « Ils se mêlèrent aux nations et ils apprirent leurs œuvres. Ils servirent leurs idoles qui furent pour eux un piège. Ils sacrifièrent leurs fils et leurs filles à des démons.» [ Ps. CV - 35-37 (Vulg.) ]

On trouve dans le Deutéronome, un passage dans le même sens : « Le peuple de Dieu a abandonné le Dieu qui l'avait formé et il a méprisé le rocher de son salut. Ils ont excité la jalousie de Dieu par des dieux étrangers; ils l'ont irrité par des abominations; ils ont sacrifié à des démons qui ne sont pas Dieu, à des dieux qu'ils ne connaissaient pas, dieux nouveaux, venus récemment, devant lesquels vos pères n'avaient pas tremblé.» [ Deut. XXXII -15-17 ]

 

Au moment de l'Avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ, le paganisme est resté ce qu'il était aux temps anciens et Saint Paul donne des idoles la même définition que les livres de l'Ancien Testament: « Je dis que ce que les païens offrent en sacrifice , ils l’immolent à des démons et non à Dieu, Or je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez boire à la fois au calice du Seigneur et au calice des démons. Vous ne pouvez prendre part à la Table du Seigneur et à la table des démons.» [ 1 - Cor. X - 20-21 ]

Voici un second texte où le même jugement est exprimé sous une autre forme: « Ne vous attachez pas au même joug avec les infidèles, car quelle société y a-t-il entre la Justice et l'iniquité? Ou qu'a de commun la Lumière avec les ténèbres? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial? .. Quel rapport y a-t-il entre le Temple de Dieu et celui des idoles ? » [ II Cor. VI- 14-16 ]

Puis Saint Athanase, au IVe siècle, en célébrant la victoire de la Religion de Jésus-Christ, confirme encore cette assimilation des idoles aux démons : « Toutes les nations abandonnent les idoles et reconnaissent le Vrai Dieu, Père du Christ. Les prestiges des démons sont détruits et seul le Vrai Dieu est adoré au Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ.»

Mais nous avons dit que l'Écriture définit aussi parfois les idoles des gentils comme les représentations des passions humaines. En effet le paganisme comportait une certaine construction philosophique parce qu'il s'était trouvé des penseurs pour vouloir le coordonner. Les païens instruits avaient divinisé les puissantes passions humaines et leur avaient érigé des statues. C'est pourquoi l'écrivain sacré peut leur reprocher d'adorer l'ouvrage de leurs mains. Saint Paul par exemple, condamne ceux: « qui ont échangé le Dieu Véritable pour le mensonge et qui ont adoré la créature de préférence au Créateur.»[ Rom. 1 – 25)

Les prophètes, longtemps auparavant, parlaient de même: « Tu as pris tes bijoux faits de Mon or et de Mon argent que Je t'avais donnés, et tu en as fait des images d'hommes [passions humaines divinisées] et tu as mis devant elles Mon huile et Mon encens.» [ Ezech. XVI - 17-18 ] L'huile et l'encens qui Me sont destinés mais que tu détournes au profit des "images d'hommes."

 « Leur pays est rempli d'idoles. Ils se prosternent devant l'ouvrage de leurs mains, devant ce que leurs doigts ont fabriqué.» [ Isaïe II - 8 ]

Il nous faut maintenant remarquer qu'entre les "démons" et les "passions humaines", il n'y a pas de différence. Car les passions sont les démons intérieurs de l'homme. Et les démons, astres errants, ne sont pas autre chose que des "passions errantes". Ainsi le paganisme réalisait cette connivence humano-démoniaque dont nous avons parlé comme étant le résultat de la "tentation" comprise au sens diffus. Et l'on résume fidèlement le paganisme en disant qu'il a

divinisé les vices et qu’il les a adoré.

Nous avons dit que le paganisme n'était pas homogène et que l'on y rencontrait divers courants où l'emprise de Satan pesait différemment. Dieu, en effet, reste le maître du paganisme comme Il est maître de tout. Satan n'est qu'un ministre. Et non seulement il est ministre mais il est imitateur de Dieu. Dès lors nous ne sommes pas étonnés de découvrir, au sein même du paganisme, pourtant démoniaque, une préparation évangélique.

Le même Saint Paul qui condamne la fréquentation des cultes idolâtres en donnant comme motif que les sacrifices y sont offerts à des démons,ce même Saint Paul est le premier à reconnaître la "préparation évangélique" qui s'est opérée au sein du paganisme.

Il savait reprocher aux Gentils d'avoir méprisé Dieu: « ... parce qu'ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs vains raisonnements et leur cœur insensé a été rempli de ténèbres.» [ Rom. 1 - 21 ]

Mais Saint Paul sut aussi, en arrivant à Athènes, comprendre ce que Dieu avait fait pour préparer les Gentils à recevoir l'évangélisation: « Paul, debout au milieu de l'Aréopage, dit aux Athéniens, en tout je vous vois éminemment religieux. Car, passant et regardant ce qui est de votre culte, j'ai trouvé même un autel avec cette inscription : Au dieu inconnu. Ce que vous adorez sans le connaître, c'est cela que je vous annonce.» [ Actes XVII - 22-23 ]

Les premiers évêques évangéliseront les Gentils en tenant compte de cette double teneur du paganisme. Parmi tant de charismes dont Dieu les avait pourvus, celui du discernement des esprits fut l'un des plus nécessaires puisqu'ils eurent à démêler, dans l'antique religion païenne, si invétérée chez les Gentils, ce qu'il fallait rejeter comme appartenant au démon et ce qu'il fallait conserver comme annonçant "le Dieu inconnu." Dieu n'a pas permis que les démons pervertissent totalement la religiosité naturelle ni qu'ils abolissent complètement la Tradition Primordiale et l'attente d'un Sauveur.  A Suivre

 

 

 

 

 

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