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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:04

                                                            Le Mérite.1/2 ( RP Hugon)

 

 Notre époque parle à tout bout de champ des « valeurs », de ceci et de cela. Il y a des décorations pour toutes sortes de « mérites » purement humains. La doctrine chrétienne conçoit et parle du mérite en des termes bien différents de celle du monde. La connaissance de la valeur des actions est essentielle au chrétien conséquent . Ce n’est pas le monde qui est le maître, c’est Dieu le premier servi. Le service de Dieu met en action les forces naturelles, mais aussi les forces surnaturelles : la grâce. C’est Dieu qui appelle à son service et rétribue selon le travail accompli pour Lui. C’est Dieu qui établit l’échelle des valeurs.

 La notion de mérite est des plus fondamentales de la doctrine Catholique. Tout nous est donné en vertu des mérites de Notre Seigneur Jésus-Christ , vrai Dieu et vrai homme. Elle est à la base de la doctrine du Saint Sacrifice de la Messe.

. Nous étudierons d’abord avec le RP Hugon la notion générale de mérite puis nous contemplerons avec le Père Bail le merveilleux trésor des mérites de Jésus- Christ, Vrai Dieu et vrai homme

.

1 -Nature et conditions du mérite

 

La Grâce confère à l'homme des droits vis-à-vis de Dieu. Chose inouïe, mais qui ne surprend plus, si l'on se rappelle seulement que ces droits, ce n'est pas la créature qui les conquiert mais Dieu lui-même qui les concède. Un père ne peut-il, après avoir fourni bénévolement à ses enfants tous les moyens d'accomplir des choses magnifiques, mettre le comble à ses faveurs en prenant l'engagement solennel de récompenser encore leurs efforts et leur fidélité?

Avec la Grâce, l'homme est mis en mesure de « mériter », c'est-à-dire d'imprimer à ses actes un caractère divin qui leur gagne l'agrément et l'estime de Dieu même; et leur vaut de Sa part une rétribution.

 

La condition première du mérite, cela va de soi, c'est l'état de Grâce. Avant de travailler utilement dans un domaine, il faut y être admis. En dehors, la vie humaine n'est peut-être pas dépourvue de valeur; mais elle est comme une monnaie étrangère qui n'a pas cours dans le pays. Seul portera des fruits authentiques le rameau qui restera uni au cep et vivra de la même sève. Séparé, il est aride; et s'il est greffé sur une autre plante, il produit des fruits tout différents qui ne sont pas agréés.

 

Cette condition remplie, une justice nouvelle est créée, fondée celle-là, non plus sur la nature et les rapports nécessaires des êtres, mais sur une promesse de Dieu. Alors que Sa souveraineté suprême Le dispense de toute obligation à l'égard de Ses créatures, Il contracte spontanément cette dette : Il décide de rémunérer, proportionnellement à leur mérite, les actions réalisées par Ses vrais enfants, les hommes sanctifiés par Sa Grâce; et ceux-ci ont désormais le droit de l'exiger, en vertu de l'engagement formel que Dieu a pris. L'apôtre S. Paul, après avoir loyalement déclaré qu'il « a soutenu le bon combat et gardé sa fidélité réclame sans ambages « au juste Juge, la couronne qui lui est due en toute Justice II TIM IV 8

 

Et le concile de Trente ne craint pas de généraliser cette tranquille assurance: « A ceux qui persévèrent dans le bien jusqu'à la fin et se confient en Dieu, la Vie éternelle est annoncée, non seulement comme une faveur miséricordieusement accordée par Jésus-Christ aux enfants de Dieu, mais comme la rétribution dont Dieu lui-même a promis de récompenser leurs bonnes œuvres et leurs mérites

 

C'est ce que la Théologie appelle le mérite « de condigno »signifiant que, dans ce cas, l'homme est « jugé digne» de recevoir un nouveau bienfait.

 

Et elle l'oppose au mérite « de congruo» ou de convenance, attribué à l'homme qui, quoique indigne et sans aucun droit strict, reçoit cependant une récompense, en raison de la droiture de ses intentions et de la sincérité de ses efforts. C'est le cas du pécheur qui mérite sa conversion. Sous l'influence d'une Grâce actuelle, il éprouve déjà le regret de ses égarements et le désir de changer de vie : Dieu ne lui « doit pas» pour autant l'inestimable faveur du pardon et de la justification, mais « il convient» que la Miséricorde de Dieu se laisse toucher par ce mouvement, de bonne volonté.

 

2- Mesure du Mérite.

 

Ce mérite, évidemment, Dieu seul est capable de le mesurer équitablement. Car il ne faut pas le confondre avec la réussite des actions ni l'approbation des hommes. Il s'en faut qu'il aille toujours de pair avec la valeur objective de l'acte; il est fait essentiellement plutôt des qualités subjectives de l'homme agissant: sa droiture d'intention, l'ardeur de son amour et la vigueur de ses efforts, Si bien qu'une action apparemment insignifiante, moralement indifférente et matériellement manquée, s'avère parfois très méritoire aux yeux de Dieu ; tandis qu'une autre à grand effort et à grand succès, sera jugée d'un moindre prix. .

 

Il importe en particulier d'écarter l'opinion si répandue qu'une action est méritoire dans la proportion où elle coûte, et que telle personne a droit à une magnifique récompense simplement parce qu'elle a beaucoup souffert! Le bagnard ne mérite même pas son pardon s'il ne traîne son boulet qu'avec rancœur. Près de la Croix de Jésus, deux brigands subissaient le même supplice, mais l'un en blasphémant, l'autre en implorant : le premier fut un damné, le second un saint! Ce qui compte par conséquent, ce n'est ni la somme d'efforts ni l'acuité de la souffrance, c'est l’intention, la manière et en définitive l'amour qui inspire les actions. « Dussé-je distribuer tous mes biens aux pauvres et livrer mon corps aux flammes, si je n'ai pas la Charité tout cela ne me sert de rien» (COR.XIII,3)

 

La chose s'explique aisément. Dieu n'est pas dupe d'une brillante façade; Il ne réprouve rien tant, au contraire, que l'hypocrisie. Il scrute les consciences aussi promptement qu'Il voit les gestes extérieurs; et Il juge les hommes, non sur leurs attitudes, mais sur leurs sentiments les plus intimes. Alors, tel solitaire méconnu de ses semblables et par eux réputé inutile, a une vie extraordinairement féconde en mérites parce « qu'il aime Dieu de tout son esprit, de tout son cœur, de toutes ses forces» (Matt.XXII ,37) tandis que tel thaumaturge aux gestes éblouissants et universellement applaudis, bienfaiteur insigne de l'humanité et passant pour un saint, mais ne cédant guère qu'à sa fougue naturelle et se gonflant de vaine gloire, n'a qu'une existence vide de mérites et s'entendra dire :

                                                            Le Mérite.1/2 ( RP Hugon)

 

 Notre époque parle à tout bout de champ des « valeurs », de ceci et de cela. Il y a des décorations pour toutes sortes de « mérites » purement humains. La doctrine chrétienne conçoit et parle du mérite en des termes bien différents de celle du monde. La connaissance de la valeur des actions est essentielle au chrétien conséquent . Ce n’est pas le monde qui est le maître, c’est Dieu le premier servi. Le service de Dieu met en action les forces naturelles, mais aussi les forces surnaturelles : la grâce. C’est Dieu qui appelle à son service et rétribue selon le travail accompli pour Lui. C’est Dieu qui établit l’échelle des valeurs.

 La notion de mérite est des plus fondamentales de la doctrine Catholique. Tout nous est donné en vertu des mérites de Notre Seigneur Jésus-Christ , vrai Dieu et vrai homme. Elle est à la base de la doctrine du Saint Sacrifice de la Messe.

. Nous étudierons d’abord avec le RP Hugon la notion générale de mérite puis nous contemplerons avec le Père Bail le merveilleux trésor des mérites de Jésus- Christ, Vrai Dieu et vrai homme

.

1 -Nature et conditions du mérite

 

La Grâce confère à l'homme des droits vis-à-vis de Dieu. Chose inouïe, mais qui ne surprend plus, si l'on se rappelle seulement que ces droits, ce n'est pas la créature qui les conquiert mais Dieu lui-même qui les concède. Un père ne peut-il, après avoir fourni bénévolement à ses enfants tous les moyens d'accomplir des choses magnifiques, mettre le comble à ses faveurs en prenant l'engagement solennel de récompenser encore leurs efforts et leur fidélité?

Avec la Grâce, l'homme est mis en mesure de « mériter », c'est-à-dire d'imprimer à ses actes un caractère divin qui leur gagne l'agrément et l'estime de Dieu même; et leur vaut de Sa part une rétribution.

 

La condition première du mérite, cela va de soi, c'est l'état de Grâce. Avant de travailler utilement dans un domaine, il faut y être admis. En dehors, la vie humaine n'est peut-être pas dépourvue de valeur; mais elle est comme une monnaie étrangère qui n'a pas cours dans le pays. Seul portera des fruits authentiques le rameau qui restera uni au cep et vivra de la même sève. Séparé, il est aride; et s'il est greffé sur une autre plante, il produit des fruits tout différents qui ne sont pas agréés.

 

Cette condition remplie, une justice nouvelle est créée, fondée celle-là, non plus sur la nature et les rapports nécessaires des êtres, mais sur une promesse de Dieu. Alors que Sa souveraineté suprême Le dispense de toute obligation à l'égard de Ses créatures, Il contracte spontanément cette dette : Il décide de rémunérer, proportionnellement à leur mérite, les actions réalisées par Ses vrais enfants, les hommes sanctifiés par Sa Grâce; et ceux-ci ont désormais le droit de l'exiger, en vertu de l'engagement formel que Dieu a pris. L'apôtre S. Paul, après avoir loyalement déclaré qu'il « a soutenu le bon combat et gardé sa fidélité réclame sans ambages « au juste Juge, la couronne qui lui est due en toute Justice II TIM IV 8

 

Et le concile de Trente ne craint pas de généraliser cette tranquille assurance: « A ceux qui persévèrent dans le bien jusqu'à la fin et se confient en Dieu, la Vie éternelle est annoncée, non seulement comme une faveur miséricordieusement accordée par Jésus-Christ aux enfants de Dieu, mais comme la rétribution dont Dieu lui-même a promis de récompenser leurs bonnes œuvres et leurs mérites

 

C'est ce que la Théologie appelle le mérite « de condigno »signifiant que, dans ce cas, l'homme est « jugé digne» de recevoir un nouveau bienfait.

 

Et elle l'oppose au mérite « de congruo» ou de convenance, attribué à l'homme qui, quoique indigne et sans aucun droit strict, reçoit cependant une récompense, en raison de la droiture de ses intentions et de la sincérité de ses efforts. C'est le cas du pécheur qui mérite sa conversion. Sous l'influence d'une Grâce actuelle, il éprouve déjà le regret de ses égarements et le désir de changer de vie : Dieu ne lui « doit pas» pour autant l'inestimable faveur du pardon et de la justification, mais « il convient» que la Miséricorde de Dieu se laisse toucher par ce mouvement, de bonne volonté.

 

2- Mesure du Mérite.

 

Ce mérite, évidemment, Dieu seul est capable de le mesurer équitablement. Car il ne faut pas le confondre avec la réussite des actions ni l'approbation des hommes. Il s'en faut qu'il aille toujours de pair avec la valeur objective de l'acte; il est fait essentiellement plutôt des qualités subjectives de l'homme agissant: sa droiture d'intention, l'ardeur de son amour et la vigueur de ses efforts, Si bien qu'une action apparemment insignifiante, moralement indifférente et matériellement manquée, s'avère parfois très méritoire aux yeux de Dieu ; tandis qu'une autre à grand effort et à grand succès, sera jugée d'un moindre prix. .

 

Il importe en particulier d'écarter l'opinion si répandue qu'une action est méritoire dans la proportion où elle coûte, et que telle personne a droit à une magnifique récompense simplement parce qu'elle a beaucoup souffert! Le bagnard ne mérite même pas son pardon s'il ne traîne son boulet qu'avec rancœur. Près de la Croix de Jésus, deux brigands subissaient le même supplice, mais l'un en blasphémant, l'autre en implorant : le premier fut un damné, le second un saint! Ce qui compte par conséquent, ce n'est ni la somme d'efforts ni l'acuité de la souffrance, c'est l’intention, la manière et en définitive l'amour qui inspire les actions. « Dussé-je distribuer tous mes biens aux pauvres et livrer mon corps aux flammes, si je n'ai pas la Charité tout cela ne me sert de rien» (COR.XIII,3)

 

La chose s'explique aisément. Dieu n'est pas dupe d'une brillante façade; Il ne réprouve rien tant, au contraire, que l'hypocrisie. Il scrute les consciences aussi promptement qu'Il voit les gestes extérieurs; et Il juge les hommes, non sur leurs attitudes, mais sur leurs sentiments les plus intimes. Alors, tel solitaire méconnu de ses semblables et par eux réputé inutile, a une vie extraordinairement féconde en mérites parce « qu'il aime Dieu de tout son esprit, de tout son cœur, de toutes ses forces» (Matt.XXII ,37) tandis que tel thaumaturge aux gestes éblouissants et universellement applaudis, bienfaiteur insigne de l'humanité et passant pour un saint, mais ne cédant guère qu'à sa fougue naturelle et se gonflant de vaine gloire, n'a qu'une existence vide de mérites et s'entendra dire :

« Vous avez eu sur la terre votre récompense » ! (Matt.VI,2-5)

A suivre

 

» ! (Matt.VI,2-5)

A suivre

 

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