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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 08:03

 

L’Adversaire et sa tactique 10 bis/23

 

X. Les deux enfers de l'ancienne loi

Quelle est la condition des démons dans l'abîme où ils ont été projetés?

Cet abîme occupe une position inférieure. Pour y accéder, selon tous les textes de l'Écriture, il faut descendre, c'est l'abîme d'en-bas. Saint Jean parle du  "puits de l'abîme" et de sa clef: « Et je vis une étoile qui était tombée du Ciel sur la Terre, et on lui donna la clef du puits de l'abîme.» [ AP.IX - 1 ] Ce séjour inférieur est appelé l'enfer.

Mais il porte aussi d'autres noms. C'est ainsi que Saint Pierre l'appelle le Tartare: « ... Dieu n'a pas épargné les anges pécheurs mais il les a précipités dans le Tartare et les a livrés aux abîmes des ténèbres, où Il les garde en réserve pour le jugement.» [ II Petr. Il - 4 ]

Peut-on connaître plus exactement la situation de ce Tartare ? Parlant de sa Résurrection qu'il annonçait pour le troisième jour après Sa mort, Notre Seigneur s'exprimait ainsi: « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe: « Il ne lui sera pas donné d'autre signe que le signe de Jonas ». Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre (in corde terrae.» [ Math. XII - 39-40] Pourquoi les textes sacrés écrivent-ils souvent les enfers au pluriel? Parce que, sous l'empire de l'Ancienne Loi, il existait deux enfers: l'inférieur et le supérieur.

L'enfer inférieur est l'abîme qui reçoit les démons et les âmes des hommes criminels. C'est un séjour où l'on subit la peine du dam laquelle consiste à ne pas voir Dieu et donc à vivre sans soleil, dans les ténèbres. On y subit aussi la peine de la brûlure.

L'enfer supérieur est celui qui reçoit les âmes des justes. L'Ecriture lui donne en hébreu le nom de Schéol et en grec le nom de Hadès. Les scholastiques, plus tard, devaient l'appeler « limbus patrum » ou "limbes des patriarches". C'est ce même schéol qui est désigné par l'expression imagée le sein d'Abraham. Nous dirions le "giron d'Abraham"; les justes défunts étant supposés venir s'asseoir sur les genoux du Père des croyants, ou se réfugier sous son manteau.

Les habitants du schéol sont eux aussi privés de la vision de Dieu. Mais ils sont cependant illuminés par l'espérance d'en jouir un jour quand les temps seront révolus. De sorte qu'ils ne vivent pas dans les ténèbres comme les damnés, mais dans la pénombre. Le schéol n'est pas un séjour de malheur. L'âme y vit dans une attente pacifique. L'antique liturgie "romaine, au moment du memento des morts, parle encore de ceux qui dorment du sommeil de la Paix : « qui dormiunt in somno pacis. »

 

Ce que nous savons du schéol par l'Écriture nous permet de le définir comme une « anti-chambre du Ciel ». Les âmes des justes y attendent l'ouverture du ciel. Et pourtant il ne fait aucun doute qu'il appartient « aux enfers ». C'est une demeure inférieure, on ne monte pas au schéol, on y descend. (Les enfers sont désignés  déjà par le paganisme comme les lieux d’en bas, où siègent les « dieux d’en bas » les démons).C’est peu à peu que se fait dans la pensée d’Israël la distinction : enfer punition / schéol lieu d’attente) Le Saint homme Job, par, exemple, se lamente sur son âme infortunée et il dit: « qu'elle est descendue aux portes du schéol.» [ JOB XVII - 16 ] Les proverbes parlent des « ... profondeurs du schéol.» [ Prov. IX - 18 ] Le prophète Isaïe parle aussi du « schéol et de ses profondeurs.» [ Isaïe XIV - 9 ]

Il est certain que le schéol est voisin de l'abîme.

Nous l'apprenons de la bouche même de Notre Seigneur : « Or il arriva que le pauvre Lazare mourut et il fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche Lazare aussi mourut et on lui donna une sépulture. Dans l'enfer, il leva les yeux, en proie aux tourments, et il aperçut de loin Abraham et Lazare dans son sein.» [ Luc XVI - 22-24 ]

Tout est bien pesé dans ce texte de Saint Luc.

Le pauvre Lazare est bien "dans le sein d'Abraham", c'est-à-dire dans le schéol, tandis que le riche est bien en enfer. Le riche" lève les yeux" parce que l'enfer est plus bas que le schéol. Mais il peut quand même l'apercevoir de loin parce que le schéol est, sinon proche, du moins voisin de l'abîme où il se trouve lui- . même. Et  pourquoi le schéol et l’abîme sont-ils voisins ? Puisque le schéol est l’antichambre du ciel, il devrait être situé à proximité .S’il est voisin de l’abîme, c’est qu’il n’y a pas encore de ciel pour les âmes des justes défunts .Notre Seigneur n’est pas encore venu leur préparer une place auprès du Père.

Et nous serions encore sous le régime du schéol si le Sauveur n'était pas venu. Car enfin de quoi nous a-t-Il sauvé ? Il nous a sauvé « des enfers ». S'Il ne nous avait pas rachetés, les justes d'entre nous seraient promis à la pénombre du schéol et ils seraient privés de la Vision béatifique.

 

C'est la visite de Jésus-Christ « aux enfers » qui mit fin au régime d’attente qu'était le schéol.C’est un article de foi du Symbole (credo ) des Apôtres, « descendit ad inferos » Comme le disent les Pères, Il descendit « aux enfers » pour évangéliser les justes, c'est-à-dire pour leur "annoncer la bonne nouvelle du royaume". Il leur annonça qu'une place venait de leur être préparée, que le Royaume éternel allait s'ouvrir pour eux et qu'ils y feraient bientôt leur entrée avec Lui le jour de l'Ascension .

 A suivre

 

 

 

 

 

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