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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 07:12

 

 

Le bonheur. Les moyens d’y parvenir. RP Sineux 10/10

 

g) L'Espoir.

 

Frère du désir, mais plus intrépide que lui, parce qu'il entrevoit un bien dont la conquête est ardue, mais auquel il entend cependant ne pas renoncer; • fauve qui s'élance vers sa proie.

 

Si fondé qu'il semble, l'espoir est quelquefois frustré. L'homme compte sur ses forces, sur ses ressources, sur la faveur des circonstances; il appelle la chance pour servir ses projets : et ses calculs ne sont pas toujours exacts. Les jeunes gens surtout, croient aisément que l'élan vital, caractéristique de leur âge, ne s'arrêtera jamais. Satisfaits à souhait, et confiants dans leur vigueur, ils regardent avec assurance vers l'avenir.

 Qui donc pourrait contrecarrer leurs plans ... ? Illusion et rêve, plutôt qu'espoir! Leur inexpérience les excuse; mais les déceptions les instruiront.

 

L'espoir est toujours légitime; il est un stimulant nécessaire,  et une source d'énergie. Mais que l'homme prenne aussi conscience des limites de son pouvoir: et qu'il se méfie des mirages, de la foule , des êtres qui font semblant de l'attendre, puis prennent plaisir à le narguer.

 

D'espoir solide, il n'en est guère que celui qui se base sur l'infaillible parole de Dieu promettant les biens éternels.

 

h) Le Désespoir.

Passion des âmes faibles, qui fait les «vaincus de la vie » qu'on entend gémir : « C'est trop dur, c'est trop loin; à quoi bon se lancer»? Doutant d'eux-mêmes et mésestimant leurs moyens; d'autre part, grossissant les difficultés et redoutant la lutte, les désespérés abandonnent avant d'essayer. Des échecs répétés peut-être expliquent leur attitude sans la justifier pleinement toutefois. Car ce qui compte dans la vie humaine, c'est moins le succès que l'effort.

Ndlr(L’auteur se situe uniquement sur le plan de la force d’âme. Le douloureux problème de la dépression sous toutes ses formes  est à examiner dans une autre approche où se mêlent les  l’étude des éléments corporels, psychologiques et sociaux.La psychologie moderne envisage trop l’homme comme un malade qui s’ignore…  et est en foin de compte très pessimiste. Ce qui n’est pas pour aider les désespérés…)

 

 

i) La Crainte.

 

 Une menace directe, peut-être imminente; et il sera difficile d'y échapper. La crainte envahit le corps et l'âme; à son paroxysme elle devient la « terreur » qui bouleverse tout l'organisme au point de l'agiter de démence frénétique ou au contraire de le prostrer dans une inertie totale.

Il est des tempéraments peureux qu'un cri, un geste, voire une illusion ou une ombre dans la nuit, suffit à jeter dans l'épouvante.

Avant même la perception du mal parfois, une crainte vague et  déjà torturante s'empare des puissances : c'est « l'angoisse », Que survienne un danger insolite, l'étonnement s'ajoutant à l'effroi cause la « stupeur ».

 

Subite et irraisonnée, parfois inévitable et insurmontable, quand elle provient d'un mal qui surgit du dehors, la crainte pourrait être écartée dans certains cas, tout simplement parce qu'il dépend de l'homme d'en supprimer la cause. Si c'est la crainte de l'effort qui vous tourmente, secouez votre torpeur et mettez-vous au travail; la crainte disparaîtra. Est-ce la crainte de l'infamie, la honte ou la confusion qui vous torturent? Evitez les actes répréhensibles, ou s'ils sont déjà commis, réparez-les au plus tôt; la crainte s'évanouira automatiquement.

 

Signe et aveu de faiblesse, la crainte est pourtant une force, au moins une force de résistance, sinon force d'action. Que de fois, la crainte du châtiment arrête les hommes sur la pente fatale, et les décide à repousser la tentation! Motif qui manque de noblesse peut-être, mais souverainement efficace, et le seul qui vaille pour un certain nombre d'êtres avilis. Les sociétés, si elles veulent limiter les exploits des criminels, sont bien obligées de brandir un code de sanctions exemplaires.

 

Heureusement, d'ailleurs, la crainte se nuance souvent de mobiles plus élevés : outre la crainte de perdre certains avantages, qui est encore bien intéressée, la crainte de nuire à autrui, ou la crainte, plus délicate encore, de peiner une personne aimée, sont capables d'arrêter un geste coupable, de provoquer même un revirement complet. N'est-ce pas dans ce sens surtout qu'on dit: « La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse P» Cette crainte c'est moins la terreur de l'enfer que la frayeur d'un enfant menacé de perdre son père ou redoutant seulement de le voir contristé.

 

Enfin,à moins de tourner tout de suite à l'affolement,.qui lui-même ne connaît plus que la fuite éperdue, la crainte s'achève en un appel au secours. Elle est toujours une faiblesse, mais alors une faiblesse sage; et cette sagesse fait sa force pour peu qu'elle implore une puissance tutélaire.

 

j) L'Audace.

 

Réaction contre la crainte, espoir exaspéré, l'audace souffle la hardiesse de l'entreprise, jusqu'aux frontières de la témérité. Passion des cœurs généreux, stimulant de la bravoure, elle dédaigne les conseils d'une prudence pusillanime et leur préfère la griserie du risque.

 

On lui attribue la vertu de décupler les forces humaines. Peut-être se contente-t-elle de les laisser ce qu'elles sont, mais parfaitement ordonnées, dégagées des entraves de la crainte, et soutenues par une imperturbable confiance? Ce ne serait déjà pas si mal : car la vaillance de l'âme supplée à la défaillance du corps ... Que de fois on l'a vu sur les champs de bataille ou au gibet des martyrs! Et c'est l'audace qui, se riant du danger et comptant pour peu le sacrifice, enflamme le courage et lui fait accomplir des prodiges.

 

« La fortune sourit aux audacieux », disaient les anciens, comme si cette impétuosité de l'être humain pouvait secouer l'inertie du sort et triompher d'une fatalité ennemie? Sans qu'il soit besoin d'interposer ce jeu mythologique, il est certain que les audacieux réussissent là où les poltrons échouent, mais tout simplement parce que ceux-ci sont paralysés par une timidité lâche et ridicule, bien qu'ils la décorent du nom de prudence; tandis que les premiers ne « doutent de rien », et résolus à tenter coûte que coûte, mettent toutes les chances de leur côté. Et si ce n'est pas la fortune aveugle qui. les favorise, une Providence attentive et équitable se doit de bénir ces preuves éclatantes de bonne volonté.

 

Quant aux hommes, ils sont en général des fervents de l'audace, sinon pour en vivre, du moins pour l'admirer partout où ils la rencontrent. Voyez dans un stade la foule haletante; puis entendez les applaudissements frénétiques qui soulignent les performances des sportifs ou des acrobates. C'est l'audace qu'on acclame plus encore que la vigueur : le « numéro » sera beaucoup moins sensationnel si l'homme n'a pas à vaincre la peur et à risquer de se rompre le cou! Et, dans un domaine plus émouvant, les citations élogieuses décernées aux combattants de nos armées, font toujours état de leur audace et de leur mépris du danger.

 

Bien sûr, malgré ses airs de grandeur, l'audace n'est jamais qu'une passion, donc une inclination de la nature sensible qui facilement excède et dégénère. Elle doit être modérée, elle aussi, sous peine de tomber dans une véritable démence qui, sous prétexte de n'avoir peur de rien, précipiterait l'homme aux défis les plus extravagants et aux pites catastrophes.

 

K )La Colère.

 

La colère est très différente de l'audace, à laquelle elle ressemble pourtant par certains de ses mouvements violents. Leur distinction apparaît plus nette si l'on considère la « colère à froid ».

Un but a été manqué: soit que le bien désiré n'ait pu être atteint, soit que le mal redouté ait triomphé. Deux attitudes sont alors possibles : ou bien l'abandon de la lutte et la tristesse résignée devant l'inévitable; ou bien le refus de s'avouer vaincu et le sursaut d'énergie pour préparer la revanche.

C'est ce second mouvement qui est la colère.

Elle n'est donc pas nécessairement la fureur intempestive qui explose en paroles et en gestes désordonnés; et pas davantage l'amertume silencieuse qui « ronge son frein » sans oser réagir. Née de l'espoir et de l'audace, sous le souffle d'un impérieux amour du bien ou d'une implacable haine du mal, la colère nourrit la vengeance.

 

Volontiers on opposerait la colère à la patience. Et autant on fait de la patience une vertu admirable, autant on ferait de la colère un vice.

Il y aurait confusion.

La patience est une vertu, oui, mais à condition qu'elle soit vraiment la patience, et non pas l'endurance purement passive qui fait de la victime un complice tacite du mal. Ne rien dire, c'est presque consentir. Et la colère n'est pas un vice si elle ne fait qu'extérioriser l'indignation contre le mal et le zèle pour le bien.

 

Elle est une passion, et d'un maniement plus délicat que toute autre, il faut l'avouer. Car elle est prompte aux « emportements » inconsidérés; qui ont vite fait de franchir les barrières dans lesquelles la raison retient les appétits. Sans doute elle ne se propose que de refouler le mal et veut le faire avec vigueur; mais le remède est  parfois pire que le mal! La vengeance tend à la restauration de la justice; mais que ce ne soit pas au prix d'une nouvelle injustice! Et la colère devient injuste quand elle inflige un châtiment qui dépasse la mesure de la culpabilité.

Il semblerait contradictoire de parler d'une colère calme et raisonnée ? Et pourtant, c'est là qu'il faut en venir. Dans la lutte incessante entre le bien et le mal dont la personne humaine est le champ de bataille et l'enjeu, la colère est par excellence l'arme à la fois défensive et offensive.

 

Arme nécessaire par conséquent, et qu'il ne s'agit pas de rengainer, tant que le combat dure encore. Mais arme dangereuse qui, dans une main maladroite, peut frapper des innocents ou se retourner contre le combattant lui-même.

Qu'il importe donc, là surtout, que l'homme reste maître de soi, « possède son âme » et tienne en bride cette puissance servante.

Elle est comme le cheval de bataille qui hennit et trépigne sans cesse. Cette fougue n'est pas à dédaigner ni à réprimer, mais seulement à tenir en réserve. L'heure viendra à laquelle il faudra lâcher la bête et l'éperonner même sans pourtant jamais cesser d'en contrôler et d'en guider les élans. Décider de l'heure, et garder la maîtrise, c'est le rôle du cavalier.

A Suivre Plan général

I. - LA FIN DE L'HOMME : LE BONHEUR - LES MOYENS DE PARVENIR À CETTE FIN. 1. Les Actes Humains.** publiés

 

a) L'exercice des facultés.**

 

b) Les passions.**

 

2. Les principes d'action: ****à paraitre

 

a) Intrinsèques:

 

1) Favorables : vertus et dons.

 

2) Contraires : péchés et vices.

 

b) Extrinsèques  

 

1) La Loi.

 

2) La Grâce.

 

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